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Le Canon 2200, §2, Et La Pertinacité
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Miles Christi 158



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MessagePosté le: Jeu Juin 04, 2009 9:56 pm    Sujet du message: Le Canon 2200, §2, Et La Pertinacité Répondre en citant

Dans le fil « Contre les obsédés Zinzins du Droit Canon », le mardi 2 juin 2009 à 17h25 (GMT + 1 H), Michel-Louis GARS du Loir a écrit:

Préambule :

La présente étude est l’œuvre d’un ami dont je ne révèlerai pas le nom dans un premier temps pour éviter de déclencher des disputes inutiles et préjudiciables à la mise en lumière de la vérité qui ne peut se faire que dans la Charité.
Elle m’a été communiquée par un autre ami (commun) qui l’avait d’abord reçue de l’auteur mais n’avait pas le temps disponible suffisant à la mise en forme pour la publier sur notre forum, afin que je le fasse moi-même.

A ce texte, établi à l’origine pour une impression sur papier de format A4, il manque ici, au début de l’exposition proprement dite de l’étude elle-même, la table des matières avec le numéro des pages correspondant aux différents titres, numéros de pages qui n’ont bien sûr aucun objet dans la présente publication.
Je me suis permis, d’autre part, d’y apporter quelques légères modifications, plutôt dans la forme.
La préparation achevée, je livre donc ce travail à votre lecture attentionnée et votre étude que je souhaite fructueuse et ne voudrais pas malveillante par principe.

Ami ou aimable lecteur, bon courage !


In Christo Rege et Maria Regina

Jean-Paul BONTEMPS, ce dimanche de Pentecôte, 31 mai 2009.

_________________


« Pertinacia sola facit hæreticvm. Seule la pertinacité fait un hérétique »
(St Thomas d’Aquin : Quæstio VIII, De Vitiis Capitalibus, art 1)

Plions nos idées aux autorités, et non pas les autorités à nos idées.


Esquisse De La Controverse

Pour qu’un catholique tombe en hérésie, deux éléments sont requis : (I) le doute ou la négation d’un dogme, et (II) la pertinacité, c’est à dire la conscience que c’est bien un dogme qu’on rejette. Sans ces deux éléments, personne ne peut être hérétique. C’est ce qu’affirme St Thomas d’Aquin à la référence ci-dessus donnée, St Alphonse à Theologia Moralis, lib. III, n.19 et qu’aucun théologien n’a jamais mis en doute.

Mais de nos jours, certains ont prétendu que dans la présence du premier élément, le second est juridiquement présumé. Selon cet avis, même celui qui erre en toute innocence en matière dogmatique serait censé hérétique et exclu de l’Église. Ce ne serait pas là un jugement téméraire, car il ne s’agirait pas de croire que le fourvoyé est réellement hérétique, mais seulement d’agir comme s’il l’était, par respect de la loi.

De toute évidence, si la loi de l’Église impose une telle présomption, il faut la suivre. Mais ce serait un abus bien grave de présumer la pertinacité de tous les fourvoyés si la loi ne l’exige pas.

La question se pose donc : est-ce que la loi de l’Église présume la pertinacité toutes les fois qu’un catholique adhère à une position hérétique, même si, de fait, il se trompe de bonne foi et sans pertinacité ?

Cette question divise actuellement les catholiques, même les chercheurs les plus sérieux.

Ainsi l’abbé Vincent Zins tient pour une telle présomption (par exemple en Sub Tuum Præsidium, No 64) mais l’étude Ce que tous les catholiques devraient savoir concernant l’état actuel de l’Église circulé depuis 1992 Britons Catholic Library, affirme le contraire : « Une erreur innocente de la part de celui qui ne se rend pas compte que sa doctrine s’oppose à un dogme catholique ne constitue pas l’hérésie même matérielle… », et telle est la doctrine sur laquelle insistait Britons Catholic Library ailleurs aussi (voir Letter No 7 pp. 39-40 ; No 9 pp. 5-6, No 10, pp. 56-68). On admettait une présomption de pertinacité en certains cas, mais pas toujours et automatiquement.

Ce désaccord est évidemment de la plus grande importance. Car la crise actuelle a été l’occasion pour certains, voulant rester fidèles à l’Église, de se faire des idées objectivement hérétiques. Ainsi certains disent que l’Église n’est plus visible, d’autres qu’elle a erré dans la foi, d’autres qu’elle n’a plus de hiérarchie, d’autres que le magistère ordinaire n’est pas infaillible. Ce sont là autant de propos réellement hérétiques, mais souvent avancés par des gens qui ne se rendent pas compte que leurs idées s’opposent à un dogme. Ces confus-là, sont-ils d’office exclus de l’Église par une présomption de pertinacité ? Ou sont-ils catholiques à moins que cette pertinacité ne soit manifeste en chaque cas ?

Pour savoir qui a raison dans ce désaccord, le catholique voudra bien sûr consulter les auteurs, mais ceux-ci ne s’accordent pas parfaitement non plus.

Ainsi Dom Udalricus Beste affirme l’existence d’une telle présomption
Citation:
Celui qui de bonne foi nie ou appelle en doute, par ignorance, un dogme que l’Église enseigne comme étant à tenir de foi divine et catholique est un hérétique seulement matériel, pas formel. Cependant selon la norme énoncée dans le canon 2200 §2, étant donné la négation, ou le doute externe, d’un dogme de foi, l’hérésie est toujours présumée formelle au for externe, jusqu’à ce que le contraire soit prouvé.

Qui aliquam veritatem, quam Ecclesia ut dogma fide divina et catholica tenendum docet, in bona fide negat vel in dubium vocat ex ignorantia, est hæreticus materialis tantum, non formalis. Attamen ex norma in can. 2200§2 enuntiata, posita externa negatione vel dubitatione alicuius dogmatis fidei, hæresis semper præsumitur formalis in foro externo, donec contrarium probetur.
(Introductio in Codicem, 1946, p. 662, in can. 1325.)

En revanche, le Clergy Review, consacre de nombreuses pages en 1952 à l’application du Canon 2200 §2 à la pertinacité en matière d’hérésie. C’est même la seule étude approfondie du canon 2200 §2 par rapport à l’hérésie. Son moraliste, le chanoine Mahoney D.D., conclue que la pertinacité n’est censée présente que quand le fourvoyé se rend compte de rejeter la position de l’Église catholique ou est membre d’une secte que l’Église a jugé hérétique. Il rejette entièrement la position de Beste.
Citation:
Ce serait donc… un abus du terme que de qualifier d’hérétique un catholique professant qui nierait ou douterait d’une doctrine laquelle il ne savait pas être comprise dans l’enseignement dogmatique de l’Église ; une telle personne ne serait même pas un pécheur ‘matériel’, parce qu’il ne serait pas rebelle.

It would therefore...be a misuse of the term to brand as a heretic a professing Catholic who should deny or doubt a doctrine which he did not know to form part of the Church's dogmatic teaching; such a person would not be even a ‘material’ sinner, because he would not be a rebel.
(Le Chanoine E J Mahoney : The Clergy Review, 1952, vol. XXXVII, circa p. 459.)

Son correspondant Dom Theodore Richardson O.S.B., D.C.L., M.A. est plus formel encore
Citation:
On ne peut pas se servir de la présomption du canon 2200 §2 pour se dispenser de la preuve de la pertinacité considérée comme élément dans le corpus delicti de l’hérésie. Jusqu’à ce qu’elle soit prouvée présente, il ne peut y avoir, même au for externe, aucune présomption qu’une censure ait été encourue ; il ne peut même pas en être question…

The presumption of canon 2200§2 cannot be used to dispense one from the proof of pertinacity considered as an element in the corpus delicti of heresy. Until it has been proved, there can be no presumption, even in the external forum, that a censure has been incurred; there can indeed be no question of it…
(Ibid.)

Le désaccord ne pourrait être plus clair. Qui a raison ? Pour répondre à cette question nous allons regarder :

° Le canon 2200, § 2, en texte et contexte (voir Canon 18).
° La doctrine des plus grands théologiens en cette matière.
° Argumenta Rationis (1).
° Le jugement pratique des théologiens, des saints, et surtout du Saint-Siège en matière d’hérésie.
° Comment connaître la pertinacité ?
° Les circonstances où la pertinacité est réellement présumée.
° A quoi sert le Canon 2200, § 2 ?
° Résumé de nos constatations.
° Annexe 1. Evaluation de la probabilité théologique de l’avis minoritaire sur ce sujet.
° Annexe 2. Quelle doit être la pertinacité requise pour l’hérésie, à la lumière du canon 2229, § 2, et de ses commentateurs.

(1) : C’est à dire : les preuves apportées par la raison.



Cela permettra à chaque lecteur de tirer en pleine connaissance de cause des conclusions pratiques à suivre durant cette période où l’autorité est muette dans l’Église.



Le Canon 2200, § 2, en Texte et Contexte

Citation:
Etant donnée une violation externe d’une loi, le dol est présumé au for externe jusqu’à ce que le contraire soit prouvé.

Posita externa legis violatione, dolus in foro externo præsumitur donec contrarium probetur.

Telle est la loi que nous considérons. Or, manifestement, il ne dit pas, « étant donnée l’expression externe d’un propos hérétique de la part d’un catholique, la pertinacité est présumée au for externe… » Cela s’ensuivrait seulement si une erreur de ce genre était envisagée comme une « violation externe de la loi ».

Mais en effet, cette loi n’a aucun rapport spécial avec l’hérésie. Elle exprime un principe juridique tout à fait traditionnel dans l’Église. C’est pourquoi le Code donne cinq références en bas de page pour illustrer son origine et contribuer à son interprétation en cas de doute (Canons 6 et 23). Ces références remontent au Décret de Gratien (Codifié XIIième siècle). Aucune d’entre elles ne se rapporte à l’hérésie ni autorise une telle interprétation de notre texte. Pourtant, en matière pénale (et le Canon 2200 §2 se trouve en effet dans le livre de Poenis du Code) « benignior est interpretatio facienda » (Canon 2219) – il faut préférer l’interprétation bénigne.

Aussi est-il à remarquer que pour soutenir l’interprétation dure avec sa présomption de pertinacité, le Décret de Gratien sur l’hérésie n’aurait pas servi s’il s’était trouvé dans les notes des sources, car il affirme exactement le contraire :
Citation:
Sed qui sententiam suam, quamvis falsam atque perversam, nulla pertinaci animositate defendunt præsertim quam non audacia suæ præsumptionis pepererunt sed a seductis atque in errorem lapsis parentibus acceperunt: quærunt autem cauta sollicitudine veritatem, corrigi parati cvm invenerint, nequaquam sunt inter hæreticos deputandi.

Mais ceux qui défendent leur opinion, quelque fausse et perverse qu’elle puisse être, sans animosité pertinace, surtout s’ils ne l’ont pas engendrée par l’audace de leur propre présomption mais l’ont reçu de ses inventeurs séduits et tombés en erreur, et qui cherchent la vérité avec soin et sollicitude étant disposés de se corriger au moment de la trouver, ne sont nullement à compter parmi les hérétiques.
(C. XXIV, q. 3 c. 29. [2])
[(2) : Ce texte est essentiellement une citation de St Augustin, comme on verra plus loin.]



Voilà donc une première affirmation très claire : ceux qui ne sont pas pertinaces « ne sont nullement à compter parmi les hérétiques. » Voilà une négation absolue de la présomption de la pertinacité, car si celle-ci était à présumer, il aurait fallu écrire non pas "nequaquam" mais "omnino" – il faudrait bien compter parmi les hérétiques tout ceux qui sont exclus par ce texte.

A noter que selon le Canon 6, § 4, de notre Code « En doute si quelque règlement des canons est en désaccord avec l’ancienne loi, il ne faut pas s’éloigner de celle-ci. »


L’Enseignement des Théologiens

Notre sujet n’appartient pas au domaine exclusivement canonique. Savoir qui sont les membres de l’Église et qui ne le sont pas est une question d’ordre souverainement théologique. C’est pourquoi nous aurons raison d’étudier l’enseignement des plus grands théologiens de l’Église sur cette question de pertinacité.

Tout d’abord, le lieu classique est le texte de St Augustin qui fut l’origine du texte du Décret de Gratien que nous venons de voir.
Citation:
Mais ceux qui défendent leur opinion, quelque fausse et perverse qu’elle puisse être, sans animosité pertinace, et cherchent la vérité avec soin et sollicitude étant disposés de se corriger au moment de la trouver, ne sont nullement à compter parmi les hérétiques.
(St Augustine: in cap. Dixit Apostolus, XXIV, q. III; Letter 43, para. 162, c. 1, n. 1.)

Le même saint, le plus grand des Pères de l’Église, répète toujours la même doctrine. Voir Contra Manichæos, in cap. qui in Ecclesia, XXIV, q. III, et De Baptismo contra Donatistas Lib. 4, Cap. 16.)

D’Augustin, nous passons au plus grand théologien de l’Église, le docteur angélique St Thomas d’Aquin.

St Thomas traite de l’hérésie dans la Somme Théologique II-II, q. 11, ainsi que dans son Commentaire sur le IVième Livre des Sentences, dist. XVII, expos. text. (p.517), Quæstio VIII, De Vitiis Capitalibus, art 1, Dist XIII, Q 1, art 3 and Q 2 a 1, Summa Theologiæ, I, Q 32 art 4.

Partout il insiste fermement sur la nécessité absolue de la pertinacité pour que quelqu’un soit hérétique, disant, par exemple, que « l’hérésie, au-delà de l’erreur, ajoute un élément qui concerne le sujet, car il s’agit d’une erreur qui concerne des choses appartenant à la foi, et un élément qui concerne la personne qui erre, car elle implique la pertinacité laquelle seule fait que quelqu’un soit hérétique. » (Quæstio VIII, De Vitiis Capitalibus, art 1.)

