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LES ANGES DANS LE MONDE
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Anne-Marie



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MessagePosté le: Dimanche 23 Septembre, 2007 0:07    Sujet du message: Répondre en citant




Première Apparition des Anges dans l'Histoire


LES ANGES DANS LE MONDE


Les anges dans l’histoire.


Citation:

Nous avons envisager les Anges sous des aspects divers. Nous voudrions les considérer maintenant dans l'histoire, voir à travers les siècles leur action ouverte, patente, sur les individus et sur les nations.


L'histoire est la grande institutrice du genre humain. Pourquoi ne nous dirait-elle pas - entre tant d'autres faits - les faits qui se rapportent à nos Anges bien-aimés ?
Disserter sur les Anges, dire ce qu'ils ont fait, rapidement en noter au passage l'application morale, combien n'oseraient nous suivre ? qui donc craindrait la fatigue en nous écoutant ?


Les enfants aiment les contes, les histoires ; les hommes mûrs n'y répugnent pas toujours, le vieillard à cheveux blancs y prend parfois un plaisir extrême. Nous avons écouté les contes et récits de la veillée, souvenirs lointains, jeunes toujours de charme et de poésie ; mais combien meilleure l'histoire, l'histoire vraie, et surtout l'histoire des Anges !


De la veillée - de la veillée lointaine - un souvenir qu'on nous permettra de rappeler.
L'aïeule vénérable, au cours de ses causeries rétrospectives, évoquait l'image de Napoléon.


- Grand'mère, vous l'avez vu ? vous lui avez parlé ? s'exclamaient émus les petits enfants ; grand'mère, il s'est assis là ?

Nous dirons, nous : « Enfants, il nous a parlé, il s'est arrêté, il s'est montré là, l'Ange de Dieu, le messager du Ciel. » Et, sans nul doute, cela vaudra mieux que les souvenirs de l'effrayant génie qui sut, à l'heure marquée par Dieu, maîtriser de sa main puissante la France indomptée et rebelle.

Un instant, nous avons eu la pensée de remonter le cours des siècles, de consigner à chaque siècle quelques traits concernant les saints Anges. Mais, remonter le cours des siècles, ne serait-ce pas aussi laborieux que de remonter le cours des fleuves ? Mieux vaut aller d'abord à la source.

Par nos Livres saints, la Bible, l'histoire commence avec le monde, avant le monde même. Nous irons à l'origine de l'histoire, comme nous irions à la source des fleuves, pour redescendre avec moins de fatigue, nous laissant couler sur le rapide et majestueux courant des âges.

Successivement, nous glanerons, à travers les Livres saints, de nombreuses gerbes, et les meilleures ; ce champ épuisé, l'histoire ecclésiastique nous permettra de glaner encore des gerbes opulentes. heureux serons-nous, si, pour nos lecteurs, relisant la Bible, et l'histoire ecclésiastique, nous leur donnons, s'ils ne l'ont déjà, la pensée de les relire avec nous, et d'y savourer les douces jouissances que nous y prendrons.

Si j'étais né, comme on disait jadis avec amour, je reverrais mon chartrier, je relirais mes parchemins et titres de noblesse, les faits et gestes de mes puissants aïeux. Ne suis, hélas! ne duc, ne comte aussi..., mais, par la grâce du Roi du ciel, devenu, dès le jour de ma naissance, enfant de Dieu et de son Église, j'appartiens à très haute, très ancienne, très illustre famille chrétienne.

Les Anges sont nos cousins, nos frères, j'allais dire nos servants d'armes dans la mêlée de la vie. Volontiers, je rappelle donc et narre à tout venant ces faits glorieux, susceptibles de jeter sur la noble famille chrétienne un nouvel et pur rayon de gloire, les faits et gestes des Anges.


L'Ange Gardien – Mai 1897 – pp.3-5
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Anne-Marie

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Anne-Marie



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MessagePosté le: Dimanche 23 Septembre, 2007 19:28    Sujet du message: Répondre en citant




LES ANGES DANS LE MONDE



Les anges dans l’histoire.

Première Apparition des Anges dans l'Histoire


Citation:
Avant l'espace et le temps, avant les univers et les mondes, avant les étoiles et les soleils, Dieu était. Il était Celui qui est, Il était dans l'unité de son essence et la Trinité de ses personnes, Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, par un mystère ineffable, un seul Dieu.

Et Dieu se suffisait à Lui-même, dans cet isolement qui effraie notre imagination. Et rien ne pouvait ajouter à sa satisfaction, à sa gloire intérieures.

Dieu voulut cependant produire une oeuvre extérieure. Il créa le ciel et la terre, dit l'Écriture.


Le ciel d'abord. Pur esprit Lui-même, Il veut créer « de purs esprits comme Lui, comme Lui vivant d'intelligence et d'amour, qui le connaissent et l'aiment comme Il se connaît et s'aime Lui-même, qui, comme Lui, soient bienheureux en le connaissant et l'aimant, comme Il est heureux en se connaissant et s'aimant Lui-même. »


Ce furent les Anges. Innombrables ils étaient. Le Prophète de Dieu en a vu des milliers et des milliers de milliers. Ils avaient reçu - sublimes prérogatives - Intelligence et Liberté.

