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Domitille

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Posté le: Samedi 10 Avril, 2010 10:17 Sujet du message: Colette Yver - L'Eglise naissante et la Femme. |
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L'ÉGLISE NAISSANTE ET LA FEMME.
1°- La Révolution chrétienne.
| Citation: | L'Eglise est née à Jérusalem le jour de la Pentecôte dans ce qu'on appelait la Synagogue du Christ.
Les Juifs âpres à l'argent vendent leurs biens et en apportent le prix à la communauté où l'on nourrit pauvres comme riches.
Jacques le Petit, fils de Klopas et de sa femme Marie (donc cousin légal de Jésus puisqu'il semble certain que Klopas, ou Cléophas, était le frère de Joseph), ce Jacques, dit le frère du Sauveur, était l'évêque de cette Eglise naissante. Pierre évangélisait An-tioche, puis Rome ; Paul, l'Asie Mineure et la Grèce jusqu'à Athènes. La secte est encore secrète, mal connue, confondue avec d'autres sectes de pénitents et d'ascètes juifs par des historiens qui la voient du dehors.
Cette secte comprend des femmes aussi bien que des hommes. La Mère de Jésus pendant de longues années, selon une tradition qui semble véridique, présida le collège des apôtres. Son habitation à Jérusalem est authentifiée par saint Jean. « Depuis cette heure le Disciple (lui-même) la prit dans sa main. » (Jean, XIX, 27.) Et par les Actes : « Les apôtres retournèrent (après l'Ascension) à Jérusalem. Ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient d'ordinaire... Tous, d'un commun accord, persévéraient dans la prière avec les femmes et Marie, Mère de Jésus, et avec les frères de Jésus. » (Actes, I, 12, 14.)
A Antioche, à Césarée-de-la-Mer, à Corinthe, à Delphes, en quelques années, l'Eglise s'est étendue. Les femmes souvent comprennent les premières la Bonne Nouvelle. Elles sont bientôt des milliers.
C'est alors qu'on vit cette révolution du premier siècle, celle qui semble la plus inouïe parmi toutes les rénovations diverses qu'apportait le Christianisme.
Le visage de la femme ne fut plus celui que ces Orientaux, ces Grecs, ces Latins contemplaient avec convoitise. Par une réaction magnifique de l'esprit, dans ce premier siècle, l'Eglise en vint à ne plus tenir compte que de la personne morale de la femme, sans relativité sexuelle. Grâce insigne ruisselant sur nos frères de la première heure qui ne virent plus que la chrétienne. Surnaturel parfait de ces temps miraculeux. Mais aussi, conséquence de l'honneur fait par Jésus à la Femme, et illumination soudaine de l'âme religieuse féminine.
Les femmes seront des sœurs. Rien de plus.
« Anus ut matres, juvenculas ut sorores, in omni castitate. » (Timothée, V, 2.)
« Les femmes âgées comme des mères, les jeunes femmes comme des sœurs en toute chasteté. »
Tout le secret de la considération nouvelle de la femme, de la femme fin en soi, sera là.
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à suivre. |
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Domitille

Inscrit le: 03 Aoû 2009 Messages: 1651 :
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Posté le: Dimanche 11 Avril, 2010 14:02 Sujet du message: |
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| Citation: | Et l'on verra les apôtres dans leurs travaux, dans leurs voyages, leurs missions, suivis de compagnes qui ne seront pas des épouses mais de fraternelles auxiliaires. Paul le précise bien en citant l'exemple de Pierre, de Jacques, Simon, Jude, José (ceux qu'on appelait les frères du Seigneur), les apôtres en général ; se citant lui-même, — bien qu'il vînt de déclarer en ces termes qu'il gardait le célibat : « Or je dis à ceux qui ne sont point mariés qu'il leur est avantageux de rester ainsi, comme moi-même. » (Cor., VII, 8.)
Voici le texte de saint Paul :
« N'avons-nous pas le droit de mener avec nous une femme qui soit notre sœur (mulierem sororem), ainsi que les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas ? » (Cor., IX, 5.)
Ce « Céphas » est Pierre, auquel il laisse toujours son nom araméen, tel que l'avait prononcé Jésus.
Et ces premières « Sœurs » auront aussi une mission apostolique qu'explique au IIe siècle Clément d'Alexandrie. Dans les pays grecs où nous avons vu que les femmes ne devaient pas quitter la maison, ni s'aventurer sur les places publiques, celles-là avaient maints prétextes pour pénétrer dans le gynécée et y introduire ainsi l'Evangile. Outre le devoir de veiller à la vie matérielle des apôtres, à leur nourriture, à leurs vêtements qu'elles entretenaient, ces saintes femmes avaient encore celui de prêcher l'Evangile parmi les Grecques païennes.
N'était-ce pas là une révolution considérable dans le sort féminin ? On voyait l'Eglise à peine née, associer à sa mission spirituelle celles que les religions jusqu'ici avaient tenues dans un état si subalterne, et confier un ministère à la créature qui passait surtout pour la proie de l'homme. Très vite, et dès les temps apostoliques, ce ministère s'organisa et les femmes eurent l'honneur de jouer dans l'Eglise un rôle bien défini. Ce rôle fut approprié aux possibilités de leur sexe. Il n'eut rien qui fît sensation dans les sociétés juives, romaines ou grecques. La réforme ne montra pas de ces innovations qui brouillent les valeurs entre le masculin et le féminin. Ces saintes chrétiennes ne choquèrent jamais le bon sens. On ne toucha même pas, tout en reconnaissant à la femme l'égalité spirituelle, à cette hiérarchie de la nature qui subordonne la femme à l'homme. Si ce que les féministes reprochent à l'Eglise est justement cette subordination que saint Paul surtout, mais saint Pierre également ont délicatement maintenue, qu'ils imaginent ce qui serait advenu au cas où l'Eglise, à l'encontre de toutes les sociétés humaines, aurait placé l'autorité entre les mains des femmes aussi bien qu'en celles des hommes !
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à suivre. |
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Domitille