C’est surtout de la Somme Théologique, II-II, q. 11, a.3 "Utrum hæretici sint tolerandi" qu’il ressort très clairement que St Thomas ignore entièrement une présomption universelle de pertinacité. Car là il souligne que l’Église ne condamne les hérétiques que dans la mesure où ils sont réellement pertinaces, ce qui n’aurait aucun sens si les mêmes censures frappaient indifféremment les catholiques qui errent de bonne foi.

Avec le cardinal de Lugo nous arrivons au théologien qui dans toute l’histoire de l’Église a consacré le plus d’étude au sujet de la pertinacité requise pour que quelqu’un soit hérétique. St Alphonse de Liguori le jugeait le plus grand théologien depuis St Thomas. Aucun théologien sérieux depuis qu’il a écrit n’a pu parler de la pertinacité sans référence aux pages du célèbre cardinal espagnol. Il s’agit, en effet, de 43 colonnes de ses Disputationes Scholasticæ et Morales. La traduction de chacune de ces colonnes correspond à une page de ce présent texte en A4. Et dans ces 43 colonnes, le raisonnement est dense, la science immense, les autorités citées nombreuses et lourdes. On peut se demander après leur lecture comment quelqu’un oserait parler de la pertinacité sans les avoir lues. (3)
(3) : Toutes les pages de l’abbé Zins sur la pertinacité affichent son ignorance de ce lieu classique.


Comme il est impossible de donner toutes ces pages dans cet article, citons au moins quelques passages représentatifs de la doctrine de l’auteur.
Citation:

Tous sont d’accord que la pertinacité est requise pour que quelqu’un soit, et soit appelé, un hérétique, et donc qu’il puisse encourir les peines ecclésiastiques. Ceci est supposé dans les décrets des conciles qui condamnent ceux qui disent pertinacement le contraire.

(…)

Etant donné que Alciatus et Menochius… étaient juristes, qui ne s’occupent que du for externe, il est seulement au for externe qu’ils disent que l’accusé peut être excusé s’il n’était pas averti ni réprimandé…

(…)

Car si l’on pouvait être certain par ailleurs, par la notoriété de la doctrine elle-même, la qualité de la personne, et d’autres circonstances, que l’accusé ne pouvait pas ignorer l’opposition entre sa doctrine et l’Église, par le fait même [sans besoin d’admonition] il serait jugé hérétique…

(…)

Mais pour d’autres personnes privées, il sera parfois plus sûr d’éviter tout de suite un hérétique s’ils savent qu’il pêche non pas par ignorance mais par malice.

Le for externe ne juge pas contre le for interne à moins que ce soit à cause d’une présomption fondée sur une circonstance externe qui suffit pour la justifier. Si donc la proposition faite par l’évêque ne suffit pas d’elle-même à créer une obligation à croire, on ne doit pas juger pertinace au for externe qui ne croit pas malgré cette proposition.

(…)

Si un théologien érudit nie que telle est la doctrine de l’Église et apporte des fondements apparents pour prouver l’ignorance des censeurs [juges ecclésiastiques] qui auraient condamné injustement ses affirmations, il faut encore le satisfaire et disputer et lui expliquer la fondation de la condamnation pour le convaincre ou pour qu’à l’avis des sages il devrait être convaincu que la condamnation fut méritée. Après quoi, s’il n’a pas consenti, il peut raisonnablement être déclaré pertinace.

(…)

La cinquième opinion qui est la plus vraie et la plus commune dit que toute ignorance, voire crasse et affectée, excuse aussi bien de l’hérésie que des peines des hérétiques.

(…)

Les adversaires de cette opinion se basent d’abord sur le propos suivant de St Augustin : « Mais ceux qui défendent leur opinion, quelque fausse et perverse qu’elle puisse être, sans animosité pertinace, et cherchent la vérité avec soin et sollicitude étant disposés de se corriger au moment de la trouver, ne sont nullement à compter parmi les hérétiques. » Car dans ces mots St Augustin n’excuse de la pertinacité et de l’hérésie que ceux qui cherchent la vérité avec soin, et non ceux qui négligent de la trouver, encore moins ceux qui la fuient exprès pour ne pas la trouver. A quoi on répond que St Augustin en excuse en effet ceux qui cherchent la vérité, mais pour les autres il ne les excuse pas mais ne les déclare pas hérétiques non plus ; il affirme ce qui était sûr et fait abstraction de ce qui était moins sûr.

(Op. cit. Disputatio XX, sectiones IV et V.)


En somme, on peut dire que le plus grand expert de l’Église sur la pertinacité ignore totalement l’idée que l’on pourrait présumer la pertinacité toutes les fois qu’un catholique se trompe en matière de doctrine : tout ce qu’il écrit présume le contraire. Il reconnaît, bien sûr, la présomption de pertinacité en certains cas très particuliers, par exemple un grand théologien qui nierait un dogme très bien connu, mais cela ne fait que de souligner que ces cas sont exceptionnels. La règle ordinaire est que la pertinacité doit être rendue évidente en chaque cas.

Et pour en venir à St Alphonse lui-même, docteur de l’Église et de qui le Saint-Siège a jugé que l’on peut toujours suivre ses doctrines de bonne conscience, il en est de même. Le saint docteur affirme que « personne n’est hérétique tant qu’il est disposé de soumettre son jugement à l’Église, ou ignore que la vraie Église du Christ tient le contraire, même s’il défend mordicus son avis en conséquence d’une ignorance coupable voire crasse. » (St Alphonse de Liguori : Theologia Moralis, lib. III, n. 19.) Nulle part il ne semble penser que cette pertinacité puisse être présumé si ce n’est dans le cas d’un catholique niant la foi tout entière ou adorant des idoles extérieurement tout en gardant la vraie foi dans son cœur (ibid.)

Un autre théologien qui discute en grand détail la pertinacité comme élément essentiel à l’hérésie est Ballerini. Il suit étroitement de Lugo. Il parle d’une présomption de pertinacité au for externe dans le cas de celui qui nie la conclusion d’un syllogisme évidemment valide dont une prémisse serait révélée et l’autre naturellement et évidemment certaine. Dans un pareil cas, explique-t-il, on aurait le droit de penser que c’est bien le propos de foi qui est nié. Mais il ne connaît aucune présomption de pertinacité universelle et tient à ce qu’un accusé ou suspect soit averti. Personne, pour lui, n’est hérétique, ni excommunié comme tel, tant qu’il ignore que l’Église tient le contraire de son opinion erronée.
Citation:
Utique iuristæ qui de solo foro externo agunt dicunt in hoc foro excusari posse reum si monitus non fuit nec correctus; qui paratus est errorem deponere et corrigi si monitus fuisset. Quo etiam spectare potest ut detur aliquod tempus quo instrui quis possit nebulasque menti offusas disiicere.

En effet les juristes, qui ne s’occupent que du for externe, disent qu’à ce for un accusé peut être excusé s’il ne fut ni averti ni corrigé ; lequel est disposé à déposer son erreur et à s’amender s’il avait été averti. Ce qui peut aussi impliquer qu’un certain délai soit accordé pour que quelqu’un puisse s’instruire et chasser les nuages qui obscurcissent son esprit.
(Antonius Ballerini S. J. : Opus Theologicvm Morale, vol. II, tr. 5, sect. I De Fide, n. 117 et seq.)

Jusqu’ici, il est à remarquer, non seulement nos auteurs n’approuvent pas la doctrine de Beste (présomption universelle de pertinacité), mais ils en ignorent l’existence.

C’est au cours du XIXième siècle que cette idée semble être née : la conséquence d’une simple confusion. Certains auteurs employaient le terme « hérétique matériel » pour un catholique qui se trompait de bonne foi en matière dogmatique, tenant ainsi l’élément matériel de l’hérésie, mais sans pertinacité. Ainsi compris, l’hérétique matériel serait toujours membre de l’Église catholique et personne ne croyait le contraire.

Mais d’autres employaient la même expression pour les non-catholiques (protestants, schismatiques Grecs et Russes, etc.) qui étaient de bonne foi dans leurs hérésies n’ayant jamais connu la vraie Église. Ceux-ci n’ont jamais commis le péché d’hérésie, mais bien sûr ils ne sont pas catholiques. C’est à leur sujet qu’il existe bel et bien une présomption universelle de pertinacité confirmée par la pratique de l’Église.

Cette confusion de vocabulaire donna lieu à de pires confusions. Car quelques mal instruits commençaient à confondre les deux groupes si distincts, disant soit que les Protestants de bonne foi étaient catholiques, soit que les catholiques confus n’étaient plus de l’Église.

Le Père Michael Müller leva sa voix pour protester
Citation:
Un catholique qui se trompe par ignorance n’est point hérétique matériel ; il est membre du corps du Christ… Rien de la sorte n’est vrai d’un hérétique matériel parce que celui-ci est exclu de l’Église et donc point membre du corps du Christ.
(Fr. Michael Müller C.SS.R. : The Catholic Dogma, pp. 186,7.)

Mais il fallait un grand théologien pour résoudre la confusion. Celui qu’envoya la Providence fut le cardinal Louis Billot S.J. (1846-1931). Nous voici enfin devant un théologien digne du nom, de qui on a pu dire « Sanctus Augustinus invenit, Sanctus Thomas perfecit, Cardinalis Billot explicavit. »(4) Et c’est un théologien qui connaît enfin cette idée de présomption universelle de pertinacité, qui en comprend l’origine, et qui la traite carrément d’absurdité ! Le texte suivant est de première importance, mais il faut le lire attentivement et le comprendre pour en sortir toute sa richesse, car le vénérable Thomiste n’avait pas un style de romancier mais de penseur exact.
Citation:
Les hérétiques sont divisés en formels et matériels. Les hérétiques formels sont ceux à qui l’autorité de l’Église est suffisamment connue, tandis que les hérétiques matériels sont ceux qui, se trouvant dans l’ignorance invincible de l’Église même, choisissent de bonne foi quelque autre règle directrice. L’hérésie des hérétiques matériels ne s’impute donc pas comme un péché et n’est pas nécessairement incompatible avec la foi surnaturelle qui est le début et la racine de toute justification. Car ils peuvent croire explicitement les articles principaux et croire les autres, non pas explicitement, mais implicitement, par leur disposition de l’esprit et de la volonté d’adhérer à tout ce qui leur est suffisamment proposé comme ayant été révélé par Dieu. Ils peuvent en effet appartenir toujours au corps de l’Église par désir et remplir les autres conditions nécessaires pour le salut. Néanmoins quant à leur incorporation actuelle dans l’Église visible de Jésus Christ, ce qui est notre présent sujet, notre thèse ne distingue nullement entre les hérétiques formels et les matériels, tout comprenant selon la notion de l’hérésie matérielle qui vient d’être donnée et qui est la seule véritable.(5) Car si vous entendez par l’expression hérétique matériel quelqu’un qui, tout en professant la sujétion au magistère de l’Église en matière de foi, cependant nie quelque chose de défini par l’Église parce qu’il ne se rendait pas compte que c’était défini, ou, de même, tient une opinion opposée à la doctrine catholique, croyant à tort que l’Église l’enseigne, ce serait tout à fait absurde de placer les hérétiques matériels en dehors du corps de la vraie Église ; mais cet entendement pervertit totalement l’usage légitime de l’expression. Car un péché matériel est dit d’exister seulement quand ce qui appartient à la nature du péché a lieu matériellement, mais sans conscience ou volonté délibérée. Mais la nature de l’hérésie consiste dans le fait de se retirer de la règle du magistère ecclésiastique, et cela n’arrive pas dans le cas mentionné [de quelqu’un qui a la résolution de croire tout ce qu’enseigne l’Église mais qui se trompe au sujet de savoir ce qu’elle enseigne sur tel point], puisque ceci est une simple erreur de fait concernant ce que dicte la règle. Ainsi il n’y a pas lieu d’hérésie, même matériellement.(6)
(Cal. Louis Billot S. J., dans son De Ecclesia Christi, 4ième édition, pp. 289-90.)

(4) : Padre Lazzarini au Grégorien, cité par le professeur Gustavo Daniel Corbi dans son admirable Tres Maestros: Billot, Jugnet, Meinvielle, p. 47.

(5) : Le Cal. Billot écrit ici en explication de sa onzième thèse sous la question 7 de l’ouvrage. La thèse est ainsi exprimée : « Quoique le caractère baptismal soit en lui-même suffisant pour incorporer un homme en la vraie Église catholique, néanmoins une double condition s’exige pour cet effet chez les adultes. La première condition est que le lien social de l’unité de la Foi ne soit pas empêché par l’hérésie formelle ou même matérielle… »

(6) : Dividuntur autem hæretici in formales et materiales. Formales illi sunt quibus Ecclesiæ auctoritas est sufficienter nota; materiales vero qui invincibili ignorantia circa ipsam Ecclesiam laborantes, bona fide eligant aliam regulam directricem. Materialibus igitur hæreticis non imputatur hæresis ad peccatum, immo nec necessario deest supernaturalis illa fides quæ totius justificationis initium est et radix. Forte enim credunt explicite principales articulos, cæteros vero non explicite sed implicite, per dispositionem animi et bonam voluntatem adhærendi iis omnibus quæ sibi sufficienter proponerentur ut a Deo revelata. Proinde adhuc possunt pertinere voto ad corpus Ecclesiæ et alias habere conditiones requisitas ad salutem. Niholominus quod attinet ad realem incorporationem in visibile Ecclesia Christi de qua nunc sermo, thesis nullum ponit discrimen inter hæreticos formales vel materiales, omnia sane intelligendo juxta mox declaratam hæresis materialis notionem, quæ etiam sola est propria et genuina. Nam si per hæreticvm materialem intelligeres eum qui profitens se in rebus fidei a magisterio Ecclesiæ pendere, adhuc tamen negat aliquid definitum ab Ecclesia quia nescit fuisse definitum, aut ideo tenet contrariam catholicæ doctrinæ sententiam quia falso reputat eam doceri ab Ecclesia, sic profecto absurdum esset ponere hæreticos materiales extra veræ Ecclesiæ corpus, sed sic etiam omnino perverteretur legitima vocis acceptio. Nam tunc tantum peccatum materiale esse dicitur, quando materialiter ponuntur ea quæ sunt de ratione talis peccati, seclusa advertentia aut deliberata voluntate. Nunc autem de ratione hæreseos est recessus a regula ecclesiastici magisterii, qui in casu nullus est, cvm sit simplex error facti circa id quod regula dictat. Et ideo ne materialiter quidem hæresi locus esse potest.



