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gabrielle

Inscrit le: 10 Déc 2006 Messages: 7753 :
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Posté le: Mardi 22 Janvier, 2008 2:22 Sujet du message: SAINT CANUT IV, ROI ET ET SON FILS SAINT CHARLES MARTYRS |
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SAINT CANUT IV, ROI DE DANEMARK ET MARTYR
1086. — Pape : Victor 111, élu en 1086.
Il a imité la passion du Seigneur; marchons sur ses traces.
Brév. rom. Oraison de saint Canut.
| Citation: | Saint Canut ou Knut, quatrième du nom, roi de Danemark, surnommé quelquefois d'Odensée, et plus souvent le Saint, était fils naturel de Suénon III, dont le grand-oncle nommé aussi Canut, avait régné en Angleterre. Suénon, qui n'avait point d'enfants légitimes, prit un soin particulier de l'éducation du jeune Canut, qui alliait toutes les belles qualités de l'âme à celles du corps ; il le mit sous la conduite de maîtres habiles, qui n'eurent jamais qu'à se louer de la docilité de leur élève et des progrès rapides qu'il faisait en tout genre : ils remarquèrent surtout en lui une éminente piété qui donnait un nouveau lustre à ses autres vertus. Quand il fut en âge de commander les armées, il le fit avec cette supériorité qui annonce le héros ; et il n'eût pas été facile de décider s'il avait plus de courage que de capacité dans le métier de la guerre. Ses premiers coups d'essais furent de pur¬ger les mers des pirates qui les infestaient, et de soumettre plusieurs peuples voisins qui désolaient le Danemark par leurs incursions.
Après la mort de Suénon II, arrivée en 1074 , plusieurs Danois voulurent placer notre Saint sur un trône qui a presque toujours été électif jusqu'en 1660 : les rares vertus de Canut les avaient déterminés à ce choix. Il ne put cependant avoir lieu; et la plus grande partie du peuple, qui redoutait les suites de son caractère guerrier, lui donna l'exclusion. On élut donc pour roi son frère Harald, septième du nom.
A la vérité, ce prince avait une grande douceur; mais elle dégénéra en une mollesse honteuse, ce qui le fit surnommer Hein ou le Fainéant. Pour Canut, il se retira en Suède auprès du roi Halstan, qui le reçut avec les plus vives démonstrations d'estime et d'amitié. Ce prince fit d'inutiles efforts pour l'engager à prendre les armes contre le Danemark. Canut, loin de se montrer l'ennemi de sa patrie, chercha toutes les occasions de lui être utile. Une telle conduite lui gagna les cœurs de tous les Danois, et ils relevèrent sur le trône en 1080, après la mort d'Harald . |
Les Petits Bollandistes
Tome I pages 476 et suivantes _________________ Il ne faut plus se taire.
Criez avec cent mille langues.
Je vois, qu'à force de se taire, le monde est pourri. ( Sainte Catherine de Sienne) |
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gabrielle

Inscrit le: 10 Déc 2006 Messages: 7753 :
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Posté le: Mercredi 23 Janvier, 2008 0:45 Sujet du message: |
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| Citation: | Notre Saint parut avoir été choisi par la Providence pour achever la conversion des Danois, auxquels l'Evangile fut annoncé pour la première fois l'an 826, selon quelques auteurs. Les commencements de son règne furent signalés par d'éclatantes victoires remportées sur les Sembes, les Estons et les Curètes, qui ravageaient ses Etats ; il fît porter ensuite la lumière de la foi dans les provinces de Courlande, de Samogitie et de Livonie. Le succès de ses armes ne l'enorgueillit point ; on le vit toujours au milieu de ses triomphes déposer son diadème aux pieds de Jésus crucifié, et présenter au Roi des Rois l'offrande de sa personne avec celle de son royaume. Le flambeau de la guerre étant éteint, il pensa à s'unir avec une épouse digne de lui : son choix tomba sur Eltha, autrement Adélaïde, fille de Robert, comte de Flandre. De ce mariage sortit saint Charles, surnommé le Bon, qui fut, ainsi que son aïeul, comte de Flandre.
Canut ne se contenta pas de connaître les abus, il travailla de toutes ses forces à y remédier. Il porta des lois, sévères à la vérité, mais absolument indispensables pour faire administrer exactement la justice. Les meurtres et les autres crimes furent réprimés par la peine du talion. Supérieur à toute considération humaine, il prit la défense des opprimés contre la tyrannie des grands. Le supplice du fameux pirate Eigill en est une preuve. Cet Eigill, fils d'un homme puissant, et fort chéri du roi Suénon II à cause de ses services, en avait lui-même rendu d'importants à Canut, qui, pour le récompenser, lui avait donné le gouvernement de l'île de Bornholm. Le faste excessif de ce seigneur l'ayant entraîné dans des dépenses énormes, il s'avisa, pour le soutenir, d'exercer le métier de pirate. Le roi n'en fut pas plus tôt informé, qu'il lui envoya un ordre de retrancher une partie de son train, persuadé qu'il remédierait au mal s'il en détruisait la cause. Eigill promit d'obéir ; mais il n'en fit rien. Il partit peu de temps après avec 18 vaisseaux pour aller piller les terres des Vandales ; enfin il mit le comble à ses crimes par l'action barbare qu'il commit sur les côtes de son gouvernement. Voici le fait. Un vaisseau de Norvège, chargé de marchandises précieuses, après avoir passé le détroit du Sund, et paru à la hauteur de l'île de Bornholm, vint échouer sur le rivage lorsque la mer se retirait. Eigill, qui était en embuscade avec son monde, s'avance, met l'équipage aux fers, enlève les marchandises et brûle le vaisseau avec les matelots, de peur d'être découvert. |
_________________ Il ne faut plus se taire.
Criez avec cent mille langues.