Liberté ! noble don, mais combien dangereux ! source du mérite, mais périlleux écueil ou beaucoup devaient sombrer.

Comment se fit ce naufrage ? Saint Jean nous le dit dans l'Apocalypse.

« Et un grand prodige parut dans le ciel. C'était une femme revêtue de soleil, elle avait la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête. Elle portait un enfant dans son sein…

Et un autre signe parut dans le ciel. C'était un énorme dragon de couleur rousse, ayant sept têtes, dix cornes et un diadème à chaque tête. Et il entraîna avec sa queue le tiers des étoiles du ciel, et il les jeta sur la terre, et ce dragon s'arrêta devant la femme… et il voulait dévorer son fils. »




L'Ange Gardien – Mai 1897 – pp.3-5

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MessagePosté le: Lundi 24 Septembre, 2007 0:06    Sujet du message: Répondre en citant




LES ANGES DANS LE MONDE

Les anges dans l’histoire.



Citation:
Cette femme qui paraît dans le ciel, c'est la douce Vierge Marie ; son fils, c'est Jésus, Fils de Dieu, Dieu fait homme.

Unie à la nature divine, la nature humaine devient supérieure à la nature angélique.


Les Anges doivent s'incliner devant l'Homme-Dieu, même courber leur front devant la femme, la mère de Dieu fait homme. C'en est trop. Lucifer, l'ange lumière, se révolta à cette pensée. Il ne s'inclinera ni devant la femme, ni devant le fils, ce fils fût-il l'Homme-Dieu, Dieu lui-même. Non serviam !

Dans sa révolte, il entraîne des légions d'anges. Il aurait voulu anéantir la Vierge mère, et son fils. Vains projets !

L'ange est devenu démon. Il est le dragon – le dragon de couleur rousse – dévoré par la flamme honteuse des vices ; il a sept têtes, emblèmes des passions coupables. Il entraîne avec lui le tiers des Anges dont il est le chef, et il les entraîne avec sa queue, la plus vile partie de son être, comme une marque de leur commune déchéance.

Et il se fait un grand combat dans le ciel, Michaël et ses Anges combattent contre le dragon. Le dragon et ses anges combattent aussi, mais ils succombent, ils disparaissent tous sans qu'il leur reste une seule place dans le ciel. Ils sont précipités dans les gouffres de la terre.

Et une voix se fait entendre : « Voici le salut maintenant, voici la vertu et le règne de notre Dieu et la puissance de son Christ. Il est terrassé le calomniateur de ses frères. Et nos frères ont remporté la victoire par le sang de l'Agneau, par la parole de leur témoignage… »

Tels, et pour la première fois dans l'histoire – l'histoire avant le temps – nous apparaissent les Anges.

La sélection s'est opérée. Confirmés en grâce, les Anges fidèles ne craignent plus la déchéance ; tandis que rivés désormais au mal, Satan et ses complices ont pour partage les éternels supplices. A toute époque, de nos jours plus que jamais, de belles intelligences se laissent obscurcir par les fumées de l'orgueil. Dieu leur fit de ses dons une part bien large. S'ils reconnaissent Dieu ; au besoin, s'ils s'inclinent devant Lui, sinon dans la prière, du moins dans un froid respect, leur orgueil ne veut pas en admettre davantage. Une Vierge a paru dans le monde, elle a enfanté, toujours vierge. Son fils est Dieu, Dieu et homme ; et il a connu l'humiliation, ce Dieu fait homme !

Insanités, absurdités ! disent-ils. Leur intelligence n'a pas compris, leur orgueil plane trop haut pour reconnaître un Dieu dans de tels abaissements ; ils ne s'inclinent pas devant Jésus pour affirmer sa divinité ; ils ne s'inclinent pas devant Marie, pour la prier et la bénir. Tout cela, bon pour de petits esprits, de ces petits esprits, qui dans notre France, s'appellent Charlemagne ou saint Bernard, Bossuet ou Condé, Lacordaire ou Napoléon…

N'imitons pas ces intelligences dévoyées. Avec les vrais grands hommes de tous les temps, de tous les pays, depuis dix-huit siècles au moins, inclinons-nous devant Jésus ; adorons-le dans les humiliations de son humanité, dans les abaissements plus profonds de sa vie eucharistique, honorons et prions la Mère en adorant le Fils. Ce n'est pas pour nous rapetisser. Non certes, car l'homme, selon la pensée de Louis Veuillot, n'est jamais si grand que lorsqu'il tombe à genoux.




