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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3519 :
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Posté le: Dimanche 02 Mai, 2010 20:52 Sujet du message: Le travail |
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Quatrième conférence aux femmes chrétiennes de Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans (publiées par M. l'Abbé F. Lagrange, 1885)
| Citation: | LA FEMME FORTE (suite)
Le travail
J'éprouve aujourd'hui, Mesdames, en montant dans cette chaire, un sentiment de profonde tristesse. Nous nous entretenons ici entre nous et devant Dieu : ce sentiment, je veux donc vous l'exprimer. Il est entré vivement ce matin dans mon âme, comme je relisais dans son ensemble le magnifique passage de l'Écriture que je suis occupé depuis quelque temps à vous expliquer; j'ai été frappé par le contraste qui s'est tout à coup présenté a moi entre l'idéal tracé dans ces pages et ce que j'ai rencontré dans ma longue carrière, même chez des femmes chrétiennes.
Voyant donc, d'une part, ce que l'Esprit de Dieu, la vérité éternelle, a dicté, a écrit, ce que doivent être ces nobles créatures qu'il a créées avec un soin si délicat et pour des destinées si grandes ; et, d'autre part, ce qui se rencontre partout ici-bas, non, je n'ai pu me défendre d'une profonde tristesse. Et je ne parle pas seulement des temps qui ont précédé le christianisme, alors qu'on avait partout le spectacle des abaissements les plus honteux, d'ignominies indicibles, et que Satan semblait être sorti des enfers pour entraîner ces malheureuses créatures dans des abîmes prodigieux, et ruiner, renverser l'œuvre de Dieu ; mais après même que Jésus-Christ eut tout changé, tout transformé, depuis qu'il y a eu sur la terre une Sainte-Vierge, une femme pure et sans tache, par qui toute femme a été relevée : oui, le contraste est douloureux, quand on relit ce portrait de la femme forte, et qu'on regarde la vie d'un trop grand nombre de femmes.
Et pour moi, je l'avoue, lorsque, rentrant en moi-même, et m'interrogeant sur les résultats de mon long ministère de prêtre, je me demande : Qu'aurai-je fait pour ces âmes que j'ai tant aimées, que j'aime encore? je suis forcé de me répondre : Pas autre chose pour beaucoup que les empêcher de se perdre tout à fait ; voilà tout ! Sans doute on rencontre bien quelques vertus, quelques bonnes œuvres ; mais retrouver dans les âmes les desseins de Dieu réalisés, selon leur étendue et leur beauté, mais de grandes âmes, de solides chrétiennes, que c'est rare ! Et c'est alors qu'on redit avec tristesse cette parole de l'Esprit de Dieu : Où trouvera-t-on une femme forte ? forte par la raison, par le cœur, par le caractère, par la volonté ; forte par le travail, par le dévouement; par la vertu enfin, la vraie vertu? Oui, il y a de quoi être triste.
Toutes choses sont difficiles, dit l'Écriture, et parmi les choses difficiles, la grande vertu est bien encore ce qui l'est le plus. N'importe, je ne cesserai, Mesdames, d'en montrer à vos regards les radieux sommets, et de vous crier, avec tout le zèle que m'inspire le dévouement le plus vrai pour vos âmes : Courage, courage, faites effort pour vous élever, avec la grâce de Dieu, jusque-là!
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à suivre... |
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3519 :
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Posté le: Lundi 03 Mai, 2010 15:19 Sujet du message: |
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| Citation: | Eh bien! j'ai à vous signaler aujourd'hui un des traits essentiels de cette vertu, et des plus fortement marqués par l'Esprit-Saint, dans le passage que nous étudions, et dans les versets où nous arrivons maintenant : ce caractère distinctif, émi-nent, de la femme présentée à notre admiration et à notre imitation, c'est, Mesdames, le travail; le travail de toute la vie, de tous les jours, de toutes les heures. Oui, la femme forte est une femme laborieuse, courageuse, vigilante ; qui a l'œil et la main à tout; et dont la vigueur et l'énergie paraissent surtout dans l'éducation de ses enfants, et dans le gouvernement de sa maison et de ses domestiques.
