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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3535 :
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Posté le: Lundi 27 Juillet, 2009 22:57 Sujet du message: Comment le Saint-Esprit habite dans l'âme du chrétien ... |
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Extraits de l'ouvrage : Le Saint-Esprit, sa grâce, ses figures, ses dons, ses fruits et ses béatitudes. du R.P. Friaque, Paris, 1886.
PREMIERE PARTIE : chapitre V
| Citation: | Comment le Saint-Esprit habite dans l'âme du chrétien, et comment il y opère la déification.
Le Saint-Esprit est partout parce qu'il est Dieu, et que Dieu est partout. Il est au ciel, sur la terre et dans les enfers, non-seulement par son regard ou par sa puissance seulement; mais personnellement, véritablement, substantiellement. Rien, absolument rien ne saurait subsister en dehors de lui, soit esprit ou matière, séraphin, soleil ou brin d'herbe.
Ce n'est pas de cette présence naturelle du Saint-Esprit qu'il est question en ce moment.
Il faut distinguer, en effet, quand il s'agit d'opérations spirituelles dans les âmes, deux sortes de présence de l'Esprit-Saint : une présence générale et une présence particulière ou habitation de grâce. Par sa présence générale le Saint-Esprit est également dans les âmes de tous les hommes, quels qu'ils soient, saints ou pécheurs ; mais il n'est, alors, dans les âmes des pécheurs que comme un maître qui, tout en leur conservant l'être et la liberté, les regarde, pour ainsi dire, de loin, et se réserve d'exercer envers eux les droits inaliénables et imprescriptibles de sa justice ou de sa miséricorde. Par sa présence particulière ou son habitation de grâce, au contraire, le Saint-Esprit est et habite dans l'âme du juste comme un père, que dis-je? comme un époux qui l'étreint dans les liens d'une tendre amitié, et lui prodigue, dans cette union intime, avec des caresses indicibles, ses grâces et ses dons magnifiques.
Or, que le Saint-Esprit habite personnellement et substantiellement de cette seconde manière dans les Ames sanctifiées par sa grâce, c'est-à-dire en père, en époux et en ami, il est on ne peut plus facile de le constater. Notre-Seigneur lui-même n'a-t-il pas dit : « Je prierai mon Père, et il vous donnera un autre Consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous ? C'est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le sait pas et qu'il ne le connaît pas. Mais, pour vous, vous le connaîtrez, parce qu'il demeurera avec vous, et qu'il sera en vous (1). » Et le Saint-Esprit n'habite pas seul de cette façon en nous; mais le Père et le Fils y sont avec lui, ainsi que l'assure encore Notre-Seigneur. « Si quelqu'un m'aime, ajoute ce bon Maître, il gardera ma parole; et mon Père l'aimera et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure (2). »
(1) JOAN., XIV,16.
(2) Ibid., 23.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3535 :
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Posté le: Mercredi 29 Juillet, 2009 21:09 Sujet du message: |
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| Citation: | Saint Paul avait sans doute ces divines paroles en vue, et il les entendait certainement d'une véritable habitation d'amitié de Dieu dans l'âme chrétienne, lorsqu'il écrivait dans son Epître aux Romains : «La charité de Dieu a été répandue dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné (1) : » et dans sa première Epître aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous (2) ? » et à son disciple Timothée : « Gardez le bon dépôt avec l'aide du Saint- Esprit qui habite en vous (3) ; » et à Tite : « Dieu nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous avons accomplies, mais à cause de sa miséricorde, par le bain de la régénération et de la rénovation du Saint-Esprit, qu'il a répandu sur nous avec une riche effusion par Jésus-Christ notre Seigneur; afin que, justifiés par sa grâce, nous devinssions les héritiers de la vie éternelle (4). »
Les Pères et les docteurs de l'Eglise ont tous parlé comme le grand apôtre. Le Saint-Esprit opère en nous, disait saint Cyrille, non-seulement par sa grâce, mais par lui-même, nous unissant à sa personne pour nous rendre participants de la nature divine. Ce qui nous dore, pour ainsi parler, de la gloire des enfants de Dieu, ajoutait-il, c'est le Saint-Esprit, qui est substantiellement dans le Fils, et qui est répandu par le Fils en ceux qui se rendent dignes de le recevoir.