Je vois, qu'à force de se taire, le monde est pourri. ( Sainte Catherine de Sienne) |
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gabrielle

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Posté le: Mercredi 23 Janvier, 2008 14:51 Sujet du message: |
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| Citation: | L'assemblage de plusieurs circonstances donna des soupçons à Canut, et ce fut pour s'en éclaircir qu'il chargea Benoît, son frère, d'aller se saisir du gouverneur. Eigill se laissa conduire devant le roi sans aucune résistance ; il avoua son crime, et tâcha même de le justifier par des raisons qui tout au plus étaient spécieuses. Le prince n'en fut point ébloui ; et comme les officiers de sa cour, qui pour la plupart étaient parents ou amis d'Eigill, lui offraient une somme d'argent, afin de sauver la vie au coupable, il leur répondit : « Il n'en sera pas ainsi ; je ne veux point participer à un pareil crime : il mourra. Si c'est un crime capital de tuer un seul homme, quel supplice ne mérite pas celui qui en a fait périr un si grand nombre pour s'emparer de leurs biens ? » Personne n'osa répliquer. Le roi ordonna qu'Eigill fût conduit dans la forêt pour y être pendu à un arbre. Il n'épargna point non plus ses complices ; ils furent tous punis, selon qu'ils furent trouvés plus ou moins coupables.
Le saint roi ne s'occupait que des moyens de rendre ses sujets heureux. Il établit le plus bel ordre dans son royaume ; et comme l'exemple du prince influe beaucoup sur le peuple, il commença par régler son propre palais. Aux vertus qui font les grands rois, Canut joignait toutes celles qui font les grands Saints. Il châtiait son corps par des jeûnes rigoureux. Son amour pour la pénitence allait si loin qu'il faisait usage de la discipline et du cilice. Souvent il s'entretenait avec Dieu par des prières ferventes, afin d'obtenir les grâces dont il avait besoin. Il accréditait la piété, en protégeant et en honorant tous ceux qui servaient Dieu. Les ministres sacrés ressentirent les effets de sa libéralité.
Il accorda au clergé un grand nombre de privilèges et d'immunités ; son but en cela était de le rendre plus respectable au peuple. Il ne négligeait rien pour convaincre ses sujets de l'obligation où ils étaient de payer les dîmes, destinées à la subsistance de ceux qui s'étaient dévoués au service des autels. L'accroissement du royaume de Jésus-Christ lui parut encore un objet très-digne de son attention : de là ce zèle ardent pour la propagation de l'Evangile. Il fonda plusieurs églises, qui furent décorées avec une magnificence vraiment royale. Il fit présent d'une très-belle couronne, qu'il avait coutume de porter, à l'église de Roskild en Zélande, qui était sa capitale et le lieu de sa résidence .
Quoique l'Angleterre eût passé, en 1066, sous la domination de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, Canut ne laissa pas de prendre des mesures pour soutenir les droits que lui ou ses alliés pouvaient avoir sur ce royaume. Il y envoya des troupes; mais elles furent aisément vaincues, parce que personne ne voulut se joindre à elles. Quelques temps après, c'est-à-dire en 1085, Canut leva une nombreuse armée à la sollicitation de plusieurs Anglais réfugiés en Danemark : son dessein était de faire une descente en Angleterre, afin d'en chasser les Normands. Il eut le désagrément de voir échouer ce projet par la trahison de son frère Olas, duc de Schleswig, qui l'obligea, par des retardements affectés, à rester dans le détroit de Lymfiord ; et le départ fut tellement différé, que les troupes désertèrent à la fin. |
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Posté le: Jeudi 24 Janvier, 2008 0:03 Sujet du message: |
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SAINT CANUT IV ROI ET MARTYR
| Citation: | Le saint Roi crut cette occasion favorable pour travailler à l'établissement des dîmes ecclésiastiques ; il ordonna donc qu'on paierait, en punition de la désertion, ou les dîmes ou une taxe considérable. Les Danois, qui avaient une aversion marquée pour l'assujettissement aux dîmes, aimèrent mieux payer la taxe, quelque grande qu'elle fût. Le prince, mortifié de ce choix, voulut qu'on levât l'impôt avec une sorte de rigueur, dans l'espérance que ses sujets changeraient de résolution.
Les collecteurs commencèrent à faire cette levée dans la Fionie ; ils passèrent ensuite dans la Jutie, puis dans la petite province de Wensyssel, à l'extrémité de la partie septentrionale de la Jutie. Cette province était alors la plus pauvre de tout le Danemark : elle avait deux préfets ou gouverneurs, Thor-Skor et Tolar-Werpill. Ils mutinèrent le peuple, se mirent à la tête des mécontents et levèrent l'étendard de la rébellion. Le roi, instruit de l'approche des rebelles, s'était retiré à Schleswig, d'où il passa dans l'île de Fionie avec un corps de troupes assez considérable ; de là il manda à la reine de se retirer au plus tôt en Flandre auprès de son père et d'y mener ses enfants avec elle. Ayant été quelque temps dans la ville d'Odensée, capitale de l'île, il résolut d'aller chercher les rebelles pour leur livrer bataille ; mais leurs chefs, quoique supérieurs en nombre, n'osèrent en venir aux mains avec des troupes bien disciplinées, aguerries et commandées par un prince qui avait déjà donné tant de preuves de sa valeur et de sa prudence ; ils eurent donc recours à la perfidie pour l'empêcher de se mettre en campagne. Un d'entre eux, nommé Asbiorn, l'alla trouver et lui dit que son peuple était rentré dans le devoir, ce qu'il assura par plusieurs faux serments.
