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gabrielle

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Posté le: Mardi 16 Septembre, 2008 13:09 Sujet du message: La fille de saint François... |
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CHAPITRE IV.
LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
| Citation: | 1. — Le maître et sa première " Petite Plante ".
Analysant la merveilleuse charité qui unissait sa sainte mère au grand évêque Ambroise, l'incomparable saint Augustin écrivait : "elle l'aimait comme s'il eût été un ange du Seigneur" (1).
C'est de cette affection tendre et forte que Claire entourait son Père FRANÇOIS.
FRANÇOIS n'était-il pas un ange du Seigneur ?
Les anges avaient salué sa venue, le Christ, descendu dans son cœur, y avait établi la demeure de sa charité infinie.
Les lèvres de François comme celles des prophètes et des archanges distillaient la parole de DIEU. |
(1) Conf., ch. I,1
ALBINA HENRION
VISIONS D'ASSISE
SAINTE CLAIRE
L'AINEE DU POVERELLO 139-175
TRADUCTION DE L'ITALIEN par le R. P. BARTHELEMY HEROUX, O.F.M.; revue et reconnue par l'Auteur.
IMP. FRANC. MISSIONNAIRE
188, Grande Allée, QUEBEC (Canada)
1933 _________________ Il ne faut plus se taire.
Criez avec cent mille langues.
Je vois, qu'à force de se taire, le monde est pourri. ( Sainte Catherine de Sienne) |
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gabrielle

Inscrit le: 10 Déc 2006 Messages: 7755 :
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Posté le: Mardi 16 Septembre, 2008 23:30 Sujet du message: |
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LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
| Citation: | Une amitié sainte était née sous le regard de la Reine des Anges entre François et Claire.
Leur charité mutuelle formait ce " lien de perfection " dont parlait saint Paul, et servit de modèle à " l'amitié véritable " que pratiquera saint François de Sales.
Unies dans le Seigneur, les âmes des deux Fondateurs purent se mériter une immortelle couronne de pureté.
Ange de bonté et séraphin d'amour, François d'Assise avait communiqué à sa "première petite plante" sa soif de sainteté et son idéal de restauration.
Il la conduisit ensuite par l'austère sentier de la pénitence.
La petite plante se transformera en arbre merveilleux ses rameaux couvriront la terre, toucheront le ciel azuré et abriteront tous les peuples.
Au début de la fondation, François montait souvent de la Portioncule à Saint-Damien.
Il allait réconforter la " petite plante " émigrée des douceurs de la maison paternelle aux austérités du cloître.
Bref, il lui fallait tout créer, tout ordonner. Bientôt, avec les progrès de l'œuvre, il commença par priver peu à peu ses filles de ses visites.
Enfin, pour éviter les soupçons malicieux, il défendit à tous ses Frères de s'y rendre sans une permission spéciale du Vicaire Général.
Il donna le premier l'exemple " ses visites étaient rares, dit CELANO toujours utiles et motivées par une nécessité " (2).
Quand le nouvel Ordre eut franchi les limites de la terre natale, il confia tous les monastères au Cardinal Protecteur.
Il ne se réserva que Saint-Damien.
Les Sœurs se plaignaient parfois de ses visites trop rares.
François répondait avec une tendresse paternelle aux Frères qui lui transmettaient leur chagrin :
" Ne croyez pas que je ne les chérisse de tout mon cœur et que je les oublie. Ne pas les entretenir dans l'amour du Christ serait très mal de ma part après les avoir constituées ses Epouses. Seulement, ajoutait-il, je dois vous donner l'exemple de la prudence afin que vous fassiez de même" (3).
Le Saint ne pouvait pas parler autrement.
Claire se plaignit plus amèrement, un jour, de cet abandon apparent, car elle redoutait de se voir privée de la direction du saint Fondateur.
François lui rendit alors une visite, consola les sœurs affligées et promit de ne les abandonner jamais en prenant un engagement solennel :
"A la très chère sœur Claire et autres Moniales de Saint-Damien. Puisque, par l'inspiration divine, vous vous êtes faites filles et servantes du Roi très-haut et souverain, le Père Céleste, et les épouses du Saint-Esprit en choisissant la vie parfaite du saint Evangile, je vous promets d'avoir toujours par moi-même ou par mes frères, un soin attentif et une sollicitude particulière pour vous toutes comme pour mes frères eux-mêmes " (4).
Claire conserva comme une relique précieuse cette promesse de François, faite peu de temps après la vocation de ses premières filles. Elle la transcrivit dans la dernière Règle des Clarisses et la leur laissa en héritage dans son Testament. |
(2) CÉLANO, Vita Secunda, p. III, ch. xxxiv.
(3) Id., ibid. — Ms. 500, p. 132. " Je veux que nul des Frères ne s'offre spontanément pour les servir. Ceux que cet office mortifie et contraint, seront envoyés s'ils sont hommes spirituels et éprouvés ".