L'Ange Gardien – Juin 1897 – pp.39-43
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MessagePosté le: Lundi 24 Septembre, 2007 17:45    Sujet du message: Répondre en citant

Première Apparition des Anges dans l'Histoire

LES ANGES DANS LE MONDE



Les Anges et la Création

Citation:
Au sein du vide chaos, de l'immobile éternité, Dieu a jeté son Verbe : et soudain la création a jailli.
Dans l'espace immense, la lumière a bondi en reflets étincelants ; les sphères, les mondes, les univers ont paru. Les eaux se sont séparées, s'élevant vers les cieux ou se condensant vers la terre, qui prend sa forme, une forme vague d'abord, bientôt plus distincte.

A la face de cette terre, les eaux se rapprochent, se resserrent. L'élément liquide se sépare de l'élément aride. Peu à peu, se révèlent, se montrent, s'accusent davantage les reliefs du sol, ses lignes harmonieuses, montagnes et collines, fleuves et rivières. Le Seigneur dessine pour l'avenir – éternel présent pour lui – les limites des empires et des royaumes.

Créés d'abord, les Anges sans doute ont assisté à cette œuvre divine, à ces grandioses transformations. Alors, ce semble, a commencé leur rôle dans cette création. Ils ont été préposés à la garde des parties diverses de ces mondes sortis du chaos, à la parole de Dieu.

Ce que nous disons là n'est pas imagination ou rêve de poète. Les docteurs de l'Église soutiennent cette interprétation, et l'Église ne la désapprouve pas.
Tous les êtres corporels sont gouvernés par les Anges, a pu dire saint Thomas, l'Ange de l'école. Toute chose visible en ce monde est soumise à un pouvoir angélique, avait dit déjà saint Augustin. Et l'Apocalypse, avant eux, nous avait parlé de l'Ange qui domine sur le feu, de l'Ange encore qui a pouvoir sur les eaux. Est-il téméraire après cela de croire que cette terre mobile sous nos pas, que ces mondes voyageurs sur nos têtes, que ces astres soudain allumés dans la nuit, obéissent à la poussée mystérieuse de l'Ange à qui Dieu les confia dès leur origine ?

Cette opinion ne supprime pas les lois de la nature ; mais ces lois aveugles dirigées par une intelligence angélique, sous le vaste regard de Dieu qui à la fois embrasse tout, nous paraissent avoir un tout autre intérêt et revêtir une autre grandeur.

D'instinct, l'homme est porté à voir là autre chose qu'une force inconsciente. Il y voit une intelligence générale, il y voit aussi des intelligences particulières.
Ça a été peut-être l'origine de la mythologie antique.
L'idolâtrie, oubliant l'intelligence suprême, gardait sous des appellations diverses, les intelligences particulières. Le soleil devenait le brillant Apollon, la lune, la blonde Phœbé. Je fais grâce des autres.


Toute erreur n'est qu'une déviation de la vérité, et l'erreur s'agrandit avec le temps comme s'écarte davantage, à mesure qu'elle se poursuit, toute déviation faite à la ligne directe.
A qui nous reprocherait encore – le reproche vieillit – de manquer de merveilleux chrétien, d'ôter sa poésie à cette nature que les anciens animaient de leurs dieux et de leurs déesses, nous pourrions répondre que nous l'avons gardée, cette nature, dans toute sa vérité, sans rien lui enlever de son originale et poétique beauté.


Il n'est pas téméraire de croire que les Anges sont préposés à la garde, à la direction des mondes. C'est le sentiment commun des Pères. « Royaumes et nations sont sous la domination des Anges », dit saint Epiphane. Peuples et cités sont partagés comme des gouvernements entre les Anges, dit Clément d'Alexandrie. Daniel nous cite l'Ange des Perses et des Grecs.

Au moment où Dieu par ses montagnes, ses fleuves, ses océans, dessinait les futures limites des empires, a-t-il donné à ses Anges attentifs, étonnés, la tâche qui incombait à chacun d'eux sur ces empires et royaumes ? nous ne saurions l'affirmer. Toutefois, rien ne nous défend de pencher pour cette affirmative.

Pour ce qui concerne notre bien-aimée patrie, il nous est doux de penser qu'à l'heure où émergeaient les Alpes, les Pyrénées, les Cévennes ; à l'heure où l'Océan se retirait lentement des campagnes normandes, des landes bretonnes, l'Archange Michaël, debout sur le mont tombe, marquait la place où s'élèverait le sanctuaire de saint Michel au péril de la mer, vrai palladium français. En outre, là-bas vers l'Est, aux premiers soleils irisant les plateaux de Lorraine, ce même Archange devait contempler le lieu où il dirait un jour à une aimable enfant, à Jeanne d'Arc, la parole qui sauve la patrie expirante : Fille de Dieu, va, va faire cesser la grande pitié qui est au royaume de France.

Et cette pensée, encore une fois, nous est, en nos tristesses, joie et réconfort, car ce qui fut jadis nous fait espérer ce qui sera peut-être dans un avenir prochain, l'intervention visible de l'Ange de la France.


