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Louis Mc Duff

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Posté le: Vendredi 14 Décembre, 2007 14:37 Sujet du message: Je suis noire, mais je suis belle |
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Guadaloupe,
l'Immaculée
Quelle est l'étymologie du mot Guadaloupe, et que signifie-t-il ?
Becerra Tanco rapporte, dans le récit de la cinquième apparition, que la Vierge avait demandé à Jean Bernardino que son Image fût connue sous le nom de Sainte Marie de Guadaloupe. Seulement, il est invraisemblable que l'Indien ait dit Guadaloupe lorsqu'il transmit ce message à son neveu et aux Espagnols qui l'accompagnaient, car les consonnes g et d n'existent pas en nahuatl, et c'étaient pour les naturels des sons très difficiles à émettre et à apprendre. Il en sera un peu ainsi pour Bernadette, à Lourdes, au XIXe siècle; la Vierge lui dira, en patois : Que soyer' Immaculada Concepcioun, mais Bernadette ne comprendra pas le sens de ces mots et prononcera même Conchetsiou.
Au moins, le patois de Bernadette était-il d'origine latine, tandis que la langue de Bernardino différait totalement de la langue des Espagnols. Il dut donc proférer des sons où se retrouvaient pour les Espagnols plusieurs éléments d'un certain mot castillan qui leur était familier, comme l'était d'ailleurs le mot Guadaloupe lui-même, qui est très employé en Espagne où il y a une rivière, une chaîne de montagnes, et un sanctuaire marial de ce nom. Pour essayer de se rendre compte de ce qu'un Indien a dû comprendre lorsque la Vierge a prononcé un mot un peu semblable à Guadaloupe, des philologues ont fait prononcer à des Indiens illettrés des expressions qu'une oreille espagnole eût pu saisir et rapprocher de Guadaloupe; mais, aucun de ces savants n'en est jamais arrivé à une certitude absolue.
Becerra Tanco éclaire ce problème en disant que le mot que Jean Bernardino dut entendre fut celui-ci : Te-quat-la-no-peuh, ce qui signifie Celle qui prit origine sur le haut des rochers, car, en effet, la Vierge se trouvait parmi des rochers lorsque Jean Diego la vit la première fois; elle s'y trouvait encore à la quatrième apparition, avant de descendre la colline pour venir à la rencontre de son fidèle messager. L'appellation Celle qui prit origine sur le haut des rochers décrit bien les circonstances de ces visites de la Vierge à la terre.
Mais, Becerra Tanco continue sa dissertation, et propose aussi comme possible le mot Te-quant-la-xo-peuh, qui signifie Celle qui mit en fuite ceux qui nous dévoraient, c'est-à-dire, les animaux féroces; ou les démons de l'enfer, ou encore, les ennemis de l'Eglise. Un évêque spécialiste en matières guadaloupaines (1) affirme que la Vierge aurait spécifié à quel monstre en particulier elle s'est attaquée, car il croit que le mot nahuatl que la Vierge prononça, et que Jean Bernardino dut entendre, était Coa-tla-xo-peuh, Celle qui écrasa le serpent, nom descriptif qui aurait justifié dès 1531 la future proclamation du dogme de l'Immaculée Conception.
Cette dernière conjecture se trouve parfaitement corroborée par des recherches et études subséquentes qui semblent être le point final de ce (2) litige. D'après ces études linguistiques, le mot Coa-tla-xo-peuh se compose de trois parties distinctes : coatl, couleuvre; tla, particule explétive; et le verbe xo-pe-hua, au prétérit, xo-peuh, ce qui veut dire marcha sur, écrasa. En somme, étymologie conforme aux règles de la formation des mots nahuatls et à leur phonétisme, et conforme aussi au texte biblique qui prédisait qu'un jour la Vierge écraserait la tête du serpent. Il semble donc à peu près certain que Guadaloupe, en nahuatl, Coa-tla-xo-peuh, signifie Celle qui écrasa le serpent, et que c'est la vraie signification du mot Guadaloupe.