(4) Règle de 1253, ch. VII. Une légende rapportée par le P. FACCHINETTI 0. F. M. nous montre comment saint François n'abandonna jamais Claire, qu'il l'assista de loin et lui conserva toujours une affection très chaste. ("S Francesco d'Assisi", ch. vi, p. 161).
François accompagné de Frère Léon s'était rendu à la ville de Sienne pour y prêcher l'amour de Dieu et de la pauvreté, mais les Siennois n'avaient pas voulu recevoir les humbles apôtres du Seigneur.
S'attribuant l'insuccès de ce voyage apostolique, le Saint demanda à Frère Léon de l'humilier.
Et, comme Frère Léon tardait à lui obéir, François s'en affligeait dans son cœur.
Le long du chemin obscur, il se souvenait de la douce Assise où il avait laissé ses Fils spirituels et Claire, la fille de son âme.
Il savait que cette pieuse vierge était exposée à de grandes tribulations, à cause de son amour pour la sainte Pauvreté.
A ce moment, le Saint se demanda si dans l'ermitage de Saint-Damien sa chère fille ne serait pas malade de corps ou d'âme et si elle persévérait dans ses bonnes résolutions.
Ces doutes l'oppressèrent de telle sorte sous leur poids, que, parvenu au point où le chemin s'engage entre les collines, il lui semblait à tout instant que ses jambes s'enfonçaient dans la terre.
Il se traîna jusqu'à un puits qui était dans toute sa fraîcheur, rempli d'une eau limpide et il s'effondra sans forces sur la margelle.
L'homme de Dieu resta ainsi longuement incliné au-dessus du puits. Puis, relevant la tête, il dit joyeusement au Frère Léon :
" Frère Léon, petite brebis du bon Dieu, que penses-tu que "j'aie vu dans ce puits ? "
Et Frère Léon répondit :
" La lune, Père, la lune qui s'y réfléchit. "
— " Non, Frère Léon, ce n'est pas notre sœur lune que j'ai vue " dans ce puits, mais par la grâce adorable du Seigneur, j'ai vu le vrai visage de Sœur Claire si pur, si rayonnant de sainte joie, que tous mes doutes se sont immédiatement évanouis, j'ai acquis la certitude que notre sœur jouit en ce moment du vrai bonheur que Dieu accorde à ses privilégiés, en les comblant des trésors de la pauvreté. " Après avoir ainsi parlé, le bon saint François but dans le creux de sa main quelques gouttes d'eau, et se releva réconforté.
— Et voilà pourquoi le nom de Sainte-Claire a été donné à ce puits " (traduction de l'édition monumentale des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, p. 211).
Le puit serait au centre
ALBINA HENRION
VISIONS D'ASSISE
SAINTE CLAIRE
L'AINEE DU POVERELLO 139-175
TRADUCTION DE L'ITALIEN par le R. P. BARTHELEMY HEROUX, O.F.M.; revue et reconnue par l'Auteur.
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gabrielle

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Posté le: Mercredi 17 Septembre, 2008 23:14 Sujet du message: |
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LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
| Citation: | Toute sa vie, le Saint fut fidèle à sa promesse. Quand il fut près de mourir, il recommanda à ses Frères de continuer sa sollicitude pour Claire et ses filles (5).
Il se montra néanmoins toujours offensé de l'empressement que ses filles déployaient pour le recevoir.
Un jour, il devait prêcher à Saint-Damien. Dès son arrivée il remarqua un entrain inaccoutumé : les sœurs prenaient leurs places avec gaieté, deux fois heureuses de recevoir leur Père et d'entendre ses exhortations savantes et enflammées.
Au lieu d'un sermon le Saint leur fit une prédication muette plus efficace que les paroles.
Il entra dans l'église et pria longtemps en silence les yeux levés au ciel.
Puis appelant la sacristine, il se fit apporter de la cendre, en traça un cercle sur les dalles autour de lui et répandit le reste sur sa tête.
Il s'agenouilla de nouveau pour continuer sa prière.
Quand la stupeur eut atteint son paroxysme il récita avec grande componction le psaume Miserere et sans dire un mot, sans même saluer l'Abbesse, il se retira.
Voulait-il rappeler aux pieuses moniales qu'il n'était que cendre et poussière et abhorrait les soins empressés ?
Elles comprirent ce langage muet.
Elles comprirent qu'en se méprisant comme la cendre elles acquerraient un droit, à l'affection du saint Fondateur et à la bénédiction de leur Epoux du ciel (6).
C'est ainsi que, de loin comme de près, François, le restaurateur du temple matériel de Saint-Damien, prenait soin d'édifier le temple des cœurs.
Sœur Claire surtout, cette pierre angulaire de l'édifice du Deuxième Ordre, fut façonnée avec une perfection spéciale. |
(5) Célano, op. cit., ibid.
(6) Id., ibid.
