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Le roi de la Cité du Bien
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Si vis pacem



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MessagePosté le: Vendredi 25 Septembre, 2009 18:33    Sujet du message: Répondre en citant

 
Mgr Gaume, Traité du Saint-Esprit. Paris, 1864, chapitre VIII a écrit:

Il s'appelle PARACLET, Paracletus. Attrayant à l'égal des autres, ce nom veut dire, avocat, exhortateur, consolateur. Quels noms pour un Roi (1)! Quand l'Esprit du bien n'en aurait pas d'autres, ceux-là ne suffiraient-ils pas, pour appeler sous ses lois tous les peuples, toutes les tribus, tous les membres de la malheureuse famille humaine ?

Avocat, et il plaide. Que plaide-t-il ? La cause à laquelle aboutissent toutes les causes, tous les procès, la cause des âmes, la cause des peuples, la cause de l'Église et du monde, la cause de laquelle dépend l'éternel bonheur ou l'éternel malheur. Où la plaide-t-il ? Il la plaide au double tribunal de la justice et de la miséricorde. De la justice, afin de la fléchir et de la désarmer ; de la miséricorde, afin d'en obtenir de larges effusions de grâces, de forces, de lumières, de secours de tout genre, soit pour préserver les citoyens de sa Cité des attaques de l'ennemi, soit pour les guérir de leurs blessures. Tribunaux de la justice et de la miséricorde divine, cours souveraines, devant lesquelles il n'est personne, roi ou sujet, peuple ou particulier, qui, chaque jour, et à chaque heure, n'ait une cause actuellement pendante.

Comment plaide-t-il ? Comme l'amour sait plaider. Toute son éloquence est dans ses soupirs. Le Saint-Esprit, écrit l'Apôtre , aide notre infirmité; car nous ne savons ni ce que nous devons demander ni comment nous devons le demander; mais l'Esprit lui-même demande pour nous par des gémissements ineffables (2).

Qu'elle est donc profonde, grand Dieu ! ma misère, la misère du genre humain ! Privé de tout et mendiant dans cette vallée de larmes, je ne connais pas mes véritables besoins, je les soupçonne à peine, je les sens encore moins. Si je les vois, j'ignore la manière d'en demander le soulagement. Quelle nécessité plus grande d'avoir un maître habile qui m'apprenne à mendier; charitable, qui mendie pour moi ; tout-puissant, qui mendie avec succès. Le Roi de la Cité du bien en personne me rend ce charitable office : il le rend à tous. Oui, il est de foi, le Saint-Esprit prie pour moi, se fait mendiant pour moi.

« Que veux-je dire par là ? demande saint Augustin. Est-ce que le Saint-Esprit peut gémir, lui qui jouit de la souveraine félicité avec le Père et le Fils? Assurément non. Le Saint-Esprit en lui-même et dans la bienheureuse Trinité ne gémit point; mais il gémit en nous, parce qu'il nous apprend à gémir. Et certes, ce n'est pas peu de chose que le Saint-Esprit nous apprenne à gémir. En nous insinuant à l'oreille du coeur que nous sommes voyageurs dans la vallée des larmes, il nous apprend à soupirer pour l'éternelle patrie, et ce désir produit nos gémissements.

Celui qui est bien, ou plutôt qui se croit bien dans cette terre d'exil, celui qui s'enivre de la joie des sens et qui, nageant dans l'abondance des biens temporels se repaît d'une vaine félicité, celui-là ne fait entendre que la voix du corbeau ; car la voix du corbeau est criarde et non gémissante.

« Au contraire, celui qui sent le fardeau de la vie, qui se voit encore séparé de Dieu et privé de la béatitude infinie qui nous est promise, qu'il possède ai espérance, mais qu'il ne possédera en réalité que le jour, où le Seigneur viendra dans l'éclat de sa gloire, après être venu dans l'humilité; celui qui connaît cela gémit; et, tant qu'iL gémit pour cela,, il gémit bien : c'est le Saint-Esprit qui lui apprend à gémir et à imiter la colombe. Beaucoup, en effet, gémissent lorsqu'ils sont frappés de quelques adversités, ou en proie aux douleurs de la maladie, ou sous les verrous d'une prison, ou dans les chaînes de l'esclavage, ou sur les flots entr'ouverts pour les engloutir, ou dans les embûches dressées par leurs ennemis ; mais ils ne gémissent pas du gémissement de la colombe : ce n'est ni l'amour de Dieu qui les. fait gémir, ni le Saint-Esprit qui gémit en eux. Aussi, quand ils sont délivrés de leurs maux, vous les entendez se réjouir à haute voix : ce qui montre qu'ils sont des corbeaux et non des colombes (3). »