Certains ont encore affirmé que ce mot arabe, Guadaloupe, signifie Rivière de lumière. Nom, certes, fort approprié, et qui fait image. Mais un des historiens de la Vierge mexicaine (4) croit que celle-ci voulut s'appeler Sainte Marie de Guadaloupe en souvenir de la très populaire Madone d'Estrémadure qui porte ce nom, et que les Espagnols du Mexique connaissaient bien. La Vierge se serait nommée ainsi par égard pour eux, car, ils allaient trouver déjà assez difficile, dans leur supériorité de Conquérants, de vénérer l'Image de la petite Indienne telle que peinte sur l'humble tilma d'un humble Indien.
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1. De Cuernavaca. Cité dans Lee. op.cit.
2. Lic. J. Ignacio Davila Gatibi : Breve estudio Histórico Etimológico acerca del vocablo Guadalupe, 1936, Imprenta Emilio Pardo e Hijos, Mexico, D.F.
4. Le Père Francisco Florencia, dans Estrella del Norte.
à suivre... _________________ Ô Dieu, venez vite à mon aide;
Dómine, ad adiuvándum me festína.
¡Dios mio, venga a nosotros Tu Reino!
Dernière édition par Louis Mc Duff le Samedi 15 Décembre, 2007 22:01; édité 2 fois |
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Louis Mc Duff

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Posté le: Samedi 15 Décembre, 2007 2:18 Sujet du message: |
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Guadaloupe,
l'Immaculée (suite)
Mais ces deux Madones diffèrent totalement, celle d'Espagne étant une statuette couronnée, et la Vierge guadaloupaine mexicaine, une jeune femme debout, de taille ordinaire. De toute façon, n'est-il pas intéressant de noter que la Vierge ait désiré être connue au Mexique et au Portugal sous des noms arabes, Guadaloupe signifiant en arabe Rivière de lumière, et Fatima, ce dernier désignant un petit hameau qui avait voulu, selon la légende, garder le souvenir d'une Arabe convertie qui s'appelait Fàtima et qui y mena une vie exemplaire.
Mais, de toutes ces interprétations du mot Guadaloupe, les trois premières furent les plus facilement acceptées : Celle qui prit origine au haut des rochers, Celle qui mit en fuite ceux qui nous dévoraient, et surtout, Celle qui écrasa le serpent, toutes trois, appellations symboliques, riches de pensées et de sentiments, sources inépuisables de motifs de joie et d'espérance.
A son Image bénie, la Vierge venait donc d'ajouter, par ce nom nouveau qu'elle s'était façonné à même la langue de ses chers Indiens, une telle multiplicité d'attributs que quatre siècles et quart de dévotion guadaloupaine ne se sont jamais lassés de les commenter dans leurs multiples promesses et dans leurs sens profonds toujours renouvelés. C'est la Vierge de la promesse jusque dans son nom. Prédicateurs, poètes, artistes y puisent toujours du neuf à pleines mains, et le peuple d'à présent, les mêmes motifs d'extase que les générations passées.
De plus, pour cumuler dans ses fonctions de patronne et gardienne, de libératrice et refuge, de consolatrice et mère, la Vierge ne voulut-elle pas préfacer son grand nom indien Coa-tla-xo-peuh de son titre séculaire de Sainte Marie, car, n'avait-elle pas demandé à Jean Bernardino que son Image bénie fût dénommée Sainte Marie de Guadaloupe ?
C'était pour elle s'engager encore plus avant dans ses promesses, car son nom de Marie abonde aussi en implications généreuses. Il a fait l'objet de longues études de la part des linguistes, qui y ont trouvé 70 significations différentes (5) dont la majorité dans la langue hébraïque et quelques-unes dans la langue égyptienne, toutes se prêtant, comme les éléments constitutifs du mot Guadaloupe, à de belles gloses sur la gloire de la Vierge Marie et sur son rôle terrestre humanitaire tout rempli de charme.