ALBINA HENRION
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gabrielle

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Posté le: Vendredi 19 Septembre, 2008 14:32 Sujet du message: |
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II. — La chaîne d'or
| Citation: | A l'origine de Saint-Damien (1212-1218) les moniales vivaient sous la direction immédiate de saint FRANÇOIS.
La parole du Christ prononcée par le séraphique Patriarche était la Règle des premières Clarisses comme elle avait constitué celle des premiers Mineurs.
FRANÇOIS pratiquait la perfection évangélique. L'Evangile consulté trois fois sur le conseil d'un prêtre lui avait trois fois manifesté la volonté divine.
" Si tu veux être parfait, va, vends tes biens, donnes-en le prix aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel. Ne porte rien en chemin. Que celui qui veut me suivre se renonce lui-même, prenne sa croix et marche à ma suite ".
Cette parole du Seigneur inspira la forme de vie des recluses de Saint-Damien. Claire la rappelle dans le Chapitre premier de sa Règle de 1253 : "La forme de vie des Pauvres Dames telle qu'instituée par le bienheureux FRANÇOIS consiste à observer le saint Evangile de Notre-Seigneur JESUS-CHRIST en vivant dans l'obéissance, sans rien posséder et en chasteté " (1).
Cependant FRANÇOIS leur avait donné, dès la première heure, une règle courte et informe.
Grégoire IX en parle dans une lettre à la bienheureuse Agnès de Prague et sainte Claire en témoigne (2).
" Après que le Père Céleste très haut eut touché mon cœur et m'eut inspiré de faire pénitence à l'exemple et sous la direction de notre bienheureux saint François (peu de temps après sa conversion), je lui promis obéissance avec mes Sœurs. Lorsque le bienheureux Père eut constaté que nous ne craignions, aucune pauvreté, que nous supportions même avec joie le travail, les rebuts et les mépris, il se laissa émouvoir et nous écrivit cette forme de vie : " Puisque par l'inspiration du Seigneur, vous vous êtes faites les filles et les servantes du Très Haut et Roi Souverain, le Père Céleste, et les épouses du Saint-Esprit, en choisissant de vivre selon la perfection du saint Evangile, je veux et je promets d'avoir toujours, par moi-même et par mes frères, un soin attentif et une sollicitude spéciale de vous, comme de mes Frères eux-mêmes" (3). Aussi, longtemps qu'il vécut, le Poverello accomplit fidèlement cette promesse et veilla à ce que les frères fissent de même ".
Cette forme de vie sommaire ne suffisait pas cependant à régir la communauté. Saint FRANÇOIS devait la compléter par ses instructions et par ses exemples. |
(1) LOCCATELLI, Vita breve ; Règle de 1253, p. 11.
(2) Voir OLIGER, 0. F. M., De origine regularum Ordinis satictœ Clarœ, A. F. H., V, 187 ss.
(3) V. FACCHINETTI, O.F.M., Gli scritti di S. Francesco d'Assisi, Milano, 1921.
ALBINA HENRION
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Posté le: Vendredi 19 Septembre, 2008 23:15 Sujet du message: |
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LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
II. — La chaîne d'or
| Citation: | Les débuts de Saint-Damien demeurent hélas ! ensevelis dans l'obscurité.
Nous savons néanmoins que dès 1215 le Poverello offrit à Claire le titre d'Abbesse qu'elle n'accepta que par obéissance (4).
Nous savons aussi que l'inspiration de saint FRANÇOIS avait mis en honneur à Saint-Damien le jeûne et la pénitence (5).
Dans la Règle de 1253, Claire nous informe sommairement de la vie de Saint-Damien.
Le monastère possédait un chapelain et un clerc, choisis parmi les fils les plus saints de FRANÇOIS dont l'office consistait à promouvoir la vie spirituelle.
Deux frères lais " de sainte conversation et amants de l'honnêteté " secouraient la pauvreté du monastère par leurs quêtes.
Un visiteur, distinct du chapelain, mais qui cumulait parfois les deux charges, avait mission de veiller, de prêcher et même de corriger.
Sainte Claire connut pour visiteurs frère Ambroise de Cîteaux, frère Philippe " le long " (6) et frère Pacifique.
Dans son grand respect pour l'Eglise, FRANÇOIS s'empressa de soumettre le Second Ordre à la juridiction du Pape et de l'Evêque d'Assise.
L'approbation, dès 1216 (7), de l'inouï privilège de la Pauvreté par Innocent III (8) dit l'entière dépendance du Second Ordre.
L'Evêque d'Assise use de son droit en intervenant pour tempérer l'âpre pénitence et le jeûne impitoyable de la sainte Abbesse (9). |
(4) CELANO, Legenda, par. 12; PENNACCHI, op. cit.
(5) L'Evêque d'Assise voulut peut-être, observe Beaufreton (op. cit. p. 53), imposer à Saint-Damien la règle des Bénédictines pour se rendre aux décisions du Concile de Latran (1215). " Afin que par la diversité des Ordres, la confusion ne s'introduise pas dans l'Eglise de Dieu, nous défendons qu'à l'avenir personne en institue un nouveau. Si quelqu'un veut entrer dans un Ordre religieux, qu'il choisisse un de ceux qui existent. François et Claire ne pouvaient pas, malgré leur respect pour l'Evêque, accepter la règle bénédictine qui ne répondait pas à leur idéal.