Et encore : Si le Saint-Esprit n'était qu'une créature, on ne pourrait pas dire, lorsqu'il vient en nous pour y habiter, que nous devenons participants de la nature divine (5).
Remarquez, disait aussi Didyme, qu'on affirme de nous que nous sommes pleins du Saint-Esprit. Or, il est certain que, ni dans les saintes Ecritures ni dans le langage ordinaire, on ne dira de personne qu'il est plein d'une créature. Jamais, en effet, on n'a dit de quelqu'un qu'il était plein d'un Ange, d'un Trône, d'une Domination. Ce langage ne s'applique qu'à la nature divine habitant en nous.
(1) Rom., V, 5.
(2) 1 Cor., III, 16.
(3) Tim., 1. 14.
(4) Tit., III, 5.
(5) Ces textes de s. Cyrille, et les suivants do Didyme, de saint Athanase et de s. Augustin se trouvent cités in extenso, au milieu de beaucoup d'autres, dans la théo-logie de Pétau. De Trinit., 1. VIII, c. 4 et seqq.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3535 :
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Posté le: Jeudi 30 Juillet, 2009 21:29 Sujet du message: |
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| Citation: | Saint Athanase s'exprime d'une façon non moins claire à cet endroit : « Saint Paul écrit : « Ne savez-vous pas que vous êtes le » temple de Dieu, et que le Saint-Esprit habite en vous? » et saint Jean : « Nous savons que nous demeurons en Dieu, et qu'il demeure lui-même en nous, parce qu'il nous a donné son Esprit. » Or, s'il est établi que le Fils, qui est dans le Père et en qui est le Père, n'est pas une créature, il faut en conclure nécessairement que le Saint-Esprit non plus n'est pas une créature, puisqu'il est dans le Fils et que le Fils est en lui. Il est par conséquent juste aussi de nommer celui qui a reçu le Saint-Esprit temple de Dieu.
Il est avéré dès lors, ajoutait saint Augustin, que le Saint-Esprit vient en nous, non pas seulement par une grâce de visite et d'opération, non tam per gratiam visitationis et operationis; mais par la présence même de sa divine majesté, sed per ipsam praesentiam majestatis. Il y a dans le vase de notre cœur, non pas seulement le parfum, mais la propre substance du beaume sacré. « Dans le bienfait de la grâce qui nous rend agréables à Dieu, on possède donc le Saint-Esprit, conclut avec raison saint Thomas; le Saint-Esprit habite dans l'homme ; et le Saint-Esprit est ainsi donné..., afin que la créature intelligente, non-seulement use du don de la grâce, mais encore jouisse de la personne divine elle-même (1). » «Effectivement, dit de son côté saint Bonaventure, pour jouir de l'objet qui cause la jouissance, il faut que cet objet soit présent à celui qui doit en jouir; il faut par suite, ici, et la présence du Saint-Esprit et celle de son don... D'où l'on est bien obligé de conclure que dans la justification une double charité nous est donnée, l'une créée et l'autre incréée, la première par laquelle nous aimons, et la seconde par laquelle nous sommes aimés (2). » L'amitié parfaite, au reste, tend à unir les amis par une présence réelle lorsque cette présence est possible, et rien n'empêche une pareille présence de s'opérer entre le Saint-Esprit et l'âme qui est dans l'état de grâce.
Le moyen, enfin, de ne pas prendre à la lettre un langage aussi précis, et de ne pas croire que l'Esprit de Dieu, qui est l'Esprit sanctificateur, nous est réellement donné dans la justification, et qu'il habite personnellement et substantiellement en nous ? Il est donc tout-à-fait hors de doute que, comme dans l'ordre purement naturel, le Saint-Esprit est immédiatement présent à notre âme et nous touche à tous les points de notre être; de même dans l'ordre surnaturel, il habite en nous par la grâce d'une présence plus intime, plus affectueuse, plus pénétrante. Terme substantiel de l'amour du Père et du Fils, il veut être personnellement en nous, afin de nous inspirer l'amour dont il est la source, et de nous consommer dans l'unité divine dont il est le lien adorable.