L'Ange Gardien – Juillet 1897 – pp.75-77
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Anne-Marie

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MessagePosté le: Mardi 25 Septembre, 2007 0:05    Sujet du message: Répondre en citant




Première Apparition des Anges dans l'Histoire





LES ANGES DANS LE MONDE




Les Anges et nos premiers parents


Citation:
La terre est sortie des mains du Créateur. Et le Créateur contemplant son oeuvre, se rend le témoignage que cette oeuvre est bonne.

La terre préparée pour le recevoir, l'homme à son tour sortira - œuvre plus parfaite encore - des mains du même Ouvrier divin. A peine créé, l'homme est placé maître et roi de la création, au sein du Paradis terrestre. A l'exception du fruit de la Science du Bien et du Mal, tout, dans ce lieu de délices, est livré à son entière discrétion ; les animaux mêmes, dociles à sa voix, comparaissent en sa présence pour recevoir un nom en harmonie avec leur nature. Nul bonheur cependant n'est complet, s'il n'est partagé avec un semblable. Et Adam est seul.

Cet isolement ne dure pas longtemps. Dieu lui donne une aide semblable à lui, la femme, la « chair de sa chair et les os de ses os ».

Qui nous dira les premières impressions de ces deux êtres créés pour s'aimer dans la pureté et l'innocence, la suave et douce harmonie de la chair et de l'esprit ? Qui nous dira les charmes de ce premier bonheur, leur étonnement, leur joie naïve à l'éveil du néant, devant le trésor de beauté, de lumière, de magnificence étalé sous leur regard.

Dans le Paradis perdu, Milton l'a tenté. Son étonnant génie est demeuré au-dessous de cette tâche immense. De la lecture de son œuvre, nous évoquons volontiers le souvenir d'Adam et d'Eve, au sein de l'Eden, prolongeant leurs entretiens avec les Anges des Cieux. Tout est-il, dans ces tableaux, imagination pure ? Nous ne le pensons pas.

Le génie des poètes a parfois de ces illuminations soudaines qui, mieux que la froide raison, devinent, découvrent des réalités insondées.

Pourquoi n'en serait-il point ainsi dans le cas présent ? Près de nous, invisibles à nos yeux, les Anges veillent, sourient à nos bonnes actions, s'attristent de nos fautes, nous aident, nous encouragent. Nous vivons, nous nous mouvons au sein de Dieu, dit l'Apôtre, nous vivons, nous agissons parmi la foule impalpable des Anges.

Adam et Ève, au paradis terrestre, auraient-ils, moins favorisés que nous, été privés de cette compagnie, de ce voisinage agréable et consolant ? Non, sans doute. Comme ils sont à nos côtés, les Anges étaient à côté d'Adam et d'Ève. Seulement plus heureux que leurs fils, Adam et Ève, dans l'état d'innocence, de leurs yeux de chair devaient voir les Anges.
Si nous ne voyons pas ces esprits bienheureux, nous, les fils déchus, c'est que toute chair étant corrompue a mis un voile épais pur nos yeux. Ce voile de corruption, Adam et Eve ne le connaissaient pas au Paradis terrestre ; ils avaient le cœur pur qui voit Dieu, qui voit les Anges.


Sans contredire aucunement le dogme catholique, n'est-il pas permis de penser qu'avant la chute originelle, les corps de nos premiers parents, sans avoir la subtilité des corps glorieux, ressuscités, avaient du moins une perfection compatible avec l'exercice habituel des visions angéliques ?


Est-il d'ailleurs nécessaire de recourir à cette explication ? Dieu, qui plus tard enverra avec tant de fréquence à l'homme tombé, aux patriarches, aux prophètes, ses Anges, messagers visibles, parlant, agissant, Dieu, dis-je, d'abord plus avare de ces manifestations, aurait-il, au paradis terrestre, privé Adam et Ève de cet incontestable élément de bonheur ?

A nos premiers parents, l'Ange serait-il apparu la première fois sons l'aspect terrifiant du chérubin au glaive de feu, défendant le seuil à peine fermé de l'Eden perdu ? Arrière, arrière cette pensée !

Même avec les poètes, mes chers lecteurs, et malgré certains esprits maussades, vous suivrez des yeux de l'imagination, des yeux du cœur, sous les frais ombrages de l'Eden qu'irise le jeune soleil, que pénètrent les premiers rayons de la lune mystérieuse, aux rives murmurantes des fleuves paradisiaques, les Anges des Cieux : Michel, Gabriel, Raphaël, près de nos premiers parents, conversant avec la condescendance de grands frères toujours écoutés, leur disant les merveilles d'un autre paradis, où luit, inaccessible lumière, le Soleil de Justice ; où plane, plus que la lune sereine, la Sagesse incréée. Vous rêverez peut-être en vos nuits tranquilles, de ces Anges radieux. Que nul ne vous éveille alors pour vous rendre à la décevante réalité ; mais plutôt que le Seigneur longuement prolonge et souvent renouvelle, à 1'exclusion de tous autres, ces rêves si doux, si purs, si délicieux.

L'âme semble entr'ouvrir alors un coin du ciel !