(6) CELANO écrit de Philippe le Long : "il semblait que Dieu eût purifié ses lèvres avec un charbon ardent pour qu'il Le louât avec une douceur exquise et une onction merveilleuse ".
(7) Peut-être du commencement au 16 juin, quand le Pape résidait à Pérouse. Voir OLIGER, ibid.
(8) CELANO, Légende, par. 14. (PENNACCHI) Le texte du privilège d'Innocent III ne nous est pas parvenu.
(9) CELANO, par. 18.
ALBINA HENRION
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Posté le: Samedi 20 Septembre, 2008 23:10 Sujet du message: |
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LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
II. — La chaîne d'or
| Citation: | Ce n'est qu'en mars 1217, quand le cardinal Hugolin Conti, évêque d'Ostie, fut envoyé comme Légat Pontifical en Toscane que fut élaboré le premier code de lois des Clarisses (10).
Homme illustre, aux vues larges et au grand cœur, affirme Muratori, le cardinal Hugolin unissait le savoir et l'éloquence à une indomptable fermeté qu'il mit au service du droit et de la justice.
Homme d'une inépuisable bonté, il se signala par son amitié avec saint Dominique, saint FRANÇOIS et saint Antoine de Padoue.
A la vérité, le cardinal Hugolin avait commencé son œuvre de législateur depuis un an (en 1216) pour les Clarisses, excepté celles de Saint-Damien.
Son grand mérite consista dans l'organisation définitive des monastères selon la discipline ecclésiastique. Le 27 août 1218, il obtenait du pape Honorius III la bulle " Litterœ tuœ " qui confirmait, son mandat de " reconnaissance au nom de l'Eglise des nouvelles fondations du Second Ordre franciscain".
Le droit de posséder le strict nécessaire était ainsi exprimé : " Qu'elles ne possèdent rien sous le ciel si ce n'est les maisons et leurs oratoires ".
L'année suivante (juin 1219) FRANÇOIS partit pour l'Orient où il espérait cueillir la palme du martyre (11).
En sa qualité de " protecteur de l'Ordre ", le cardinal Hugolin fut chargé du soin des Pauvres Dames de Saint-Damien, soin que le Saint s'était toujours réservé.
L'éminent cardinal voyait les monastères des Clarisses se multiplier hors de l'Italie.
Bientôt, pensait-il, il faudra une règle écrite car les directions orales de Saint-Damien deviendront insuffisantes pour le gouvernement de toutes ces maisons.
C'est de cette pensée que naquit " la forme de vie de 1219 ", dite du cardinal Hugolin. Ses ressemblances avec les constitutions de l'Ordre de Saint-Benoît, notées par Gilliath-Smith, ni lui enlèvent pas son cachet propre d'austérité (12).
Elle ordonne une clôture rigoureuse, le silence perpétuel et le jeûne quotidien ; elle prescrit diverses abstinences, le cilice, le sommeil sur la dure ; elle détermine des formalités rigoureuses pour la réception des cardinaux et des évêques, les relations avec les prêtres, les confesseurs et les visiteurs. |
(10) Mariano de Florence veut qu'il y ait eu précédemment à Saint-Damien un code de lois. Il écrit: "Le saint Frère Philippe "le long", un des douze compagnons de saint François, fut chargé par le pape Innocent III du soin des dites "Mineures". Il rédigea pour elles des constitutions et leur fit beaucoup de bien" (A. F. H., XI, 271). Ce rapport n'émane pas d'un contemporain. Il va même à l'encontre de données certaines. Nous savons, en effet, que le premier visiteur général des Clarisses fut Frère Ambroise de Cîteaux et que saint François fut affligé quand il eut vu Frère Philippe usurper l'autorité du visiteur (1219-20). Voir OLIGER, ibid.
(11) Son absence se prolongea jusqu'en mars 1220. LOCCATELLI, op. cit., ρ . 57
(12) Voir dans MAURICE BEAUFRETON l'examen comparé.
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Posté le: Dimanche 21 Septembre, 2008 23:05 Sujet du message: |
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LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
II. — La chaîne d'or
| Citation: | Il est difficile d'admettre que le cardinal ait rédigé de son propre mouvement une forme de vie aussi sévère.
Saint FRANÇOIS si rigide pour lui-même mais si plein de bonté pour les autres, ne saurait en être l'auteur.
Maurice Beaufreton observe justement que l'on " sent revivre l'esprit de sainte Claire dans cet important document " (13).
C'est assurément Claire, la vaillante fille du Poverello, qui marqua la première forme de vie de l'empreinte de son âme virile et du cachet de son amour embrasé.