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Posté le: Lundi 12 Avril, 2010 20:36 Sujet du message: |
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| Citation: | | Jamais l'Eglise n'a fait fi d'une supériorité féminine. Elle a écouté les saintes théologiennes et docteurs. Il y eut de grandes abbesses qui jouirent dans l'Eglise du plus grand crédit. Les éducatrices chrétiennes eurent toute sa confiance. Mais elle a toujours, avec une sagesse scrupuleuse tenu la main à ce je ne sais quoi de féminin, d'essentiellement féminin qu'on appelait autrefois du nom assez vague de modestie, qui en dit très long sur la réserve nécessaire aux femmes, nécessaire à la conservation de leur caractère spécifique. |
2° Les Diaconesses.
| Citation: | « Je vous recommande Phœbé, notre sœur qui est diaconesse à l'Eglise de Cenchrée, afin que vous la receviez dans le Seigneur d'une manière digne des saints, et que vous l'assistiez en quoi que ce soit où elle ait besoin de vous, car elle-même en a assisté plusieurs, et moi, entre autres. » C'est dans ces termes que saint Paul présente aux chrétiens de Rome l'une des diaconesses de Corinthe, (Cenchrée était un des deux ports de Corinthe, celui qui se trouvait sur la mer Egée, gros bourg où florissait une communauté chrétienne, avec Lucius comme évêque,) cette Phœbé chargée du document sans prix qu'était l'Épitre aux Romains. Elle allait, pour accomplir sa mission apostolique, affronter dans un bateau léger de l'époque cette Méditerranée si périlleuse au temps de l'équinoxe, et l'on était, d'après les recoupements sur les missions de Paul en février ou mars 58.
Qu'il y eût bien, dès ces temps nouveaux, un collège régulier de femmes exerçant un ministère dans l'Eglise, nous en voyons la preuve dans divers passages de saint Paul. Quand il dit par exemple, venant de parler des vertus nécessaires aux diacres :
— « Que les femmes pareillement — similiter ! — soient pudiques, non médisantes, sobres, fidèles en toutes choses. » (I. Timothée, III, 11.)
Et plus loin :
« Que la veuve inscrite sur les registres n'ait pas moins de soixante ans ; qu'elle n'ait eu qu'un mari. Qu'on rende témoignage de ses bonnes œuvres : si elle a bien élevé ses enfants, exercé l'hospitalité, lavé les pieds des saints, secouru les affligés, accompli toutes les bonnes actions. Mais écarte les jeunes veuves, car après avoir vécu mollement au service du Christ elles voudraient se remarier... Je veux donc que les jeunes se marient, qu'elles aient des enfants, qu'elles soient bonnes mères de famille. » (I. Timothée, V, 9... 14.)
S'adressant à un chrétien de Philippes : — Je prie Evodie et je supplie Syntiche d'avoir les mêmes sentiments dans le Seigneur. Je te prie aussi, toi mon fidèle compagnon, d'accorder ton aide à celles qui ont travaillé avec moi pour l'Evangile, avec Clément et mes autres auxiliaires dont les noms sont dans le livre de vie. (Philip., IV, 2, 3.)
Cette Evodie et cette Syntiche étaient évidemment deux diaconesses ayant entre elles quelque différend, quoique également dévorées de zèle pour la propagation de l'Evangile dans Philippes. On voit avec quelle vénération l'apôtre parle de toutes ces femmes consacrées à Dieu et le cas particulier qu'il en fait.
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à suivre. |
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Domitille