_________________________
5. Bardenhewer: Der Name Maria, Geschichte der Deutung desselben.
A suivre. _________________ Ô Dieu, venez vite à mon aide;
Dómine, ad adiuvándum me festína.
¡Dios mio, venga a nosotros Tu Reino! |
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Louis Mc Duff

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Posté le: Dimanche 16 Décembre, 2007 0:17 Sujet du message: |
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Guadaloupe,
l'Immaculée (suite )
En effet, quel charme ne se dégage-t-il pas de ce nom en toutes les langues ! En égyptien (Mery, ou Meryt), ne signifie-t-il pas Celle qui est aimée? et en hébreux (Miryam), Celle qui est belle, ou encore, Celle qui est parfaite ?
En somme, Sainte Marie de Guadaloupe, noms toujours neufs, toujours jeunes, toujours consolants, conjugués et ne formant qu'un tout, resplendissant comme les rochers du Tepeyac au moment des apparitions, diamant d'une eau parfaite, réfraction de feux célestes. Les millésimes passent, les empires tombent, les tyrans s'annihilent, les générations disparaissent dans leur marche fatidique, mais le diamant sans tache du Tepeyac ne cesse d'inonder de son rayonnement vital tous les cœurs qui s'en approchent. Guadaloupe, Sainte Marie, implications infinies, ondes sonores jamais réprimées, litanies perpétuelles d'espoir et d'amour :
Celle qui prit origine sur le haut des rochers.
Celle qui mit en fuite ceux qui nous dévoraient.
Celle qui écrasa le serpent.
Celle qui est aimée.
Celle qui est belle.
Celle qui est parfaite.
Rivière de lumière.
A suivre : Atrocités aztèques. _________________ Ô Dieu, venez vite à mon aide;
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Louis Mc Duff

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Posté le: Lundi 17 Décembre, 2007 0:05 Sujet du message: |
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Atrocités
aztèques
Ce fut dans la ville de Mexico même que l'audace de Cortès à installer partout des images de la Vierge s'avéra particulièrement remarquable et heureuse. Entré là avec 400 soldats seulement, sur une chaussée qu'on eût pu couper facilement pour empêcher tout exode, il se trouvait dans une situation tellement précaire qu'une adroite diplomatie seule pouvait prévenir tout ameutement de la populace contre lui et son armée. N'importe; son zèle habituel se décuple, et, malgré l'imminence d'une mort certaine, il ne se propose rien moins que de convertir en une église le temple le plus important de Mexico. Heureusement, il s'en ouvre au Père Olmedo, qui l'en dissuade. Au moins, Cortès, après force palabres, obtient-il de Montezuma l'autorisation de grimper au sommet du temple pour voir les dieux de cet empereur. Les ayant aperçus, il frémit d'horreur, et s'étonne de constater qu'il est possible à un grand empereur comme Montezuma de voir dans ces idoles autre chose que des démons. Montezuma se lamente de cette insulte envers ses dieux, et tremble à la pensée de leur vengeance prochaine. C'est alors que Cortès propose à l'empereur de placer une croix au sommet de la tour la plus haute, et de remplacer le dieu Hui-tzi-lo-poch-tli par une image de la Vierge Marie. Montezuma le quitte pour aller consulter ses pontifes et sacrificateurs, mais il ne rapporte à Cortès qu'une réponse négative. Cortès s'enflamme, saisit un levier de fer, frappe l'idole à la tête, et l'envoie rouler par terre en s'exclamant :
— Il faut bien s'exposer à quelque chose pour Dieu.
Il fit ensuite nettoyer les enceintes, dont les murs étaient enduits d'épaisses couches de sang humain, comme dans les autres temples qu'il avait déjà transformés, et il y installa un autel, et sur cet autel une croix, un saint Christophe, et une statue de la Vierge. La tradition affirme que c'était la Vierge des Remèdes, la même que l'on vénère aujourd'hui à Naucalpan. Décidément, la Vierge protégeait ses ardents protagonistes, et acceptait l'hommage de leur bravoure.