Consumée par la douce austérité de la vie claustrale et forte de son expérience, Claire seule aura su inspirer ces pages et proposer à ses Sœurs le code substantiel de ces neuf articles.
Merveilleux enthousiasme d'une sainte jeunesse !
La forme de vie fut peut-être revue par saint FRANÇOIS qui l'accepta à son retour d'Orient. En effet, selon un hagiographe contemporain (14), " il semble désormais admis que saint FRANÇOIS et le Cardinal rédigèrent ensemble le code sacré des trois Ordres franciscains " (en 1223).
Il serait plus difficile de déterminer la part prise par le saint Fondateur dans la rédaction de la Règle du Second Ordre.
Un chroniqueur, Mariano de Florence, nous l'apprend dans une pieuse légende. " Le Séraphique Père dictait au Cardinal ce que l'Esprit-Saint lui communiquait et le Cardinal rédigeait en faisant de légères retouches " (15).
Frère Philippe de Pérouse nous a conservé une autre version légendaire (16).
" En rédigeant la règle du Second Ordre semblable à celle des Frères Mineurs, le Cardinal gémissait sur toutes ces austérités imposées à des vierges délicates ".
La forme de vie de 1219 ne satisfit pas Claire.
Elle y voyait une atteinte à la Pauvreté, car la porte demeurait ouverte aux possessions.
Elle ne pouvait demeurer en paix quand son idéal était menacé.
Au reste, l'Eglise, toujours maternelle pour ses enfants, combattait l'idéal de Pauvreté absolue.
En 1247, le Pape Innocent IV mitigeait la première règle de sainte Claire (17) qui n'était pas encore approuvée par l'Eglise.
Plusieurs usages étrangers y trouvaient place. |
(13) M. BEAUFRETON, op. cit.
(14) P. V. FACCHINETTI, O. F. M., Siate amici, p. 280.
(15) Id., ibid., p. 2. La légende peut être véridique en ce qui concerne les autres Ordres.
(16) P. OLIGER, ibid.
(17) Chron. XXIV Generalium dans Anal, franc., III, 271. La première règle ne jouissait pas encore de l'approbation pontificale.
ALBINA HENRION
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Posté le: Lundi 22 Septembre, 2008 23:11 Sujet du message: |
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LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
II. — La chaîne d'or
| Citation: | Ainsi prit naissance la seconde règle dite d'Innocent IV qui autorisait la propriété (6 avril 1247) (18).
Si des couvents acceptèrent la mitigation, Claire ne désirait pas être dispensée de son privilège.
Fidèle à la volonté de maître FRANÇOIS, elle voulait conserver son idéal qu'il lui léguait en ces termes avant de mourir:
" Moi, Frère François, je veux suivre la vie et la pauvreté de notre Très-Haut Seigneur Jésus-Christ et de sa très Sainte Mère ; je veux persévérer dans cette pauvreté jusqu'à la fin. Et je vous prie toutes, mes Dames, et je vous conseille de vivre toujours dans cette très sainte vie et pauvreté. Et gardez-vous bien à tout jamais de la délaisser en aucun point sur renseignement et sur le conseil de qui que ce soit" (19).
Claire écrivit entre 1247 et 1252 la troisième règle où triomphe l'esprit de FRANÇOIS dans l'âme de sa " première petite plante ".
Innocent IV approuva cette règle peu de temps avant la mort bienheureuse de la sainte Abbesse.
La bulle " Solet annuere " fut donnée à Pérouse le 9 août 1253 et deux jours plus tard Claire expirait dans la joie de sa victoire.
Le document, muni du sceau pontifical, qui avait réconforté Claire mourante, fut retrouvé à Assise en 1293 dans l'habit en lambeaux de la Sainte.
Cette découverte a fait revivre l'exhortation du Fondateur à sa première disciple.
L'institution d'un cardinal protecteur, l'exhortation à la douceur dans le commandement, à la charité, à la concorde, au silence, à la piété, au sacrifice, à l'humilité, au travail, à la parfaite soumission nous révèlent le Maître Ombrien et sa Fille spirituelle.
Mais la Pauvreté marquera toujours leur originalité.
" Comme je fus toujours jalouse de garder la sainte Pauvreté que j'ai promise au Seigneur et au bienheureux FRANÇOIS avec mes Sœurs, je veux que les abbesses futures et toutes les Sœurs soient tenues de la garder fidèlement jusqu'à la fin.
Qu'elles ne reçoivent aucun bien ou propriété, ni par elles-mêmes ni par personnes interposées.
Qu'elles n'aient que le peu de terre nécessairement requis pour la convenance et l'entretien du monastère.
Et encore qu'on ne cultive pas cette terre, si ce n'est pour avoir dans le jardin ce qui est nécessaire aux Sœurs " (20).
Fondé sur le roc inébranlable de la très haute Pauvreté, l'Ordre de sainte Claire résista à l'assaut des siècles (21).
D'autres Ordres richement dotés tombèrent victimes de la cupidité humaine.