Le lecteur qui a bien suivi la pensée de Billot verra tout de suite que c’est exactement la position du pauvre Beste, suivi par l’abbé Zins, que le plus grand théologien du XXième siècle, avec son célèbre franc-parler, traite d’absurde : « Car si vous entendez par l’expression hérétique matériel quelqu’un qui, tout en professant la sujétion au magistère de l’Église en matière de foi, cependant nie quelque chose de défini par l’Église parce qu’il ne se rendait pas compte que c’était défini…, ce serait tout à fait absurde de placer les hérétiques matériels en dehors du corps de la vraie Église ; mais cet entendement pervertit totalement l’usage légitime de l’expression. » Pour Billot, celui qui veut croire avec l’Église mais commet une erreur de fait pour savoir ce qu’enseigne le Magistère n’est nullement hérétique, même matériel, et appartient très certainement à l’Église non pas in voto mais in re – dans la pleine réalité de son existence visible et extérieur.

Et c’est bien la doctrine du cardinal Billot qui est systématiquement suivi par le Code de Droit Canon car le Code évite toute allusion aux « hérétiques matériels ou formels », préférant parler des « hérétiques ou schismatiques qui errent de bonne foi », et entendant par cela les hérétiques qui n’ont jamais rejeté d’une manière coupable l’Église Catholique laquelle ils n’ont jamais vraiment connue. Voilà qui sont exclus par le Canon 731, § 2, de la réception des sacrements. Vouloir tirer de ce canon l’exclusion des sacrements d’un catholique ayant l’habitude de soumission envers le magistère de l’Église mais qui se trompe en matière de doctrine serait de bafouer entièrement la véritable doctrine sur ce point expliquée par Billot et de mettre des Catholiques dans le même sac que des non-Catholiques. Un hérétique qui se trompe de bonne foi serait, par exemple, un Anglican élevé dans l’erreur et n’ayant jamais rencontré de preuves suffisantes de la foi catholique. En revanche, un catholique qui erre par ignorance en matière doctrinale sans perdre l’habitude de soumission au magistère n’est pas un hérétique du tout. Là où est la soumission au magistère, la pertinacité est nécessairement absente. Et l’hérétique sans pertinacité (c’est à dire sans rejet conscient de la doctrine catholique) n’a pas plus d’existence que le triangle sans trois côtés. Toute idée de présomption universelle de pertinacité au for externe met hors de l’Église ceux que le Cardinal Billot tient comme étant certainement ses membres.

Pour compléter cette section, mentionnons deux autres auteurs ayant un poids particulier pour les catholiques en ce temps de crise. Le premier, c’est le célèbre Don Félix Sarda y Salvany, auteur du livre providentiel Le Libéralisme est un Péché qui ignore totalement cette présomption de pertinacité. « Les hommes et les partis (sauf les cas d’erreur et de bonne foi) ne sont catholiques dans leurs doctrines qu’autant qu’ils ne professent aucune opinion anti-catholique. » (Chapitre XLI.)

Et le dernier, c’est un érudit toujours vivant : Arnaldo Vidigal Xavier de Silveira est certainement un des théologiens les plus érudits de notre temps. Il est connu que feu Mgr Don Antonio de Castro Mayer, lui-même très docte, n’avait pas honte de cacher sa plume derrière celle de Silveira. Celui-ci est particulièrement fort en des questions de théologie morale et canonique. Son étude Actes, Gestes, Attitudes et Omissions Peuvent Trahir un Hérétique a été traduite en de nombreuses langues (7). Dans cette étude l’auteur montre que pour connaître un hérétique il n’est pas forcément nécessaire qu’il y ait des monitions – les paroles, les actes et même les omissions peuvent faire preuve de l’hérésie. Tout le but de son article est de souligner que le particulier peut en certains cas connaître l’hérétique sans qu’il y ait besoin de l’intervention des autorités de l’Église.
(7) : En anglais par le présent écrivain.

Pourtant, l’auteur consacre toute une section à la question : « la pertinacité, peut-elle être montrée par les actes ? » A aucun moment l’auteur n’évoque l’idée que l’on pourrait considérer quelqu’un comme étant hérétique sans établir la pertinacité. A aucun moment il ne veut recourir à de prétendues présomptions juridiques pour écarter cette nécessité. Il sait trop bien que, selon les auteurs qu’il cite, « l’excommunication est encourue par des hérétiques, c’est à dire des chrétiens qui nient ou doutent des vérités de foi proposées par l’Église, et dont la négation n’est pas seulement interne, ni seulement externe, mais à la fois intérieure et extérieure, d’après quelque indication – parole, acte ou écrit. »(8) A la question ci-dessus citée il répond simplement que la pertinacité implique que le coupable nie ou doute du dogme scienter et volenter et que ceci peut en effet en certains cas être exprimé par des actes ou des omissions aussi bien que par des paroles.
(8) : Lorio, pg. 258.


Argumenta Rationis

Nous avons voulu laisser parler les autorités avant d’aborder les considérations intrinsèques, mais les paroles de Billot sont trop claires pour qu’il reste grand-chose à y ajouter comme apport de la raison. L’Église excommunie une femme qui subit volontairement un avortement, mais personne n’a jamais prétendu que d’après le canon 2200, § 2, une femme qui a le malheur de subir une fausse couche devrait, au for externe, être censée excommuniée. L’Église frappe de sévères peines l’essai de se suicider, mais une chute malencontreuse du haut d’une falaise n’entraîne aucune présomption au for externe d’être suicide. En de pareils exemples, nous n’avons réellement aucune infraction externe de la loi, car la loi n’interdit pas la fausse couche mais l’avortement ; elle n’interdit pas la chute, mais le suicide, et elle n’interdit pas la confusion doctrinale mais bien le crime d’hérésie, qui est « l’erreur libre et pertinace dans l’intellect contre la foi en quelqu’un qui l’a reçue. » (St Alphonse, loc. cit. )

Et puis, quelle autre conclusion aurait-on pu atteindre sans devoir conclure que plusieurs saints n’étaient pas membres de l’Église et d’autres conclusions pas moins inadmissibles ? « Pour l’hérésie est exigée, de la part de la volonté, la pertinacité. C’est l’enseignement de tous, suivant St Augustin, Epître 262. Car la foi est perdue par l’hérésie, et non pas par une simple erreur, ce qui est manifeste dans le cas de plusieurs saints qui se sont trompés concernant diverses vérités de foi. Cette pertinacité consiste dans la volonté délibérée de différer d’une doctrine que l’on sait est tenue par l’Église catholique comme étant de foi certaine. » (Antoine : Theologia Moralis Universa, 1796.)


Le Jugement Pratique Des Théologiens, Des Saints, Et Surtout Du Saint-Siège, En Matière D’Hérésie.

Le présent auteur a déjà consacré une importante étude à une série d’épisodes historiques jetant de la lumière sur la constatation pratique de la pertinacité : Pour Eviter Les Accusations Trop Faciles D’Hérésie et de Schisme – Une Perspective Historique. C’est pourquoi il tient à ne pas surcharger cet article en y répétant le contenu de l’autre. Qu’il nous suffise pour le présent de nous rappeler que dans cet article nous trouvons, parmi d’autres, les exemples suivants :

1. St Robert Bellarmin juge les doctrines publiquement soutenues par Michel de Bay comme hérétiques, mais dit que l’homme lui-même est « prudent, pieux, humble, érudit » et tient à ce que l’on lui montre tout le respect dû à un théologien catholique.
2. Le Cardinal Manning attribue dix hérésies au Cardinal Newman, mais obtient pour lui le chapeau rouge et prêche son éloge funéraire.
3. St Alphonse attribue à Erasme des propos manifestement hérétiques, mais refuse de conclure que lui-même fût pire que « malsain ».
4. La Sainte Inquisition affirme, sous St Pie X, que depuis de longues années l’abbé Loisy enseignait « bien des choses qui renversent les fondements les plus essentiels de la foi chrétienne » mais qu’elle n’avait pas voulu le condamner comme hérétique avant qu’il n’abuse de multiples avertissements.
5. Le Saint Office refuse (1949) la conclusion que tout membre du parti Communiste serait forcément censé hérétique ou autrement exclu de l’Église.
6. L’Ami du Clergé sous St Pie X juge que dans un cas précis la négation explicite de la transsubstantiation n’empêchait pas le coupable de rester membre de l’Église.
7. Le Vénérable Pie IX réprimande Mgr Darboy pour négation publique de l’enseignement du IVième Concile du Latran, mais laisse Darboy s’obstiner dans ses idées pendant six ans sans le condamner, et tout en le laissant en place comme archevêque de Paris.

Une seule conclusion s’impose de façon inéluctable : c’est que la présomption de pertinacité chez le catholique qui erre était inconnue de tous ceux qui auraient dû la connaître si elle avait le moindre fondement.


Comment Connaître La Pertinacité ?

D’aucuns ont voulu faire valoir contre la position classique de St Augustin, de St Thomas et de Billot l’objection qu’elle fait dépendre la visibilité de l’Église d’un élément invisible – la question de savoir si quelqu’un est pertinace dans l’erreur ou non. Effectivement il n’en est rien. La saine position catholique est très simple. Pour que quelqu’un soit dit hérétique, il faut qu’il nie ou mette en doute un dogme tout en sachant qu’il s’agit vraiment d’un dogme.

° Il n’est pas clair qu’il s’agisse vraiment d’un dogme ? Alors, laissez-le en paix : il est catholique. (Canon 1323, § 3.)
° Il n’est pas clair qu’il existe une opposition vraie, directe et manifeste entre ses idées et la doctrine de l’Église ? Alors laissez-le en paix : il reste catholique. (St Thomas : Commentaire sur le IVième des Sentences, dist. XVII, expos. text. et alibi sæpe.)
° Il n’est pas clair que lui-même se rende compte que l’opposition soit en elle-même, ex se, certaine et directe ? Alors laissez-le en paix ou essayez de le convaincre, mais ne perdez pas de vue que, jusqu’à ce qu’il voie l’opposition et s’obstine…, il demeure catholique. ([i]Auctores præcitati passim.)
° Mais si des personnes théologiquement compétentes sont moralement certaines de ces deux éléments, alors, c’est un hérétique !

Il ne s’agit pas de pénétrer au for interne, mais de juger la pertinacité telle qu’elle est extériorisée. Car selon la définition des canonistes la pertinacité est le rejet conscient d’une doctrine à tenir de foi divine et catholique. Il s’agit donc de faire exactement ce qu’on dit si correctement vouloir faire : juger au for externe, juger d’après les actes et les paroles, mais seulement dans la mesure où ces actes et paroles externes manifestent à la fois l’erreur dans la Foi et la pertinacité.
Citation:
L’obstination peut être présumée lorsqu’une vérité révélée a été proposée avec assez de clarté et de force pour convaincre un homme raisonnable.
(Dom Charles Augustine : A Commentary on Canon Law, Vol. 8, p. 335.)

Voilà toute notre doctrine : elle est claire, elle reste bien au for externe, elle est soutenue par tous les auteurs sans controverse ; elle refuse simplement de présumer la pertinacité là où elle peut bien être absente ; mais là où elle est présente, on tire la conclusion qu’elle impose : l’errant est réellement hérétique.

Il s’ensuit que le premier devoir de celui qui compte reconnaître les hérétiques sans faire de jugement téméraire, est de bien connaître lui-même la doctrine de l’Église, selon les meilleures autorités, et dans la langue de l’Église elle-même. Le second, est de savoir distinguer entre un dogme et les conclusions qui en découlent par l’application de la raison humaine, car un énorme gouffre sépare les deux. Et le troisième est d’apprendre par les écrits théologiques et par l’exemple de ceux qui font autorité comment et en quelles circonstances un catholique devrait – toujours en dernier ressort – conclure que tel individu est réellement et certainement hérétique malgré ses éventuelles protestations du contraire.


Quelles Sont Les Circonstances Limitées Où La Pertinacité Est Réellement Présumée ?

Citation:
Une présomption est une conjecture probable d’une chose incertaine ; elle est soit de droit, au cas d’être arrêtée par la loi même ; soit de l’homme, au cas d’être conjecturée par le juge.

Præsumptio est rei incertæ probabilis coniectura; eaque alia est iuris, quæ ab ipsa lege statuitur; alia hominis, quæ a iudice coniicitur.
(Canon 1825, § 1)

Nous avons soutenu qu’il n’existe aucune présomption universelle de pertinacité. C’est à dire que le simple fait d’une erreur doctrinale ne suffit pas pour que l’errant soit censé hérétique. Mais nous ne disons pas qu’il n’y ait jamais présomption de pertinacité. En effet une telle présomption existe en certains cas précis reconnus par les autorités. Lesquels ? Nous connaissons ceux qui suivent :

1. Le cas de ceux qui appartiennent à une secte notoirement non-catholique. Ceci est certain par le comportement pratique de l’Église à leur égard. Mais il ne comprend pas le cas de ceux qui se croient dans l’Église Catholique et romaine mais sont trompés par une secte ni notoire ni officiellement dénoncée. C’est pourquoi en juin 1949 le Saint Office a déclaré que les adhérents d’un mouvement schismatique en Tchécoslovaquie qui se prétendait catholique n’encouraient la censure d’excommunication que s’ils y avaient adhéré sciemment et volontairement. Aussi est-ce pourquoi les parents de St Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars, ont pu être trompés pendant un certain temps par un prêtre jureur sans encourir le schisme.
2. Le cas d’un catholique qui affirme extérieurement une hérésie qu’il reconnaît comme telle, mais qui agit sous l’influence d’une grave peur ou d’une intoxication, gardant la vraie foi dans son cœur. (Voir : Jone op. cit., ad Can. 1325, § 2.)
3. Le cas où l’on ne peut pas raisonnablement croire que l’errant ignore que sa doctrine est hérétique. (Voir de Lugo, loc. cit.)
4. Le cas où l’errant affirme clairement son insoumission au magistère. (de Lugo et d’autres cités par lui: op. cit., Disp. XX, sect. V, n. 167.)