Le roi, qui n'avait que des intentions pacifiques, crut le fourbe, malgré tout ce que put dire son frère Benoît pour l'empêcher de tomber dans le piège : mais il ne tarda pas à être détrompé, car il apprit que l'armée des rebelles marchait en diligence vers Odensée pour l'y surprendre. Cette nouvelle ne causa en lui aucun trouble ; il se rendit, selon sa coutume, dans l'église de Saint-Alban, où il entendit la messe. A peine fut-elle finie, qu'on vint lui dire que les ennemis approchaient à grands pas. Le comte Eric lui ayant conseille de prendre la fuite, il répondit : « Non, non, je ne fuirai pas. J'aime mieux tomber entre les mains de mes ennemis que d'abandonner ceux qui me sont attachés ; d'ailleurs on n'en veut qu'à ma vie ». |
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Posté le: Jeudi 24 Janvier, 2008 13:55 Sujet du message: |
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| Citation: | Le saint Roi ne pensa plus qu'à se préparer à la mort : il alla se prosterner au pied de l'autel, où, après avoir fait une humble confession de ses fautes, et protesté qu'il pardonnait à ses ennemis, il communia avec la plus parfaite tranquillité ; il prit ensuite le livre des psaumes, qu'il se mit à réciter. Cependant les rebelles arrivent auprès de l'église, et l'investissent de toutes parts. Benoît, frère du roi, en défendait les portes avec le peu de troupes qu'il avait ; mais pendant qu'il fait des prodiges de valeur, Canut reçoit un coup de pierre dans le front au-dessus du sourcil. Cette pierre venait du dehors et avait été lancée par une fenêtre de l'église. Le roi, loin d'interrompre sa prière, se contenta de porter la main à sa blessure pour arrêter le sang qui coulait en abondance. Les rebelles n'ayant pu forcer les portes de l'église, eurent encore recours à la trahison. Un de leurs chefs, nommé Egwind Bifra , demanda à parler au roi, sous prétexte de lui proposer des conditions de paix. Canut ordonna qu'on le laissât entrer ; mais Benoît n'obéit qu'à contrecœur, parce qu'il soupçonnait encore quelque nouvelle perfidie, et l'événement prouva qu'il avait eu raison ; car l'infâme Egwind s'étant baissé profondément en la présence du roi comme pour le saluer, tira, en se relevant, un poignard de dessous son manteau, et le lui enfonça dans le sein.
Le traître monta aussitôt sur l'autel pour se sauver par la fenêtre : mais lorsqu'il n'était encore qu'à demi sorti, Palmar, l'un des principaux officiers du roi, le divisa en deux d'un coup de sabre, de sorte qu'une moitié de son corps tomba dehors, et l'autre resta dans l'église. Ce spectacle ranime la fureur des barbares ; ils jettent des briques et des pierres par les fenêtres. Les châsses où étaient les reliques de saint Alban et de saint Oswald, que Canut avait apportées d'Angleterre, en furent renversées. Cependant le Saint, les bras étendus devant l'autel, recommandait son âme à Dieu, et attendait la mort avec résignation. Il était encore dans cette posture, lorsqu'un javelot lancé par une fenêtre acheva son sacrifice. Son frère Benoît périt aussi avec dix-sept autres personnes. Ceci arriva le 10 juillet 1086, selon Ænoth. Notre Saint avait régné près de six ans. Il eut pour successeur son frère Olas III.
Dieu vengea la mort de son serviteur en affligeant le Danemark de diverses calamités, entre autres d'une cruelle famine, dont les ravages durèrent pendant huit ans et trois mois du règne suivant. Le ciel attesta aussi sa sainteté par plusieurs guérisons miraculeuses qui s'opérèrent à son tombeau. C'est ce qui fit qu'on exhuma son corps à la fin du règne d'Olas, pour le mettre dans un lieu plus honorable que celui où il était. Eric III, successeur d'Olas, prince religieux, qui travailla avec autant de zèle que de succès à faire fleurir la piété dans ses Etats, envoya des ambassadeurs à Rome avec les preuves des miracles opérés au tombeau du bienheureux Canut. Le pape, après avoir examiné les pièces, donna un décret qui autorisait son culte, avec la qualité de premier ou de principal martyr de Danemark. On fit à cette occasion une translation solennelle de ses reliques qui furent mises dans une très-belle châsse. On trouva cette châsse à Odensée, le 22 janvier 1382, lorsqu'on travaillait à réparer le chœur de l'église de Saint-Alban ; elle était de cuivre doré, et enrichie de pierres précieuses, ainsi que de quelques autres ornements d'un très-beau travail.
On lisait dessus l'inscription suivante : « L'an de Jésus-Christ 1086, dans la ville d'Odensée, LE GLORIEUX ROI CANUT, trahi, comme Jésus-Christ, à cause de son zèle pour la religion, et de son amour pour la justice, par BLANCON, l'un de ceux qui mangeaient à sa table, après s'être confessé, et avoir participé au sacrifice du corps du Seigneur, eut le côté percé, et tomba contre terre devant l'autel, les bras étendus en croix. Il mourut pour la gloire de Jésus-Christ, et reposa en lui le vendredi 7 de juin, dans la basilique de Saint-Alban, martyr, dont quelque temps auparavant il avait apporté des reliques d'Angleterre en Danemark ».
Saint Canut a un office particulier dans le bréviaire romain, le 19 janvier. — Les attributs du saint Roi sont les flèches et la lance, instruments de sa mort. |
À suivre , Saint Charles le Bon, fils du roi saint Canut IV _________________ Il ne faut plus se taire.
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Je vois, qu'à force de se taire, le monde est pourri. ( Sainte Catherine de Sienne) |
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gabrielle

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Posté le: Vendredi 25 Janvier, 2008 0:07 Sujet du message: |
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LE BIENHEUREUX CHARLES LE BON,COMTE D'AMIENS ET DE FLANDRE
1127. - Pape : Honorius II. - Empereur Lothaire II. - Roi de France : Louis VI, dit le Gros.