Liées par la chaîne d'or de l'humilité, de l'obéissance, de l'amour, de la charité, de la chasteté, du silence, les Pauvres Clarisses porteront jusqu'à la fin du monde des fruits de paix et de perfection. |
(18) La II Règle fut promulguée par Innocent IV dans la bulle " c*m omnis» " du 6 avril 1247. Voir OLIGER, ibid.
(19) FACCHINETTI, Glicritti.( ?).., p. 96.
(20) Règle de 1253, ch. vi. LOCCATELLI, p. 200.
(21) Les mitigations opérées par Innocent IV (1247) et Urbain IV (1263) n'arrêtèrent pas l'élan de la pauvreté. Claire triompha la première avec sa règle de 1253. Saint Bernardin de Sienne et sainte Colette ramenèrent à l'observance primitive un grand nombre de monastères de Clarisses Urbanistes.
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Posté le: Mercredi 24 Septembre, 2008 14:50 Sujet du message: |
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LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
III. — L'agape fraternelle
| Citation: | Le Maître avait rompu à sa disciple le pain de la vie éternelle ; le Père l'avait soutenue par son amitié enflammée de l'amour divin.
Pourquoi le Frère ne viendrait-il pas, un jour, goûter avec elle le vrai pain, le pain délicieux de l'aumône et de Dame Pauvreté ?
Avant de s'offrir à la mort le Divin Maître n'avait-il pas rompu son propre corps aux apôtres dans la dernière Cène ?
Il leur avait présenté son âme divine sous les apparences du pain.
Entendons le récit des " Fioretti ":" Lorsque saint FRANÇOIS demeurait à Assise, souvent il visitait sainte Claire, lui donnant de saintes instructions.
Et elle, ayant un très grand désir de manger une fois avec lui, de quoi elle le priait souvent, il ne voulut jamais lui donner cette consolation.
Et ses compagnons voyant le désir de sainte Claire dirent à saint FRANÇOIS :
" Il nous paraît que cette rigueur n'est point selon la charité divine, que tu n'exauces point sœur Claire, vierge si sainte, chérie de DIEU, en une chose aussi petite que de manger avec toi : et spécialement, en considérant que sur ta prédication, elle abandonna les richesses et les pompes du monde. Et en vérité, si elle te demandait une grâce plus grande que n'est celle-ci, aussi bien devrais-tu l'accorder à ta fille spirituelle ".
Alors saint FRANÇOIS répondit :
" Vous semble-t-il que je doive l'exaucer ? " Les compagnons répondirent :
" Oui, Père, ce serait un bonne chose que tu lui fisses cette grâce et consolation " .
Saint FRANÇOIS dit alors :
" Puisqu'il vous semble ainsi, il me semble ainsi à moi. Mais afin qu'elle soit plus consolée, je veux que ce repas se fasse à Sainte-Marie des Anges, parce qu'elle est restée longtemps recluse à Saint-Damien, de sorte qu'il lui agréera de voir le logis de Sainte-Marie des Anges, où elle fut tondue et faite épouse de JESUS-CHRIST ; et là nous mangerons ensemble au nom de DIEU". |
ALBINA HENRION
VISIONS D'ASSISE
SAINTE CLAIRE
L'AINEE DU POVERELLO 139-175
TRADUCTION DE L'ITALIEN par le R. P. BARTHELEMY HEROUX, O.F.M.; revue et reconnue par l'Auteur.
IMP. FRANC. MISSIONNAIRE
188, Grande Allée, QUEBEC (Canada)
1933 _________________ Il ne faut plus se taire.
Criez avec cent mille langues.
Je vois, qu'à force de se taire, le monde est pourri. ( Sainte Catherine de Sienne) |
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gabrielle

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Posté le: Jeudi 25 Septembre, 2008 14:52 Sujet du message: |
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LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
III. — L'agape fraternelle
| Citation: | Le jour choisi étant arrivé, sainte Claire sortit donc du monastère avec une compagne et, escortée des compagnons de saint FRANÇOIS, vint à Sainte-Marie des Anges et après qu'elle eut salué dévotement la Vierge MARIE devant son autel, où elle avait été tondue et voilée, ils la menèrent, lui faisant voir le logis, jusqu'à ce qu'il fut l'heure de dîner.
Pendant ce temps, saint FRANÇOIS fit apprêter le repas par terre, comme d'habitude.
Et l'heure de dîner venue, saint FRANÇOIS et sainte Claire, un des compagnons de saint FRANÇOIS et la compagne de sainte Claire s'assirent ensemble et puis tous les autres compagnons se placèrent à table humblement.
Et aux premiers mets, saint FRANÇOIS commença à parler de DIEU si suavement, si hautement, si merveilleusement que, l'abondance de la grâce divine descendant sur eux, tous furent en DIEU ravis.