Il se peut que cette liste ne soit pas exhaustive. Ce qui est certain est que toutes les fois que l’on précise tel cas où la pertinacité est présumée, on reconnaît que cette présomption n’a pas toujours lieu.

On voit très clairement que toutes les présomptions admises se réduisent au simple et sage principe de présumer juridiquement ce qui est déjà presque certain. Mais rien du cela ne heurte le principe pas moins sage et certain énoncé par Pie XII : « Il n’est aucune présomption de droit contre la vérité… » (Allocution à la Rote Romaine, 1 octobre, 1942.)


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Jean-Paul BONTEMPS

Pour la plus grande gloire de Dieu et l'honneur de Notre-Dame par le triomphe de la sainte Église Catholique qui, traditionnelle, est de toujours.


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MessagePosté le: Jeu Juin 04, 2009 9:58 pm    Sujet du message: Le Canon 2200, §2, Et La Pertinacité Répondre en citant

(suite)
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Dans le fil « Contre les obsédés Zinzins du Droit Canon », le mardi 2 juin 2009 à 18h31 (GMT + 1 H), Michel-Louis GARS du Loir a écrit:

A Quoi Sert Le Canon 2200, § 2 ?

Il ne suffit pas de montrer que le Canon 2200, § 2, n’a pas l’effet que lui attribuent l’abbé Zins et certains autres de nos jours. Il faut aussi en expliquer le vrai sens.

Ce canon existe parce que les peines ecclésiastiques ne sont jamais encourues que dans la mesure où le délinquant est réellement et gravement coupable. Et cela étant, il serait trop facile pour tout délinquant de se dérober à la justice sous prétexte de manque de connaissance ou de liberté. D’où l’Église a adopté essentiellement le même principe que les lois civiles de la plupart des pays – le principe de présumer dans l’administration de la justice, jusqu’à preuve du contraire, que celui qui fait un acte criminel est responsable de cet acte : autrement dit, pour faire valoir la défense qu’on a agi par suite de violence, de grave peur, d’intoxication ou d’ignorance, il ne suffit pas de l’affirmer, il faut en convaincre le juge.

Or, cette présomption ne contredit nullement la célèbre présomption d’innocence. On présume toujours l’innocence – que l’accusé n’a pas fait l’acte criminel dont il est accusé, jusqu’à ce que le contraire soit montré. Mais une fois établi qu’il a fait le crime, le poids de la présomption retourne contre lui. Maintenant il est présumé susceptible de toutes les peines prévues à moins de pouvoir faire preuve de ne pas avoir agi malicieusement.

Bref, on ne présume pas le délit, mais on présume bien la malice là où le délit est déjà établi.

Si le canon 2200, § 2, a été mal compris par certains non-spécialistes(9) de nos jours, c’est parce qu’ils s’en servent pour présumer le crime même. Ils s’appuient sur lui pour rejeter le plaidoyer d’ignorance quand il s’agit non pas de l’ignorance du caractère criminel de son acte, mais du manque d’une connaissance absolument nécessaire à l’acte même.
(9) : Beste, bien sûr, est spécialiste en droit canonique (sans être du premier rang des canonistes), mais sa méprise s’applique uniquement à un cas où le droit canonique côtoie la théologie dogmatique, où il n’est pas du tout spécialiste. Il se fourvoie dans la mesure où il quitte son champ de connaissance professionnelle.

Prenons quelques exemples concrets.

1. Un vicaire de paroisse prend sciemment des hosties consacrées du tabernacle et les met à la poubelle de la sacristie. Le curé les y trouve, mais suppose que les hosties ne sont pas consacrées : d’où il les vide avec les ordures. Un enfant de chœur a tout vu et raconte cela à ses parents. Le canon 2320 excommunie ipso facto quiconque jette les saintes espèces. Le père de l’enfant de chœur réprimande les deux clercs et les accuse de s’être attiré cette excommunication. Le vicaire explique qu’il ne savait pas que l’on ne devait pas jeter les saintes espèces. Peu importe. On a raison de le supposer excommunié selon la présomption de malice du canon 2200. Puis le curé explique qu’il savait très bien qu’il ne fallait pas jeter le Saint-Sacrement, mais qu’il n’avait pas la moindre idée que les hosties déjà à la poubelle pouvaient être consacrées. Cette fois, le canon 2200, § 2, ne s’applique pas. Une chose est de présumer la malice ; autre chose de présumer le crime même. Personne n’est présumé ignorer une loi notoire, mais on peut bien ignorer qu’est-ce qui se trouve dans une poubelle.
2. Des élèves de la classe de troisième(10) dans une école catholique passent une épreuve de catéchisme. Une question demande si l’extrême-onction a été instituée par le Christ. Un élève, se souvenant que ce sacrement a été promulgué par St Jacques, répond étourdiment par un négatif. La réponse de cet élève est strictement contraire à une vérité de foi divine et catholique, mais ce serait abusif de le présumer hérétique lui-même. Il s’est trompé sur une question de fait : c’est tout. Un autre élève a une tante riche qui est protestante. Celui-ci dit à sa tante qu’il partage ses croyances hérétiques, mais réellement il n’y croit pas du tout : il voulait lui faire plaisir pour qu’elle lui offre un cadeau. En ce cas, le Canon 2200, § 2, s’applique et l’élève est censé avoir encouru l’excommunication.
(10) : Ceux qui ont moins de quatorze ans ne peuvent pas encourir une censure latæ sententiæ. (Cann. 88 et 2230.)

Nous croyons la vérité suffisamment explicitée par ces exemples lesquels pourraient être multipliés. Quand la définition de l’acte criminel présume une certaine connaissance, la loi ne présume pas d’habitude cette connaissance. Mais quand le crime est vérifié, y compris cette connaissance essentielle, la loi présume bien la malice (« dolus »).

Si quelqu’un veut réellement croire que le Canon 2200, § 2, oblige de présumer l’hérésie quand un élève se trompe dans son épreuve de catéchisme, et de juger excommunié un prêtre qui n’a rien fait que de vider sa poubelle comme d’habitude, ignorant la présence d’hosties consacrées là-dedans… à lui de citer les commentateurs qui lui donnent raison. Ei incvmbit probatio qui affirmat, non qui negat; cvm per rerum naturam factum negantis probatio nulla sit.(11)
(10) : Cotterell, J : Latin Maxims, n° 69.


Résumé De Nos Constatations

Concernant l’opinion qui présume hérétique pertinace tout catholique qui se trompe en matière de foi, nous avons constaté ce qui suit :

° Cette opinion est inconnue de St Augustin, inconnue de St Thomas d’Aquin et inconnue de St Alphonse de Liguori, car ils affirment tous qu’il ne peut y avoir aucun hérétique sans pertinacité et ne suggèrent jamais que cette pertinacité serait nécessairement présumé au for externe.

° Cette opinion est inconnue de Lugo, de Schmalzgrüber, de Ballerini, et de tous les canonistes et théologiens d’avant-Code.

° Cette opinion est inconnue de Wernz, de Jone, de Naz et de presque tous les théologiens d’après-Code ou s’avère rejetée par eux, car ils mentionnent bien la présomption de pertinacité en certaines circonstances limitées, ce qui serait absurde si la même présomption s’imposait toutes les fois qu’un catholique se trompe en matière de foi.

° Cette opinion est tenue par un très petit nombre de canonistes ou de théologiens d’assez faible autorité (des rédacteurs de manuels, tels que Beste) qui ne suffisent pas pour qu’elle ait la moindre probabilité théologique.

° Cette opinion est connue du Cardinal Billot, le plus grand théologien du vingtième siècle (12), qui la traite d’absurde et la réfute dans un texte magistral.
(12) : Le seul autre prétendant serait le Père Garrigou-Lagrange O.P.

° Cette opinion est également rejetée et réfutée en détail par d’autres canonistes, tels que le chanoine Mahoney du Clergy Review, mais la plupart des canonistes l’ignorent complètement.

° Cette opinion ne reçoit aucun soutien du texte du Code – ni par le Canon 2202 § 2, qui parle d’infraction d’une loi et non pas d’erreur doctrinale non-pertinace ; ni par le canon 731 qui exclue des sacrements les hérétiques qui errent de bonne foi, par exemple un protestant qui n’a jamais connu la vraie foi, mais n’a aucun rapport avec un catholique qui se trompe en matière de foi, lequel n’est pas un hérétique même de bonne foi, car il garde l’habitude de soumission envers le magistère.

° Cette opinion ne reçoit aucun soutien dans les sources des canons mentionnées en bas de page dans le Code de Droit Canon.

° Cette opinion ne reçoit aucun soutien dans la loi d’avant-Code.

° Cette opinion est inconnue de presque tous les auteurs sérieux sur l’hérésie, lesquels ne la mentionnent pas et parlent d’une façon impossible à concilier avec elle.

° Cette opinion n’a jamais été observée au niveau pratique, ni par le Saint-Siège, ni par les saints, ni par les autres personnes dignes de respect.

° Cette opinion est due à une simple confusion. En effet, l’Église présume la pertinacité chez les membres des sectes condamnés (Protestants, « Orthodoxes », etc.) qui rejettent entièrement la soumission au magistère de l’Église, mais qui peuvent être de bonne foi s’ils ont été élevés en dehors de l’Église. Ces personnes sont correctement appelés des « hérétiques matériels ». Or, quelques théologiens, par un abus de langage sévèrement dénoncé par le Cardinal Billot, emploient l’expression « hérétique matériel » pour un catholique qui garde son habitude de soumission envers le magistère de l’Église mais se trompe sans pertinacité en matière de foi. En conséquence, le terme « hérétique matériel » est devenu ambigu. Et quelques auteurs, dont Beste, ont en conséquence cru que la présomption de pertinacité qui s’applique uniquement aux « hérétiques matériels » au vrai sens donné par Billot, devait s’appliquer même aux catholiques qui se trompent sans pertinacité.

° Cette opinion, contrairement à ce que prétendent certains, a été systématiquement rejetée dans les écrits du présent auteur depuis plus de dix ans, comme il peut se voir chez Britons Catholic Library Letters No 7, pp. 39-40, No 9 pp. 5-6, No 10, pp. 56-68.

° Cette opinion est une recette de confusion, de chaos et de catastrophe d’autant qu’elle se rencontre en général réuni avec une autre erreur plus grave encore – celle de confondre (a) un propos jugé impossible à concilier avec l’orthodoxie, et (b) l’hérésie même – alors que ces deux choses sont bien distinctes (13). Car ces erreurs jumelles une fois admises, plus rien ne retient le particulier de traiter d’hérétique tous ceux qui ne partagent pas entièrement toutes les conclusions tirées par lui-même à partir de la doctrine de l’Église par un raisonnement que la faiblesse humaine l’invite à considérer manifestement convaincant. Voilà donc que dans l’absence du pape le particulier le remplace, et que l’Église se voit divisée par ceux qui veulent la défendre, en sorte que pour chacun il ne reste que quelques dizaines qui partagent suffisamment ses conclusions pour être censés catholiques. Et de quelles conclusions, trop souvent, il s’agit, quand le laïque avec peu de formation théologique et peu de détachement de son jugement s’érige ainsi en inquisiteur !
(13) : “Two conditions must be complied with before any doctrine may be censured as heretical. 1. The truth which is contradicted must certainly be contained in the deposit of faith, 2. The censurable proposition must be in certain and evident opposition to the truth which is of faith. (…) The notion of probable heresy does not indicate a theological censure, but represents a private judgment without any intention to censure those who hold such dubious doctrine.” (Fr John Cahill O.P., The Development of the Theological Censures After the Council of Trent, pp. 27, 99.)


Que le Sacré Cœur de Jésus daigne unir tous les esprits dans la vérité et tous les cœurs dans la charité !


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Jean-Paul BONTEMPS

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MessagePosté le: Jeu Juin 04, 2009 9:59 pm    Sujet du message: Le Canon 2200, §2, Et La Pertinacité Répondre en citant

(suite 2)
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Dans le fil « Contre les obsédés Zinzins du Droit Canon », le mardi 2 juin 2009 à 18h31 (GMT + 1 H), Michel-Louis GARS du Loir a écrit:

ANNEXE 1

Y A-t-il Une Opinion Probable En Faveur De La Présomption Universelle De Pertinacité ?

Nous avons appris que l’opinion en faveur d’une présomption universelle de pertinacité est soit ignorée soit rejetée par presque tous les savants ainsi que par la coutume de l’Église ("consuetudo optima legum interpres"), et que Billot la traite d’absurde, mais qu’un rédacteur de manuel de séminaire, Beste, tient cet avis, ainsi qu’un petit nombre d’autres écrivains de faible renommée. Cela étant, l’opinion qui nie cette présomption est manifestement la plus probable et la position de nous-même qui l’acceptons depuis de longues années, et est à l’abri de toute attaque. Mais ceux qui tiennent malgré tout pour cette présomption, ont-ils la sécurité du moins de tenir une opinion probable, une opinion solidement soutenue et qu’un catholique peut prudemment admettre ?

Nous ne pouvons le croire.