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Posté le: Mardi 13 Avril, 2010 21:34 Sujet du message: |
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| Citation: | Que le corps des diaconesses ait été officiellement reconnu, des documents postérieurs à saint Paul le prouvent encore. On en cite même un qui fut extérieur à l'Eglise puisqu'il nous vient de Pline le Jeune.
Celui-ci écrivait à Trajan, en l'an 111, qu'il avait cru devoir soumettre à la torture deux servantes du Christ honorées du titre de diaconesses.
Un peu plus tard encore, les Constitutions Apostoliques, publiées par Funck (Tome I), fournissent par leurs ordonnances des précisions fort intéressantes sur la hiérarchie et la consécration des ministres féminins du Culte, qui portaient tantôt le nom de veuves, tantôt celui de diaconesses, sans qu'on ait pu définir nettement la différence entre les deux ordres ou leur rapport : rien que leur simultanéité. Saint Paul lui-même ne paraît pas distinguer entre les Viduœ, et les Ministrœ. Au contraire, une ordonnance des Constitutions Apostoliques dit :
« Que les veuves obéissent aux évêques, aux prêtres, aux diacres et, de plus, aux diaconesses ».
Ici donc les veuves seraient considérées comme les auxiliaires des diaconesses.
Voici, d'ailleurs, d'après la même source, le mode de consécration des diaconesses :
« Qu'on prenne comme diaconesse une vierge pure ou du moins une veuve fidèle qui n'ait été mariée qu'une fois. L'évêque, avec l'assistance du prêtre, des diacres et des diaconesses lui imposera les mains. »
Or, il est formellement ajouté un peu plus loin que les veuves, elles, ne reçoivent pas l'imposition des mains.
Ce qui nous importe, c'est moins de savoir classifier ces femmes consacrées aux missions apostoliques et au service de l'Eglise, que de connaître les charges dont elles étaient investies et la valeur du rôle qu'elles jouèrent dans cette primitive Eglise. Or, les fonctions de ces saintes femmes, qui nous sont connues dans le détail, nous instruisent singulièrement sur la confiance que le gouvernement de l'Eglise accordait à celles qui, dans la loi juive et chez les païens, n'avaient été que tolérées dans les temples et dont l'être religieux comptait si peu.
Les diaconesses semblent avoir été établies pour la vie religieuse des femmes, et avant tout en vue de leur baptême.
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à suivre. |
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Domitille

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Posté le: Mercredi 14 Avril, 2010 11:05 Sujet du message: |
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| Citation: | Le baptême était pratiqué par immersion et, dans certains pays, le fut jusqu'aux Ve et VIe siècles.
Après les onctions baptismales faites par l'évêque, qui consacrent à Dieu chacun des sens du chrétien, le néophyte entrait nu dans la piscine et quand il en sortait, le diacre le recevait et l'enveloppait du vêtement blanc des noces de l'Agneau.
L'introduction par ce sacrement dans la vie chrétienne étant le même pour la femme que pour l'homme, le ministère féminin s'imposait lors de l'administration du baptême des chrétiennes. On peut dire avec certitude que l'Ordre des Diaconesses naquit de cette nécessité.
On fut forcé d'avoir recours aux femmes pour cet office, c'est vrai. Mais on ne le fut que parce que l'Eglise ne faisait aucune différence entre l'initiation chrétienne des deux sexes.
D'ailleurs, le baptême ne fut pas la seule prérogative des veuves et des diaconesses. Sait-on qu'elles furent l'origine de nos bonnes et indispensables chaisières modernes ?
Dans les lieux primitifs de réunion des chrétiens, en effet, soit dans une maison particulière comme chez Prisque et Aquila, soit plus tard dans les catacombes comme à Rome, dans les cimetières comme à Carthage (en vertu des lois funéraires qui accordaient toutes libertés à ces champs de repos), il y avait une entrée pour les hommes et une autre pour les femmes, car ils n'étaient pas mélangés. Or, on trouvait une diaconesse à la porte des femmes, comme un diacre à la porte des hommes, pour les placer en ordre.
Non seulement les diaconesses participaient à l'administration du baptême, mais c'était encore à elles que l'on confiait la Sainte Eucharistie, pour qu'elles la portassent aux femmes malades dans ces gynécées dont aucun homme ne pouvait franchir le seuil ; ou bien à ces chrétiennes épouses de païens, qui ne pratiquaient leur foi qu'en grand secret et qui, grâce à leurs sœurs zélées, pouvaient aussi recevoir le corps du Seigneur.
Qu'on se figure la prudence et l'habileté qu'il fallait à ces religieuses primitives, cachant sous leur péplum le pain eucharistique, pour sinuer dans ces voies hostiles où tant de délateurs épiaient à leur mine les membres de la secte condamnée ! Qu'on se figure les risques de leur ministère lorsqu'elles pénétraient aussi, comme coiffeuses ou comme marchandes à la toilette, dans les atriums de quelque officier de César ! Aussitôt à l'abri des regards, elles découvraient le pain consacré et l'offraient à leur sœur en rappelant les paroles de saint Paul : « Que l'homme s'éprouve soi-même, qu'il ne se rende pas coupable de la profanation du corps et du sang de Jésus-Christ ! »
Commerce admirable entre ces premières chrétiennes qui resteront éternellement notre idéal !
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à suivre. |
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Domitille