L'Ange Gardien – Août 1897 – pp. 111-113
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MessagePosté le: Mardi 25 Septembre, 2007 14:27    Sujet du message: Répondre en citant



Première Apparition des Anges dans l'Histoire

LES ANGES DANS LE MONDE





Les Anges et la chute de nos premiers parents

Citation:
Le bonheur ici-bas fut toujours une fleur éphémère. Nos premiers parents ne virent pas fleurir longtemps la fleur exquise et parfumée. Par leur désobéissance, le péché entra dans le monde, le malheur aussi.

Il n'est plus de Paradis sur terre. La première mission des Anges auprès de l'homme est terminée ; ils ne l'accompagneront plus aux doux sentiers de l'Eden ; ils se sont voilé la face devant leur chute, leur prévarication.

Adam et Ève, chassés du Paradis terrestre, ne pourront prolonger leurs jours avec les fruits de l'arbre de vie, la mort les a marqués déjà de son sceau, et par la mort, ils retourneront à la terre d'où ils ont été tirés.

Toutefois, avec la malédiction, un gage d'espérance et de salut leur est annoncé. Une nouvelle Ève est promise au monde pour réparer avec usure la faute de la première Ève coupable. Les Anges sans doute ont écouté, attentifs, ces mystérieux colloques d'un Dieu irrité mais miséricordieux avec la créature coupable mais repentante, et ils doivent connaître quelle part leur est réservée dans le futur accomplissement de la parole sacrée. L'archange Gabriel attend désormais avec impatience l'heure qui sonnera pour lui de porter à la Vierge immaculée le message divin : Salut, ô Vierge pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Et le Seigneur leur ouvrant l'avenir, ils voient le Sauveur du monde, et ils chantent avec l'Église future : O felix culpa ! O heureuse faute, qui mérite un tel Rédempteur !

En attendant cette rédemption, Adam et Ève s'éloignent tristement du Paradis terrestre, et s'ils regardent en arrière, ils aperçoivent, au seuil du séjour enchanteur, des chérubins armés d'un glaive de flamme ondoyante.

Qui sont ces chérubins, ces Anges qui jouent un rôle si considérable dans la Bible ; qui apparaissent sur le propitiatoire de l'arche d'alliance ; dans le Saint des saints au temple de Salomon ; dans la célèbre vision d'Ézéchiel ; que nous rappellent les traditions, les monuments de la plus haute antiquité, en nous montrant ces génies puissants qui gardent avec un soin jaloux les fruits d'un arbre mystérieux ?

Quelle était cette épée enflammée dont ils étaient armés pour éloigner nos premiers parents ? Questions ardues pour les interprètes, et jamais résolues par eux d'une manière pleinement satisfaisante.

Ne nous arrêtons pas. Laissons aux commentateurs de l'Écriture sainte les discussions et les hypothèses mais retenons seulement cette leçon qui se dégage, ce semble, assez nette, assez claire.
Les Anges, dès l'origine du monde, sont les ministres de la colère de Dieu, comme ils sont les ministres de ses grâces. Il doit en être de même encore.


De nos jours, on ne veut plus voir Dieu dans les faits terribles qui viennent désagréablement secouer le scepticisme ambiant : plaies de toute espèce, fléaux de toute sorte, maladies mystérieuses des hommes, des bêtes et des plantes, lugubres jeux de la nature, la grêle qui crépite et frappe ; la pluie dense, épaisse, qui fait déborder rivières et fleuves ; la foudre qui tonne, éclate, brise et tue. Tout cela, forces aveugles de la nature, dira-t-on. Nos pères, expliquant d'autre façon ces phénomènes, y voyaient l'intervention de Dieu par les Anges.

Qu'on me taxe de crédulité si l'on veut, je crois à cette fréquente intervention des Anges, exécuteurs attristés des vengeances divines : j'y crois, avec saint Grégoire le Grand voyant au sommet du môle d'Adrien l'archange vengeur remettre au fourreau sa terrible épée.

Et je crois même que le monde, de nos jours, comme aux jours passés, pour arrêter le bras des Anges, ministres des colères divines, se trouverait bien d'employer les moyens qu'employaient nos pères : la prière et la pénitence. Mais ce sont là choses si démodées, la pénitence surtout !


L'Ange Gardien – Septembre 1897 – pp. 147-150
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MessagePosté le: Mercredi 26 Septembre, 2007 0:02    Sujet du message: Répondre en citant





Première Apparition des Anges dans l'Histoire


LES ANGES DANS LE MONDE










Citation:


L'Ange d'Agar

Le Seigneur est le Dieu du serviteur comme il est le Dieu du maître, et ses Anges sont les ministres de sa providence auprès de tous les affligés. L'Écriture nous montre, par l'exemple d'Agar, la vérité de cette parole.

Sara n'avait pu donner un héritier à son époux Abraham. Par une mystérieuse inspiration, que le Créateur ne désapprouvait pas aux premiers âges du monde, l'épouse stérile suggère à son époux de se choisir une autre femme.