(1)Sum., 1, q. 43, a. 3.
(2) S. Bonav., Compl. Theol.,Vérit. l. 1, c. 9.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3535 :
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Posté le: Vendredi 31 Juillet, 2009 22:57 Sujet du message: |
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| Citation: | Le Saint-Esprit n'habite pas seul dans l'âme sanctifiée par la grâce. Cette habitation particulière lui est attribuée, il est vrai, mais par appropriation. Car l'essence divine étant identiquement la même dans les trois personnes de la sainte Trinité, l'une de ces personnes ne saurait demeurer dans une âme sans s'y trouver avec les deux autres. Il s'agit d'ailleurs, ici, d'une œuvre opérée au-dehors, et toute œuvre de cette nature, on le sait, est commune au Père, au Fils et au Saint-Esprit. C'est pourquoi saint Thomas a pu dire sans restriction que toute la Trinité habite dans l'âme purifiée, tota, Trinitas inhabitat mentem.
Cette habitation particulière et réelle du Saint-Esprit, et, par suite, de toute la Trinité dans l'âme du juste, produit en celle-ci l'empreinte et l'onction de l'Esprit de Dieu même. Transformée et marquée du sceau divin par cette onction spirituelle, l'âme ressemble singulièrement à Dieu, participe à sa vie, et s'avance dans l'ordre surnaturel et divin qui aboutit au ciel, où, comme l'enseigne saint Paul, « contemplant face à face la gloire du Seigneur, nous serons transformés en la même image, de clarté en clarté par l'Esprit de Dieu (1). » D'où il résulte que la grâce et la gloire se ressemblent, ou, plutôt, sont une même chose substantiellement. L'une est comme l'ébauche et l'initiation de l'autre. La grâce et la gloire se rapportent effectivement au même genre, dit saint Thomas ; la grâce n'est autre chose qu'un commencement de la gloire en nous, et la gloire est la perfection ou la consommation de la grâce (2).
Voilà où nous en sommes sur la terre. Par la grâce sanctifiante, que nous devons au Saint-Esprit, nous sommes justes, saints, agréables à Dieu; nous resplendissons d'une beauté surnaturelle et divine, et notre âme transformée jouit d'une vie dont la vie bienheureuse du ciel sera le dernier développement et l'entier épanouissement.
(1) 11 Cor., III, 18.
(2) Sum , 2, 2, q. 4, a. 9, ad. 2.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3535 :
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Posté le: Samedi 01 Août, 2009 22:11 Sujet du message: |
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| Citation: | Et comment s'opère cette transformation, disons mieux, cette déification dans les âmes? Peut-on nous le dire ? Nous est-il permis de le savoir?
Personne ne le saura entièrement en ce monde, Dieu veut le tenir caché, durant le temps de l'épreuve, dans les ombres du mystère de sa grâce. Ce qu'on peut nous apprendre dès à présent est néanmoins fort important, et singulièrement admirable.
On nous dit donc qu'ayant eu le dessein, en nous créant, de nous rapprocher, un jour, de lui, et de nous unir a lui dans les liens intimes de son Esprit-Saint, Dieu a déposé dans la nature de nos âmes des aptitudes capables d'opérations proportionnées à une fin aussi sublime. Par suite de la ressemblance qu'il nous a donnée avec lui-même, en effet. Dieu qui est le suprême intelligible et le principe de toute connaissance intellectuelle, n'est pas étranger à notre nature comme le son, par exemple est étranger à la vue, ou l'esprit pur aux impressions du sens. Nous avons une intelligence vraiment semblable à la sienne pour le connaître, et un cœur vraiment semblable au sien pour l'aimer. Notre intelligence sans doute demeure, malgré cette première ressemblance, trop faible pour le voir naturellement tel qu'il est, de même que l'œil de l'oiseau de nuit est trop faible pour supporter la lumière du jour ; mais enfin nous possédons dans le fond de notre nature, en vertu de notre création, une faculté intellectuelle, qui n'a besoin que d'être perfectionnée par une opération surnaturelle pour devenir capable de contempler le suprême intelligible, Dieu même face à face, comme l'œil du hibou serait capable de soutenir l'éclat du soleil, si son œil était transformé et fortifié à l'égal de celui de l'aigle.
