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Abbé Zins

Inscrit le: 06 Oct 2006 Messages: 14645 :
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Posté le: Vendredi 02 Mars, 2007 21:59 Sujet du message: Divers motifs de l'amour de Dieu |
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Divers motifs de l'amour de Dieu :
| Citation: | « Dieu exige d'être craint en tant que Seigneur, honoré en tant que Père, aimé comme Epoux.
Qu'est-ce qui l'emporte de ces divers devoirs, quel est le plus élevé ?
L'amour, évidemment.
Sans lui la crainte a raison de peine, et l'honneur est sans grâce.
Car la crainte est servile aussi longtemps qu'elle n'est point affranchie par l'amour.
Et l'honneur qui ne vient pas de l'amour n'est point honneur mais adulation.
Et à Dieu seul, l'honneur et la gloire. Mais Dieu n'acceptera ni l'un ni l'autre, s'ils ne sont point confits du miel de l'amour.
Celui-ci suffit par lui-même, plaît par lui-même et pour lui-même.
L'amour est à lui-même son propre mérite, sa propre récompense ; il ne recherche en dehors de lui-même ni cause, ni fruit.
Son fruit est sa mise en exercice.
J'aime, parce que j'aime ; j'aime, afin d'aimer.
C'est une grande chose que l'amour, si toutefois il revient à son principe, s'il retourne à son origine,
si revenu à sa source il y puise sans cesse de quoi s'écouler.
De tous les mouvements, sentiments et opérations de l'âme, l'amour seul est en la créature ce qui peut correspondre,
même si ce n'est point au même degré (ex aequo), au Créateur, ou Lui être rendu comme semblable à ce qu'Il donne. »
(Saint Bernard, Sermon 83 sur le Cantique des cantiques)
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Fulgurator
Inscrit le: 06 Oct 2006 Messages: 133 :
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Posté le: Vendredi 02 Mars, 2007 22:44 Sujet du message: Divers motifs de l'amour envers Dieu |
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Divers motifs de l'amour envers Dieu:
Citons en 5:
1) Dieu est un être infiniment aimable, c'est à dire qu'il réunit en lui tout ce qu'il y a d'aimable et de plus digne d'être aimer: grandeur, beauté, bonté, miséricorde... et cela à un degré sans borne...
Il est donc juste que je l'aime infiniment.
2) Dieu m'a considéré depuis toute éternité: et il m'a aimé depuis toute éternité. Et cela sans aucun mérite de ma part, gratuitement, car il n'y a d'aimable en moi que ce que Dieu y a mis, et de détestable tout ce que le péché y a introduit. Dieu m'a aimé depuis toute éternité, et comme si cela ne suffisait pas, il m'a aimé à un degré infini!
Ce que Dieu m'a donné gratuitement, comment ne lui rendrai-je pas: moi qui lui dois tout!
3) Cet amour il me l'a prouvé en mourant pour moi sur le bois de la Sainte Croix, dans des souffrances attroces!
Si Dieu est mort par amour pour moi, je dois aussi vouloir mourir pour lui... Comme nous devons désirer le martyre!!
4) Dieu dans sa folie (folie de la Croix) porte son amour non seulement à se donner en nourriture à mon âme... Mais aussi à courir après moi lorsque je l'offense, comme il nous le montre par la parabole de la brebis égarée. Si Dieu m'aime y compris lorsque je viens de l'offenser, comment ne l'aimerai-je pas lorsqu'il me fait du bien?
5) Dieu serait prêt à subir une nouvelle Passion, si cela était nécessaire pour éviter l'enfer à une seule âme!!
Oui Dieu nous a aimé... à un point qui est folie pour les païens et scandale pour les juifs. Et nous que faisons-nous pour lui? |
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robert

Inscrit le: 17 Déc 2006 Messages: 1164 :
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Posté le: Vendredi 02 Mars, 2007 23:20 Sujet du message: |
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Remercions le Saint-Esprit qui a inondé d'une très grande lumière surnaturelle notre ami Fulgurator, ce qui lui a permis de faire une entrée... fulgurante sur le fil de la Charité !!...