Pour nous en bien convaincre, relisons ensemble, Mesdames, ces remarquables versets :
« Elle a cherché la laine et le lin; et elle fait son plaisir du travail de ses mains.
« Elle se lève lorsqu'il est encore nuit; elle partage la nourriture à toute sa maison, et l'ouvrage a ses servantes.
« Elle a considéré un champ et l'a acheté ; elle a planté une vigne du fruit de ses mains.
« Elle a ceint ses reins de force, et elle a affermi ses bras.
« Elle a goûté, et elle a vu que son travail était bon ; elle veille pendant la nuit : sa lampe ne s'éteindra pas.
« Elle a mis la main aux choses fortes, et ses doigts ont pris le fuseau.
« Elle a considéré les sentiers de sa maison, et elle n'a pas mangé son pain dans l'oisiveté.
« Elle a ouvert sa main aux pauvres, et elle a tendu ses deux mains à l'indigent.
« La grâce est trompeuse et la beauté vaine : la femme qui craint le Seigneur, celle-là seule sera dans la gloire. »
J'ai passé quelques versets, mais vous voyez combien dans ce passage il est question du travail, de l'ordre, des soins et de l'économie domestique. De la force, du conseil, de la piété, de la charité, un mot seulement : c'est le travail, l'occupation sérieuse, utile, qui domine tout. J'aurais voulu, était-ce faiblesse pour tant d'âmes que j'ai aimées, que j'aime encore? que le trait essentiel de la vertu, dans la femme louée par l'Écriture, fût la charité; mais il n'en est pas ainsi. Sans doute, la charité doit tenir une grande place dans la vie d'une femme chrétienne; j'aurai à vous le dire quelque jour avec détail ; mais enfin, vous le voyez, la charité elle-même ne peut suffire et dispenser du travail. La charité est une chose admirable, nécessaire; mais il faut qu'il y ait en même temps dans la vie le travail ; à moins qu'étant, comme cela s'est vu chez quelques grands chrétiens et grandes chrétiennes de ce siècle, l'occupation principale, l'exercice de la charité ne constitue lui-même un travail. Autrement, et si elle n'est qu'un accessoire, un emploi des loisirs consolant, elle ne suffit pas pour que vous soyez la femme forte, la femme célébrée par l'Esprit-Saint.
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à suivre... |
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3519 :
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Posté le: Lundi 03 Mai, 2010 20:36 Sujet du message: |
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| Citation: | Ce contre quoi donc je viens aujourd'hui vous parler et vous mettre en garde, c'est contre la perte du temps, l'inutilité de la vie, le vide des jours; ce que je viens vous recommander de toutes mes forces, c'est l'occupation utile, sérieuse, l'emploi fécond de vos heures ; le travail en un mot. Eh bien! où est-il le travail? Quelle part a-t-il dans votre vie? Quelle est, dans un certain monde, la femme qui travaille? Je ne veux pas être plus sévère qu'il ne convient : je ne prétends pas vous interdire les délassements convenables, et je vous dirai volontiers avec saint Paul : Réjouissez-vous, pourvu que ce soit dans le Seigneur, et chrétiennement; mais n'oubliez pas que la joie n'est point l'essentiel de la vie; l'essentiel, c'est le travail sous toutes ses formes. Le travail est la base, le fondement, sur lequel s'élèveront les autres vertus ; mais si la base manque, l'édifice de votre vertu, quel pourra-t-il être?
Je ne viens pas faire de reproches à vos âmes, qui me sont toutes chères ; je ne les connais pas d'ailleurs, et ne sais pas quelle est à chacune votre vie ; mais je dis à toutes : Examinez-vous bien devant Dieu, et demandez-vous s'il y a vraiment dans votre vie quelque chose qui vous donne un trait de ressemblance avec cette femme forte, dont le trait saillant, la grande vertu, c'est le travail; et je le dis, le travail à chaque jour et à chaque heure de votre vie ; car de chaque jour et de chaque heure vous devrez rendre compte à Dieu. Je ne dis pas que pour une heure, un jour perdus, vous serez condamnées; et je répète que je ne considère pas comme perdues les heures consacrées à un délassement innocent et nécessaire ; mais, hélas! que d'heures données a des futilités, à des inutilités, à des riens! Voilà ce dont Dieu nous demandera compte. N'est-il pas dit dans l'Évangile qu'il nous demandera compte même d'une parole inutile? L'Évangile dit encore que le serviteur inutile sera jeté au feu : il ne dit pas criminel, mais simplement inutile ; dès lors qu'on est un être inutile, on est coupable.