Une opinion théologique est dite probable soit intrinsèquement soit extrinsèquement. La probabilité intrinsèque est basée sur les argumenta rationis – les preuves en faveur de la thèse. Et la probabilité extrinsèque est basée sur le nombre et le poids des auteurs qui soutiennent la thèse ainsi que sur le sérieux de leur analyse de la question.

Concernant la probabilité intrinsèque,
Ballerini a écrit:
De probabilitate intrinseca opinionum iudicare rite possint solum doctissimi et in re morali versatissimi, non autem mediocriter docti. […] Ratio est quia ut id rite fiat, nosci probe debet quid sit stricta probabilitas, conferri deinde debent rationes oppositarum opinionum, dispici debet ac sedulo considerari, an motiva forte sint levia, dubia, æquivoca, sophistica, item an non pro contraria sint motiva forte certa. Atqui hæc et alia huiusmodi non possunt fere nisi doctissimi et in re morali versatissimi.

Seulement les plus doctes et compétents en matière morale peuvent porter un jugement convenable concernant la probabilité intrinsèque des opinions, mais pas les moyennement instruits. La raison en est que pour faire cela convenablement, il faut bien savoir ce que c’est que la probabilité exacte et puis comparer les raisons pour les opinions opposées, comprenant et considérant assidûment si les motifs sont légers, douteux, équivoques, sophistiques, et aussi s’il n’y a pas pour l’opinion contraire des motifs éventuellement certains. Or, ces choses et d’autres similaires ne peuvent guère être faites que par les très doctes et très compétents en matière morale.

Il nous est donc doublement impossible de considérer cette opinion comme intrinsèquement probable, car les auteurs minoritaires ne nous présentent aucun solide argument pour soutenir leur position, et parce que, de toute façon, la science nous manque pour peser de tels arguments opposés à la vue traditionnelle.

Reste donc à voir si la nouveauté peut être censée extrinsèquement probable. Ici, nous serons moins gênés, car
Ballerini a écrit:
Vir mediocriter doctus potest iudicare de probabilitate extrinseca, 1. si statum quæstionis bene intelligat, 2. si assertam sententiam inveniat apud scriptores omni exceptione maiores. Etenim si hi affirmant esse probabilem certam quandam sententiam ac gravi fundamento niti, credere potest; quia scit alios prudentes idem formare iudicium.

Un homme moyennement instruit peut juger de la probabilité extrinsèque, 1. s’il comprend bien le statut de la question, et 2. s’il trouve l’opinion en jeu chez des auteurs dont le haut rang les met au-delà de toute réserve. Car si de tels auteurs affirment qu’une certaine opinion est probable et gravement fondée, il peut les croire, sachant que d’autres prudents forment le même jugement.
(ibid.)

Est-ce que la présomption universelle de pertinacité est une telle opinion ? Pour qu’il en soit ainsi il faudrait que Beste soit non seulement un auteur approuvé, mais qu’il soit « omni exceptione maior(14) ». Or le même Ballerini nous explique qu’un auteur « omni exceptione maior » est celui qui est non seulement « valde peritus » – très érudit – mais aussi qui a la coutume de confirmer ses conclusions « firmis ac validis rationibus » (avec des raisonnements fermes et valides) et qui « a pleinement discuté et invalidé (infirmaverit) les arguments des autres. » (op. cit. n° 109.)
(14) : Au-delà de toute réserve.


Nous n’adressons aucune injure au Père Beste en affirmant que tel n’est pas son cas. De Lugo est bien de ces auteurs, et Billot aussi, mais Beste ne l’est pas car il a cherché à rédiger un manuel de séminaire, lequel en général affirme sans discuter en détail des questions controversées. Et tout spécialement pour cette question il est impossible d’affirmer qu’il soutient sa thèse par des « raisonnements fermes et valides » – encore moins qu’il répond à ceux qui disent le contraire. Et quand nous regardons les auteurs qui s’opposent à cette idée, tel que Billot, nous ne trouvons pas qu’ils accordent la probabilité à l’avis qu’ils opposent (ce qui pourtant n’arrive pas rarement dans les débats scolastiques) : nous les voyons plutôt la rejeter comme une absurdité qui pervertit toute la saine compréhension du sujet.

Devant un pareil cas, Ballerini nous explique ce qui suit
Citation:
[i]Dubie autem probabilem censent doctores opinionem, 1. si dubitetur de gravitate rationum, 2. si de ea probabilitate sapientes communiter dubitent, 3. si dubia sit auctoritas doctorum qui affirmant seu tenent opinionem uti probabilem, 4. si ratio doctoris qui eam defendit non videatur satis firma, 5. si sit opinio singularis ab auctore prolata, quin sufficientem rationem afferat, 6. si unus aut alter tradant, sed plures contradicant.

Les docteurs considèrent une opinion comme douteusement probable, 1. si l’on doute de la gravité de ses raisons, 2. si les savants doutent communément de sa probabilité, 3. si l’autorité des auteurs qui affirment ou tiennent cette opinion comme probable est douteuse, 4. si le raisonnement du docteur qui la défend ne semble pas assez ferme, 5. s’il s’agit d’une opinion singulière affirmée par un auteur qui n'en offre pas de preuve suffisante, 6. si un ou deux l’enseignent tandis qu’un plus grand nombre disent le contraire.
(loc. cit. n° 113.)

Nous concluons que l’opinion du pauvre Beste ne jouit que d’une probabilité fort douteuse, d’autant qu’il semble s’imaginer transmettre une doctrine commune n’ayant pas besoin de preuve, et non pas une opinion communément rejetée et qualifiée d’absurde. Si même le bon Homère s’endort parfois, nous pouvons garder notre respect pour le Père Beste en tant que rédacteur de manuel de droit canon tout en nous sentant obligés sur ce point de le quitter. Amicus Beste, magis amicus Billot, maxime amica veritas.

Pour ceux qui éventuellement n’arrivent pas à se débarrasser de cette opinion du Père Beste, nous tenons pourtant à les mettre en garde très sérieusement concernant son application pratique. Car St Thomas consacre tout l’article XIV de son Quodlibet IV à la question de savoir s’il faut compter comme excommuniés les gens dont l’excommunication serait le sujet de désaccords parmi les érudits, et répond qu’avant le jugement des juges officiels en tout cas de doute et de controverse nous devrions les considérer comme n’étant pas excommuniés jusqu’à ce que la controverse soit résolue. Et il applique exactement la même doctrine, de tolérance et d’interprétation favorable, à ceux dont l’hérésie serait incertaine ("et ideo hoc locvm habet in illis de quibus non constat utrum sint hæretici vel non"). (Commentarium in Lib. IV Sententiarum, Dist.3, q. 2, art.3.)

Le comble d’absurdité est atteinte quand nous voyons certains, aussi convaincus de la position ici réfutée, tenir à rompre la communion avec ceux dont la seule faute serait de ne pas la partager – comme si cette méprise du canon 2200, § 2, faisait elle-même objet de foi divine !


Que le Sacré Cœur de Jésus daigne unir tous les esprits dans la vérité et tous les cœurs dans la charité !


_________________
Jean-Paul BONTEMPS

Pour la plus grande gloire de Dieu et l'honneur de Notre-Dame par le triomphe de la sainte Église Catholique qui, traditionnelle, est de toujours.


Dernière édition par Miles Christi 158 le Jeu Juin 04, 2009 10:10 pm; édité 1 fois
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Miles Christi 158



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MessagePosté le: Jeu Juin 04, 2009 10:01 pm    Sujet du message: Le Canon 2200, §2, Et La Pertinacité Répondre en citant

(fin)
_____________________________________________________________


Dans le fil « Contre les obsédés Zinzins du Droit Canon », le mardi 2 juin 2009 à 18h31 (GMT + 1 H), Michel-Louis GARS du Loir a écrit:

ANNEXE 2

Quelle Est La Pertinacité Requise Pour L’Hérésie ?
Application Du Canon 2229, § 2.


On sait que pour être hérétique il faut nier (ou mettre en doute) un dogme et qu’il faut le faire pertinaciter, c’est à dire sciemment. Mais que penser du cas où quelqu’un se voulant catholique nie un dogme par ignorance coupable – c’est à dire qu’il ignore que sa position est une hérésie, mais que son ignorance est le résultat d’une négligence injustifiable, peccamineuse ? Serait-il pour autant hérétique ? Les canonistes sont unanimes à nous apprendre que dans un pareil cas le coupable n’est pas hérétique et n’encoure pas la censure d’excommunication qui frappe les hérétiques. C’est ce qui s’ensuit du Canon 2229 § 2, dont le texte est le suivant
Citation:
§ 2 Si lex habeat verba: præsumpserit, ausus fuerit, scienter, studiose, temerarie, consulto egerit aliave similia quæ plenam cognitionem ac deliberationem exigunt, quælibet im-putabilitatis imminutio sive ex parte intellectus sive ex parte voluntatis eximit a poenis latæ sententiæ.

§ 2 Si une loi comprend les paroles : aura présumé, aura osé, aura agi sciemment, expressément, témérairement, délibérément ou d’autres paroles similaires lesquelles exigent une pleine connaissance et délibération, tout ce qui diminue la culpabilité, que ce soit de la part de l’intellect ou bien de celle de la volonté, enlève toute peine latæ sententiæ.

Selon cette loi tout ce qui diminue la culpabilité, par exemple en enlevant la pleine connaissance et délibération, excuse de toute censure si la loi contient un des mots cités ou d’autres semblables. Or, en effet, le Canon 1325 § 2, qui définit l’hérésie, exige que le dogme soit nié pertinaciter et tout le monde est d’accord que ce mot est du nombre visé par le canon 2229, § 2. Ainsi
Naz a écrit:
Les mots apostat, hérétique, schismatique sont à prendre au sens où les a définis le canon 1325, § 2. Rappelons-le brièvement et pour n’avoir plus à y revenir : la peine ne frappe que les délits, donc les actes extérieurs et gravement coupables. De plus, le mot pertinaciter du canon 1325, § 2, exempte de la peine celui dont l’acte hérétique présente quelque diminution d’imputabilité (Canon 2229, § 2).
(Traité de Droit Canonique, Tom. IV, n. 1139.)

Et de nombreux autres canonistes rejoignent sa doctrine sur ce point, dont Chelodi : Jus Poenale, p. 30, n. 1, M. a Coronata : Institutiones IV, p. 120, n. 4, Beste : Introductio in Codicem ad can. 2229 § 2, McKenzie : The Delict of Heresy in its Commission and Penalisation.

Pour être hérétique, donc, il faut nier un dogme tout en sachant que c’est un dogme qu’on nie. L’ignorance excuse de l’hérésie, même s’il n’excuse pas de grave culpabilité dans l’ordre moral. Quoi, direz-vous ! L’on peut donc nier les doctrines de l’Église impunément à condition de protéger son ignorance en sorte de ne pas savoir si c’est bien un dogme qu’on nie ou non ? Pas tout à fait, répondons-nous, car il y a plus d’une sorte d’ignorance
Citation:
L’ignorance est définie comme étant le manque de science moralement due… Elle est vincible ou invincible selon qu’en vue des conditions et de la personne en question elle aurait pu être enlevée par une morale diligence ou non… Elle est appelée purement vincible si on a employée pour la chasser une certaine diligence laquelle pourtant n’était pas suffisante ; crasse ou supin si on n’a employé pour la chasser aucune ou presque aucune diligence ; affectée si l’on a volontairement évité les moyens de l’expulser.
(Arregui : Summarium Theologiæ Moralis, n. 11.)

Dans cette division de l’ignorance il est certain qu’on n’est pas pertinace et donc pas hérétique si l’on erre par ignorance vincible voire crasse (supin). Mais certains canonistes n’excusent pas ceux dont l’ignorance serait affectée, c’est à dire volontairement recherchée afin d’errer librement
Citation:
"Si quis ex ignorantia etiam graviter culpabili, non tamen affectata, ista peccata [sc. apostasia, hæresis, schisma] committat, immunis est a delicto quod pertinaciam requirit."

« Si quelqu’un commettait ces péchés [apostasie, hérésie, schisme] par suite d’ignorance même gravement coupable (mais pas affectée) il est immun(15) au délit, lequel exige la pertinacité. »

“Should anyone commit these sins [apostasy, heresy, schism] as a result of ignorance which is even gravely culpable (though not affected), he is free from the delict which requires pertinacity.”
[Vermeersch, A., S.J., JCD, Professeur à l’Université Pontificale Grégorienne (1936), Epitome Iuris Canonici Cvm Commentariis (Mechlin), ed. 5, III, 311.]
(15) : Oui, c’est bien du français !

Toutefois, le plus grand nombre semble plus généreux que Vermeersch, excusant même ceux qui s’éloignent de la voie de l’orthodoxie par ignorance affectée. Ainsi le Père Heribert Jone OFM Cap, JCD déclare
Citation:
Hæreticus dicitur ille qui post receptum baptismum pertinaciter aliquam ex veritatibus fide divina et catholica credendis denegat aut de ea dubitat, sed nomen retinet christianum… Pertinaciter ille tantum denegat veritatem credendam vel de ea dubitat qui noscit hanc veritatem ab Ecclesia proponi credendam… Hæreticus ne ille quidem videtur esse qui versatur in ignorantia affectata de Ecclesiæ doctrina.

On appelle hérétique celui qui, ayant reçu le baptême, pertinacement nie ou doute d’une des vérités à croire de foi divine et catholique, mais continue de s’appeler chrétien… Lui seul nie ou doute pertinacement d’une vérité à croire qui sait que cette vérité est proposée à croire par l’Église… Même celui qui se trouve dans l’ignorance affectée de la doctrine de l’Église ne semble pas être hérétique.
(Commentarium In Codicem Juris Canonici, ad can. 1325, § 2.)