C'était aussi pour elle commencer à inonder les indigènes mexicains des lumières de la vraie foi, et à les retirer des ténèbres du paganisme qui les pressurait de toutes parts. Sa pitié se manifestait proportionnelle à l'immensité de leurs misères et de leurs souffrances.
Elles étaient grandes, ces misères et ces souffrances, en dépit du haut développement de la civilisation aztèque, si l'on en croit l'histoire, ou même si l'on s'attarde simplement à songer à l'assujettissement de ces peuplades qui usèrent leur vie aux immenses constructions païennes destinées au culte idolâtrique, temples, palais, pyramides plus massives que celles d'Egypte, et à la confection de ces kyrielles de dieux bardés d'or et d'argent, nantis d'ornements de toute nature, et de pierres précieuses d'un grand prix qu'il fallait extraire au fond des mines. Des légions de vies se consumèrent à tirer du sol la matière première pour la construction de cet olympe sans pitié, à la façonner, à la transporter, à la monter à des hauteurs vertigineuses, à la mettre en place, et à en parfaire ces gigantesques monuments, ainsi que ces divinités onéreuses.
Cependant, de ces temples, de ces divinités, ne descendait jamais vers le peuple un mot d'amour, d'espérance, de consolation : seuls les cris des victimes frappaient les échos de ces lieux morbides. Ce peuple ne valait que comme bête de somme, ou comme victime à sacrifier aux dieux de ce paganisme implacable. Quel gain allait être pour lui l'avènement du christianisme au Mexique !
La caste des pontifes et sacrificateurs était nombreuse et hautement privilégiée, par conséquent, tenace à son poste et fort exigeante sur le nombre des victimes à immoler. Dans le seul temple de Tex-cat-zon-catl, le dieu du vin, elle comptait 400 membres. Alors, combien en comptaient les 200 temples de la ville de Mexico, et les milliers et milliers d'autres temples dispersés à travers le pays ? C'est sur le peuple qu'on prélevait la subsistance de cette engeance diabolique. Les tribus mexicaines s'entre-dévoraient à sa demande, car, au nom de leurs dieux, les sacrificateurs réclamaient constamment des victimes, que l'on capturait à la guerre. On ne tuait pas son ennemi à la guerre; on le capturait en vue de la pierre aux sacrifices. Si les dieux étaient en colère, il fallait les apaiser par des immolations humaines; s'ils étaient propices, il fallait les garder tels par d'autres immolations non moins nombreuses. On estime généralement à 2,000 par année le nombre des victimes sacrifiées dans le seul grand temple du dieu Hui-tzi-lo-poch-tli, à Mexico, et à 70,000, le nombre qui y fut sacrifié lors de sa dédicace en 1486. Ces jours-là, le défilé des victimes était long de deux milles.
Et dire qu'il est encore des historiens qui parlent des bons Indiens de l'époque précortésienne !
Lorsque Bernal Diaz del Castillo visita, en compagnie de Cortès, le temple du dieu de la guerre, voici ce qu'il dit y avoir vu :
— Devant l'autel, il y avait un plat d'encens avec trois cœurs humains qui brûlaient, mélangés à du copal (1) Du sang humain recouvrait littéralement tout l'appartement en telle quantité qu'il s'en dégageait une odeur épouvantable... Avec leurs horribles trompettes, leurs grands couteaux pour le sacrifice, leurs victimes humaines et leurs autels arrosés de sang, je les vouai, eux et leur perversité, à la vengeance de Dieu...
_______________________
1. Terme mexicain : résine, ou gomme arabique, qui sert à la préparation de certains vernis, et que l'on emploie aussi comme encens aux offices religieux. La fumée en est abondante et odoriférante, et remplit tout le sanctuaire.