Et, en effet, ces nobles facultés qui sont en vous, cette flamme divine, cette intelligence, ce cœur, cette volonté, cette activité, et même ces dix doigts et ces deux mains, tous ces dons, Dieu vous les a-t-il faits pour qu'ils soient par vous stérilisés, éteints, anéantis? Pensez-vous que Dieu ait voulu, en vous créant, perdre son temps, et que vous le perdiez vous-mêmes aussi? Ce temps qu'il nous donne et qu'il nous mesure, est chose bien précieuse, Mesdames; ce temps, c'est la vie, et la vie nous est donnée pour nous conduire à l'éternité, pour que nous conquérions l'éternité.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3519 :
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Posté le: Mardi 04 Mai, 2010 21:40 Sujet du message: |
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| Citation: | Travailler, c'est-a-dire déployer, utiliser toutes vos puissances, toutes vos facultés, votre intelligence, votre cœur, votre conscience, votre activité, votre volonté ; et j'ajoute, vos mains aussi, car pourquoi resteraient-elles inutiles ? Voyez, Mesdames, je ne saurais trop ramener là votre attention, voyez, dans les paroles que nous étudions, combien l'Esprit-Saint insiste sur ce point; et veuillez bien remarquer que c'est d'une femme riche, opulente, de haute naissance, et dont le mari est constitué en dignités, et est assis dans les conseils de la cité avec les sénateurs de la terre, c'est d'une telle femme que l'Esprit-Saint fait l'étonnant éloge que nous avons vu. Par où est condamnée énergiquement cette délicatesse ridicule de certaines grandes dames qui croiraient déroger en faisant œuvre de leurs dix doigts, et en mettant quelquefois la main aux choses fortes, aux travaux utiles. Il s'agit là d'une reine, qui trace ce portrait à son fils qui était roi, pour lui faire entendre quelles qualités il doit chercher dans la femme qu'il choisira pour sa compagne.
La femme forte est bénie pour le travail de ses mains : quelle femme donc, si haut placée soit-elle, pourrait dédaigner de travailler de ses mains, elle aussi, pour sa maison, pour les pauvres, pour Dieu! Voici, en particulier, un genre de travail que j'ai souvent recommandé, mais, je dois le dire, rarement avec tout le succès que j'aurais voulu : ce sont les soins domestiques, la surveillance de la maison. Mesdames, c'est l'éloge formel, c'est l'honneur de la femme forte; elle s'occupe aussi, vous le voyez, et beaucoup, de ces soins-là.
Eh bien ! j'ai vu dans ma vie bien des jeunes femmes élégantes, mondaines ; lorsque j'approfondissais avec elles les questions les plus graves, j'obtenais souvent beaucoup ; mais quand j'arrivais à la question économique, à la direction du ménage, quand je voulais les voir à la tête de leur maison, sérieusement occupées de leur intérieur, de leurs comptes, de leurs recettes, de leurs dépenses, de leur budget, au courant même des affaires de leur mari, cela leur paraissait impossible. Illusion et mollesse, légèreté et vanité. Je n'ai pas à dire autre chose. Ni le bon sens chrétien, ni la vertu n'est là.