Ce désaccord remonte à l’époque d’avant-Code. Une autorité telle que le cardinal de Lugo (1583-1660) explique
Citation:
Quinta et verior ac communior sententia dicit quamlibet ignorantiam, etiam crassam et affectatam, excusare ab hæresi et hæreticorum poenis… Ratio potissima est… non expelli habitum fidei infusum propter peccatum contra fidem ex ignorantia commissum: quia nimirum habitus fidei non perditur quamdiu homo in ea dispositione manet in qua potest divinæ fidei actus elicere circa articulos sibi sufficienter propositos.

La cinquième opinion, qui est la plus vraie et la plus commune, affirme que toute ignorance, voire crasse et affectée, excuse de l’hérésie et des peines des hérétiques… La raison principale en est que l’habitude infuse de la foi n’est pas chassée par suite d’un péché contre la foi commis par suite de l’ignorance ; car en effet l’habitude de la foi n’est pas perdue autant qu’un homme garde la disposition de pouvoir faire un acte de foi concernant les articles qui lui sont suffisamment proposées.
(Disp XX, sect. VI, de ignorantia et quomodo excuset vel non excuset ab hæresi.)

Et de nos jours le Père de Cance résume sa doctrine en de termes similaires :
1.
Citation:
Lorsqu’une loi contient les expressions suivantes : (si quelqu’un) présume, ose, sciemment, à dessein, témérairement, exprès ou d’autres semblables (p. ex. pertinaciter…) toute diminution de responsabilité du côté de l’intelligence ou de la volonté, exempte des peines latæ sententiæ (c. 2229 § 2) quelle que soit la cause de cette diminution : ignorance (grave ou légère), ivresse, défaut de diligence requise, faiblesse d’esprit… »
(Le Code de Droit Canonique – Commentaire, Tom. III, ed. 8, 1952, n. 225.)
2.
Citation:
D’après le c. 1325, § 2, on doit considérer : (a) comme hérétique celui qui ayant reçu le baptême et gardant le nom de chrétien nie obstinément ou met en doute de la même manière l’une des vérités (aliquam ex veritatibus) qu’il faut croire de foi divine et catholique ; (b) comme apostat celui qui abandonne totalement la foi chrétienne ; (c) comme schismatique celui qui refuse de se soumettre au Pape… ; mais le délit d’apostasie, d’hérésie, de schisme ne peut frapper que des actes extérieurs (publics ou occultes) ; gravement coupables (donc aussi intérieurs) et, s’il s’agit d’hérésie (ou même de schisme) accompagnés d’obstination… pertinaciter denegat… Il est admis communément que l’ignorance supina et crassa empeche le délit d’hérésie, et il semble plus qu’il en est de même pour l’ignorance affectée.
(Ibid., n. 273.)

Le particulier qui cherche à comprendre ces matières afin de mieux pénétrer l’état mystérieux où se trouve aujourd’hui l’Église ne se trompera certainement pas en résumant ce qui est sûr dans les paroles de St Alphonse de Liguori
Citation:
Hæresis est error intellectûs liber et pertinax contra fidem in eo qui fidem suscepit… Unde patet ad hæresim duo requiri: 1. judicium erroneum…, 2. pertinaciam… Porro pertinaciter errare non est hic acriter et mordicus suum errorem tenere aut tueri sed est eum retinere postquam contrarium est sufficienter propositum: sive quando scit contrarium teneri ab universali Christi in terris Ecclesia cui suum judicium præferat… Unde… nemo est hæreticus quamdiu paratus est judicium suum Ecclesiæ submittere aut nescit contrarium tenere veram Christi Ecclesiam, esto ex ignorantia etiam culpabili et crassa sententiam suam mordicus tueatur.

L’hérésie est l’erreur de l’intellect, libre et pertinace, contre la foi, de la part de quelqu’un qui a reçu la foi… C’est pourquoi il est évident que pour l’hérésie deux éléments sont nécessaires : 1. le jugement erroné…, 2. la pertinacité… Mais dans ce contexte se tromper pertinacement ne veut pas dire tenir ou défendre son erreur vivement et obstinément, mais la retenir après que le contraire est suffisamment proposé, c’est à dire quand on sait que le contraire est tenu par l’Église universelle du Christ sur la terre à laquelle il préfère sa propre opinion. Ainsi, personne n’est hérétique tant qu’il est disposé à soumettre son jugement à l’Église ou qu’il ignore que la vraie Église du Christ tient le contraire, même s’il défend mordicus son avis en conséquence d’une ignorance coupable voire crasse.
(Theologia Moralis, lib. III, n. 19.)

On peut ajouter que les nombreux auteurs cités dans cette étude sur le canon 2229 et la pertinacité ne croyaient manifestement pas que cette pertinacité devait être présumée présente même dans son absence. Il est inconcevable de vouloir si fermement souligner que la pertinacité est strictement nécessaire pour être hérétique et absolument incompatible avec l’ignorance, même coupable ou crasse, si en effet toutes ces distinctions ne devaient avoir aucun effet pratique à cause d’une prétendue présomption de droit. Et en effet plusieurs des auteurs soulignent que la pertinacité est nécessaire non seulement pour être hérétique, mais pour être censé(16) hérétique. C’est pourquoi cette étude nous autorise à tirer deux conclusions :
(16) : Relire, par exemple, les textes de Jone et de St Alphonse ci-dessus.

1. Un catholique qui tombe en erreur en matière de foi sans se rendre explicitement compte du conflit entre ses opinions et l’enseignement de l’Église n’est pas hérétique, même si son ignorance de la bonne doctrine s’avère gravement et scandaleusement coupable.
2. Le droit canon ne présume pas comme règle générale la présence de cette pertinacité toutes les fois qu’un catholique erre en doctrine, mais seulement quand l’on ne peut pas concevoir que l’errant ignore que sa doctrine n’est pas celle de l’Église Catholique.


Que le Sacré Cœur de Jésus daigne unir tous les esprits dans la vérité et tous les cœurs dans la charité !


© John Stephen Daly, Mounet Sud, 33410 Sainte Croix du Mont, France. Mai 2001.


Ainsi donc, chers amis, quand certain Empereur des bûcherons canadiens et quelque autre diacre viendront vous asséner le Canon 2200 § 2, pour justifier leur mauvaise application du Code de Droit Canon, vous aurez des éléments pour leur répondre et saurez quoi leur dire.

Bonne soirée à tous.
Je ne discute pas plus longtemps : je ne suis pas chez moi mais chez un ami dans l'Ain

UdP
In Christo Rege et Maria Regina


Et ce n’est certes pas l’exposé que « Abbé Zins » vient faire le même jour (mardi 2 juin 2009) à 19h30 (idem), dont les principaux arguments objectifs tiennent en quelques lignes
Citation:
A) En sa citation, il saute les termes de matériel et formel : « duo requiri : 1. Judicium erroneum, quod est ejus quasi materiale. Pertinaciam, quae est quasi formale.» : terminologie inventée au XIXe S. ?).

B) Surtout, il s'abstient, il sait pourquoi, de citer l'explication du grand Docteur du XVIIIe S. qui se trouve entre les deux passages qu'il en rapporte :

« Non est haereticus, qui exterius tantum fidem negat, aut adorat idolum. Ratio est, quia non errat ; neque talis incurrit in foro conscientiae censuras latas contra haereticos, etsi in foro externo secundum externa procedatur.».

Ne serait-ce la précision finale, qui correspond à l'explication du R.P. Beste que J.S. repousse, ce passage aurait de quoi lui plaire :

« N'est pas hérétique celui qui renie la foi ou adore une idole seulement extérieurement [même s'il fait en cela un péché mortel contre la confession de la Foi : cf. Catalogue : 378df, et si l'Eglise le tient toujours publiquement alors pour un apostat ou lapsus : cf. 139cd ; 154c].

La raison en est qu'il n'erre pas ; il n'encourt pas non plus au for de la conscience les censures portées contre les hérétiques, bien que ce soit le cas selon ce qui est externe au for externe.
qui peut contredire toute cette remarquable étude.
_________________
Jean-Paul BONTEMPS

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gabrielle



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MessagePosté le: Jeu Juin 04, 2009 11:19 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Une étude est toujours remarquable , lorsqu'on refuse d'en parler
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Michel-Louis GARS du Loir



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MessagePosté le: Jeu Juin 04, 2009 11:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

gabrielle a écrit:
Une étude est toujours remarquable , lorsqu'on refuse d'en parler

Laughing so hard!! Laughing so hard!!
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EA



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MessagePosté le: Ven Juin 05, 2009 1:22 am    Sujet du message: Répondre en citant

gabrielle a écrit:
Une étude est toujours remarquable , lorsqu'on refuse d'en parler


Vous devriez être ici pour en parler, n'est ce pas ? Shocked
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Abbé Zins



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MessagePosté le: Ven Juin 05, 2009 9:08 am    Sujet du message: Répondre en citant

EA a écrit:
gabrielle a écrit:
Une étude est toujours remarquable , lorsqu'on refuse d'en parler


Vous devriez être ici pour en parler, n'est ce pas ? Shocked


Et JS Daly, ne devrait-il pas être là pour en parler ?

Il y est venu, et devant le début de démonstration de ses procédés de déformations de la pensée de plusieurs auteurs cités par lui, il a préféré ne pas insister.

Pour rappel, la réponse qui suit a été composée après l'étude de JS D citée plus haut. Et ce ne sont pas les affirmations gratuites de Bontemps qui y changeront quelque chose sur le fond.

Abbé Zins a écrit:



Réponse à diverses études de J.S. Daly


28/5/2001

Cette réponse est entreprise à la demande de plusieurs personnes, qui ont gardé de l'affection ou de la sympathie pour lui tout en réprouvant son changement de comportement en matière grave.

Entreprise, bien que toute une série d'autres demandes et de projets de soi plus importants ait dû pour cela être mise en attente.
Il est en effet passablement affligeant de devoir assez régulièrement passer, pour ne pas dire perdre, du temps à des controverses internes ou semi-internes, plus d'une fois sur des sujets en outre secondaires, tandis qu'il y a tant à faire contre les ennemis déclarés ou non de l'Eglise.


J.S. semble être un amoureux de la controverse pour la controverse, surtout en des points moins connus ou des thèmes de soi secondaires, principalement dans ce contexte de crise gravissime généralisée.

Ainsi, en est-il de questions comme celles du crâne d'Adam, de l'héliocentrisme, du millénarisme (sinon en tant que piège à faire éviter ! ) , tandis que ses études sur V 2, JP 2 ou le faux traditionalisme s'avèrent plutôt rares ou bien anciennes.


En ce qui concerne la controverse qu'il a ici soulevée par son changement complet de comportement envers les prêtres "guérardiens" et "lefebvristes", elle a d'abord commencé entre lui et son beau-père.

Celui-ci s'était réjoui d'avoir trouvé en lui un gendre non compromis et fermement opposé à leurs théories et comportements hérético-schismatiques, avant d'être cruellement déçu par une pareille volte-face, et plongé dans une déchirante inquiétude de voir sa fille détournée par lui de la Vérité.
(Est-ce pour la couper aussi complètement ou habituellement de sa famille et la "posséder" plus "pleinement", comme on en voit faire, malheureusement, plus d'un ou d'une ? Puisse son attitude clairement démontrer qu'il n'en est rien!)


Néanmoins, J.S. réduit de plus en plus cette "controverse" à une simple divergence sur la notion d'hérésie, et la dirige de plus en plus à mon encontre, en cherchant à ménager quasi tous les autres.

Pourtant, d'une manière qui n'est point le fruit du "hasard", il omet presqu'à chaque fois de me faire part de ses études, dont il ne m'a envoyé qu'une seule, accompagnée d'une lettre.

Pour celles des autres qui me sont parvenues, elles ne m'ont été connues que par personnes interposées.



De même, en s'attaquant au passage du R.P. Beste cité par le Professeur Corbi [prof. de philosophie et plus spécialement de logique à l'Université de Buenos-Aires], il donne l'impression qu'il vient de moi, comme si ce n'était pas le Professeur qui l'avait fait sien et qui devrait dès lors être considéré comme aussi "pauvre" ou piètre que lui en « semblant s'imaginer transmettre une doctrine commune n'ayant pas besoin de preuve, et non pas une opinion communément rejetée et qualifiée d'absurde..» !?


Resterait, pour cela, qu'il ait compris, ou malheureusement qu'il n'ait pas volontairement déformé tant ce que dit le R.P. Beste que ce qu'explique le Cardinal Billot.

Celui-ci déclare qu'il serait absurde de tenir pour hors de l'Eglise les Catholiques qui se trompent en matière de Foi seulement par ignorance,
tandis que le R.P. Beste explique que la négation d'une vérité de Foi implique une présomption de pertinacité, jusqu'à preuve du contraire, c.à.d. jusqu'à ce que soit éventuellement établie la bonne foi de celui qui l'aurait émise seulement en raison de son ignorance. Il n'y a là aucune opposition, et nous tenons ce qu'expliquent l'un et l'autre.



Aussi, J.S. devrait-il prendre pour ligne directrice la déclaration qu'il a mise en exorde de sa dernière étude sur le canon 2200 et la pertinacité : « Plions nos idées aux autorités, et non pas les autorités à nos idées.» !

Car il paraît être un vrai spécialiste en ce dernier procédé de plier les autorités à ses idées.

Ainsi encore, il cite souvent le passage de Saint Alphonse sur celui qui soutiendrait son erreur même mordicus avant de la savoir opposée au jugement et à la doctrine de l'Eglise, mais il omet deux éléments du contexte de ce passage, qui mettent à mal ce qu'il tente de démontrer.

A) En sa citation, il saute les termes de matériel et formel : « duo requiri : 1. Judicium erroneum, quod est ejus quasi materiale. Pertinaciam, quae est quasi formale.» : terminologie inventée au XIXe S. ?).

B) Surtout, il s'abstient, il sait pourquoi, de citer l'explication du grand Docteur du XVIIIe S. qui se trouve entre les deux passages qu'il en rapporte :

« Non est haereticus, qui exterius tantum fidem negat, aut adorat idolum. Ratio est, quia non errat ; neque talis incurrit in foro conscientiae censuras latas contra haereticos, etsi in foro externo secundum externa procedatur.».