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Posté le: Jeudi 15 Avril, 2010 20:41 Sujet du message: |
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| Citation: | La plupart du temps d'ailleurs, les diaconesses avaient été les initiatrices des femmes catéchumènes à la foi chrétienne. Car l'enseignement de l'Evangile aux femmes leur était aussi confié pour les mêmes raisons que le soin de les faire communier.
On voit par là ce que la propagation si rapide du Christianisme doit aux femmes et l'on comprend mieux l'émotion qui vibre dans les mots de Paul quand il parle d'une Phœbé, d'une Marie, d'une Evodie, d'une Syntiche « qui ont si bien travaillé pour la Foi ». Elles furent les messagères de la Bonne Nouvelle. Prudentes en ce qui concernait l'Eglise ; imprudentes par rapport à leur propre vie si hasardée ; discrètes quant à la foi; téméraires et hardies sur leur champ de bataille spirituel ; habiles, mais en même temps amies du risque, comme savent l'être les femmes, extrêmes en tout.
C'est encore à cette milice féminine du Christ qu'étaient confiées les visites aux femmes malades. Les diaconesses consolaient celles-ci, leur apportaient les conseils venus de l'Eglise, les nouvelles des missions, le viatique. L'ensevelissement des mortes était encore leur tâche.
Plus tard, on les voit habiter ensemble une maison voisine du lieu de réunion des chrétiens.
Mais bien qu'elles eussent reçu l'ordination des mains de l'évêque, il ne faudrait pas assimiler le rôle de la diaconesse à celui du diacre.
Il est dit dans les Constitutions Apostoliques : « Le sous-diacre, le lecteur, le chantre, la diaconesse sont les serviteurs (ou auxiliaires) du diacre. »
Elles faisaient partie du clergé et, à ce titre, avaient droit aux nourritures bénites, mais non consacrées, appelées eulogies. Les eulogies étaient les restes de pain et de vin qui n'avaient pas reçu les paroles de la consécration pour l'oblation et la célébration des saints mystères, Elles étaient distribuées aux clercs de la façon suivante : Quatre portions à l'évêque ; trois portions au prêtre ; trois au diacre ; deux aux sous-diacre, lecteur, chantre ; une seule portion à la diaconesse.
A l'église, elles communiaient après les diacres, avant les lecteurs.
Le caractère subalterne de ce ministère féminin ne pouvait être mieux marqué.
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à suivre. |
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Domitille

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Posté le: Vendredi 16 Avril, 2010 21:33 Sujet du message: |
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| Citation: | C'est qu'une extrême vigilance depuis le commencement, depuis saint Paul, a toujours combattu toute tendance de ce collège féminin à s'immiscer dans le sacerdoce. L'autorité sainte, ce caractère même du prêtre représentant Jésus-Christ sur la terre, pouvait-il, sans déroger, apparaître sous des traits féminins, alors que par la motion même de la nature, l'apparence de la femme appelle plutôt la protection de l'homme que son obéissance ?
Il n'y a ni dans l'Eglise, ni dans saint Paul de mépris pour la femme — comme on l'a tant répété — à la maintenir dans un rôle dépendant. Et ce n'est pas une injure faire à notre sexe de dire que dans l'Histoire les grandes décisions ne lui ont jamais appartenu et que son tempérament n'est pas de dicter l'ordre.
Nous verrons, en suivant dans le cours des siècles l'administration de l'Eglise, qu'il lui est arrivé de devoir sévir contre le dérèglement que les femmes apportaient par leur ingérance dans les affaires. Ce qui n'ôte rien à la considération que la même Eglise a toujours manifestée pour les femmes agissant et vivant dans le sens de leur nature et de leurs propres supériorités.
Saint Paul qui a donné, nous l'avons vu, de si sûrs gages de son admiration, de sa tendre estime même pour les « Sœurs chrétiennes », merveilleuses abeilles dans la ruche de l'Eglise naissante, qui leur a rendu témoignage dans ses écrits, qui a publié leurs louanges, montrant aussi sans ambages la considération qu'il avait pour les femmes et la valeur insigne qu'il leur reconnaissait, a été inflexible lorsqu'il s'est agi du règlement de leurs attributions et de la barrière nécessaire à leurs prérogatives.
Ecrivant à l'Eglise de Corinthe et prescrivant des règles strictes sur la façon de donner renseignement et d'interpréter les textes dans les réunions des fidèles, afin que tout se passe dans le plus grand ordre, il ajoute :
« Pour les femmes, qu'elles se taisent dans les églises, car il ne leur est pas permis de parler. Mais elles doivent être soumises comme la loi elle-même le dit.
« Si elles veulent apprendre quelque chose, qu'elles interrogent chez elles leurs maris. Car les femmes auraient honte de parler à l'église. Turpe est enim mulieri loqui in ecclesia. (Cor. XIV,
34, 35.)
Chose rare, l'apôtre va même jusqu'à invoquer ici la loi juive ; et il fait allusion dans ce passage au troisième chapitre de la Genèse : « L'Homme dominera sur toi » (Gen. III, 16), de peur que gonflées par l'importance religieuse que leur confère la nouvelle loi, les femmes, aisément vaines, ne s'emparent d'une autorité qui serait contraire au sens commun, à l'ordre et à cette « modestie » qui rehausse cent fois plus les femmes qu'elle ne les abaisse.
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à suivre. |
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Domitille