Elle lui offre elle-même Agar, jeune esclave égyptienne attachée là son service. Mais bientôt Agar, portant dans son sein l'espérance de la maternité, regarde avec mépris sa maîtresse. Sara se plaint à son époux. « Votre esclave est entre vos mains, répond Abraham, usez-en avec elle comme vous le jugerez bon. » Agar, châtiée par sa maîtresse, s'enfuit dans le désert. Et l'Ange du Seigneur lui apparut près d'une fontaine, au bord du chemin de Sur, et il lui dit :

« Agar, servante de Sara, d'où venez-vous et où allez-vous ? - Je fuis loin de Sara, ma maîtresse, répondit Agar. »
L'Ange du Seigneur reprit : « Retournez vers votre maîtresse et humiliez-vous sous sa main. »


Et au nom du Seigneur, il ajouta : « Je multiplierai tellement votre postérité qu'elle sera innombrable. Vous avez conçu et vous enfanterez un fils, et vous le nommerez Ismaël, parce que le Seigneur a entendu vos gémissements. »

Alors Agar invoqua le nom du Seigneur qui lui parlait par la voix de l'Ange : « Vous êtes le Dieu qui abaissez vos regards sur moi, et il est certain que je vois ici la trace du Dieu qui me voit. » Et elle nomma cette fontaine, 1a fontaine de Celui qui me voit et qui est vivant.

Agar, ayant au sein l'espérance de la maternité, s'enorgueillit et méprise Sara sa maîtresse. Agar, n'est-ce pas la pauvre âme humaine ? Elle a conçu des rêves sans nombre, des espoirs sans fin ; elle a vu les jours de la prospérité, et dans l'ivresse de ses rêves ou de ses jouissances, elle oublie parfois Celui à qui elle doit tout. Celui qui cependant la tient toujours dans sa main, et peut disposer d'elle au gré de sa volonté.

Agar, n'est-ce pas plus encore l'âme du dix-neuvième siècle, âme privilégiée, dotée par Dieu de germes bien féconds ? Elle a conçu des systèmes nouveaux, des systèmes nombreux, chimères pour la plupart. Elle a conçu et enfanté, réalité plus vivante, un progrès matériel que n'avaient pas soupçonné nos pères.

Mais avec cela, enorgueillie, égarée loin de Pieu, trop souvent elle aboutit au vide, au désert, à la déception, à l'ennui, au malaise, à la désespérance. C'est la banqueroute de la science. Agar, n'est-ce pas encore et surtout l'âme française ? Pauvre âme de la France ! Rien dans le monde ne passe pour elle inaperçu, inexploré : idées ou sentiments, expériences fécondes ou désastreuses, elle a tout regardé, tout essayé. Et, transportée d'orgueil, enivrée de sa pensée, elle a renié son passé, son Dieu parfois. Avec de cuisants regrets, de profondes amertumes mêlées de quelque honte, elle doit s'avouer qu'elle a abouti à de lamentables résultats.

Esprits et corps, également inassouvis, demandent également le pain qui leur manque, la nourriture saine et forte qui donne la vie, la vie surabondante. Pour la satisfaction promise et non réalisée de tous les appét**s, à tâtons elle cherche des voies nouvelles, elle crie du fond de sa misère et de ses déceptions vers un sauveur. Seigneur, qui avez eu pour la France tant de miséricorde, parce qu'elle est bonne et généreuse, encore qu'égarée, Seigneur, envoyez-lui cet ange qui ramenait à sa maîtresse Agar repentante ! Et comme Agar consolée et fortifiée, nous vous invoquerons, nous vous dirons dans notre joie et notre reconnaissance : « Vous êtes le Dieu qui abaissez vos regards sur nous, nous avons vu vos bienfaits et nous vous en rendons grâce. »


L'Ange Gardien – Novembre 1897 – pp. 219-221
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MessagePosté le: Jeudi 27 Septembre, 2007 0:01    Sujet du message: Répondre en citant





Première Apparition des Anges dans l'Histoire

LES ANGES DANS LE MONDE





Les trois Anges d'Abraham

Citation:
Dans la vallée de Mambré, durant la grande chaleur du jour, Abraham est assis au seuil de sa tente. Il lève les yeux, et trois hommes lui apparaissent debout, à quelque pas. Il court au-devant d'eux, et se prosterne jusqu'à terre.

Et il dit : Si j'ai trouvé grâce devant vous, ne passez pas sans vous arrêter. Je vous apporterai l'eau pour laver vos pieds, et vous pourrez vous reposer à l'ombre ; je vous servirai le pain pour restaurer vos forces et vous continuerez, après cela, votre chemin. Et ils lui répondirent : Faites ce que vous avez dit. Abraham rentre aussitôt sous sa tente, et, s'adressant à Sara : Hâtez-vous, pétrissez trois mesures de pure farine et faites cuire le pain sous !a cendre. Puis, il court à son troupeau, il y prend un jeune veau bien gras, bien tendre et le remet à un serviteur pour le faire cuire sans retard.