(1) Consolalor ergo ille vel advocatus (utrumque enim interpretatur) quod est graece paracletus, Ghristo abscedente fuerat necessarius. S. Aug., in Joan., tract, cxiv, n° 2. — Exhortator, incitator, impulsor. Cor. a Lap., in Joan., xiv, 15.
(2) Rom., VIII, 26.
(3) Ideo tales c*m ab ipsis pressuris fuerint liberati, exsultant in grandibus vocibus : ubi apparet quod corvi sunt, non columbae. S. Aug., in Joan.t tract, vi, n°2, opp., t. III, 1737.

 
 
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Si vis pacem



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MessagePosté le: Samedi 26 Septembre, 2009 17:51    Sujet du message: Répondre en citant

 
Mgr Gaume, Traité du Saint-Esprit. Paris, 1864, chapitre VIII a écrit:

Il est Exhortateur. Tout le bien, digne de ce nom, qui s'est accompli depuis le commencement du monde, qui s'accomplit encore, qui s'accomplira jusqu'à la consommation des siècles, est dû aux fils du Saint-Esprit, aux citoyens de la Cité du bien. Qui leur en donne le vouloir et le faire? Leur Roi. Sans son secours, nul ne peut même prononcer d'une manière utile pour le ciel le nom du Rédempteur (1). Abel offre généreusement au Seigneur ses agneaux les plus gras. Je vois le sacrifice : où est l'âme qui l'inspire? quel en est l'exhortateur ? Le Roi de la Cité du bien.

Pendant cent ans, Noé brave les railleries de ses contemporains et construit lentement l'arche qui doit sauver l'espèce humaine. Je vois le courage du patriarche, je vois le navire ; quel est le soutien de l'un et l'inspirateur de l'autre? Le Roi de la Cité du bien. Je vois Abraham liant sur le bûcher son fils unique, Isaac, et levant la main pour l'immoler : quel est l’exhortateur et le guide de l'héroïque père des croyants? Le Roi de la Cité du bien. Je vois dans la suite des siècles anciens, les patriarches, les prophètes, les rois et les guerriers d'Israël accomplir mille actions d'éclat, triompher de mille difficultés, affronter sans crainte d'innombrables douleurs : quelle fut l'âme de ces grandes âmes? quel fut leur exhortateur ? Le Roi de la Cité du bien.

Dans les temps nouveaux , demandez aux pêcheurs de Galilée qui les a poussés aux quatre coins du monde, afin de répandre partout, comme des nuées bienfaisantes, les rosées divines de la grâce; qui leur a donné l'intelligence et la force nécessaires pour entreprendre leurs rudes travaux, porter la guerre jusqu'au coeur de la Cité du mal, battre en brèche cette Cité colossale, la démanteler, laminer; et à sa place bâtir la Cité du bien? Quand il faut défendre l'œuvre divine, au prix de tous les sacrifices, quel est l’exhortateur des martyrs et le soutien de leur courage en face des tribunaux, des chevalets, des bûchers et des bêtes de l'amphithéâtre ? Le Roi de la Cité du bien.

Ce qu'il fut pour les apôtres et pour les martyrs, le divin Roi le fut, et il continue de l'être, pour les solitaires, les vierges, les missionnaires, les saints et les fidèles qui, dans toutes les conditions et dans tous les pays, entreprennent chaque jour et conduisent à une heureuse fin, l'œuvre héroïque de leur sanctification et de la sanctification des autres. Comptez, si vous le pouvez, le nombre des bonnes pensées, des résolutions salutaires, des sacrifices d'inclinations, de goûts, d'intérêt, d'humeur, de penchants et de passions qui doivent, pour sauver une âme, remplir une vie de cinquante ans ; calculez-en l'étendue, et vous verrez quel bon, quel infatigable, quel puissant exhortateur est le Saint-Esprit.



(1) Et nemo potest dicere : Dominus Jesus, nisi in Spiritu sancto. I Cor., XII; 3.