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Posté le: Samedi 17 Avril, 2010 21:13 Sujet du message: |
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| Citation: | Donc les femmes, même si elles se sentent inspirées par l'Esprit et inclinées à parler sous cette impulsion (qui n'était pas rare en ces temps de grâce), comme les hommes, ce que saint Paul vient de définir par le mot prophétiser, mettront un pavé sur leur langue à l'église, seraient-elles ces diaconesses et ces veuves qui dans le privé catéchisaient leurs sœurs grecques ou juives, et qui nous apparaissent environnées de respect parmi les membres du clergé.
Paul écrivant à son cher disciple Timothée qui est resté à Ephèse, revient encore dans les admonitions qu'il lui adresse, sur ce sujet de la subordination des femmes.
— « Je veux que les hommes prient en tout lieu, levant des mains pures, sans colère ni dispute. Et les femmes pareillement, en vêtements décents, se parant avec pudeur et sobriété et non avec des torsades de cheveux emmêlées d'or et de perles, ou avec des robes précieuses. Mais comme il convient à des femmes faisant profession de piété et de bonnes œuvres.
« Que la femme écoute en silence et avec une entière soumission.
« Car je ne permets pas à la femme d'enseigner ni de dominer sur l'homme, mais qu'elle demeure en silence. » (Tim, II, 8-13.)
Il paraît donc bien évident que Paul avait à cœur de retenir le zèle des femmes et leur ingérance dans le gouvernement ecclésiastique.
Sans doute, car chacun des articles si précis de ses Epîtres est motivé, avait-il quelque raison à cette insistance. Qu'on imagine combien était nouvelle cette ascension de la femme, soit juive, soit païenne à l'importance religieuse, à des fonctions apostoliques telles que celles des diaconesses ou des veuves élues ! Il y avait de quoi griser, non pas les saintes, les Phœbé, les Priscille, les Marie, les Perside, les Syntiche, les Cvodie que l'apôtre tenait en tel honneur et qui n'eussent pas mérité d'être soupçonnées de ridicules vanités, — mais quelques têtes folles comme il s'en trouve dans beaucoup de groupements féminins, qui aspirent à tout régenter.
Et aujourd'hui même, après dix-neuf siècles, il n'y a pas un curé de paroisse qui ne m'entende — ou plutôt, ne comprenne saint Paul.
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à suivre. |
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Domitille

Inscrit le: 03 Aoû 2009 Messages: 1651 :
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Posté le: Dimanche 18 Avril, 2010 21:23 Sujet du message: |
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| Citation: | Eh ! bien malgré les avertissements de saint Paul et les soins de son bon sens sévère à contenir les femmes dans la subordination et à restreindre leur rôle à la mesure des qualités de leur sexe, ces diaconesses ne durent pas cesser d'empiéter sur les attributions sacerdotales, puisque cent ans plus tard il fallut une intervention — si l'on en croit le document suivant attribué (bien légèrement me paraît-il, car il a l'air très postérieur), au pape Soter, dont le pontificat s'étend de l'an 165 à 174.
« Soter, pape, à tous les évêques d'Italie : « Il a été rapporté que les femmes consacrées à Dieu ou des religieuses se permettaient chez vous de toucher les vases sacrés et les saintes palles, et de faire des encensements à l'autel. Qu'une telle pratique soit abusive ou digne de répression, c'est ce qui n'est pas douteux pour un homme sage. En conséquence, et par autorité du Saint-Siège, nous voulons que ces choses soient radicalement supprimées et cela le plus tôt possible ; et de peur que cette peste ne se répande davantage, nous ordonnons qu'elle soit au plus tôt bannie de nos provinces. » (Publié dans le Décret de Gratien, éditeur Friedberg, Leipzig.)
Authentique ou apocryphe, le document n'en indique pas moins la résistance que l'Eglise devait opposer à cette tendance du ministère féminin : s'immiscer dans les cérémonies cultuelles.
Au IVe siècle, l'aimable saint Epiphane, docteur de l'Eglise grecque, à qui les femmes de son temps donnèrent du souci, eut encore à intervenir.
De grandes dames ne s'étaient-elles pas avisées de se réunir pour offrir des gâteaux à la Vierge Marie et les manger ensuite, comme le faisaient, pour Cérès, des dames païennes de leurs amies ; de quoi Epiphane se fâcha car c'était de l'idolâtrie envers Marie qui n'est qu'une créature de Dieu. De plus, précisait-il, les femmes n'ont pas le droit d'être sacrificateurs. C'est un privilège masculin.
« Si les femmes, dit-il d'une façon charmante, avaient été appelées dans l'ordre nouveau du Christianisme, à exercer une fonction sacerdotale ou le ministère canonique, la première que l'on eût vue honorée de cette charge eût été la Vierge Marie. Mais non. Dieu en a disposé autrement en ne leur conférant même pas le pouvoir de donner elles-mêmes le baptême *. Les diaconesses n'y participent que pour la sainte garde de la décence. »
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* Saint Epiphane parle ici de la loi constante de l'Eglise qui restreint aux seuls prêtres le pouvoir de baptiser, en principe. Mais on sait qu'en cas de nécessité tout fidèle, homme ou femme, peut donner le baptême.
à suivre. |
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Domitille