Prenant ensuite du lait et du beurre avec le veau cuit déjà, il l'offre aux voyageurs. Pendant ce temps, il se tient debout près d'eux, à l'ombre d'un majestueux térébinthe.

Après qu'ils eurent mangé, ils lui dirent : « Où est Sara, votre épouse ? - Elle est à l'intérieur de la tente, répondit Abraham. » Et l'un des voyageurs lui dit alors : « Abraham, dans une année, vers ce même temps, je reviendrai, et Sara, votre épouse, aura un fils. »

Sara entendit cette parole et se mit à rire silencieusement derrière la porte de la tente, car elle et Abraham étaient trop âgés pour qu'elle pût garder encore l'espérance de la maternité. Mais l'Ange dit à Abraham : « Pour quoi Sara a-t-elle ri ? Y a-t-il rien d'impossible à Dieu ? Dans un an, je reviendrai et Sara aura un fils... »

Il est doux de contempler ce gracieux et calme tableau de l'hospitalité antique. Cette hospitalité si noble, si large, si empressée, vit-elle encore ?
Hélas ! avec notre moderne civilisation, chacun s'isole de son voisin, égoïsme souvent, timidité et défiance parfois, douloureuse nécessité aussi. Les moyens manquent pour donner cette hospitalité ; et les moyens manquent, parce que l'orgueil la voudrait trop brillante pour les ressources possédées ; parce que la vanité, un faux luxe, dépensent à d'autres desseins les ressources disponibles.

Les relations sociales se ressentent de cette façon d'agir. On vit côte à côte sans se connaître beaucoup, en notre siècle. Et si l'on se connaît, les relations de pure civilité, où l'on tient un compte exact du doit et de l'avoir, remplacent la bonne et franche cordialité des âges passés.

Aller au-devant de l'étranger, le prier d'entrer dans sa maison, l'accueillir avec bonté et respect, cela ne se voit plus guère. Pour en être témoin, il faut aller dans l'immobile Orient, où le Bédouin est encore hospitalier comme du temps des patriarches ; il faut aller au seuil des monastères, gardiens fidèles des traditions évanouies ; il faut aller au fond des campagnes reculées, où vit encore avec l'intégrité de la vieille foi, quelque chose des mœurs antiques.

Au contraire, au sein de la civilisation moderne, l'hospitalité ne se donne pas, mais se vend bien cher. Et combien qui ne peuvent l'acheter ? Alors que deviennent-ils ? Où vont-ils ? Où trouvent-ils un abri, du pain, la douce chaleur du foyer ? Terrible question qui se pose, surtout quand on voit les feuilles jaunies, desséchées, s'envoler mélancoliques sous l'âpre vent d'automne. Combien, encore une fois, qui, cet hiver n'auront point d'abri, n'auront point de pain ?

S'ils viennent au seuil de nos demeures, ces déshérités de la vie, donnons de nos richesses, si Dieu nous a faits riches ; et si nous sommes pauvres nous-mêmes, avec même cœur donnons de notre pauvreté à plus pauvres que nous.

Ne nous contentons pas de les attendre et de les accueillir à notre porte. Parmi ces déshérités, il en est - fausse honte ou faux orgueil - qui ne viennent pas, qui n'osent venir. Tendre la main, l'ouvrir pour recevoir, alors que naguère on pouvait l'étendre et l'ouvrir pour donner, c'est dose si dure à apprendre et si dure à faire ! Evitons-leur la peine de venir à nous.

Abraham courait au devant des voyageurs fatigués. Allons à ces lassés, à ces fatigués du chemin de la vie, sachons les découvrir, alors même qu'ils font effort pour se cacher, et avec les ménagements nécessaires pour les plus ombrageuses susceptibilités, faisons accepter une aumône dont ces attentions et ces égards doubleront le prix pour eux et pour nous.

L'aumône ne sera pas perdue encore que la reconnaissance fasse défaut souvent aux secours. Comme les Anges de la vallée de Mambré, ces déshérités que la charité nous amène, seront d'utiles, de doux messagers. S'ils ne viennent annoncer pour nos familles la venue d'un nouvel Isaac, ils seront les messagers de bonnes, de salutaires pensées. Nous remercierons Dieu de nous les avoir envoyés pour nous montrer, par le frappant contraste de notre situation et de leur misère, combien la Providence a été bonne et clémente envers nous.

L'ingratitude même nous sera une excellente leçon, nous rappelant combien nous avons été nous-mêmes ingrats envers cette Providence cependant meilleure pour nous, que nous ne l'avons été pour les pauvres. Ainsi l'ingratitude du pauvre éveillera en notre âme l'idée de la reconnaissance que nous devons nous-mêmes à Dieu. Immense résultat d'une modeste bonne action !