Ne serait-ce la précision finale, qui correspond à l'explication du R.P. Beste que J.S. repousse, ce passage aurait de quoi lui plaire :

« N'est pas hérétique celui qui renie la foi ou adore une idole seulement extérieurement [même s'il fait en cela un péché mortel contre la confession de la Foi : cf. Catalogue : 378df, et si l'Eglise le tient toujours publiquement alors pour un apostat ou lapsus : cf. 139cd ; 154c].

La raison en est qu'il n'erre pas ; il n'encourt pas non plus au for de la conscience les censures portées contre les hérétiques, bien que ce soit le cas selon ce qui est externe au for externe.


Ultime distinction qui correspond exactement, par contre, tant à ce qui a été précisé en STP 63. 41 :

« Ces censures ipso facto peuvent être encourues soit aux deux for, interne et externe, quand il y a culpabilité interne effective,
soit au seul for externe, quand il y a transgression effective de la loi, mais non grave culpabilité interne..»
,

qu'à ce qu'explique (le R.P.) Cance, en commentant à la fois les canons 2199 et 2200 :

« Au for interne, celui qui a conscience de n'avoir pas commis de péché mortel peut donc se considérer comme non délinquant, et juger qu'il n'a encouru aucune peine latae sententiae ;

mais au for externe, le supérieur, qui ne voit pas le fond des coeurs, est obligé de s'en tenir aux apparences et aux présomptions, jusqu'à preuve du contraire
.


Pourtant, cette précision de Saint Alphonse ne contredit nullement ce que lui-même ajoute ensuite :

« Nul n'est hérétique tant qu'il est prêt à soumettre son jugement à celui de l'Eglise, ou ne sait pas que la vraie Eglise du Christ tient le contraire, même s'il soutient sa sentence mordicus, en raison d'une ignorance coupable et crasse.
N'est pas hérétique non plus, celui qui serait disposé, au moins habituellement, à quitter son erreur s'il la savait contraire à la Foi, si toutefois il n'a jamais eu de pertinacité actuelle...

mais la retenir après que le contraire a été suffisamment proposé, ou quand on sait que le contraire est tenu par l'Eglise universelle.. c'est errer pertinacement..»
.

Nous ne disons point autre chose que cela.


Or, que J.S. essaye donc de dire à n'importe quel prêtre "guérardien", dont celui auquel il adhère depuis peu, tenant que quelqu'un puisse être pape d'une certaine manière (selon un lien même "juridique") sans avoir l'autorité ou la juridiction universelle sur toute l'Eglise,

que cette ineptie est expressément condamnée ainsi : « Si quelqu'un dit qu'un Pontife Romain n'a pas le plein et suprême pouvoir de juridiction sur l'Eglise universelle.. qu'il soit anathème.» (Vat. I, Pastor Aeternus, ch.3),
et il ne sera pas long à voir combien ils en détourneront leur intelligence, ou plutôt persévèreront à dire le contraire,
comme ils le font depuis des années, en inventant certes de subtiles arguties pour dire que, tout en étant pape, il ne l'est pas !?


Et s'il veut les "défendre", et l'ensemble des "lefebvristes" avec eux, en déclarant qu'ils « reconnaissent le devoir de se soumettre au magistère de l'Eglise »,

qu'il médite et surtout qu'il leur présente, comme nous l'avons fait si souvent, cet enseignement indiscutable de Pie IX :

« A quoi bon reconnaître hautement le dogme de la suprématie du bienheureux Pierre et de ses Successeurs ?

A quoi bon répéter si souvent des déclarations de Foi Catholique et d'obéissance au Siège Apostolique,

lorsque ces belles paroles sont démenties par ses actes ?


Bien plus, est-ce que la rébellion n'est pas rendue plus inexcusable par le fait que l'on reconnaît que l'obéissance est un devoir ?..

Il s'agit, en effet,.. d'accorder ou de refuser obéissance au Siège Apostolique ;

il s'agit de reconnaître sa suprême autorité même sur vos Eglises, et non seulement quant à la Foi, mais encore quant à la discipline.

Celui qui la nie est hérétique, celui qui la reconnaît et refuse opiniâtrement de lui obéir est digne d'anathème.»

(Encyclique Quae in Patriarchatu)
,

et il verra s'ils changeront d'un pouce leur théorie et leur pratique de la communion dans la désobéissance envers quelqu'un qu'ils tiennent pour Souverain Pontife légitime !?


Qu'il essaye de leur citer, une fois, dix fois, la condamnation de la proposition janséniste que l'Eglise puisse établir des lois universelles ou une liturgie nocives,

et nous dise s'il ne constatera pas qu'après un temps de silence, ils la remettront une Nième fois en avant pour justifier leur "position" intenable ?


Qu'il médite et cite la condamnation de la proposition janséniste qu'il est nécessaire que chaque cas soit d'abord jugé en particulier avant de tomber sous une censure latae sententiae,

et il verra si eux, comme lui-même, ne "s'assiéront pas dessus" en pratique, même si, en ce qui le concerne, ce ne sera que de façon détournée !?


Or cette condamnation en revient à la présomption de droit énoncée par le canon 2200 et découlant du canon 16.


Mais, plutôt que de le reconnaître, pour son plus grand bien, J.S. préfère une fois de plus nous faire dire autre chose que ce que nous disons,

et répondre à cet autre chose
, comme un nouveau Don Quichotte ou Johas,

répondant sur des pages et des pages à côté, en se lançant complaisamment, pour jeter de la poudre aux yeux, en de longues démonstrations hors sujet.


Comme me le disait le Professeur Corbi au téléphone, au sujet de la dernière étude de J.S. sur le canon 2000 et la pertinacité,

on peut lui appliquer cette remarque de Saint Augustin : « Bene curis, sed extra viam.» !


Ainsi, là où nous parlons « des faits, actes et comportements ou états habituels et objectifs d'une personne ou d'une communauté » (STP 63. 40),

il traite non seulement « des intentions intimes ou subjectives »,

mais encore réduit tout à des expressions de la sorte : « propos hérétique » , « de gens qui ne se rendent pas compte que leurs idées s'opposent à un dogme », « ces confus », « fourvoyés », « confusion entre un propos jugé impossible à concilier avec l'orthodoxie et l'hérésie même », « on pourrait présumer la pertinacité toutes les fois qu'un catholique se trompe en matière de doctrine.., erre en doctrine..», etc.,

nous attribuant gratuitement une notion d'hérésie proprement dite sans pertinacité,

ou faisant semblant que nous ignorons ou nous opposons à la distinction élémentaire de matière à hérésie
(improprement mais communément dite hérésie matérielle) et hérésie formelle (ou proprement dite).


Puis, toujours par le même procédé de faire dire autre chose, au lieu de le faire par mode de réduction indue, il le fait par mode d'extension indue,

passant ainsi de présumé être jusqu'à preuve du contraire à être, soit hérétique, soit censuré, et de là à être exclus d'office ;

de « l'ignorance généralement pas présumée » (canon 16) à la présomption universelle de connaissance de cause ;

de l'intention objective(ment) manifestée au for externe à celle subjective purement interne,

faisant fi des précisions souvent données sur les deux for, sur l'importante différence entre les censures latae et les ferendae, entre les cas déjà tranchées, en fait ou en soi, ou non, etc..


Il met aussi souvent en avant, pour "mieux" tenter de repousser la présomption de pertinacité, les cas d'hérésies seulement larvées,

par mode de simples insinuations ou d'expressions habilement ambiguës, comme Erasme et les jansénistes en étaient particulièrement spécialistes,

qui obligeaient l'Eglise à les tolérer un temps, et à oeuvrer pour les dévoiler expressément.


Enfin, il a recours à un argument, nouveau chez lui, mais déjà employé par les "guérardiens", notamment l'abbé Lucien (STP 26. 42s), tendant à réduire le cas public d'hérésie ou d'hérétique au cas occulte, du fait que l'opposition à la Foi serait publique, mais non la pertinacité de soi interne.


Procédé par lequel les "guérardiens" cherchent à "excuser" les monstres d'hérésies wojtyliennes,

ou au moins à déclarer "inconnaissable" sans intervention de l'Eglise leur caractère formel ou pertinace,

rejetant ou rendant "vaine" ainsi la sentence unanime des Pères et Docteurs du « depositus est »

et étant logiquement conduits à adhérer à l'opinion fausse et réfutée par Saint Robert du « deponendus est » !


Or, lui comme eux, s'opposent en cela au canon 2200,2 comme au canon 16, car devant le cas de soi délictueux d'affirmations publiquement hérétiques, le dol (ou pertinacité) est présumé,

et non l'ignorance et l'innocence !, et la preuve éventuelle à faire ultérieurement est non pas celle de la culpabilité mais celle de l'innocence !



Il y a là présomption de droit, non pas universelle, comme J.S. prétend nous le faire dire pour "mieux" répondre à côté,

mais « généralement » comme le précise le canon 16,

« c.à.d. qu'on présume alors la pertinacité, à moins qu'il existe des raisons sérieuses de penser qu'elle n'existe pas »,

comme l'explique le R.P. Bride dans l'Encyclopédie Catholicisme cité par le Professeur Corbi,


notamment dans le cas d'enfants récitant mal une leçon, selon l'exemple cité par J.S., ou celui de personnes ignorantes (rustici ou simpliores, comme le dit Saint Alphonse),

ou d'autres en des propos en passant ou par lapsus linguae avant qu'on leur ait rappelé ou appris l'opposition de ces propos au jugement de l'Eglise ; et ce, jusqu'à preuve éventuelle du contraire.


Tandis qu'avec sa nouvelle théorie, J.S. peut prétendre "justifier" non seulement son nouveau comportement d'objective communicatio in sacris c*m acatholicis,

dont les tenants de la fou-thèse qui ont été d'avance frappés d'anathème par l'Eglise,

mais il peut même prétendre "justifier", à la manière de Dolan, les déviations les plus graves :

« je ne vois pas pourquoi ce qui vient d'être dit ci-dessus ne s'appliquerait pas également, per se, à ceux qui s'associent avec le clergé de la ligne Thuc...
Et de toute façon, ceux qui ont reçu des ordres d'un évêque de la ligne Thuc de la 2e ou 3e génération ne sont pas forcément infectés par tout ce qu'il y avait de vicieux dans le fait originel des aberrations de Thuc.»
!?



Délire étonnant ou délit patent ? pourtant tristement réel et d'autant plus fortement coupable pour qui en sait autant que lui !

Voyons, les ordres reçus chez les "Vieux Catholiques", les Jansénistes, les "Orthodoxes" de la Xe génération.... je ne vois pas pourquoi ce qui vient d'être dit ci-dessus ne s'appliquerait pas également, per se, à eux !?

En cela, il va beaucoup plus loin que le prêtre "guérardien" chez qui il va, qui, lui, a eu jusqu'ici la sagesse de repousser ces abominables communications in sacris avec les "Vieux Catholiques".


Qui, dès lors, mérite à présent le titre de "pauvre", du R.P. Beste très mal compris ou exposé par J.S., ou de J.S. lui-même ?


A quoi bon chercher, voire réussir à tromper habilement un temps, alors qu'en ce cas on finit toujours par être confondu, au plus tard au jour du Jugement !?

Ne vaut-il pas mieux l'être avant, afin de pouvoir se reprendre ?

Pourquoi utiliser tant de si précieux talents pour de si mauvaises causes ?

Croyez-nous, John, tant votre salut que votre gloire véritable en dépendent, l'intelligence s'émousse et la volonté se pervertit à défendre l'erreur, tandis qu'elles s'exaltent en servant la Vérité !


Comme l'écrivait si bien le Professeur Corbi dans une lettre d'accompagnement de l'envoi d'une de ces études :

« l'homme n'est pas doué que de l'intellect. Il a en plus des H.P. : habitudes et passions, qui expliquent souvent mieux ses prises de positions...

Il ne nous reste qu'à prier Notre Dame, Sedes Sapientiae, et tous les Saints que Dieu Notre Seigneur daigne mouvoir son intelligence vers l'amour du Vrai, et son coeur vers la charité.»
.


Que le Père Eternel, dont Elles émanent, fassent triompher la Vérité en nos intelligences et la Charité en nos coeurs.

Abbé V.M. Zins

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Martin



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MessagePosté le: Ven Juin 05, 2009 10:13 am    Sujet du message: Répondre en citant

Abbé Zins a écrit:
Pour rappel, la réponse qui suit a été composée après l'étude de JS D citée plus haut.

Mais curieusement, c’est exactement la même réponse que vous avez sorti lorsque j’ai publié une tout autre étude de John Daly il y a quelques mois, où vos affirmations péremptoires étaient examinées cette fois du point de vue historique... Du reste, sans parler naturellement des innombrables liens renvoyant à votre réponse passe-partout, ça doit bien faire la cinquième fois que vous la publiez in extenso sur le seul libre forum catholique. Dans ces conditions, si c’est pour s’adresser à une espèce de robot presse-bouton, pourquoi John Daly devrait-il faire le déplacement ? Sans compter que j’avais déjà pu remarquer à l’époque, comme J.P. Bontemps, à quel point vous déformez les propos des autres.