"La mesure de l'Amour de Dieu que nous devons avoir est de L'aimer sans mesure."(Saint Bernard)
Amitiés en Jésus-Crucifié
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Abbé Zins

Inscrit le: 06 Oct 2006 Messages: 14645 :
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Posté le: Samedi 03 Mars, 2007 11:11 Sujet du message: |
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| Citation: |
« Vous voulez donc apprendre de moi pourquoi et comment Dieu doit être aimé ? Eh bien je vous dis :
la raison d'aimer Dieu, est Dieu Lui-même ;
et la mesure de cet amour, c'est d'aimer sans mesure.
Cette réponse est-elle suffisante ? Sans doute, l'est-elle, mais pour un sage.
Pourtant, comme je me dois aussi à ceux qui n'ont pas encore atteint la sagesse ; à ces paroles suffisantes au sage, il convient que j'en ajoute d'autres pour ceux qui ne le sont pas encore.
C'est pourquoi je ne ferai point de difficulté pour répéter la même chose d'une façon plus étendue et approfondie, en faveur des esprits plus lents.
Je dirai donc qu'il y a un double motif d'aimer Dieu pour Lui-même :
d'abord parce que rien n'est plus juste,
ensuite parce que rien n'est plus fructueux. »
(Saint Bernard, Traité sur l’Amour de Dieu, n° 1)
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Abbé Zins

Inscrit le: 06 Oct 2006 Messages: 14645 :
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Posté le: Samedi 03 Mars, 2007 21:27 Sujet du message: |
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| Citation: | « On peut, en effet, entendre dans un double sens l'interrogation sur le motif pour lequel Dieu doit être aimé :
on peut se demander s'il est plus important d'aimer Dieu en raison de son mérite, ou en raison de notre avantage ?
Je ferai, assurément, la même réponse pour ces deux aspects de la question, puisqu'il m'apparaît clairement qu'
il n'y a pas d'autre motif digne, pour aimer Dieu, que Dieu Lui-même.
Considérons cela d'abord en ce qui concerne le mérite.
Il mérite de recevoir beaucoup de nous, celui qui s'est Lui-même donné à nous sans aucun mérite de notre part.
Que pouvait-Il en effet nous donner de Lui-même qui soit meilleur que Lui-même ?
Si donc, en cherchant le motif d'aimer Dieu, on se demande à quel titre II le mérite, la première raison est qu'Il nous a aimés le premier.
Il mérite, certes, tout à fait, que nous L'aimions en retour, surtout si nous considérons
quel est Celui qui aime, quels sont ceux qu'Il aime, et combien Il les aime.
Quel est, en effet, Celui qui nous aime ?
N'est-ce point Celui dont tout esprit confesse : « Vous êtes mon Dieu, et Vous n'avez nul besoin de mes biens » (Ps.15,2) ?
Telle est la vraie Charité de sa Majesté, qui ne cherche point ses intérêts (I Cor.13,5).
En outre, à qui est offerte une telle pureté (de dilection)?
L'Apôtre répond : « C'est tandis que nous étions encore ses ennemis, que nous avons été réconciliés avec Dieu » (Rom.5,10).
Dieu a donc aimé, et gratuitement ; et des ennemis.
Mais à quel point ?
Saint Jean (3,16) nous dit à quel point : « Dieu a aimé le monde au point de lui donner son Fils Unique » ;
et saint Paul précise : « Il n'a pas épargné son propre Fils, mais Il L'a livré pour nous » (Rom.8,32).
Et ce Fils dit aussi de Lui-même : « Nul ne peut témoigner d'une plus grande charité qu'en donnant sa vie pour ses amis » (Jn.15,13).
Voilà les titres de mérites du Juste pour les impies,
du souverainement Grand pour des infimes,
du Tout-puissant pour de faibles créatures.»