A suivre _________________ Ô Dieu, venez vite à mon aide;
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Louis Mc Duff

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Posté le: Mardi 18 Décembre, 2007 0:00 Sujet du message: |
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Atrocités
aztèques (suite)
Mais Dieu, lui, n'avait pas de vengeance à exercer sur le peuple du Mexique, car ne décelait-il pas des âmes sincères parmi ces millions de victimes humaines, et n'acceptait-il pas leurs souffrances comme une prière ? Il est bien loisible de le croire, car, ostensiblement, il avait délégué sa Mère pour couvrir de son ombre la petite armée de Cortès, qui s'était donné pour but de commencer à bouter le paganisme hors du Mexique, et d'en retirer et libérer la race indienne. Les succès de la conquête en faisaient foi, mais cette hypothèse se changea en certitude à la suite de trois interventions directes de la Vierge Marie, à en croire les chroniques du temps. Voici en quelles circonstances : un jour que les Espagnols allaient retraiter, en grand danger d'être annihilés, la Vierge apparut dans les airs, et mit les Indiens en fuite en les aveuglant avec du sable.
C'est le Père Florencia (2) qui rapporte ce fait en s'appuyant sur l'autorité du Très Illustre Alonzo Cuevas y Avalos, d'abord Evêque d'Oaxaca, ensuite Archevêque de Mexico, qui n'hésitait pas à attribuer cette victoire à Notre Dame de Guadaloupe, car le secrétaire de ce prélat certifia au Père Florencia avoir entendu ce prélat lui raconter que, lorsqu'il était tout jeune, il avait connu un vieil Indien qui affirmait avoir été au nombre des belligérants, un de ceux qui virent dans les airs la Vierge Marie venant du Tepeyac, telle qu'elle s'est peinte plus tard sur la tilma de Jean Diego, et jetant du sable dans les yeux des Indiens pour les disperser et leur enlever des mains le triomphe qu'ils tenaient. Cela fait aussi croire que même dix ans avant les apparitions du Tepeyac la Vierge avait déjà choisi la forme qu'elle allait revêtir aux apparitions de 1531.
La narration de la seconde circonstance où la Vierge intervint directement se retrouve dans trois historiens : Sahagun, Torquemada, et Florencia. C'était à Tlaxcala, la victoire semblait s'éloigner de Cortès et de ses Indiens alliés, car ils se voyaient entourés de toutes parts par un ennemi nombreux et redoutable, qu'ils ne pouvaient ni vaincre ni fuir. Or, un jour, au coucher du soleil, une pluie fine se mit à tomber; elle dura deux heures, pour être ensuite suivie d'un ouragan de feu, rouge comme du sang, enveloppé de braise et accompagné d'éclairs, qui partait du Tepeyac et accourait vers les troupes indiennes ennemis; mais, au lieu de les réduire en cendres, cet ouragan les contourna sans leur causer de dommage, croit-on, pour se perdre ensuite dans la lagune et disparaître. Seulement, les ennemis atterrés commencèrent les négociations en vue de leur reddition aux Espagnols.
Quant à la troisième intervention de la Vierge elle est rapportée dans Torquemada. On y raconte que lorsque Cortès eut installé la Vierge dans le temple de Hui-tzi-lo-poch-tli, les sacrificateurs aztèques essayèrent, à plusieurs reprises, d'enlever l'image de la Mère de Dieu de son autel, mais sans succès, car, l'ayant saisie, ils ne pouvaient s'en dessaisir; d'autres, leurs bras devenaient sans force; d'autres, leurs jambes s'engourdissaient et ils roulaient en bas des gradins, se blessaient la tête, et même, se cassaient les reins. Conde y Oquendo, qui rapporte aussi ce fait, ajoute:
______________________________
2. Florentia, op. cit.: Norte de Méjico. Cité dans Conde y Oquendo: Disertación sobre la Aparición de la Portentosa Imagen de María Santisima de Guadalupe, Mexico, 1852.