Inscrit le: 03 Aoû 2009 Messages: 1651 :
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Posté le: Lundi 19 Avril, 2010 22:11 Sujet du message: |
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| Citation: | Disons en passant que saint Epiphane, ayant ainsi parlé des diaconesses, ajoute :
« Si l'on appelle « presbutides » celles qui sont plus âgées, il faut se garder de confondre ce nom avec celui de « presbytériennes » qui voudrait dire prêtresses, tandis que presbutides ne désigne que les vieilles, les plus âgées. »
Or ce mot de presbutides, rarement rencontré dans les textes de cette époque, se retrouve dans un Canon du concile de Laodicée qui se tint vers 360. Ce canon 11 décrète ceci :
« Que les soi-disant Presbutides ou Présidentes ne soient pas ordonnées dans l'Eglise. »
Est-ce à dire qu'il n'y aura plus de diaconesses, comme certains l'ont interprété ? Non, et loin de là, puisque nous en voyons jusqu'au VII° siècle et qu'en 692, dans le concile assez célèbre, dit In Trullo, le canon 14 décrète que : « Nulle diaconesse ne doit être ordonnée avant l'âge de quarante ans. »
Ce qui est probable, c'est que le concile de Laodicée estima que l'ordination solennelle dans l'église conférait aux femmes qui la recevaient, une tendance à s'égaler aux clercs et à outrepasser leurs propres prérogatives. Cette opinion s'appuie sur ce que, dans la suite, plusieurs autres conciles ont expressément défendu de pratiquer pour les diaconesses une ordination qui rappelât celle du clergé. Le Concile d'Orange, en 441, le dit expressément : Diaconæ omnimodis non ordinandæ.
***
Il n'en reste pas moins vrai que pendant six cents ans, tant que dura le baptême par immersion, et sans doute quelques années après, l'Eglise, dans son organisation a confié à des femmes un ministère parallèle, sinon identique, à celui des diacres et que l'institution des diaconesses, par rapport à la conception antique des religions touchant la femme, représente une innovation bien significative et considérable.
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à suivre. |
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Domitille

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Posté le: Mercredi 21 Avril, 2010 21:34 Sujet du message: |
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3° Les Vierges.
| Citation: | Mais si l'Ordre des diaconesses a marqué à l'égard de l'âme religieuse des femmes une estime inédite, l'innovation la plus étonnante accomplie dans cet esprit d'estime par l'Eglise naissante, celle qui bouleversa surtout les dispositions païennes et juives, ce fut la glorification de la virginité.
Jusqu'ici, la femme ne rachetait ses faiblesses et ses infériorités que par la maternité. Son seul but était d'enfanter.
Désormais, sa dernière fin sera celle même de l'homme : chercher Dieu, le trouver pour vivre en Lui éternellement. Entre les deux sexes, pas de différence sous ce rapport.
Et la femme sera maîtresse des modalités de sa vie terrestre. Si la vie surnaturelle l'appelle au point de lui faire abdiquer son rôle naturel, libre à elle. On la verra dès cette terre mener une vie céleste — ou y tendre.
Voici en quels termes le grand Paul a instauré dans l'Eglise cette réaction formidable sur la vie matérielle qu'ont été depuis cette époque les vierges chrétiennes ; — et c'est à dessein que je ne dis pas seulement : « sur la vie sensuelle », car il s'agissait moins de vaincre les sens pour les vaincre que d'accéder ici-bas même à la vie céleste et d'exister par l'esprit :
« Quant aux vierges, je n'ai pas de commandements du Seigneur. Mais je donne cependant un conseil comme ayant obtenu miséricorde du Seigneur pour être fidèle. J'estime que c'est avantageux à cause des pressantes nécessités (de la vie matérielle) et qu'il est bon à l'être humain d'être ainsi.
« ...Si une vierge se marie, elle ne pèche pas. Ces personnes auront pourtant tous les embarras et ennuis de la vie charnelle (c'est ainsi que saint Augustin traduit : tribulationem carnis, à savoir tout ce qui empêche de penser à Dieu), et c'est ce que je voudrais vous épargner.
« ...De même une femme non mariée, une vierge pense aux choses du Seigneur, afin d'être sainte de corps et d'esprit. Mais celle qui est mariée pense aux choses du monde et de quelle façon plaire à son mari.
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à suivre. |
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Domitille