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Laetitia

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Posté le: Dimanche 02 Août, 2009 13:46 Sujet du message: |
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| Citation: | Et comment notre intelligence acquiert-elle le droit à la force qui doit la rendre capable de regarder en face le divin soleil, et de soutenir, sans en être éblouie, la splendeur éclatante de ses rayons ?
Par la grâce du Baptême, répond l'enseignement catholique. A l'instant où l'homme, par la grâce qui lui est conférée dans les eaux du Baptême, est fait enfant de Dieu, le Saint-Esprit surajoute à sa nature, en même temps qu'une qualité très-excellente, un principe de force nouvelle, surhumaine, divine, qui l'élève au-dessus de lui-même et l'introduit dans l'ordre divin. Devenu ainsi Dieu par adoption et par participation, il est aussitôt apte à voir et à aimer Dieu son Père, c'est-à-dire, la lumière pure et l'amour pur qui forment toute l'essence divine. Il pourra voir Dieu, un jour, comme Dieu se voit, dans la propre lumière de Dieu ; il pourra aussi l'aimer, comme il s'aime, dans son propre amour et avec son propre amour. Car, dans le ciel, il n'y a pas, pour Dieu et pour l'homme, deux lumières et deux amours, mais une seule lumière et un seul amour, la lumière et l'amour de Dieu. Dieu en personne est là, tout en tous, lumière, amour, vie, gloire, bonheur.
Est-ce que nous serons, alors, passés en Dieu, ou que Dieu sera passé en nous de telle sorte que nous n'aurons plus d'être ni d'existence distincts de Dieu, et que Dieu et nous ne serons plus qu'un seul être, un seul Dieu ?
Nullement. L'union entre Dieu et nous sera très-intime, très-parfaite ; mais, comme on nous l'a dit, elle demeurera éternellement sans confusion. Notre nature humaine ne sera ni absorbée, ni anéantie, ni endommagée par la nature divine. Nous ne serons point faits consubstantiels à Dieu ; nous ne lui serons pas non plus unis hypostatiquement ; il n'y aura jamais, enfin, entre Dieu et nous, ni unité de nature, ni unité de personne ; mais seulement unité de cœur, d'esprit et de vie.
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Laetitia

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Posté le: Lundi 03 Août, 2009 22:08 Sujet du message: |
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| Citation: | Saint Thomas a trouvé la formule exacte de ce beau mystère d'amour divin. « Ce qui est en Dieu substantiellement, a-t-il dit, est accidentellement dans l'âme de celui qui participe à la divine bonté (1). » C'est-à-dire que l'homme est alors par participation et par grâce ce que Dieu est par nature. Et le docteur angélique emploie, pour s'expliquer, la comparaison du fer mis dans le feu. Le fer laissé à lui-même est un corps froid, sans éclat, sans activité particulière. Le met-on dans le feu, la chaleur du feu le pénètre, l'échauffe, le transforme, et lui communique tellement son éclat et ses propriétés, que, sans rien perdre de sa nature, le fer semble devenu feu et n'être plus qu'une même chose avec le feu. Ainsi dans l'union de Dieu et de l'âme opérée par le Saint-Esprit, Dieu et l'âme sont comme une même chose.
Saint Athanase a eu recours à l'exemple du cachet, pour imiter saint Paul qui, parlant à ceux qui avaient reçu la grâce sanctifiante, leur disait : « Vous avez été marqués du sceau du Saint-Esprit. » Le sceau effectivement imprime sa ressemblance dans la cire, si bien que, tout en demeurant ce qu'elle est, la cire présente fidèlement les traits du sceau qui l'a pressée.
On compare aussi l'effet de la grâce dans les âmes à celui du parfum qui s'insinue dans la substance du vase où on l'a déposé ; et à celui de la lumière qui, en tombant sur un cristal, lui transmet toute sa pureté et tout son éclat.
Toutes ces comparaisons reviennent toujours à dire que la grâce, ou le Saint-Esprit avec la grâce, donne à l'âme une forme divine, afin que Dieu soit la vie de l'âme, comme l'âme est la vie de la chair. Anima vita est carnis, animae vita Deus (2).