A suivre _________________ Ô Dieu, venez vite à mon aide;
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Louis Mc Duff

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Posté le: Mercredi 19 Décembre, 2007 0:19 Sujet du message: |
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Atrocités
aztèques
— La Vierge ne voulait pas qu'on la retirât de l'endroit où son cœur était pris.
La conquête se termina par une procession d'action de grâces; la Vierge y figurait encore. Celle qui commande aux innombrables légions célestes n'avait pas dédaigné de servir d'avant-garde à une infime armée terrestre. Par sa victoire, elle allait, dans un avenir prochain, extirper la nation mexicaine du réseau de son paganisme fatal, pour que cette nation apprenne enfin l'existence de l'âme humaine, la dignité de l'homme, et ses droits au bonheur en se perfectionnant et en s'orientant vers Dieu. Le Mexique n'attend plus maintenant que l'apparition de Notre Dame de Guadaloupe pour se précipiter en masse dans les voies de son salut.
Danseurs indiens, groupe bien typique de tous ceux qui viennent depuis des siècles, marquer de leurs danses folkoriques toutes les grandes célébrations mariales de la Basilique de Notre-Dame de Guadaloupe. (Cliché, revue Marie)
A suivre: Sainte Marie de Guadaloupe et les papes _________________ Ô Dieu, venez vite à mon aide;
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Louis Mc Duff

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Posté le: Jeudi 20 Décembre, 2007 0:05 Sujet du message: |
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Sainte Marie
de Guadaloupe
et les papes
Le vieux dicton voix au peuple, voix de Dieu reprend son sens le plus complet à chaque apparition de la Vierge Marie sur la terre. La force qui attire à elle les voyants, et prolonge à tout jamais leur extase, se communique également, extension du miracle, aux foules qui les entourent, en dotant ces foules d'une conviction propulsive si grande que ces torrents humains emportent, comme un fétu, tout barrage que peuvent ériger la malveillance et l'étroitesse d'esprit des autorités civiles, et l'orgueil aveuglant de la pseudo-science; telles les foules de Lourdes et de Fàtima dans les temps modernes, telles les foules de Notre-Dame de Guadaloupe de tout temps depuis 1531-Le peuple a parlé, Dieu a parlé.
En effet, depuis 1531, ces vagues humaines n'ont cessé de déferler devant la Vierge mexicaine, de nos jours plus hautes et plus irrésistibles que jamais, proclamant de leur forte voix la véracité du miracle des roses du Tepeyac avec un élan si concluant que tout autre témoignage apporté par l'histoire ne saurait jouer que le rôle de corroboration secondaire. Leur seule présence enlève à tout doute à l'égard des apparitions de la Vierge au Mexique sa moindre justification.
Et pourtant, ce culte repose aussi sur une documentation historique solide qui réconforte les fervents et délecte les chercheurs. La Papauté elle-même, toujours si bien informée historiquement, et fort circonspecte en de telles matières, s'est lancée à l'avant pour proclamer le bien-fondé de cette dévotion en lui accordant, depuis ses tout premiers débuts, la haute approbation de ses faveurs. Seuls des faits bien prouvés peuvent provoquer en un temps si long — quatre siècles et quart — un concert si continu de louanges unanimes de la part de la Papauté, ou même de la part de l'Episcopat d'un seul pays comme le Mexique.
Des quarante-neuf Papes qui se sont succédé sur le trône de Saint-Pierre, depuis les apparitions de Notre Dame de Guadaloupe, la chronique a retenu que vingt-cinq d'entre eux se prononcèrent publiquement sur ce culte en lui concédant des indulgences innombrables de toutes catégories, un office, une messe double majeure de première classe pour le 12 décembre, l'élévation du temple du Tepeyac à diverses dignités dont, finalement, celle de Basilique, la proclamation de la royauté de la Vierge de Guadaloupe sur les Amériques et son Couronnement solennel, et l'envoi de délégations papales aux grandes célébrations guadaloupaines du XIXe et du XXe siècles.