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Posté le: Jeudi 22 Avril, 2010 21:23 Sujet du message: |
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| Citation: | « ...Si quelqu'un pense qu'il semble honteux pour lui que sa fille reste vierge (la vieille conception juive et romaine), étant plus qu'adulte et qu'il faut la marier, qu'il fasse comme il voudra ; il ne pèche pas. Que les fiancés se marient.
« Mais si celui qui a fermement résolu dans son cœur, n'ayant aucune nécessité, pleinement maître de sa volonté, a jugé bon dans son cœur de conserver sa fille vierge, il fait bien. » (I Corinth., VII, 25, 37.)
Il est, d'après ce texte, faux de dire que saint Paul ait attaché une honte à l'acte de la génération. Ce n'est pas pour y échapper que tant de jeunes filles chrétiennes se refusèrent au mariage, mais beaucoup plus simplement parce qu'une femme mariée est absorbée par le temporel. Tandis que, dégagée des passions humaines, des soucis du monde, des responsabilités familiales, la vierge, plongée dans une paix complète peut, selon le terme de Y Imitation, vaquer au service de Dieu. Et il ne faut pas aller chercher plus loin le principe des vœux du prêtre catholique.
Bien entendu, ne pas s'attendre, aux premiers temps apostoliques ni pendant les deux premiers siècles, à trouver des couvents de religieuses. La congrégation des vierges ne pouvait s'accommoder du trouble et du secret dans lesquels se propageait le Christianisme. De-ci de-là, dans les familles gagnées au Christ, ou mi-partie chrétiennes et païennes, des jeunes filles se consacraient au Seigneur, et leur nombre allait toujours croissant. Mais si elles se groupaient, ce n'était pas dans une habitation commune.
Au début et sous l'impulsion d'une phrase de l'apôtre : « Ne nous est-il pas permis d'avoir avec nous une femme qui soit notre sœur », beaucoup de ces vierges suivirent les anciens ou prêtres, dans leurs travaux apostoliques. D'autres se vouèrent au service des évêques, des clercs non mariés. Elles cohabitaient avec eux en toute chasteté, sans aucun lien. Elles facilitaient la vie matérielle et rendaient pratiquement possible le célibat de ces hommes isolés qui, sans elles, eussent dû interrompre le service de l'Eglise, pour des questions de cuisine ou d'habillement. Elles recevaient d'eux l'enseignement pur, transmis par ceux qui avaient vu le Sauveur. Ils les mettaient en garde contre les hérésies qui pullulèrent dès le IIe siècle. Ils se soutenaient dans la persécution.
Ces unions mystiques, admirables dans leur essence, furent la fleur de ce printemps de pureté, mais ne pouvaient subsister que dans les forceries surnaturelles que nous apparaissent le premier et le second siècles, l'époque angélique. Elles durèrent ce que durent les roses. Assez longtemps pour laisser au monde une vision nouvelle et inattendue de la Femme. Trop peu pour avoir prouvé l'invincibilité de la nature quand elle défie trop orgueilleusement le danger. Beaucoup de ces unions idéales glissèrent du plan surnaturel pour se retrouver au niveau de tout le monde. Elles étaient très répandues, paraît-il. On en cite en Palestine, à Rome ; en Afrique ; en Gaule. Ce ne pouvait être que le fait sublime et périlleux de quelques êtres élus. Le grand nombre qui voulut y prétendre, y succomba.
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à suivre. |
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Domitille

Inscrit le: 03 Aoû 2009 Messages: 1651 :
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Posté le: Vendredi 23 Avril, 2010 21:36 Sujet du message: |
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| Citation: | Les gens d'Antioche, ironiques et moqueurs, avec leur coutume de donner des sobriquets ne tardèrent pas à stigmatiser ces vierges imprudentes d'un nom qui leur est demeuré ; ils les appelèrent les « Agapètes », c'est-à-dire « Les Chéries ».
Vers le milieu du IIIe siècle, l'Eglise condamna l'institution de ces « mariages spirituels », tombée dans une complète décadence.
Avant de voir l'Eglise organiser la protection du vœu des vierges et avant de quitter complètement les « Agapètes », il nous faut parler encore d'une institution assez obscure, dont l'existence apparaît à la fois indéniable et mystérieuse, sans qu'on soit certain, malgré Eusèbe, de pouvoir la rattacher au Christianisme. Il s'agit des Thérapeutes.
L'historien grec Philon, contemporain de Jésus et Juif d'origine, qui enseignait à Alexandrie, leur aurait consacré un long chapitre dans un livre intitulé La Vie Contemplative et les Suppliants *. On y voit décrite la vie de ces philosophes, comme il les appelle, telle qu'ils la menaient dans les solitudes de l'Egypte. Mais il n'y a pas dans son livre un mot qui rappelle la loi ou le nom du Christ, bien que la « philosophie » de ces ascètes s'accorde absolument, d'autre part, avec la morale évangélique.
Voilà ce que dit des Thérapeutes le traité sur La Vie Contemplative :
« Personne parmi eux ne mange ni ne boit avant le coucher du soleil. Certains sont dans une telle jouissance de contemplation, qu'ils peuvent passer un temps double sans manger. C'est à peine s'ils goûtent aux mets nécessaires tous les six jours. Il y a parmi eux des femmes, mais la plupart sont arrivées à la vieillesse ayant gardé leur virginité.
« La chasteté n'est pas pour elles une contrainte comme pour certaines prêtresses grecques ; elles la conservent par libre choix et parce qu'elles désirent et conservent la sagesse : Le désir d'en vivre leur fait refuser les joies du corps. Elles se perpétuent non par une descendance périssable, mais par des rejetons immortels que l'âme éprise de Dieu peut seulement enfanter.
« Ceux qui s'adonnent à cette philosophie, transfèrent d'abord leur fortune à leurs parents, puis une fois libres de tous les soucis du siècle, ils sortaient des villes, ils allaient habiter des champs à l'écart. Ils étaient persuadés que la compagnie d'hommes différents d'eux-mêmes leur était inutile et nuisible. »
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* Ce livre est venu jusqu'à nous avec les œuvres de Philon mais son attribution à cet auteur paraît erronée.
à suivre. |
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Domitille