(1) Sum., I, 2, IJ. 110, a. 2, ad. 2.
(2) S. Aug., Serm. XIII, de Verb. Domini, c. 6. |
à suivre... |
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3535 :
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Posté le: Mardi 04 Août, 2009 21:44 Sujet du message: |
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| Citation: | Voilà bien l'idée que nous devons nous faire de l'union produite entre Dieu et l'âme par la grâce du Saint-Esprit, et par le Saint-Esprit lui-même ? L'âme unie à Dieu n'est pas seulement enveloppée en Dieu, mais pleine de Dieu, pénétrée jusqu'à la moelle de la lumière et de l'amour de Dieu. Elle a ce qu'a Dieu, et elle est ce qu'est Dieu. Elle conserve toujours, faut-il le redire encore ? sa personnalité et son individualité ; mais dans cette union intime de substance à substance, elle est totalement transformée, surnaturalisée, déifiée. Comme l'a dit saint Thomas, elle a en elle accidentellement ce qui est en Dieu substantiellement.
Tel est le chrétien ; un homme nouveau, régénéré, transformé, déifié. Son âme est devenue comme l'âme de Dieu (1). La Trinité entière, usant de la faculté qu'elle a seule de s'épancher dans l'intérieur des âmes (2), s'épanche en lui avec sa majesté, l'embellit de sa sainteté, et lui communique l'éclat de sa face adorable (3), pour faire de lui son temple (4), son trône (5), son ciel (6), son jardin de délices (7), un Porte-Dieu (8), un Dieu en fleur, Deus in flore (9). Nous n'en saurions douter, dit saint Basile, depuis que le Saint-Esprit habite dans les saints, les saints sont des dieux (10).
Cela est vrai, ajoute saint Thomas, le Saint-Esprit veut habiter personnellement en nous pour nous faire participer réellement à la nature divine, et faire de nous des êtres divins, des dieux (11). Il faut bien que nous soyons des dieux, puisque nous avons été faits enfants de Dieu, conclut saint Augustin. Si filii Dei facti sumus, et dii facti sumus (12). « O mes filles, disait, avec attendrissement sainte Thérèse à ses Sœurs, comme nous aurions toutes l'intelligence de ces grandes choses, si, par notre faute, nous ne nous en rendions indignes (13). »
C'est en présence de ces mêmes grandes choses, que saint Léon a jeté ce cri répété par les échos enthousiastes de quatorze siècles : « Voilà la création la plus merveilleuse ; voilà le don qui surpasse tous les dons. Reconnais, ô chrétien, ta dignité, et, devenu participant de la nature divine, prends garde de ne pas te dégrader par une conduite indigne de ta haute noblesse (14). »
(1) Fit enim anima tune voro quasi anima Dei. S. Aug., in Pe., c. XXII, i.
(2) Deus soins illabitur animae, Sum.t 3, q. 6i, a. I.
(3) Sic enim elucet in nobis character substantiae Dei, S. Cyrill. Alex., in Is., 1, IV, orat. 2.
(4) I Cor., III, 16.
(5) S. Anton, de Padua, Dom. V post Pentecost.
(6) Sancti Deum portant, et cœlum sunt, quia sedes Dei sunt, S. Aug., in Ps c. XXII, 4
(7) Prov., VIII, 31.
(8) S. Ignat., martyr.
(9) Expression fréquemment employée par les Pères de l'Eglise.
(10) S. Bas., Hom. de Spiritu Sancto.
(11) Sum., 1, 2, q. 113, a. 9 10.
(12) S. Aug. in Ps.. XLIX
(13) Chât, int., VIIe dem., ch. II.