Je viens de finir la lecture de l’étude que l’abbé Ricossa a consacré au cas du cardinal Morone. Sa conclusion vaut la peine d’être citée :

L’abbé Ricossa a écrit:
Paul IV et St Pie V étaient convaincus que Pole et Morone étaient hérétiques. Je suis d’accord avec leur opinion. Pourtant la stupeur incrédule d’un Jules III peut se comprendre. Morone hérétique ? Lui, auquel revient le mérite d’avoir terminé le Concile de Trente ? Lui, que St Charles aurait élu Pape même après le procès intenté contre lui par Paul IV ? Et Pole ? Pole hérétique ? Lui, qu’Henri VIII voulait faire tuer par des sicaires, après en avoir martyrisé le frère et la mère, que Léon XIII a déclarée Bienheureuse ? Lui, qui fut le conseiller de cette Reine Marie que nous appelons la “Catholique” mais que les protestants, avec haine, appellent la “Sanguinaire” ? Pole et Morone hérétiques ? Eux, qui ont toujours réaffirmé leur fidélité à l’Eglise romaine ? Et de plus, l’unique déclaration officielle et légale de l’Eglise à l’égard de Morone, est signée par un Pape, Pie IV, et par un futur Pape, St Pie V, et le déclare innocent. Parfois, constater avec certitude que telle personne est tombée formellement et de manière coupable dans l’hérésie n’est pas facile ; pouvoir le déclarer in facie Ecclesiæ de telle manière à pouvoir en tirer toutes les conséquences canoniques, est encore plus difficile. Même un Paul IV n’y réussit pas avec Pole et avec Morone.

Est-il excessif de penser que si l’abbé Zins avait vécu à cette époque, il n’aurait pas hésité à taxer Paul IV et saint Pie V de laxisme ? Et pourtant, l’Eglise a canonisé le second, et en cela, elle engage son infaillibilité.

M.
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Abbé Zins



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MessagePosté le: Ven Juin 05, 2009 10:20 am    Sujet du message: Répondre en citant

Martin,

Ne réitérez-vous pas, vous aussi, vos procédés ? Il est vrai que vous n'avez pas hésité à déclarer : " je n’ai jamais prétendu être objectif " !!

Pour mémoire :

Abbé Zins a écrit:
Martin a écrit:
Abbé Zins a écrit:
On peut aussi constater ici la grande "objectivité" de Martin, citant une fois de plus seulement JSD, et non ma réponse pourtant juste à la suite.

(...) Si ça peut vous rassurer, je n’ai jamais prétendu être objectif 



Voilà qui a l'avantage d'être fort clair !

C'est pourquoi les présentations subjectives et déformées de JSD tant des faits que des écrits ne vous dérangent assurément pas.

Pour mémoire :

Abbé Zins a écrit:

Outre mes réponses précédentes y répondant d’avance au niveau des principes, surtout pour les questions finales concernant la nature de l’hérésie formelle, voici quelques précisions sur les cas particuliers mis en avant par JSD.

Citation:
St Cyprien était-il hérétique pour avoir nié la validité du baptême des hérétiques, malgré les réprimandes du pape Etienne ?


Le cas de la dissension de l’Evêque de Carthage, le futur Martyr Saint Cyprien, d’avec le Pape Saint Etienne demeure très controversé.
Certains auteurs parlent d’une simple menace d’excommunication à l’encontre de l’Evêque de Carthage, d’autres d’une sentence effectivement portée.
Certains disent que l’incident s’est clos avec le Martyre de l’Evêque de Carthage avant que la sentence ne tombe ; d’autres avec le Martyre du Pape Saint Etienne avant ou après que la sentence ne soit tombée, du fait que l’Evêque de Carthage, ayant d’abord cru voir une faiblesse envers les hérétiques en la sentence du Saint Pontife, touché par son vaillant Martyre, se soumit ensuite entre les mains du Successeur de Saint Etienne.

Autrement dit, ce qui parait assuré, c'est l'existence de la controverse, la résistance un temps de Saint Cyprien à la sentence du Pape Saint Etienne, et sa bonne solution dans le sens du triomphe de la Vérité, tenue en l'occurence par le Saint Pape, et non tout d'abord par le Saint Evêque.

Aussi, peut-on conclure au sujet de ce cas particulier par cet avis fort autorisé : « L'effusion d'un sang glorieux a dissipé le nuage qui avait pu obscurcir cette belle âme ; son erreur a été compensée par l'abondance de charité, et lavée dans le sang du martyre.» (St Augustin, De bapt., I, 18)

Quoi qu’il en soit, donc, historiquement à ce sujet, cela ne change en rien la doctrine de l’Eglise sur la nature de l’hérésie publique.

Citation:
St Jacques de la Marche, était-il hérétique pour avoir nié la divinité du Précieux Sang, ce dont il a été accusé devant l’Inquisition et qu’il a avoué ?


Resterait à JS à citer (avec références précises à l’appui) la preuve de son affirmation. Et là, à y regarder de plus près, on trouve à nouveau une présentation gravement déformée de la réalité :

Citation:

http://www.newadvent.org/cathen/08278b.htm

Under Callistus III, in 1455, he was appointed an arbiter on the questions at issue between Conventuals and Observants. His decision was published 2 Feb., 1456, in a papal Bull, which pleased neither part . A few years later, on Easter Monday, 1462, St. James, preaching at Brescia, uttered the opinion of some theologians, that the Precious Blood shed during the Passion was not united with the Divinity of Christ during the three days of His burial. The Dominican James of Brescia, inquisitor, immediately cited him to his tribunal. James refused to appear, and after some troubles appealed to the Holy See. The question was discussed at Rome, Christmas, 1462 (not 1463, as some have it), before Pius II and the cardinals, but no decision was given. James spent the last three years of his life at Naples, and was buried there in the Franciscan church of S. Maria la Nuova, where his body is still to be seen. Beatified by Urban VIII, 1624, he was canonized by Benedict XIII, 1726. Naples venerates him as one of its patron saints (feast, 28 Nov.)



Outre cela, la matière à hérésie (dite improprement hérésie matérielle) ne suffit point à faire l’hérétique formel s’il y a simple ignorance de (et non opposition consciente à) la doctrine de l’Eglise en la matière, comme cela a déjà été rappelé en une précédente réponse. Notion élémentaire que JS sous-entend calomnieusement que j’ignorerais ou nierais.


Citation:
St Augustin était-il hérétique pour avoir nié que le propos « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » n’était pas adressé à St Pierre .


La réponse citée par Gabrielle montre que Saint Augustin n’a jamais nié, purement et simplement, que cette parole était dite aussi de Saint Pierre et de sa Primauté.

En voici une autre preuve :

Citation:

« Seul parmi les Apôtres, Pierre mérita d’entendre cette parole : « En vérité, je te le dis : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise.» Oui vraiment, il en était digne, celui qui était la pierre fondamentale de l’édifice formé de tous les peuples de la terre, la nouvelle maison de Dieu ; celui qui en était la colonne de soutien, et la clef qui ouvre le royaume. C’est de lui qu’il est dit dans la Parole divine : « Ils plaçaient leurs malades de manière qu’au moins l’ombre de Pierre, à son passage, les couvrît.» (Act. 5,15).»

(Saint Augustin, sermon 29 super Sanctos)



Voici donc une nouvelle démonstration de la manière dont JS sollicite les textes de Saints Docteurs en un sens qui n’est pas leur.


Citation:
Cajetan, Suarez et Jean de St Thomas, étaient-ils des hérétiques pour avoir tenu qu’un pape pouvait tomber en hérésie sans perdre automatiquement son office ?


Ces auteurs ne tenaient point que l’hérésie publique serait compatible avec le maintien d’un office ecclésiastique, mais que cette perte, au moins dans le cas d’un pape, devait être solennellement portée par un concile, penchant au moins indirectement dans la thèse de la supériorité d’un Concile sur un Pape.

Cette opinion fausse ayant alors été tolérée par l’autorité pontificale malgré son opposition à des données de foi, on peut appliquer à ces auteurs ce que Saint Robert Bellarmin a exposé en un cas similaire :

Citation:

« De ces quatre opinions, la ... 2e n’est point à proprement hérétique puisque nous voyons encore tolérés par l’Eglise ceux qui suivent cette sentence, elle paraît néanmoins tout à fait erronée et proche de l’hérésie.»

(Saint Robert Bellarmin De Romano Pontifice, L. IV Ch. II )




Citation:
Mgr Darboy était-il hérétique pour avoir tenu devant le sénat français le 16 mars 1865 un discours s’opposant clairement à la primauté divine du pontife romain sur l’Église entière (ce qui, à la différence de l’infaillibilité pontificale, appartenait déjà au corps de la doctrine catholique) et pour ne pas l’avoir rétracté même après que Pie IX lui signala que ses propos heurtaient l’enseignement du IVe concile du Latran ?


N’ayant pas sous la main les documents pour vérifier l’exactitude de telles affirmations, il m’est cependant possible de citer le témoignage suivant.
La cadette de l’épouse de JS m’a rapporté ce qui suit. Cette étonnante affirmation de son beau-frère l’ayant décidé à se rendre à la bibliothèque de l’Université Catholique d’Angers ; elle y a découvert un document prouvant la rétractation effective de Mgr Darboy, en a obtenu photocopie qu’elle a adressée à son beau-frère dont elle n’a plus eu de nouvelle depuis à ce sujet. Ceci, il y a déjà plusieurs années.

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Martin



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MessagePosté le: Ven Juin 05, 2009 10:56 am    Sujet du message: Répondre en citant

Abbé Zins a écrit:
Martin,

Ne réitérez-vous pas, vous aussi, vos procédés ? Il est vrai que vous n'avez pas hésité à déclarer : " je n’ai jamais prétendu être objectif " !!

Vous voulez dire que vous êtes pris la main dans le sac : est-ce objectif de votre part de ne pas donner la référence au débat et de ne pas citer la réponse que je vous avais faite :

Martin a écrit:
Abbé Zins a écrit:
Martin a écrit:
Abbé Zins a écrit:
On peut aussi constater ici la grande "objectivité" de Martin, citant une fois de plus seulement JSD, et non ma réponse pourtant juste à la suite.

(...) Si ça peut vous rassurer, je n’ai jamais prétendu être objectif



Voilà qui a l'avantage d'être fort clair !

Je souhaiterais que vous le soyiez tout autant, l’abbé... Un peu de modestie ne fait de tort à personne. Surtout quand on vient de donner un bel exemple d’absence d’objectivité en omettant l’explication que j’ai donnée :

Martin a écrit:
Si ça peut vous rassurer, je n’ai jamais prétendu être objectif : vous disposez de suffisamment de temps (et de disciples) pour vous défendre sans que je vienne vous prêter main forte. Au surplus, tel que je vous connais, vous m’accuseriez d’avoir travesti votre pensée : autant vous laisser vous exprimer vous-même. Je souhaite seulement apporter sur ce libre forum un autre éclairage que le vôtre, partant de la conviction que vous n’êtes a priori pas plus infaillible qu’un autre.

Quand on voit la manière dont vous triturez les textes les plus simples pour leur faire dire le contraire de leur sens le plus évident, comment pourrait-on vous faire confiance pour vos autres citations ?

Pour le reste, des redites qui n’apportent rien au débat : (...)

Là non plus, rien n’a changé : rien que des redites. Pas un mot sur l’étude de l’abbé Ricossa à laquelle je viens de faire allusion. Normal : ça provient d’un “hérétique pertinace doublé d’un prêtre sacrilège”, c’est comme ça que vous diriez, n’est-il pas vrai, diacre ?

On passerait sa journée à mettre en évidence vos procédés retors. Si vous disposez manifestement de tout votre temps pour ces caricatures de débats, ce n’est pas mon cas. De plus, comme le rappelle l’Ecriture : “au jour du jugement, l’homme rendra compte de toutes les paroles inutiles qu’il aura prononcées”...je vous laisserai donc à vos plaisirs douteux.

M.
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Abbé Zins



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MessagePosté le: Ven Juin 05, 2009 11:09 am    Sujet du message: Répondre en citant

Abbé Zins a écrit:
Martin a écrit:

Quand on voit la manière dont vous triturez les textes les plus simples pour leur faire dire le contraire de leur sens le plus évident, comment pourrait-on vous faire confiance pour vos autres citations ?



Affirmation gratuite facile ; démonstration plus difficile !

Donner "un autre éclairage" implique-t-il de s'écarter de l'objectivité pour tomber dans les accusations purement subjectives et partisanes ?

Enfin, les principes catholiques ne sauraient être sérieusement remis en cause par des citations historiques présentées vraiment objectivement.



On pourrait, certes, continuer longtemps ainsi. Vous ouvrez sans cesse de nouveaux fils pour remettre les mêmes arguties, et vous vous étonnez ou offusquez ensuite qu'il me suffise d'y remettre les réponses déjà faites.

Cessez la répétition des mêmes ojections déjà résolues, et vous n'aurez point à relire ainsi les mêmes réponses déjà faites.
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Martin



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MessagePosté le: Ven Juin 05, 2009 11:29 am    Sujet du message: Répondre en citant

Abbé Zins a écrit:
Cessez la répétition des mêmes objections déjà résolues, et vous n'aurez point à relire ainsi les mêmes réponses déjà faites.

Juste un détail à propos des “objections résolues” : l’étude de l’abbé Ricossa, je viens seulement d’en prendre connaissance, alors, à moins de croire en la réincarnation, je serais bien en peine de l’avoir déjà présentée comme objection. Mais on vous en présenterait des dizaines d’autres, il y a gros à parier que vous les écarteriez avec la même légèreté : comme je viens de le rappeler à J.P. Bontemps, il n’est pire sourd que celui qui ne veut rien entendre.

M.
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Miles Christi 158



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MessagePosté le: Ven Juin 05, 2009 11:44 am    Sujet du message: Répondre en citant

Abbé Zins a écrit:

[...]

Cessez la répétition des mêmes ojections déjà résolues [...]


Laughing so hard!! Laughing so hard!!
_________________
Jean-Paul BONTEMPS

Pour la plus grande gloire de Dieu et l'honneur de Notre-Dame par le triomphe de la sainte Église Catholique qui, traditionnelle, est de toujours.
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gabrielle



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MessagePosté le: Ven Juin 05, 2009 4:25 pm    Sujet du message: Répondre en citant

A Quoi Sert Le Canon 2200, § 2 ?

A couvrir des km de textes au chevalier sans peur et sans reproches Laughing so hard!!

Et a justifié l'injustifiable shock
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