Il est dit dans un autre endroit de l'Écriture, la parole est de Job, patriarche de l'Idumée : L'homme est fait pour travailler, comme l'oiseau pour voler. Nos facultés se développent et se tortillent par l'exercice; elles s'altèrent et dépérissent dans l'inertie. Aussi, ceux qui travaillent ont-ils d'ordinaire la supériorité sur ceux qui ne travaillent pas.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3519 :
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Posté le: Mercredi 05 Mai, 2010 11:13 Sujet du message: |
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| Citation: | Je voyais ces jours derniers, à Paris, un homme célèbre, encore éloigné de la religion, qui a gouverné son pays, et compté dans l'Europe entière, et dont les écrits sont partout ; je le pressais d'être chrétien. « Je ne refuserai pas la lumière, me répondit-il, si Dieu me la donne. » C'est, hélas! l'ordinaire illusion de ceux qui ne servent pas Dieu de croire que Dieu leur manque : j'appris de lui qu'il se levait a cinq heures du matin, et qu'il travaillait jusqu'à midi, et cela chaque jour, invariablement. C'est ainsi qu'il a conquis l'influence qu'il exerce et la renommée dont il jouit. Il est impossible d'être quelque chose sans le travail, et le travail réglé. Mais comment, ainsi qu'il est dit de la femme forte, ainsi que cet homme le pratiquait, se lever avant le jour, si on se couche, comme on fait, si tard dans la nuit? La société française ne sait plus se coucher et se lever aux heures favorables. Je l'ai dit souvent et je le répète : une nation qui se couche à minuit et qui se lève à huit ou dix heures du matin, est une nation en décadence. Et savez-vous ce qui arrive? C'est que les hommes qui se lèvent a cinq heures du matin et travaillent deviennent les maîtres; et ceux qui dorment et ne font rien, déchoient, descendent, s'abaissent quelquefois jusqu'aux plus tristes ignominies. Ce sont là les lois de la nature et de la société, et on ne les changera pas ; et l'Évangile n'a fait que les appliquer à la vie surnaturelle quand il a dit : Faites-vous violence, entrez par la porte étroite : la vertu, le salut, ne sont pas à d'autres conditions.
Il y a là grand sujet de réflexion pour les femmes du monde, dont les journées d'ordinaire sont si peu remplies, dont tout le temps se passe à des occupations qui n'en sont pas : visites, conversations, lectures, absolument futiles, c'est le plus souvent ce qu'on en peut dire de mieux. A un tel et si inutile emploi des heures, de la vie, l'intelligence, le cœur, l'être tout entier s'abaisse et s'anéantit.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3519 :
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Posté le: Mercredi 05 Mai, 2010 21:40 Sujet du message: |
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| Citation: | Et parmi les femmes chrétiennes, laissez-moi, Mesdames, vous le dire, il y en a trop de celles que le monde nomme à tort des dévotes; personnes qui mettent leur piété plus dans l'extérieur que dans le fond de l'âme et de la vie, plus dans les formules que dans les œuvres. Une telle dévotion n'est pas la vraie, elle manque de solidité ; et loin d'être pour l'âme, comme l'est la vraie et solide piété, un heureux développement, d'où résulte une admirable fécondité d'oeuvres et de vie, elle la rétrécit plutôt, ne la féconde en rien, n'empêche pas la vie d'être vide, et ne sauvera pas la femme qui s'annule ainsi des sévérités de l'Évangile contre les serviteurs inutiles. Que dis-je? Avec une telle et si pauvre vie, la piété elle-même n'est pas en sûreté, et si de grandes chutes ne se rencontrent pas, c'est peut-être que l'occasion ne s'est pas présentée. La piété doit tout élever et tout ennoblir dans l'âme. Mais peut-elle être vraiment dans une vie où les pratiques extérieures seraient tout, et le travail de l'âme sur elle-même rien? Non, ni les formules de prières ne peuvent suppléer aux sentiments du cœur; ni les pratiques extérieures de dévotion, surtout les pratiques surérogatoires, aux actes obligés, aux œuvres, aux devoirs.
Mais que les mères surtout veuillent bien méditer ces choses devant Dieu, et comprendre combien ces habitudes de vie molle et paresseuse, ou d'une stérile et futile activité, sont opposées en particulier à ce qui doit être, non pas l'unique, mais le principal travail de leur vie, l'éducation de leurs enfants, de leurs fils et de leurs filles.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3519 :
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Posté le: Jeudi 06 Mai, 2010 21:05 Sujet du message: |
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| Citation: | Eh bien ! vos fils, qu'avez-vous fait pour leur sérieuse éducation? Qu'avez-vous fait pour les empêcher de tomber dans le mal, ou dans l'oisiveté qui conduit à tout mal? Que leur avez-vous appris à faire de leur intelligence et de leur cœur? Il est pour moi un sujet de tristesse, et je vous le confierai. J'en ai peu ici, et c'est là ma consolation; mais enfin j'en ai. Quand je sors à pied, et cela m'arrive souvent, je rencontre dans nos grandes rues trop de jeunes gens qui ne quittent pas les trottoirs; je ne les connais pas, ou à peine; mais à une certaine élégance... vaine et futile, il faut le dire, je les reconnais pour être de la meilleure société orléanaise. Que font-ils? Où iront-ils! Dans quelle vie inutile sont-ils engloutis? Je sais que tout ne vous est pas possible ; mais n'auriez-vous pas pu prévoir et empêcher cette oisiveté? Avec plus de fermeté, n'auriez-vous pas entraîné, dirigé vers un grand but ces jeunes vies si vides, si en dehors de tout bien?