(14) Serm. De Nativit.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3535 :
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Posté le: Mercredi 05 Août, 2009 21:40 Sujet du message: |
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| Citation: | Le Père, le Fils et le Saint-Esprit veulent bien habiter en nous ; mais délicats autant qu'ils sont généreux, ils n'imposent à personne leur félicité ; ils nous l'offrent afin que nous soyons volontairement avec eux les artisans de notre divine transformation. « Appliquons-nous donc de tout notre cœur et avec une reconnaissance proportionnée à une telle grâce, à élever en nous un temple à la sainte Trinité, et veillons à nous bien maintenir dans la solidité d'un édifice parfait ; car Dieu n'entrera jamais dans un temple en ruines, et ne demeurera point parmi les décombres (1). »
L'Eucharistie est le moyen par lequel s'opère le plus excellemment l'œuvre si sublime de la transformation surnaturelle des âmes. Le corps et le sang de Notre-Seigneur sont comme le véhicule qui nous porte son Esprit, pour nous rendre participants de sa vie et de ses opérations divines, nous donner la plénitude de sa vie intérieure, et nous faire parvenir à la plénitude de ses dons. Jésus-Christ, en nous les présentant, semble toujours nous dire, comme il disait à saint Augustin : « Je suis la nourriture des grandes âmes; croîs et mange : tu ne me changeras pas en toi, mais c'est toi qui seras changé en moi (2). » Lorsque, en effet, nous participons à l'Eucharistie, nous ne prenons pas seulement cette nourriture divine, mais nous nous consommons avec elle dans l'unité ; car de même que cette chair est unie au Verbe, de même nous sommes unis au Christ par ce pain consacré (3). Il veut être mangé par nous, afin de nous incorporer à lui (4). C'est justement pour cela que l'Eucharistie a dû être instituée (5), et qu'elle est devenue un sacrement nécessaire pour la nourriture de notre âme et même de notre corps, tenant a tout ce qu'il y a de plus intime et de plus mystérieux dans la nature humaine (6),tellement que quiconque ne mange pas la chair et ne boit pas le sang de Jésus-Christ, n'aura point de part ni à sa vie divine, ni à la gloire de sa résurrection (7).
(1) S, Bern., Serm. II, in Dedic. Eccl.
(2) Cibus sum grandium; cresce et manduca ; non tu me mutabis in te, sed tu mutaberis in me. S. Aug., Comfess., lib. VII, c. 10.
(3) S. J. Chrys., in Epist. 1. ad Cor.
(4) Hug. S. Vict., De sacr. alt. myst., l. II, c. 6.
(5) .Sum , 3. q. 73, a. I.
(6) Ventura, Raison philos., t. III, p. 397.
(7) Joan., VI, 40.
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à suivre... |
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3535 :
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Posté le: Jeudi 06 Août, 2009 22:05 Sujet du message: |
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| Citation: | Non, ô mon Dieu, je ne refuserai pas une faveur qui vous introduit en moi, et m'incorpore moi-même à vous pour faire de moi, en quelque sorte, votre consanguin (1), et me rendre capable d'agir dans une sainte égalité avec vous (2). Je m'avancerai humblement mais avec confiance dans la voie que vous m'ouvrez disposé à ne pas m'arrêter avant d'être arrivé au bienheureux terme auquel vous m'appelez avec une charité si bienveillante. J'ai entendu dire à saint Paul, que votre Esprit-Saint est lui-même l'Esprit d'adoption des enfants de Dieu (3); je me livrerai à lui, et le conjurerai de hâter, s'il se peut, ma transformation surnaturelle et mon entière union avec lui et, par lui, avec vous. Venez, ô Esprit-Saint, venez m'embrasser dans votre divine étreinte ; communiquez à mon cœur les divines pulsations du vôtre, et épanchez dans tout mon être les flots de votre Vie éternelle, afin que, sanctifié, déifié et uni à Dieu par cette sorte de transsubstantiation qu'opère en nous la nourriture céleste, je le voie dans sa lumière, je 1 aime avec son amour, je m'enivre des délices de sa maison, et que s'accomplisse en moi le désir de Jésus, sa plus fervente prière, et la consommation de sa chanté en nous : « Comme vous, mon Père, êtes en » moi et moi en vous, qu'ainsi ils soient un en nous. »
(1) Concorporei et consanguinei, S. Cyril, hiéros., Catech., 22.
(2) Ut homo ex aequo agere c*m Deo posset, Tertull.
(3) Rom., Mil, 15.
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Fin du chapitre V.
à suivre : La transformation chrétienne de l'homme et sa ressemblance avec Jésus-Christ. |
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