Charles, la perle des comte,, l'illustration des
ducs, la fleur des soldats.....II Lamentatio apud Boll.
| Citation: | Le bienheureux Charles était fils de saint Canut, roi de Danemark, qui fut martyrisé par ses propres sujets, l'an 1086, et d'Adèle ou Alize de Flandre, fille de Robert le Frison et tante maternelle de Louis le Gros, roi de France. Après la mort sanglante du roi son père, à l'âge de cinq ans, sa mère le conduisit à Bruges à la cour de Robert le Frison, comte de Flandre, son aïeul. C'est là qu'il devait être élevé et conquérir le grade de chevalier.
Une légende rapporte qu'il fut armé chevalier avec l'épée même que portait saint Canut le jour où il reçut le martyre au temple de Saint-Alban. Ivend Trundsen, qui avait reçu cette épée en dépôt, se trouvait comme Otage dans les prisons de Bruges, lorsqu'un jour Charles, tout enfant, le visita au moment où il était encore au lit. Le jeune prince vit la fameuse épée qu'Ivend avait mise sous son chevet et s'en ceignit. — « Il est juste que tu la gardes », dit Ivend, « c'est l'épée de ton père ». Charles courut aussitôt près de son aïeul, lui montra le magnifique cadeau qu'il venait de recevoir, et pria qu'on accordât la liberté au détenu, ainsi qu'à son compagnon d'infortune ; ce qui fut fait.
Charles fit ses premières armes sous son oncle Robert de Jérusalem, qu'il accompagna en Terre Sainte : c'était dignement débuter dans la carrière.
Après avoir, pendant plusieurs années, pris part aux héroïques fatigues des Croisés, il revint en Europe couvert de nobles cicatrices.
Baudoin à la Hache, qui succéda à Robert de Jérusalem, en 1111, comme comte de Flandre, n'ayant point d'enfants, porta ses vues sur son cousin germain, Charles, pour l'instituer un jour l'héritier de son comté. Il lui donna d'abord la terre d'Ancre, la même que Louis XIII donna en 1620 à Albert de Luynes : c'est pourquoi Charles le Bon est parfois désigné sous le nom de Charles d'Ancre. |
Petits Bollandistes
T III ( 2 mars) _________________ Il ne faut plus se taire.
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Posté le: Vendredi 25 Janvier, 2008 15:35 Sujet du message: |
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| Citation: | Pour reconnaître encore mieux ses service, Baudoin à la Hache lui fit épouser Marguerite, fille de Renaut, comte de Clermont, qui lui apporta en dot le comté d'Amien.. Il lui confia même l'administration de ses Etats; en sorte que les peuples accoutumés à la douceur et à l'équité de notre Saint, le reçurent à son avènement comme leur père et leur protecteur. Mais cette joie publique fut troublée par la comtesse Clémence, mère du feu comte Baudoin : cette princesse, pour mettre sur la tête de Guillaume d'Ypres, à qui elle avait marié sa nièce, la couronne de notre Saint, forma contre lui une ligue où entrèrent Geoffroy le Barbu, comte de Louvain et duc de Brabant et de la Basse-Lorraine; Hugues de Camp-d'Avène, comte de Saint-Pol, et Baudoin III, comte de Hainaut. Ils déclarent la guerre à Charles. Celui-ci a Dieu de son côté; qui peut être vaincu avec un tel auxiliaire ? Le comte de Flandre abat ses ennemis et leur dicte la loi; il réduit à la même impuissance les comtes Gautier de Hesdin et Thomas de Coucy, qui tentent de troubler le repos de ses sujets; de sorte qu'autant il se rend aimable à ceux-ci, autant il devient redoutable aux étrangers.
Lorsque l'empereur Charles V envahit la Champagne en 1123, Charles le Bon, en qualité de comte d'Amiens et de vassal du roi de France, accourut à son secours suivi de dix mille soldats. L'empereur effrayé d'un prodigieux armement où la Picardie, la Champagne et l'île de France avaient fourni deux cent mille hommes, n'osa point engager la bataille : la guerre finit donc avant d'être commencée.
Délivré des guerres qui avaient attristé le commencement de son règne, Charles se consacra tout entier à faire fleurir dans ses Etats la paix et la justice. Après avoir déclaré la Trêve de Dieu, il proscrivit l'usage qu'avaient ses sujets d'être constamment armés, ce qui favorisait les rixes dans un pays où l'on était si fortement épris de l'indépendance et de la liberté.
C'était par ses exemples, encore plus que par ses ordonnances, qu'il s'efforçait de civiliser les peuples qu'il gouvernait. Simple et modeste dans ses allure,, il détestait la flatterie. Ses austérités égalaient celles des religieux. Ennemi du faste, il réduisait ses dépenses, pour diminuer les impôts du peuple et abaisser les redevances de ses fermiers. Plein de sollicitude pour les besoins des pauvres, il allait jusqu'à se dépouiller de ses habits pour les en revêtir. Il restait pieds nus, par dévotion, quand il accomplissait ses actes quotidiens de charité, et baisait les mains de chaque pauvre qu'il secourait. |
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Posté le: Samedi 26 Janvier, 2008 15:21 Sujet du message: |
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| Citation: | Une chronique de Flandre (Apud Smet, Recueil des chroniques de Flandres. I, 71; II, 50.) nous rapporte un trait de bonté qui rappelle un épisode de la vie de Fénelon. Un jour que Charles assistait aux Vêpres à Saint-Pierre de Gand, une pauvre femme vint lui exposer son chagrin de s'être vu ravir une vache par un soldat. Le comte la pria d'attendre à la porte pour qu'il lui rendit justice après les Vêpres : la pauvre femme lui ayant fait observer qu'il serait alors entretenu de plus graves affaires et qu'il oublierait son humble supplique, le comte lui donna son manteau en gage de sa promesse. Quand Charles sortit de l'église, ses officiers voulurent l'entretenir aussitôt de diverses affaires importantes ; mais il déclara qu'il ne répondrait à personne tant qu'une vache qui avait été volée à une pauvre femme ne lui aurait pas été rendue. L'animal fut enfin retrouvé, et chacun bénit la bonté du prince.