.. Pour vos filles, leur éducation est généralement mieux entendue que celle des garçons, sous le rapport moral d'abord, et aussi sous le rapport intellectuel, à moins que ceux-ci ne soient élevés par quelqu'un de ces maîtres dévoués qui s'appliquent non pas à leur faire faire leurs classes, comme on dit, mais à développer chez eux des goûts d'étude et de travail qui les suivent plus tard. Mais enfin, il y a une chose que l'on remarque, c'est que, la plupart, devenues jeunes femmes, ne font plus rien. Pourquoi? Qu'on dise ce que l'on voudra, cela accuse un vice dans leur éducation. Peut-être n'a-t-on pas été assez à la racine du mal, qui est la mollesse et la vanité; peut-être n'a-t-on pas insisté assez sur ce point capital, l'occupation sérieuse, le travail vrai; peut-être ne leur en a-t-on pas assez fait comprendre le devoir, et donné l'habitude.
Mesdames, sachez-le bien, vous ne pouvez rien faire de mieux pour vos chères filles que de leur inculquer de bonne heure ces habitudes de vie sérieuse, occupée, réglée, d'où l'ordre et le travail chassent la fantaisie, le caprice et la frivolité, et qui préparent pour l'avenir ces femmes dont l'Esprit-Saint fait ce grand éloge : « La femme forte..., elle est comme le vaisseau marchand qui va chercher au loin les choses nécessaires, et loin de s'endormir dans la mollesse, elle se lève dès le matin, et distribue la nourriture et le travail à ses serviteurs et à ses servantes. Sa lampe ne s'éteint pas pendant la nuit; sa main s'attache aux travaux les plus rudes; son époux et ses enfants la comblent de louanges. »
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à suivre... |
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3519 :
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Posté le: Jeudi 06 Mai, 2010 21:06 Sujet du message: |
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| Citation: | Au surplus, pour la pratique de tous ces conseils, je ne vous demande pas une intelligence supérieure, du génie, mais simplement le bon sens, le sérieux chrétien, et une bonne volonté courageuse. En terminant, je serais presque tenté de m'excuser d'avoir été si sévère, si je ne vous devais ces vérités. Je me suis laissé un peu entraîner; et néanmoins je ne ne vous ai rien dit qui ne soit dans l'Écriture ; ma parole en s'y mêlant a pu vous paraître rude : la parole de l'homme, même le plus dévoué, a souvent quelque chose de dur. Toutefois, je demande à celles à qui je parle de voir ce qu'il y a au fond de mon âme; elles n'y verront qu'affection et dévouement pour leurs âmes, dans la vérité. Mais il y a dans la parole même de Dieu, malgré toute son énergie, une douceur, une suavité, qu'on ne trouve que là, et des accents qui retentissent au fond du cœur, avec je ne sais quoi de pressenti à l'avance, comme s'il existait une harmonie préétablie entre la parole de Dieu et l'âme de l'homme.
Quoi qu'il en soit j'espère, Mesdames, qu'il vous restera de cette instruction, pour la direction sérieuse de votre vie et l'emploi fécond de vos journées, une lumière et une impression salutaires. Il faut être bon à quelque chose, il faut être utile ici-bas; c'est le but de la vie, et ce but, il doit être atteint, coûte que coûte, dussiez-vous vous faire la plus grande violence, dussiez-vous briser votre cœur. La vie n'est rien, le bonheur n'est rien, la joie n'est rien ; tout cela passe : il n'y a en définitive de permanent et de vraiment réel que l'éternité et que Dieu. |
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