(Saint Bernard, Traité sur l’Amour Amour de Dieu, n° 1)
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Abbé Zins

Inscrit le: 06 Oct 2006 Messages: 14645 :
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Posté le: Dimanche 04 Mars, 2007 17:40 Sujet du message: |
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| Citation: |
« Dieu mérite donc d'être aimé pour Lui-même, et même par l'infidèle qui, s'il ne connaît pas le Christ, se connaît soi-même.
C'est pourquoi tout infidèle est aussi inexcusable, s'il n'aime pas le Seigneur son Dieu de tout son coeur, de toute son âme, et de toute sa force.
Car la justice innée dans son coeur, et non ignorée de sa raison, lui clame qu'il doit aimer de tout lui-même Celui à qui il n'ignore pas tout devoir.
Néanmoins, il est difficile, voire même impossible, que quelqu'un, par ses propres forces ou son libre arbitre, tourne en tout vers la volonté de Dieu ce qu'il a reçu de Dieu ;
et non plutôt le détourne selon sa volonté propre, ne le retienne comme lui étant propre, ainsi qu'il est écrit : « Tous recherchent leurs propres intérêts » (Phil.2, 21) ; « les sens et les pensées de l'homme sont inclinés au mal » (Gen.8,21)..»
(Saint Bernard, Traité sur l’Amour Amour de Dieu, n° 6)
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3539 :
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Posté le: Dimanche 04 Mars, 2007 22:56 Sujet du message: |
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| Abbé Zins a écrit: | Saint Jean (3,16) nous dit à quel point : « Dieu a aimé le monde au point de lui donner son Fils Unique » ;
et saint Paul précise : « Il n'a pas épargné son propre Fils, mais Il L'a livré pour nous » (Rom.8,32).
Et ce Fils dit aussi de Lui-même : « Nul ne peut témoigner d'une plus grande charité qu'en donnant sa vie pour ses amis » (Jn.15,13). |
| Le Père Garrigou-Lagrange, dans son ouvrage Le Sauveur et son amour pour nous, chapître III a écrit: |
L'Amour de Dieu pour son Fils dans le mystère de la Rédemption :
Si exaltatus fuero a terra, omnia traham ad meipsum.
« Quand j'aurai été élevé de terre (sur la croix), j'attirerai tout à moi. »
(JEAN, XII, 32.)
Nous avons vu quel est, selon saint Thomas, le sens exact du dogme de la Rédemption : L'amour du Christ mourant pour nous sur la Croix plaisait plus à Dieu que tous les péchés des hommes réunis ne peuvent lui déplaire.
Pour pénétrer plus intimement dans ce mystère, il nous faut considérer comment il est la manifestation de l'Amour incréé de Dieu pour son Fils et pour nous.
Au premier abord il peut sembler que Dieu le Père se montre cruel pour son Fils en frappant un innocent pour les coupables, comme le disent les protestants libéraux actuels par réaction contre la pensée de Luther et de Calvin. Il peut sembler aussi que Dieu le Père nous aime plus que son Fils, puisqu'il livre son Fils pour nous.
Il n'en est rien. Ce n'est là qu'une vue très inférieure des choses. Ce mystère est incomparablement supérieur.
Dieu a voulu à son Fils la gloire de la Rédemption
Saint Thomas d'Aquin a écrit ces profondes paroles :
«L'amour incréé de Dieu est cause de la bonté de toutes choses, et par suite nul ne serait meilleur qu'un autre s'il n'était plus aimé par Dieu, si Dieu ne lui voulait pas un plus grand bien. — C'est ainsi que Dieu aime le Christ non seulement plus que tout le genre humain, mais plus que toutes les créatures prises ensemble, car il lui a voulu un bien supérieur et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, puisqu'il est Fils de Dieu et vrai Dieu. L'excellence du Christ n'est en rien diminuée par le fait que Dieu l'a livré à la mort pour le salut du genre humain, mais au contraire le Christ est devenu ainsi le vainqueur glorieux (du péché, du démon et de la mort) et tout pouvoir lui a été donné (Isaïe, IX, 9). » |
à suivre... |
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Abbé Zins

Inscrit le: 06 Oct 2006 Messages: 14645 :
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Posté le: Lundi 05 Mars, 2007 11:38 Sujet du message: |
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| Citation: |
« Les fidèles, au contraire, savent clairement combien Jésus, et Jésus crucifié, leur est tout à fait nécessaire, et tandis qu'ils vénèrent en Lui et s'adonnent à la charité qui surpasse toute science, ils ne sont point troublés de donner ce, ou le peu, qu'ils sont, en retour d'une telle dilection et d'une telle marque d'honneur.