Il est de fait certain, par exemple, que Grégoire XIII (1572-81) prorogea, même avant 1575, certaines indulgences que ses prédécesseurs avaient préalablement attachées à la visite du petit temple de Notre-Dame de Guadaloupe. Urbain VIII (1623-1644), et Innocent X (1644-1655) se montrèrent aussi très généreux. Vidal de Figuéroa affirme, dans un sermon prononcé le 12 décembre 1660, qu'Innocent X possédait une copie de l'Image divine, et qu'à Rome circulaient déjà des médailles frappées à l'effigie de la Vierge mexicaine. Puis d'autres concessions et marques d'approbations se succédèrent sans interruption au cours de tous les autres siècles, prouvant le grand intérêt du Saint-Siège à l'égard de cette dévotion, qui pénétrait de plus en plus dans le monde chrétien.
à suivre. _________________ Ô Dieu, venez vite à mon aide;
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Posté le: Vendredi 21 Décembre, 2007 0:06 Sujet du message: |
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Sainte Marie
de Guadaloupe
et les papes
(suite)
Benoît XIV (1740-1758) fut un des plus grands parmi les Papes qui se firent une joie et un bonheur de contribuer à l'extension de ce culte. Son émotion fut profonde lorsqu'un membre d'une délégation mexicaine, venue lui demander de reconnaître canoniquement cette Vierge, déroula devant ses yeux, argument à l’emporte-pièce, une reproduction de l'Image de Marie de Guadaloupe, en disant au Saint-Père ébloui :
— Très Saint-Père, contemplez la Mère de Dieu qui daigne être aussi la Mère des Mexicains.
Tombant à genoux devant elle, Benoît XIV ne sut que répéter la parole du psaume :
— Dieu n'a rien fait de pareil pour aucune autre nation.
Puis il éclata en sanglots.
Défilé d’un Pèlerinage national du Travail en route vers Notre Dame de Guadaloupe, Reine du Travail. Ces pèlerinages réunissent parfois 300 000 personnes. (Cliché, revue Marie)
Il aurait aussi affirmé que s'il se trouvait au Mexique, il se rendrait en pèlerinage à Notre-Dame de Guadaloupe, non seulement pieds nus, mais à genoux.
Il ajouta, après avoir accordé les pétitions demandées :
— J'ai fait plus pour les Mexicains en l'honneur de leur Vierge guadaloupaine que pour les Italiens en l'honneur de leur Sainte Maison de Lorette. _________________ Ô Dieu, venez vite à mon aide;
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Posté le: Samedi 22 Décembre, 2007 0:15 Sujet du message: |
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Sainte Marie
de Guadaloupe
et les papes
(suite)
Pie IX (1846-1878), le Pape de la proclamation de l'Immaculée Conception, et Léon XIII (1878-1903), le Pontife du Couronnement, accrurent encore les trésors d'indulgences et de privilèges canoniques déjà attachés par leurs prédécesseurs à tous les aspects de ce culte marial, et à tous les lieux où il se déroule. Léon XIII disait :
— Depuis notre tendre enfance, notre dévotion à Sainte Marie de Guadaloupe fut grande, et, en elle, Nous avons toujours placé et plaçons encore toute notre espérance.
Ce fut Saint Pie X (1903-1914), le Pape de la communion fréquente, qui conféra à la Vierge son titre d'Impératrice de toutes les Amériques. Il disait aussi de sa Basilique qu'elle devait être comptée parmi les plus célèbres sanctuaires du monde chrétien.
Benoît XV (1914-1922), à son tour, accorda de nouveaux privilèges à cette dévotion, et se sentit saisi d'une grande émotion devant une reproduction de l'Image bénie. Il dit :
— Il ne Nous fut jamais donné de voir Image aussi belle, et son charme Nous transporte et Nous fait songer combien belle doit être Marie, là-haut, au ciel.