Charles se montrait toujours plein de respect et de prévenance pour les prêtres séculiers et pour les religieux, dont il sollicitait et recueillait les avis avec la plus sincère humilité; il les remerciait, quand ils lui signalaient des défauts à corriger, et les récompensait par une protection toute spéciale. Il voulait que les affaires des religieux fussent expédiées avant toutes les autres, pour qu'ils ne perdissent point leur temps dans les audiences et qu'ils ne fussent absents de leur monastère que le moins longtemps possible. Iperius raconte, à ce sujet, l'anecdote suivante : Jean, abbé de Saint-Bertin, s'étant présenté à la cour de Bruges, le jour de l'Epiphanie, pour se plaindre d'un chevalier qui voulait s'emparer d'une terre appartenant à son abbaye depuis soixante ans, le comte lui dit : « Seigneur abbé, qui chante aujourd'hui la grand'messe dans votre monastère ?» — « Comte, il y a cent moines parmi lesquels on pourra choisir un officiant ». — «Mais vous devriez, en un tel jour, partager avec vos moines les offices et les repas, et leur procurer les réjouissances légitimes pour lesquelles mes ancêtres vous ont assigné des revenus ». — « C'est la nécessitée qui m'a contraint à délaisser mes frères, pour venir vous avertir qu'un de vos seigneurs nous opprime.. - «Il aurai, suffi de m'en prévenir par un message : car votre devoir est de prier Dieu, comme le mien est de vous protéger ».
— Alors il fit venir le délinquant et lui dit : « Si jamais j'entends encore des plaintes sur ton compte, je te ferai jeter dans une chaudière d'eau bouillante». Le chevalier se tint pour averti, et l'abbé rassuré s'empressa de retourner à son monastère. |
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Posté le: Dimanche 27 Janvier, 2008 0:00 Sujet du message: |
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| Citation: | En toutes circonstances, la conduite de Charles était dictée par un profond amour de la justice et par une prédilection spéciale pour les faibles et les opprimés; quand on lui faisait un reproche de ses sympathies, il répondait : « C'est que je sais combien les pauvres ont de besoins et les riches d'orgueil».
Nous complétons ce tableau du caractère et des vertus du comte de Flandre, en laissant la parole à la naïve chronique d’Oudegherst : on y trouvera quelques indications qui ne se rencontrent point dans les autres biographes de Charles le Bon : « Il avait trois religieux, docteurs en théologie, lesquels, journellement après le soupe, lui proposaient et expliquaient un chapitre ou deux de la Bible, en quoi il prenait un singulier plaisir.
Il fit défense à chacun, sous peine de perde un membre, de jurer par le nom de Dieu, ni par chose qui touchait à Dieu et à ses saints, et quand aucun de sa maison était trouvé en cette faute, il le faisait, outre ce, jeûner quarante jours au pain et à l'eau... il ordonna que tous ceux qui sont condamnez au dernier supplice fussent confessez et que, un jour devant l'exécution, on leur administrât le Sain-Sacrement, ce que paravant on n'était accoutumé d'observer. Il était merveilleusement sévère et rigoureux contre les sorcières, enchanteurs, nécromanciens et autres qui s'aidaient de semblables arts... Il avait ordinairement, au diner, en sa salle, treize pauvre,., lesquels il faisait servir de même que ses chevaliers et seigneurs... Il ordonna que personne ne logeât garçons ou vagabonds, sur peine de restaurer les dommages et intérêts qu'ils auraient fait à autrui; que personne, de quelque qualité ou condition qu'il fût, eût la hardiesse d'emmener ou de faire emmener les enfants sans le consentement de père, mère, tuteurs ou autres parents...
Il était merveilleusement bon justicier, de sorte qu'il contraignit ceux qui avaient coutume d'oppresser les pauvres gens, d'eux en désister, contre lesquels il usait d'une telle rigueur que les pauvres gens vivaient en bonne paix et tranquillité.
Cette tranquillité devait être troublée par une terrible famine qui, en 1125, désola principalement la Flandre et la Picardie. Dès l'année précédente, les populations superstitieuses s'attendaient à un grave événement, parce que, le 11 du mois d'août, une éclipse partielle de soleil avait obscurci les cieux. L'hiver qui suivit fut si rigoureux et si long que les semailles ne levèrent point. Alors éclata une de ces désastreuses famines qui décimaient les populations du moyen âge. |
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gabrielle

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Posté le: Dimanche 27 Janvier, 2008 15:28 Sujet du message: |
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| Citation: | Les uns mouraient faute d'aliments; les autres se jetaient avidement sur les denrées que le hasard leur procurait et se causaient des indigestions mortelles. Le pain manquait complètement : aussi les habitants de Bruges, de Gand, des bords de la Lys et de l'Escaut étaient réduits à ne manger que de la viande, même pendant le Carême. Les villageois espéraient en vain obtenir du pain dans les villes et les châteaux; ils ne trouvaient que la mort au terme de leurs pérégrinations. Ceux qui survivaient étaient tellement amaigris qu'on les aurait pris pour des squelettes ambulants.