D'autant que ceux qui se savent plus aimés, aiment aisément davantage ; tandis que ceux à qui cela est moins donné, aiment moins.
Aussi le juif ou le païen n'est-il nullement incité à l'amour par des aiguillons semblables à ceux que l'Eglise ressent, et qu'Elle exprime en disant : « J'ai été blessée par la charité » (Eccli.27,22), ou encore : « Soutenez-moi avec des fleurs, fortifiez-moi avec des fruits, car je me languis d'amour » (Cant.2,5)...»
« En outre, l'infidèle n'ayant point le Fils, n'a pas non plus le Père ni le Saint-Esprit. Car celui qui n'honore pas le Fils, n'honore pas le Père qui L'a envoyé, ni le Saint-Esprit que Lui-même a envoyé.
C'est pourquoi il n'est point étonnant que celui qui connaît moins, aime moins.
Néanmoins, il n'ignore pas non plus se devoir tout entier à Celui qu'il n'ignore point être l'auteur de tout ce qu'il est et ce qu'il a.
Mais qu'en sera-t-il pour moi, qui sais que Dieu est non seulement l'Auteur de la vie qu'Il m'a conférée gratuitement, mon très généreux Soutien, mon pieux Consolateur, mon Protecteur plein de sollicitude, mais de plus mon très riche Rédempteur, et Celui qui doit me garder, me combler de biens et me glorifier pour l'éternité ? (cf. Ps.129,7 ; 36,18 ; Hb.9,12 ; Lc.6,38 ; I Cor.2,9 ; Phil.3, 21 ; Rom.8,18 ; II Cor.4,17)...»
(Saint Bernard, Traité sur l’Amour Amour de Dieu, n° 7 ; n° 14)
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3539 :
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Posté le: Lundi 05 Mars, 2007 21:54 Sujet du message: |
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| L'abbé Zins a écrit: | Saint Jean (3,16) nous dit à quel point : « Dieu a aimé le monde au point de lui donner son Fils Unique » ;
et saint Paul précise : « Il n'a pas épargné son propre Fils, mais Il L'a livré pour nous » (Rom.8,32).
Et ce Fils dit aussi de Lui-même : « Nul ne peut témoigner d'une plus grande charité qu'en donnant sa vie pour ses amis » (Jn.15,13).
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| Le Père Garrigou-Lagrange a écrit: | Dans son traité de l'Incarnation, saint Thomas développe cette très haute idée, lorsqu'il se demande : Est-ce que Dieu le Père a lui-même livré son Fils à la passion et à la mort ?
Il répond en expliquant les paroles de saint Paul (Rom., VIII, 32) : «, 32) : « Dieu n'a pas épargné son propre Fils, mais il l'a livré à la mort pour nous tous. »
«Dieu le Père, explique saint Thomas, a livré son Fils de trois manières :
Premièrement en voulant de toute éternité ordonner la Passion du Sauveur à la délivrance du genre humain , selon ces mots d'Isaïe, LIII, 6-10 : « Dieu a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous... Il lui a plu de le briser par la souffrance. »
Deuxièmement il l'a livré en lui inspirant la volonté de souffrir pour nous et en lui donnant la plénitude de grâce et de charité (pour qu'elle déborde sur nous). Ainsi le Christ s'est offert très volontairement (pour répondre à sa mission rédemptrice).