Et tandis qu'ils étaient ainsi tous en extase, les yeux et les mains levés au ciel, les gens d'Assise et de Bettona et ceux de la contrée d'alentour, voyaient que Sainte-Marie des Anges et tout le logis et le bois qui était alors à côté du logis, ardaient fortement ;
et il paraissait que ce fût un grand feu qui consumait l'église et le logis et le bois ensemble ; et, pour cette raison, les gens d'Assise en grande hâte accoururent pour éteindre le feu, croyant vraiment que tout brûlait.
Mais parvenus au logis et ne trouvant aucun feu, ils entrèrent à l'intérieur et trouvèrent saint FRANÇOIS et sainte Claire avec toute leur compagnie, ravis, en DIEU par la contemplation et assis autour de cette humble table !
Par où ils comprirent que certainement c'avait été le feu divin et non matériel que DIEU avait fait apparaître miraculeusement, pour montrer et signifier le feu du divin amour duquel ardaient les âmes de ces saints frères et de ces saintes recluses ; et ils partirent, le cœur rempli d'une grande consolation et d'une sainte édification.
Puis après un grand espace de temps, saint FRANÇOIS et sainte Claire revenant à eux en même temps que les autres, et se sentant bien réconfortés de la nourriture spirituelle, se soucièrent peu d'aliments corporels. |
ALBINA HENRION
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gabrielle

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Posté le: Samedi 27 Septembre, 2008 13:28 Sujet du message: |
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LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
III. — L'agape fraternelle
| Citation: | | Et, ainsi accompli ce dîner béni, sainte Claire bien accompagnée retourna à Saint-Damien dont les Sœurs eurent grande allégresse en la voyant, car elles tremblaient que saint FRANÇOIS ne l'eût envoyée gouverner quelque autre monastère ainsi qu'il avait envoyé sa sainte sœur, sœur Agnès, pour régir comme abbesse le monastère de Monticelli de Florence ; et plusieurs fois saint FRANÇOIS avait dit à sainte Claire : " Apprête-toi, il faudrait que je t'envoie en quelque endroit " et elle, comme fille de la sainte obéissance, avait répondu : " Père, je suis toujours prête à aller partout où vous m'enverrez ". Et pour cela les Sœurs se réjouirent fort quand elle revint et sainte Claire resta dès lors consolée " . |
ALBINA HENRION
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gabrielle

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Posté le: Samedi 27 Septembre, 2008 23:19 Sujet du message: |
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LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
IV. — La montagne sainte
| Citation: | Situé au pied de l'Alverne sainte, le Casentin semble le prélude d'une harmonie plus grandiose, d'une beauté plus éclatante, d'un poème plus divin.
L'enchantement de ses cimes lumineuses disposées en amphithéâtre l'annonce par une symphonie de verdure et une poésie faite de soleil et de clair-obscur.
Nouveau tombeau, nouvelle arche où la majesté du Seigneur provoquée par la plus grande folie d'amour qui ait jamais passionné un cœur d'homme, redescendit pour assouvir ce cœur amoureux, la montagne sainte s'élève sur la droite du Casentin.
Elle est si près du ciel qu'elle semble vouloir le toucher pour l'enlacer dans une étreinte d'amour. Sa cime, composée de masses cyclopéennes suspendues entre ciel et terre, — les pierres là-haut semblent connaître les extases — présente un piédestal idéal à la contemplation ; car entre celle-ci et le monde s'étend l'abîme.
La route qui, de Bibbiena, descend, monte, plane et monte encore par des pentes toujours plus raides, se déroule blanche et tortueuse jusqu'au " crudo sasso ".
La conquête des sommets est toujours ardue.
La gloire ensoleillée ne réside-t-elle pas dans les hauteurs ?
Dans l'altitude de l'ermitage de l'Alverne et dans son silence azuré brille un autre soleil.
C'est le soleil de la paix promise aux âmes abattues par les luttes de la vie et assoiffées d'idéal !
Sur tous les points de l'horizon les hautes cîmés des Apennins forment une couronne ou plutôt une garde d'honneur au couvent sublime.
Deux rivières, puisant leurs sources dans le cœur des montagnes, déroulent leurs flots de vallée en vallée en murmurant, sur le rythme des eaux l'histoire glorieuse du passé.
L'ermitage garde le silence en contemplant le ciel.
Mais les cimes frémissantes de la séculaire forêt vierge qui entoure le couvent répondent en chantant une merveilleuse histoire d'amour. |
ALBINA HENRION
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gabrielle

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Posté le: Dimanche 28 Septembre, 2008 15:06 Sujet du message: |
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LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
IV. — La montagne sainte
| Citation: | Le comte Orlando de Chiusi avait donné cette montagne solitaire à FRANÇOIS.
Le "Prophète de la paix", humble, simple et bon, gravissait, il y a sept siècles (1215), la " montagne sublime de l'oraison et de la contemplation " ; il apparaissait dans la solitude bientôt convertie en ermitage avec sa figure d'ascète et son regard de feu.
Son grand cœur battait au rythme de l'amour divin. Son âme jubilante entonnait un hymne car les poètes chantent partout leurs œuvres.