Ce désastre public donna occasion au bienheureux Charles de déployer toute l'activité de sa sollicitude et de sa charité. Chaque jour, il nourrissait cent pauvres à Bruges, et ordre était donné pour qu'il en fût de même dans chacun de ses châteaux. On raconte qu'étant à Ypres, il distribua en une seule fois sept mille huit cents pains de deux livres. Chaque jour aussi il habillait complètement cinq pauvres, leur donnant à chacun une chemise, une tunique, des fourrures, une cape, des bottes, des bottines et des souliers. Après cette généreuse distribution, il allait entendre la messe à l'église, y chantait des psaumes, et terminait ses dévotions en distribuant des deniers aux mendiants.
Il consacrait le reste de sa journée à faire des règlements qui pussent adoucir les maux présents et en prévenir le retour. Il réprimanda des habitants de Gand qui avaient laissé des affamés mourir devant leur porte ; il interdit la fabrication de la bière, pour ne pas épuiser le peu de grains qu'on avait récolté ; il prescrivit aux boulangers de pétrir des pains d'avoine et fixa à six écus le prix du quartaut de vin. Par ses ordres, tous les chiens furent tués, et les terres furent ensemencées dans la proportion de deux tiers en blé et d'un tiers en fèves ou en pois, légumes qui poussent vite et dont la prompte récolte pouvait abréger le temps de la famine. Certaines familles riche, entre autres celle de Bertulphe , ajoutent certains chroniqueurs flamands, accaparaient les blés et les vendaient à un prix exorbitant : Charles aurait alors chargé son aumônier Tancmar de contraindre tous les propriétaires à vendre leur blé à un prix raisonnable ; ce serait là une des causes qui amenèrent le drame sanglant dont nous raconterons bientôt les horreurs.
Grâce à ces sages dispositions, les accaparements cessèrent, le numéraire circula, et la disette fit moins sentir ses ravages, en attendant qu'elle disparût avec la prochaine récolte. |
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Criez avec cent mille langues.
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gabrielle

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Posté le: Lundi 28 Janvier, 2008 0:02 Sujet du message: |
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| Citation: | Henri V, empereur des Romains, venait de mourir sans héritier (1125). Les électeurs portèrent leurs vues sur le prince qui, dans ces temps de disette et d'anarchie, avait montré pour son peuple ce dévouement sans bornes qui est la plus populaire vertu des rois. Le chancelier de l'évêque de Cologne et le comte Godefroy de Namur furent chargés d'aller sonder les intentions de Charles, qui prit aussitôt conseil des barons de Flandre ; quelques-uns, ceux-là mêmes qui depuis longtemps avaient juré sa perte, l'engageaient à accepter le sceptre impérial, pour se débarrasser d'un prince dont les vertus leur étaient à charge ; les autres, et c'était le plus grand nombre, le suppliaient de ne point abandonner l'œuvre qu'il avait commencée, et de ne point ravir un véritable père à la Flandre. Le bienheureux Charles le Bon suivit leur conseil et refusa le titre glorieux de roi des Romains.
Peu de temps après , il reçut de la part des princes croisés de Jérusalem une lettre qui lui offrait le trône de la Cité sainte, parce que Baudoin, roi de Jérusalem, avait été fait prisonnier par les Turcs. Charles déclina également cet honneur, en déclarant qu'il voulait se consacrer tout entier au bonheur de la Flandre.
Il mit à profit les années de paix et d'abondance pour remplir des greniers de réserve et prévenir le retour des disette.. Il voulut aussi raffermir le régime féodal qui était loin d'être aussi solidement assis qu'en France ; car les bourgeois se proclamaient les égaux des nobles, et beaucoup de serfs s'étaient affranchis eux-mêmes.
Au nombre de ces derniers figuraient les membres d'une famille à laquelle divers chroniqueurs flamands ont donné à tort le nom de Van der Straten, au lieu de celui d'Erembald. Deux frères avaient depuis longtemps oublié le servage de leurs ancêtres : l'un, Bertulphe, avait usurpé la prévôté du Chapitre de Saint-Donatien de Bruges, à laquelle était attachée la dignité de chancelier héréditaire de Flandre ; l'autre, Désiré Haket, était châtelain de Bruges et avait un fils, nommé Burchad qui se distinguait par sa turbulence et son ambition.
Le chef de la famille Erembald, Bertulphe, était animé d'un orgueil intolérable, et affectait d'ignorer les noms des gens qu'il croyait au-dessous de lui. Il dominait tellement le Chapitre qu'aucun des chanoines n'osait se plaindre de ses méfaits. Il avait fait embrasser à ses neveux la carrière des armes et les excitait à prendre part à toutes ces querelles de voisinage qui étaient si communes dans la Flandre du XIIe siècle. |
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Posté le: Lundi 28 Janvier, 2008 13:56 Sujet du message: |
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| Citation: | Le prévôt de Bruges qui, par ses richesses et son influence, tenait le premier rang, après le duc de Flandre, avait marié ses nièces à des nobles, espérant ainsi faire sortir un jour sa famille de la condition servile. L'un d'entre eux, Robert, ayant appelé en duel judiciaire un autre chevalier, celui-ci lui rappela que, selon le droit rétabli par Charles, tout homme libre qui épousait une serve partageait, un an après son mariage, la même condition que sa femme, et que, par conséquent, il ne pouvait pas, lui chevalier, accepter un combat singulier qui n'aurait pas lieu entre pairs. Le prévôt fut très-mortifié de voir ainsi révélée au public cette condition de servilité qui était ignorée de la plupart, et il niait les droits de propriété du comte : « Ce Charles de Danemark », s'écriait-il, « ne serait jamais parvenu à la dignité de comte, si je ne l'avais voulu, et maintenant il oublie le bien que je lui ai fait; il s'informe auprès des anciens si je suis serf et veut me réduire en esclavage avec toute ma famille : mais qu'importe ! nous serons toujours libres, et il n'est personne au monde qui puisse nous faire serfs ».