Troisièmement Dieu l'a livré en ne le protégeant pas pendant la Passion contre les persécuteurs. En ce sens le Christ sur la Croix a pu dire ces paroles (du psaume XXI, 2) :
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? » c'est-à-dire livré au pouvoir des persécuteurs, comme l'explique saint Augustin, epist. 14o, ad Honorat., c. 10. »
Ce qu'il faut ici considérer, c'est l'amour de Dieu le Père pour son Fils, alors même qu'il le livre pour nous. Il y a là une vérité très haute, qui passe souvent inaperçue à cause de son élévation même et qui doit faire l'objet de la contemplation des âmes réparatrices. |
à suivre... |
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Abbé Zins

Inscrit le: 06 Oct 2006 Messages: 14645 :
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Posté le: Mardi 06 Mars, 2007 12:53 Sujet du message: |
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| Citation: |
« Si donc je me dois tout entier à Dieu pour avoir été créé par Lui, que ne Lui dois-je pas de plus pour m'avoir racheté,
et racheté de telle manière ?
Car je n'ai point été racheté aussi facilement que j'ai été créé.
En effet, tant pour ma création que pour celle de tout ce qui a été fait, il est écrit : « Il dit, et tout fut fait » (Ps. 148,5).
Tandis que pour me restaurer, moi qu'Il a fait en une fois et d'une seule parole, Il a assurément dû parler bien des fois, accomplir bien des merveilles et supporter bien des duretés ; des traitements même pas seulement cruels, mais indignes.
« Qu'offrirai-je donc en retour au Seigneur, pour tout ce qu'Il m'a offert ? » (Ps. 115, 12)
En premier, quand Il m'a créé, Il m'a offert à moi-même, en second lieu II s'est offert à moi ; et quand Il s'est donné (par l'Incarnation et la Passion), Il m'a rendu à moi-même (qui m'étais fait esclave du démon et de mes vices par le péché).
Donné d'abord, puis rendu à moi-même, je me dois donc pour moi, et je me dois deux fois.
Mais qu'offrirai-je en retour à Dieu pour le don de Lui-même ?
Car même si je pouvais m'offrir mille fois, que suis-je, en comparaison de Dieu ?
Voyez selon quelle mesure, ou plutôt que c'est bien sans mesure que Dieu mérite d'être aimé par nous ;
Lui qui nous a aimés le premier, Lui, si grand, nous qui sommes si petits,
qui nous a aimés tels que nous sommes si fortement,
et gratuitement.
Voilà pourquoi j'ai dit, en commençant, que
la mesure dont on doit aimer Dieu, est de L'aimer sans mesure.»
(Saint Bernard, Traité sur l’Amour Amour de Dieu, n° 15)
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3539 :
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Posté le: Mardi 06 Mars, 2007 23:02 Sujet du message: |
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| L'abbé Zins a écrit: | Saint Jean (3,16) nous dit à quel point : « Dieu a aimé le monde au point de lui donner son Fils Unique » ;
et saint Paul précise : « Il n'a pas épargné son propre Fils, mais Il L'a livré pour nous » (Rom.8,32).
Et ce Fils dit aussi de Lui-même : « Nul ne peut témoigner d'une plus grande charité qu'en donnant sa vie pour ses amis » (Jn.15,13). |
| Le Père Garrigou-Lagrange a écrit: | Malgré toutes les apparences, la croix, sur laquelle Jésus paraît vaincu, est le trophée de sa victoire. Jésus a dit :
« Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à moi » (Jean, XII, 32). Dieu le Père, par amour pour son Fils, a voulu de toute éternité pour lui ce douloureux triomphe, cette victoire sur le péché et l'esprit du mal. Mais ceci dépasse nos idées humaines, et à peine trouvons-nous ici-bas un symbole de ces sublimités de l'amour divin.
[...]Après avoir envoyé ses prophètes, dont plusieurs furent mis à mort, Dieu envoya son Fils unique, comme il est dit dans la parabole des vignerons homicides. Dieu le Père envoya son Fils à la mort glorieuse de la Croix pour le salut de l'humanité. Et, comme le dit saint Paul : « Le Christ dit, en entrant dans le monde : Me voici, je viens... vous n'avez pas voulu des holocaustes (de l'ancienne Loi) ; je viens pour faire votre volonté » (Hébr., x, 5-9).
Dieu, par amour, a demandé à son Fils l'amour le plus héroïque.