Les saints eux vivent une épopée idéale ! La poésie vécue n'atteint-elle pas le sublime ?
En gravissant la pente abrupte de la montagne, le Saint s'arrêta pour se reposer un instant.
Alors se groupèrent sous le chêne hospitalier le Saint et ses compagnons Léon, Ange et Massé. Les oiseaux, poètes ailés, souhaitèrent la bienvenue à leur frère poète en possession comme eux de la joie parfaite.
Pour exprimer leur allégresse, ils voletaient autour de sa personne et se posaient sur ses épaules, sur sa tête, sur sa poitrine et sur ses mains.
FRANÇOIS s'adressa à ses compagnons : " Mes frères très chers, je crois que le désir de Notre-Seigneur JESUS-CHRIST est que nous nous établissions sur cette montagne solitaire puisque nos frères les oiseaux nous accueillent avec tant de joie ".
Encouragé par cette réception fraternelle, FRANÇOIS continua son ascension et prit possession de ce royaume du silence. Une hutte de branches et de terre construite par les soins de son généreux bienfaiteur lui servit de gîte. |
ALBINA HENRION
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gabrielle

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Posté le: Dimanche 28 Septembre, 2008 23:18 Sujet du message: |
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LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
IV. — La montagne sainte
| Citation: | C'est dans cette pauvre cabane que FRANÇOIS passa des jours et des nuits en oraison, qu'il jeûna et flagella son corps.
Ce fut dans cette solitude vierge qu'il conversa avec le Seigneur et que la Vierge des anges lui demanda de construire une petite chapelle.
Que l'âme s'élève bien haut au-dessus du monde et qu'aucune créature ne s'interpose entre elle et son Créateur si elle désire percevoir la présence divine et s'en délecter, si elle désire goûter d'intimes colloques spirituels.
Toujours hanté par la pensée de son amour, le Saint pénétra plus avant dans la solitude des rochers cyclopéens qui s'étaient fendus de douleur à la mort du Sauveur.
Appelée à devenir un autre Calvaire cette montagne s'était sentie émue pendant la divine tragédie et en avait frémi d'horreur.
FRANÇOIS aima le " Sasso spicco", soutenu dans les airs par un prodige constant.
Les autres rochers menaçants qui faisaient mine de l'écraser lui, pécheur, étaient également chers à son cœur.
Bref, toutes ces pierres unies étroitement les unes aux autres lui rappelaient l'amour.
L'ascète posa son front sur les rochers de son Calvaire, étendit ses bras en croix, médita, pleura et revécut la Passion du Divin Maître.
Dans cette sphère de contemplation sublime une nouvelle victime se préparait pour un nouvel autel pour un nouveau sacrifice !
Pleins de respects, les rochers admiraient ; le vent qui soufflait dans les hêtres s'était tu ; la montagne se recueillait.. . Dans les ravins de la Penna, frère loup étouffait son hurlement affamé de peur de troubler le contemplatif... |
ALBINA HENRION
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Posté le: Lundi 29 Septembre, 2008 23:11 Sujet du message: |
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LA FILLE DE SAINT FRANÇOIS
V. — Le martyre inouï
| Citation: | FRANÇOIS ne mettait pas de borne à son zèle apostolique.
Il était disposé à courir aux extrémités de la terre, à donner sa vie pour conquérir des âmes au Seigneur.
Devant Damiette, en 1219 il proposait au chef des Musulmans : "Si vous doutez de la vérité de la loi du Christ ou de celle de Mahomet faites allumer un grand feu. J'y entrerai avec vos docteurs et si je sors sain et sauf, vous reconnaîtrez ainsi que JESUS-CHRIST seul est digne d'adoration ".
Le Sultan avait refusé la proposition de peur de voir son peuple se soulever.
Le serviteur de DIEU en éprouva une grande peine.
En ces jours une vision réconfortante lui révéla : "Tu ne seras pas frustré de la palme du martyre, mais tu ne la cueilleras pas en Egypte ni sous le tranchant du glaive " (1).
Docile à la parole divine, FRANÇOIS revint en Italie.
Vers la fin de sa mission apostolique, le Poverello comprit qu'il ne vivrait plus longtemps car il lui fallait mourir pour aimer davantage.
N'avait-il pas déversé sur le monde les trésors de son grand cœur ?
Un violent amour de la douloureuse Passion s'empara de lui.
Epuisé, ployant sous le fardeau des souffrances et des mortifications, il gravit son Calvaire.
On était au commencement d'août 1224. FRANÇOIS, génie de la sainteté, se réfugiait parmi les rochers et les bois de son Alverne, car il avait soif de silence et son âme aspirait vers les sommets.
Il choisit la cellule la plus solitaire.
Frère faucon connut seul le mystère de son jeûne et de son oraison.
C'est ainsi que FRANÇOIS préparait son âme à la vision sublime et son corps au divin martyre. |
(1) Saint BONAVENTURE, Vie de saint François, ch. IX.
ALBINA HENRION
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