 
 
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Si vis pacem



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MessagePosté le: Mardi 29 Septembre, 2009 22:46    Sujet du message: Répondre en citant

 
Mgr Gaume, Traité du Saint-Esprit. Paris, 1864, chapitre VIII a écrit:

Il est Consolateur. Mes bien-aimés, jusqu'ici je vous ai enseignés, dirigés, consolés : voilà pourquoi mon prochain départ vous attriste. Prenez courage, à ma place je vous enverrai un autre Consolateur qui demeurera avec vous, non pas un peu de temps, comme moi, mais toujours. Il vous instruira, vous dirigera, vous consolera dans vos peines, dans vos doutes, dans vos tentations, dans vos luttes incessantes. Tel est le sens des paroles du Verbe incarné, annonçant le Saint-Esprit à ses apôtres, à l'Eglise et à nous-mêmes (1).

Consolateur. Il fallait bien connaître l'humanité, pour donner ce nom au Roi de la Cité du bien. La voyez-vous, cette pauvre humanité, ruine vivante, traversant depuis soixante siècles une terre de misères, trop justement appelée la vallée des larmes; enveloppée de ténèbres, environnée d'ennemis, brisée de travaux, accablée de douleurs, rongée de soucis; laissant aux pierres du chemin les taches de son sang et aux ronces les lambeaux de sa chair; traînant après elle une longue chaîne d'espérances trompées : apercevant dans le lointain, comme dernière perspective, une tombe entr'ouverte avec des mystères de décomposition qu'elle n'ose fixer; et, par delà, les abîmes insondables d'une double éternité? Il faut en convenir, si l'humanité a besoin de quelqu'un, c'est, avant tout, d'un consolateur.

Digne de ce nom vraiment royal, le Roi de la Cité du bien est le consolateur par excellence, Consolator optime. Sa royauté n'a d'autre but que de sécher les larmes de ses sujets, ou de les transformer en perles d'immortalité. Consolateur puissant, ses consolations ne sont pas de vaines paroles qui se brisent à la surface du cœur, mais des soulagements efficaces, des joies intimes. Consolateur universel, pas une souffrance du corps, pas une douleur de l'âme, pas un revers de fortune, pas un doute, pas une perplexité, pas même une faute, pour lesquels il n'ait un remède, une lumière, une espérance.


(1) Joan., XIV, 16. — Ab operatione nomen imponit : reddit enim perturbatione alienos, et incredibile gaudium tribuit; sempiterna enim laetitia in eorum corde versatur, quorum Spiritus Sanctus habitator est. Didym., Lib. de Sp. Sancto. Inter opp. S. Hieron.
 
 
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MessagePosté le: Mercredi 30 Septembre, 2009 21:02    Sujet du message: Répondre en citant

 
Mgr Gaume, Traité du Saint-Esprit. Paris, 1864, chapitre VIII a écrit:

Que l'homme, le peuple, le siècle qui n'a aucune affaire à traiter au tribunal de la justice et de la miséricorde divine, qui n'a besoin ni de lumières pour connaître le bien, ni de courage pour l'entreprendre, ni de persévérance pour l'accomplir, ni de soulagement dans ses misères, ni de consolation dans ses
peines, en un mot, que le néant orgueilleux qui a la prétention de se suffire à lui-même, ou de trouver dans des bras de chair un appui suffisant pour sa faiblesse, dédaigne, oublie l'Avocat divin, l’Exhortateur surnaturel , le Consolateur suprême : nous n'avons rien 'à lui dire. Une profonde pitié, des prières et des larmes, c'est tout ce qui reste à lui donner. Quant à l'homme, au peuple, au siècle qui a la conscience de ses besoins, il trouve au fond de son âme mille motifs, de jour en jour plus pressants, d'invoquer le Saint-Esprit et de vivre sous ses lois.

Tel est, d'après les principaux noms qui le caractérisent, le Roi de la Cité du bien. Si à tant de titres qui lui sont propres, on ajoute ceux qu'il partage avec le Père et le Fils, il nous apparaîtra comme le plus grand, le plus magnifique, le plus sage, le meilleur de tous les monarques ; sa Cité, comme le royaume le plus glorieux, le plus libre, le plus heureux que l'homme puisse rqver; ses sujets, comme une famille de frères, comme une assemblée de dieux, commencés par la grâce, et en voie de devenir des dieux consommés dans la gloire. Si un pareil spectacle vous laisse la force de parler, ce sera pour dire avec le prophète : Cité de mon Dieu, que vous êtes belle! heureux ceux qui vous habitent (1).



(1) Gloriosa dicta sunt de te, civitas Dei... Sicut laetantium omnium habitatio est in te. Ps. LXXXVI, 3, 7.

 
 
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