Il est facile d'aimer son pays lorsqu'il n'en coûte rien. Il est héroïque de l'aimer en restant ferme sous les balles. Il est facile d'aimer Dieu lorsque tout nous y porte. Il est héroïque de l'aimer lorsque tout se retourne contre nous, lorsque les amis nous abandonnent, et lorsque le ciel lui-même semble se fermer pour nous. Or que fut-il demandé au Sauveur ?
L'Amour du bien demande la réparation du mal ; plus il est fort, plus il la demande. L'amour de Dieu pour le bien demande la réparation du péché, qui ravage les âmes, qui les détourne de leur fin dernière, pour les plonger dans la concupiscence de la chair, dans celle des yeux, dans l'orgueil de la vie, finalement dans la mort éternelle.
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à suivre... |
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Abbé Zins

Inscrit le: 06 Oct 2006 Messages: 14645 :
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Posté le: Mercredi 07 Mars, 2007 13:07 Sujet du message: |
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| Citation: |
« Du reste, puisqu'en tendant vers Dieu, la dilection tend vers l'immensité et l'infini, du fait que Dieu est immense et infini, quoi d'autre, je vous le demande, pourrait être le terme et la mesure de notre amour que l'immensité de l'infini ?
Que dire, en outre, du fait que notre amour ne saurait déjà plus pouvoir être accordé gratuitement,
mais qu'il est une dette que nous avons à rendre ?
C'est donc l'Etre immense et éternel qui aime,
c'est la Charité même qui surpasse toute science qui aime,
c'est Dieu, dont la grandeur n'a point de fin,
la sagesse point de mesure et la paix est au-delà de toute compréhension, qui aime,
et nous garderions quelque mesure dans notre amour ? »
(Saint Bernard, Traité sur l’Amour Amour de Dieu, n° 16)
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3539 :
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Posté le: Mercredi 07 Mars, 2007 21:38 Sujet du message: |
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| L'abbé Zins a écrit: | Saint Jean (3,16) nous dit à quel point : « Dieu a aimé le monde au point de lui donner son Fils Unique » ;
et saint Paul précise : « Il n'a pas épargné son propre Fils, mais Il L'a livré pour nous » (Rom.8,32).
Et ce Fils dit aussi de Lui-même : « Nul ne peut témoigner d'une plus grande charité qu'en donnant sa vie pour ses amis » (Jn.15,13).
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| Le Père Garrigou-Lagrange a écrit: | Dieu le Père, nous donnant son Fils pour nous racheter, aurait pu se contenter du moindre acte de charité du Verbe fait chair; car le moindre de ses actes puisait dans la personnalité divine du Verbe une valeur infinie pour satisfaire et pour mériter. Mais nous n'aurions pas compris le désordre profond qu'est le péché, nous le comprenons encore si peu, même après toutes les souffrances qu'a supportées pour nous notre Sauveur.
Dieu le Père n'a pas reculé devant la mort douloureuse de son propre Fils, et il lui a demandé d'expier nos fautes par d'atroces souffrances, de réparer, en les supportant par amour, toutes les voluptés criminelles, de nous montrer par son dénuement absolu toute la honte de la concupiscence des yeux et de l'égoïsme jouisseur, de nous faire sentir par ses humiliations toute la sottise de l'orgueil, et d'effacer par son amour héroïque le désordre des haines qui divisent les individus, les familles, les classes et les peuples.
En allant ainsi jusqu'aux extrêmes exigences de sa Justice, Dieu ne prend certes pas plaisir à punir; il montre au contraire jusqu'où va son amour du bien et sa sainte haine du mal, qui n'est que l'envers de l'amour.
Nul ne peut aimer sincèrement le bien sans détester le mal; nul ne peut aimer la vérité sans détester le mensonge. Dieu ne peut avoir l'amour infini du Bien sans avoir cette sainte haine du mal.
C'est ce qui nous montre que les exigences de la Justice s'identifient avec celles de l'Amour : « L'amour est fort comme la mort, son ardeur est inflexible comme le séjour des trépassés », dit le Cantique des cantiques, VIII, 6.