Le conflit fut déféré au jugement du comte de Flandre. Le prévôt comparut devant lui, à Cassel, accompagné de son gendre Robert et de cinq cents chevaliers qui paraissaient avoir plus de confiance dans leur épée que dans la justice de leur cause. Le bienheureux Charles, par prudence, remit l'affaire à plus tard et demanda que, selon la loi, douze témoins affirmassent par serment que la nièce de Bertulphe n'était point d'origine serve. Le chapitre de la noblesse fut convoqué plus tard à Sain-Omer et, en l'absence des témoignages vainement réclamés, il fut statué que Robert de Kaeskerke était dans son tort et que la famille des Erembald ne se composait que d'hommes de corps qui appartenaient au domaine du comte. Robert, qui avait été lui-même induit en erreur, parce que, comme beaucoup d'autres, il pensait que la famille de Bertulphe avait été émancipée, devint un des ennemis les plus acharnés du prévôt.
Un autre incident vint encore envenimer l'animosité du prévôt contre Charles. Les membres de la famille de Bertulphe ne pouvaient pardonner à Tancmar, chapelain du comte, et chef de la famille Van der Straten, d'avoir fait vendre leurs grains accaparés pendant la disette. Ils tâchaient de s'en venger par des violence.. Aussi profitèrent-ils d'un voyage que Charles faisait en France, pour ravager le domaine de Bourbourg où Tancmar s'était fortifié. Quand Charles fut de retour à Ypres, les villageois vinrent se plaindre de ce que des pillards les avaient rançonnés. Le comte de Flandre, après avoir pris l'avis de ses conseillers, fit incendier la maison de Burchard, qui avait été le principal fauteur des désordres. |
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Posté le: Mardi 29 Janvier, 2008 0:43 Sujet du message: |
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| Citation: | Le prévôt, qui affectait d'être resté étranger à cette affaire, envoya Guy de Steenvoorde et d'autres négociateurs auprès du comte, sous prétexte d'obtenir la grâce de ses neveux. Charles se montra indulgent, promit de donner une autre maison à Burchard, mais lui interdit de relever les ruines de celle qui avait été incendiée, parce que sa proximité de celle de Tancmar pouvait amener de nouveaux conflits. Charles congédia les envoyés en leur faisant boire le vin du départ.
Guy de Steenvoorde alla trouver immédiatement la famille Erembald qui était réunie, avec ses principaux partisans, au logis de Bertulphe. Fidèle à la leçon qui lui avait été faite à l'avance par le prévôt, il raconta que le comte était furieux et qu'il ne fallait espérer aucune grâce de lui.
Alors les conjurés joignirent les mains en signe d'alliance. Seul, un neveu du prévôt, nommé Robert, s'opposa au pacte de trahison qu'on voulait ourdir et on ne put acheter son silence qu'en lui persuadant qu'il ne s était agi là que d'une plaisanterie.
Le soir venu, les conjurés se réunirent dans la maison d'un chevalier nommé Walter, et passèrent la nuit à combiner l'exécution de leur attentat qu'ils fixèrent au lendemain matin, 2 mars 1127.
Le palais du comte était contigu à l'église Saint-Donatien , et communiquait par un couloir voûté à une des galeries supérieures : là se trouvait une chapelle où ll comte venait entendre la messe chaque matin. Ce jour-là Charles s'était levé de très-bonne heure, et ayant distribué aux pauvres ses aumônes habituelles, s'était rendu à la chapelle, accompagné de son sénéchal, de son chambellan et de quelques autres personnages de sa cour. II avait passé une nuit très-agitée. On l'avait souvent averti des dangers qui le menaçaient, mais il avait toujours répondu :« Nous sommes sans cesse environnés de périls ; pour être rassurés, il suffit que nous ayons le bonheur d'appartenir à Dieu. Si d'ailleurs c'est sa volonté que nous perdions la vie, pourrions-nous la perdre pour une meilleure cause que pour celle de la justice et de la vérité ?» Burchard, averti par ses affidés, accourut dans la galerie avec ses complices qui cachaient leurs épées sous leurs manteaux. Ils virent Charles agenouillé sur un prie-Dieu, lisant à haute voix les psaumes de la pénitence et distribuant des deniers aux pauvres. Les conjurés se partagèrent en deux bandes pour garder les deux issues et ne laisser personne s'échapper. Burchard, s'avançant lentement vers le comte, lui piqua légèrement le cou avec la pointe de son épée ; en ce moment une pauvresse s'écriait tout effarée : « Sire comte, gardez-vous!» Le prince avait relevé la tête • Burchard lui brisa le crâne avec son épée, et la cervelle jaillit sur les dalles Les autres assassins l'achevèrent et lui coupèrent le bras droit. Les meurtriers immolèrent à leur vengeance, dans l'église, dans la ville de Bruges et dans le château, tous ceux qu'ils considéraient comme les adversaires du prévôt et les amis du comte. La famille de Tancmar n'échappa point à cette horrible boucherie. |
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Dernière édition par gabrielle le Mardi 29 Janvier, 2008 14:41; édité 1 fois |
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Posté le: Mardi 29 Janvier, 2008 14:40 Sujet du message: |
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| Citation: | « Chose étonnante ! «dit le chroniqueur Galbert, « le comte ayant été tué le mercredi matin, le bruit de cette mort abominable frappa l'oreille des citoyens de la ville de Londres,, le vendredi suivant, vers la première heure du jour ; et, vers le soir, cette nouvelle alla jeter la consternation dans la ville de Laon qui, située en France, est à une distance très-considérable de Bruges C'est ce que nous avons appris par nos écoliers qui étudiaient alors à Laon et par nos négociants qui, le même jour, trafiquaient à Londres Personne, ni à cheval, ni sur mer, n'aurait pu traverser si promptement l'intervalle des temps et des lieux dont nous venons de parler ».