Inscrit le: 03 Aoû 2009 Messages: 1651 :
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Posté le: Dimanche 25 Avril, 2010 21:04 Sujet du message: |
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| Citation: | Eusèbe qui vécut, on le sait, du IIIe au IVe siècle, n'a pas fait de doute que les Thérapeutes décrits par Philon ne fussent des premiers chrétiens. Voici les raisons qu'il en donne dans son « histoire ecclésiastique » :
« Dans chaque demeure il y a un oratoire appelé maison religieuse ou monastère. C'est là que les Thérapeutes se retirent pour accomplir les mystères de leur sainte vie. Ils lisent les livres saints et philosophent sur les doctrines de leurs ancêtres. Ils pensent, en effet, que la parole elle-même est le symbole des choses cachées qui se manifeste dans l'allégorie. »
Tout cela est, en effet, singulièrement conforme aux habitudes des premiers chrétiens.
« Qu'est-il besoin, continue Eusèbe, de parler de leurs assemblées dans un même lieu et des occupations des hommes séparées de celles des femmes mais réunies chacune dans un même endroit ? Qu'est-il besoin de rappeler leurs exercices ? Ils sont encore de nos jours en usage parmi nous. Nous nous y adonnons surtout dans le temps de la Passion du Sauveur que nous passons dans le jeûne, les veilles et la méditation des Ecritures. Dans ce que l'auteur dont nous parlons rapporte, nous trouvons exactement les mêmes coutumes que nous seuls observons jusqu'à présent. Il raconte les veillées de la grande fête et les exercices qu'on y pratique. Les hymnes que nous avons l'habitude de chanter. L'un d'eux chante seul en gardant avec soin le rythme ; les autres l'écoutent en silence et ne chantent qu'après lui.
« Philon décrit, en outre, l'ordre de préséance des ministères du culte ecclésiastique. Il dit les fonctions du diacre et la préséance de l'évêque élevé au-dessus de tous. Que Philon ait pensé aux premiers chrétiens et aux institutions établies dès l'origine par les apôtres, c'est ce qui est évident pour tous. »
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à suivre. |
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Domitille

Inscrit le: 03 Aoû 2009 Messages: 1651 :
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Posté le: Lundi 26 Avril, 2010 21:23 Sujet du message: |
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| Citation: | Pourquoi ont-ils pris ce nom de Thérapeutes ? Sans doute parce qu'ils se considéraient vraiment comme les véritables médecins traitants de l'âme humaine.
En tout cas, à cause de cette cohabitation des hommes et des femmes vivant dans une chasteté absolue, il ne se pouvait qu'on ne fît un rapprochement entre les Thérapeutes et les Agapètes. Et les auteurs n'y ont pas manqué.
Mais il faut noter que La Vie Contemplative et les Suppliants est le seul ouvrage attribué à Philon dont l'authenticité soit très douteuse.
Comme Philon, né vingt ans avant Jésus-Christ, avait certainement soixante-dix ans lorsque le Christianisme s'établissait à Alexandrie, et qu'on perd sa trace à partir de l'an 54, s'il est vraiment l'auteur certain du livre, nous sommes obligés de conclure qu'il ne s'agit nullement de chrétiens dans ses Thérapeutes.
Par contre, si l'auteur anonyme de l'ouvrage qu'on attribue au philosophe juif, a vécu postérieurement, il y a des chances qu'il ait confondu avec certaines sectes ésotériques qui pullulaient dans cette Egypte hellénisée, les premières congrégations chrétiennes.
En réalité, cette chronique fixe presque certainement un fait chrétien, et justement l'un de ceux qui illustrèrent davantage le nouveau visage de la femme offert par l'Evangile et consacré par l'Eglise. Désormais, on pouvait considérer la femme en dehors de toute relativité sexuelle. Sa virginité n'était plus un opprobre mais un honneur. Avant d'appartenir à l'homme, elle appartenait à son Créateur. Avant d'être la génitrice elle existait comme personnalité religieuse. Et elle le prouvait en vivant sa vie chrétienne mêlée à ceux qui, naguère, avant l'Evangile, ne l'eussent considérée que comme un chasseur, le gibier.
La faillite de cette gageure des Agapètes ou des Thérapeutes ne prouve pas que la conception chrétienne de la femme fût erronée. La faillite ne prouve que l'audace de la gageure. La gageure échoua par excès d'audace. Mais qu'elle ait été gagée, et sur ce risque, prouve au contraire avec quel fanatisme sévissait au commencement cette conception chrétienne de la femme surnaturelle.
L'erreur avait été seulement d'aller jusqu'à nier la nature et de défier la tentation. Cette erreur procura la leçon d'où naquirent plus tard les monastères féminins et leurs règles strictes.
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