Le 12 décembre 1917, il célébra la messe pour la patrie mexicaine devant une effigie guadaloupaine, et il appela Succursale du Mexique au Vatican l'autel où elle se trouvait. Sa confiance en la Vierge du Mexique fut sans borne. Il disait :
— Je le proclame, Marie de Guadaloupe est la Protectrice du Souverain Pontificat.
Foule ordinaire d'un jour libre où il n'y aucun pèlerinage ni aucune grande cérémonie dans la Basilique de Notre Dame de Guadaloupe. (Cliché, revue Marie) _________________ Ô Dieu, venez vite à mon aide;
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Posté le: Dimanche 23 Décembre, 2007 0:10 Sujet du message: |
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Sainte Marie
de Guadaloupe
et les papes
(suite)
Pie XI (1922-1939), que l'on a appelé le Grand Pape du Mexique, célébra aussi la messe devant une Image de la Brunette du Tepeyac, à Rome, le 12 octobre 1924, à l'occasion du Congrès Eucharistique national du Mexique. En 1931, pour marquer le quatrième centenaire des apparitions de Notre Dame de Guadaloupe, il accorda une Année Sainte à ce pays, avec indulgences de tous genres; et, en 1935, il étendit aux Iles Philippines le patronat de cette Vierge.
Quant à Sa Sainteté Pie XII (1939------), elle s'est toujours sentie attirée d'un amour tout spécial vers l'Impératrice des Amériques. Dans les jardins du Vatican, le superbe monument de marbre qui la représente sur la tilma que Jean Diego remet à Mgr de Zumárraga, lui rappelle sans cesse le souvenir du miracle du Tepeyac, et lui donne l'occasion, dit-il, de réitérer son affection pour la très noble nation mexicaine . Pie XII fut le Pape du Cinquantenaire du Couronnement, célébration marquée d'un signe spécial dans les annales mexicaines, non seulement par son faste et son ampleur, mais aussi parce que placée sous le patronage de Sa Sainteté elle-même, qui s'y fit représenter par son Légat a latere. Le Souverain Pontife voulut même y faire entendre sa voix au moyen des ondes sonores. Cette voix fut un peu celle de tous les Pontifes romains qui avaient honoré la Vierge mexicaine au cours des siècles, et qui venaient maintenant renouveler l'expression de leur foi en la véracité des apparitions de 1531.
Aussi cette voix auguste a-t-elle résonné dans tous les cœurs, non seulement au Mexique, mais dans les pays d'Europe où cette Vierge est honorée, l'Italie, l'Espagne, la France, etc., et dans certains pays et villes d'autres continents.
Quand Léon XIII affirmait que la foi ne se perdra jamais chez le peuple mexicain tant qu'il pratiquera sa grande dévotion mariale, ce saint Pape embrassait dans son ample regard la nation mexicaine tout entière, même ses fils vivant à l'ombre d'un drapeau autre que celui du Mexique; et les touchantes paroles des distiques qui sortirent de sa plume lors du Couronnement s'étendent à tout ce culte quel que soit le pays où il fleurit.
Voici ce texte, en latin d'abord, et ensuite en traduction :
MEXlCUS HEIC POPULUS MIRA SUB IMAGINE GAUDET
TE COLERE, ALMA PARENS, PRAESIDIQUE FRUI
PER TE SIC VIGEAT FELIX TEQUE AUSPICE CHRISTI
IMMOTAM SERVET FIRMIOR USQUE FIDEM.
LEO XIII
(Autographe, 26 février 1895)
Ici, au pied de ton Image miraculeuse, le peuple mexicain se réjouit
De s'adonner à ton culte, Mère secourable, et de bénéficier de ta protection.
Que par toi, ainsi, il s'épanouisse prospère; et tous tes auspices.
Qu'il conserve plus fermement que jamais l'inébranlable foi du Christ.
FIN _________________ Ô Dieu, venez vite à mon aide;
Dómine, ad adiuvándum me festína.
¡Dios mio, venga a nosotros Tu Reino! |
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