Cependant le corps de Charles gisait depuis longtemps dans le chœur de l'église Saint-Donatien, et personne n'osait lui rendre les devoirs de la sépulture. Le prévôt feignit de permettre qu'on procédât à ses obsèques ; mais il fit secrètement prier l'abbé de Saint-Pierre de Gand de faire enlever le corps et de l'inhumer dans cette ville. Sur ces entrefaites, il envoya demander à Simon évêque de Noyon, de venir réconcilier l'église, souillée par un meurtre dont il se proclamait, innocent. Mais le porteur, jeté à bas de son cheval, ne put parvenir jusqu'à Noyon. Quelques jours après, l'évêque de cette cité apprit le meurtre de son beau-frère Charles le Bon, et prononça l'anathème contre tous ceux qui l'avaient accompli ou favorisé.
L'abbé de Saint-Pierre de Gand, pour accomplir le désir du prévôt, voulut enlever dans un cercueil le corps de Charles ; mais les pauvres, les chanoines et de nombreux citoyens s'y opposèrent ; ils allèrent trouver Bertulphe à qui un vieillard dit : « Seigneur prévôt, si vous eussiez voulu agir avec justice, vous n'auriez pas donné, sans le consentement et le conseil des frères les dépouilles mortelles d'un si grand prince, qui seront un véritable trésor pour notre église. Ce prince a été élevé parmi nous, il a passé la plus grande partie de sa vie ; c'est au milieu de nous qu'il a péri pour la justice. Si on nous l'enlève, nous avons à craindre la destruction la ville et de cette église ; s'il nous reste il nous protégera contre les châtiments que peut attirer la trahison dont il fut victime ». Ces supplications ne firent qu'irrité le prévôt on courut aux armes et la ville allait être ensanglantée de nouveau, quand tous les partis furent apaisés par la guérison d'un enfant paralytique qui avait invoqué l'intercession du bienheureux Charles. On s'empressa alors de venir vénérer les restes mortels du Bienheureux ; on était avide de tremper des linges dans son sang, de prendre quelques fragments de ses vêtements ou de ses cheveux, dont l'attouchement opéra diverses guérisons. |
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Posté le: Mercredi 30 Janvier, 2008 0:09 Sujet du message: |
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| Citation: | Le prévôt ne put faire autrement que de laisser accomplir les funérailles; le service eut lieu le vendredi 4 mars, dans l'église de Saint-Pierre-hors-les-Murs » ; le corps mutilé de Charles fut mis dans un cercueil et déposé ensuite dans un caveau dl l'église Saint-Donatien.
La punition des meurtriers de Charles ne se fit point attendre. Nous ne pourrions point sans sortir de notre sujet, reproduire ici les récits émouvants que font à ce sujet les chroniqueurs du temps ; mais nous ne pouvons pas nous dispenser de raconter, en peu de mots, la fin misérable des ennemis du comte, puisqu'elle a été considérée par tous les contemporains comme un éclatant témoignage rendu par la Providence à la mémoire du bienheureux Charles.
Le prévôt avait accueilli favorablement la compétition de Guillaume D’Yprès, duquel il espérait l'impunité; il lui gagna des partisans, mais les sujets fidèles de Charles le Bon, sous la conduite du chevalier Gervais, qui avait été camérier du comte, tramèrent une conspiration contre le prévôt et ses partisans, et assiégèrent son château. Ils furent bientôt secondés par divers seigneurs de Flandre et par la comtesse de Hollande qui convoitait pour son fils la succession du trône vacant. Le prévôt et son frère le châtelain Haket, comprenant le sort qui leur était réservé, demandèrent à faire preuve juridique de leur innocence personnelle, et réclamèrent la vie sauve pour leurs neveux qu'ils consentaient à voir bannis à perpétuité On méprisa ces propositions, et le siège continua plus ardent que jamais. Le prévôt fut obligé de se réfugier dans l'église Saint-Donatien, d'où il parvint à s'enfuir dans les marais voisins.
Pendant les horreurs de ce siège, les Gantois essayèrent de s'emparer par ruse du corps de Charles le Bon ; mais ils échouèrent dans leur entreprise Les seigneurs de Flandre, influencés par les conseils de Louis le Gros choisirent pour leur souverain Guillaume Cliton, fils du duc de Normandie Le 5 avril, le roi de France et le nouveau comte de Flandre arrivèrent à Bruges ; le 11 le prévôt Bertulphe fut livré par Guillaume d'Ypres, qui espérait par là se laver de tout soupçon de complicité; le meurtrier, condamné au gibet, périt à Ypres au milieu des plus cruelles tortures.
Les complices du prévôt, qui soutenaient le siège dans la grande tour de Saint-Donatien, ne se rendirent que le 19 avril. Tous ceux qui avaient trempé dans la conspiration avaient déjà subi ou subirent alors un châtiment proportionné à leur degré de culpabilité. Guy de Steenvoorde fut pendu à Ypres ; Eustache de Steenvoorde fut brûlé vif dans les flammes d'une maison où il avait cherché asile ; Wilfrid Knop, frère du prévôt, fut précipité du haut d'une tour avec vingt-huit de ses complices; Isaac fut étranglé sur le marché de Bruges ; Robert eut la tête tranchée à Cassel ; Burchard subit la torture de la roue, en se repentant de son crime.
Les chroniqueurs ajoutent que ceux qui échappèrent aux supplices furent bannis de la Flandre et eurent une triste fin. |
SAINT CHARLES LE BON , PRIEZ POUR NOUS _________________ Il ne faut plus se taire.
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