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à suivre... |
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Abbé Zins

Inscrit le: 06 Oct 2006 Messages: 14645 :
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Posté le: Jeudi 08 Mars, 2007 15:45 Sujet du message: |
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| Saint Vincent Ferrier a écrit: |
« Constatant avec joie vos heureux débuts à bien faire et votre soin particulier à honorer Dieu, je souhaite vous aider à persévérer et à monter plus haut, ou du moins vous en suggérer le désir.
C'est pourquoi je vous proposerai un ensemble de motifs propres à exciter votre coeur à une vie plus parfaite.
Ne croyez pas toutefois pouvoir y atteindre par vos propres forces.
Voici ces motifs :
1. Considérez combien Dieu mérite d'être aimé et honoré à cause de sa bonté, de sa sagesse et de ses autres perfections innombrables et infinies.
En les considérant, vous comprendrez aisément que ce que vous avez fait pour son service et que vous croyez être beaucoup, est en réalité très peu de chose, et même rien, en comparaison de ce qu'il serait juste de faire pour Lui être agréable.
Je place ce motif le premier parce que, avant tout, nos actions doivent avoir en vue l'honneur de Dieu, sa crainte et son amour, Lui seul méritant par Lui-même d'être aimé au-dessus de toute créature.
2. Réfléchissez sur les mépris, les injures, les privations, les douleurs et la très amère Passion que le Fils de Dieu a bien voulu endurer pour vous.
Si vous L'aimez et L'honorez en cette vue, vous verrez combien peu vous avez fait pour Lui jusqu'ici en regard de ce que vous devriez faire pour Lui témoigner votre amour et votre respect.
Ce motif est plus parfait et plus élevé que ceux qui vont suivre, aussi l'ai-je placé au second rang.»
(Traité de la vie spirituelle, ch.14)
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Abbé Zins

Inscrit le: 06 Oct 2006 Messages: 14645 :
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Posté le: Vendredi 09 Mars, 2007 11:50 Sujet du message: |
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| Saint Vincent Ferrier a écrit: |
« 3. Pensez à la pureté de vie et à la perfection à laquelle vous oblige la Loi de Dieu. Elle exige de vous, avec une entière exemption de tout vice et de tout péché, la plénitude des vertus.
C'est en effet ce que demande le précepte d'aimer Dieu de tout son coeur, de tout de son âme et de toutes ses forces. Pensez-y, et vous verrez aussitôt votre faiblesse et la distance qui vous sépare de l'innocence et de la perfection que vous devriez avoir.
4. Rappelez-vous la multitude et la grandeur des bienfaits de Dieu, les faveurs temporelles et spirituelles qu'Il distribue à ses créatures et à vous en particulier, et vous sentirez que tout ce que vous faites ou que vous pourrez faire pour Dieu dans l'avenir, n'est rien en regard des largesses dont Il vous comble avec une générosité et une bonté infinies.
5. Tâchez de pénétrer la sublimité et la noblesse de la récompense et de la gloire promise et préparée à ceux qui glorifient le Seigneur par leurs vertus.
La magnificence de cette gloire sera proportionnée à notre activité vertueuse.
Nos mérites n'ont évidemment aucune proportion avec une si grande gloire, et c'est pourquoi nous désirerons de tout notre coeur de pouvoir faire à l'avenir plus d'oeuvres vertueuses et parfaites que nous n'en avons faites dans le passé.
6. Appliquez-vous à saisir la beauté et la noblesse de la vertu, la dignité qu'elle confère à l'âme qui en est ornée, et par opposition la laideur du péché et la bassesse honteuse du vice.
Et si vous êtes sage, vous ferez tous vos efforts pour acquérir plus de vertus et pour éviter plus soigneusement le vice.
7. Considérez la sublimité et la perfection de la vie des saints, le nombre et l'excellence des vertus qu'ils ont pratiquées.
Quelle différence avec la langueur de notre vie et l'imperfection de nos oeuvres ! »
(Traité de la vie spirituelle, ch.14)
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