L'Ange Gardien – Décembre 1897 – pp.
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Anne-Marie

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MessagePosté le: Vendredi 28 Septembre, 2007 0:05    Sujet du message: Répondre en citant





Première Apparition des Anges dans l'Histoire


LES ANGES DANS LE MONDE



Anges auprès de Loth – Ruine de Sodome

Citation:
Vers le soir, deux Anges arrivèrent à Sodome alors que Loth était aux portes de la ville. Dès qu'il les vit, il alla à leur rencontre et se prosterna avec respect devant eux. Puis, il leur dit : « Venez, mes seigneurs, je vous en prie, dans la maison de votre serviteur, et demeurez-y. Vous y laverez vos pieds et demain vous reprendrez votre route. »

- Non, répondirent-ils, nous resterons sur la place publique. De nouveau, il les pressa avec instance et les conduisit chez lui. Il leur fit préparer un festin, leur offrit des pains sans levain, et ils mangèrent.

Mais avant qu'ils se fussent retirés pour la nuit, la maison fut assiégée par les habitants de la ville. Tout le peuple, depuis les enfants jusqu'aux vieillards, se trouvait là. Ils appelèrent Loth et lui dirent :
- Où sont les voyageurs qui sont entrés ce soir chez toi. Fais-les venir, afin que nous puissions les outrager.

Loth sortit de sa maison et ayant fermé la porte derrière lui, il leur dit :- Gardez-vous, je vous en prie, de leur faire aucun outrage... car ils sont entrés chez moi sous la foi de l'hospitalité

- Retire-toi, tu es venu comme un étranger dans notre ville ; est-ce donc pour être notre juge ? répondirent-ils. Nous te traiterons toi-même avec plus de mépris encore.

Et ils se jetèrent sur Loth avec violence. Déjà ils allaient briser la porte, lorsque les deux Anges prirent Loth par la main, le firent rentrer et refermèrent la maison ; puis ils frappèrent d'aveuglement la multitude qui l'environnait, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, de telle manière qu'ils ne purent retrouver la porte.

Les Anges dirent ensuite à Loth : « As-tu ici quel qu'un de tes parents, un gendre, des fils ou des filles ? Fais sortir de la ville tous ceux qui t'appartiennent, car nous allons la détruire, parce que le cri des abominations de ses habitants s'est élevé de plus en plus devant le Seigneur, et il nous envoie pour les punir.
Loth étant donc sorti, parla à ses amis et leur dit: « Hâtez-vous de quitter la ville, car le Seigneur va la détruire. Mais ils crurent que cette menace était un jeu. Au point du jour, les Anges pressaient Loth de fuir, et ils lui disaient :


- Lève-toi, emmène ta femme et tes deux filles, de peur que vous ne périssiez aussi vous-mêmes dans le désastre de cette ville. Et comme il tardait encore, ils le prirent par la main avec sa femme et ses deux filles, parce que le Seigneur voulait les sauver. Ils les firent ainsi sortir de la maison, les conduisirent hors de la ville et leur dirent :

- Sauvez vos jours, ne regardez pas derrière vous, et ne vous arrêtez pas dans les environs, mais fuyez sur la montagne, afin de ne pas être surpris dans la ruine générale.
Et Loth leur dit : « Seigneur, puisque votre serviteur a trouvé grâce devant vous, et que vous avez signalé envers lui votre grande miséricorde, en lui conservant la vie, considérez que je n'ai pas la force d'atteindre la montagne et qu'ainsi je suis en péril de mort. Mais voilà tout près d'ici une ville, elle est petite et je puis m'y sauver.


- J'aurai encore égard à ta prière, répondit un des deux Anges, et je ne détruirai pas cette ville. Hâte-toi donc d'y arriver, car je ne pourrai rien exécuter avant que tu n'y sois entré.
Au moment où Loth entrait dans cette petite ville dont le nom fut changé en celui de Ségor, le soleil se levait sur l'horizon. Alors le Seigneur fit tomber du ciel une pluie de soufre et de feu, et il détruisit Sodome de fond en comble, avec tout le pays et tous les habitants des environs, ainsi que toutes les productions de la terre…


Nous avons relu, non sans émotion, cette page du texte sacré, nous demandant, en une patriotique angoisse, si notre pays n'attirerait pas, lui aussi par ses crimes, les terribles effets de la justice de Dieu.

Les crimes de Sodome sont encore, croyons-nous, les crimes des temps présents, et nous dirons notre pensée sur ce sujet dans notre prochain article.


Aujourd'hui arrêtons-nous sur la ruine de Sodome, à qui le Seigneur aurait pardonné, s'il y avait eu seulement dix justes. Dix pour une multitude, tant sont grands le pouvoir de la prière et le privilège des œuvres saintes pour obtenir le pardon des coupables !



La fertile vallée qui nourrissait de ses fruits les habitants de Sodome, n'est plus qu'un désert aride, et un lac d'une eau sulfureuse et malfaisante remplit ce fond frappé par la justice de Dieu ; c'est le lac Asphaltite ou mer Morte, lac de soufre et d'asphalte, eau de malédiction et de mort. Ses eaux ne nourrissent aucun poisson, et on dit que les oiseaux qui la traversent sont frappés de vertige et tombent en tournoyant sur ses ondes.


L'Ange Gardien – Janvier 1898 – pp. 291-294
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