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Louis Mc Duff

Inscrit le: 10 Déc 2006 Messages: 3117 :
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Posté le: Mardi 16 Septembre, 2008 13:12 Sujet du message: Les Franciscains du Canada et leurs Missions |
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Les FAMILLES FRANCISCAINES
| Citation: |
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LIVRES CONSULTÉS
BULLETIN : Les Missions franciscaines. -1923 et suivants.
ENCYCLIQUES : Maximum illud, (Benoît XV) ; Rite Expiatis, (Pie XI) ; Rerum Ecclesiæ, (Pie XI).
LA REVUE FRANCISCAINE. - Montréal, 1920 et suivants.
R. P. MARNAS : La Religion de Jésus ressuscitée au Japon.
R. P. VILLION, M. E. P. : Cinquante ans d'apostolat au Japon.
R. P. Ε. ΡΑPΙΝΟΤ, M. E. P. : Dictionnaire historique et géographique du Japon.
R. P. URBAIN CLOUTTER, O. F. M. : Propos Japonais.
R. P. BONAVENTURE PELOQUIN, 0. F. M. : Les débuts d'un missionnaire.
ACTA ORDINIS FRATRUM MINORUM, 1924 et suivants.
FR. PRUDENZANO : François d'Assise et son siècle.
R. P. LEMMENS, O. F. M. : Les Missions franciscaines. - 1923.
____________________________________
AU LECTEUR
Ces pages ne sont qu'une hâtive et sommaire compilation qui dira la part des Franciscains du Canada dans l'évangélisation des pays infidèles. Après une rapide vue d'ensemble sur l'apostolat franciscain aux siècles passés, elles font connaître nos champs d'apostolat à l'étranger ; puis elles exposent brièvement les œuvres de recrutement et de propagande, destinées à fournir nos missions d'ouvriers et de ressources.
Les compilateurs n'ont pas cru devoir charger le texte de notes et de références. Leurs affirmations sont presque toutes empruntées aux sources dont on trouvera la liste à la page précédente... |
A suivre. _________________ Ô Dieu, venez vite à mon aide;
Dómine, ad adiuvándum me festína.
¡Dios mio, venga a nosotros Tu Reino! |
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Louis Mc Duff

Inscrit le: 10 Déc 2006 Messages: 3117 :
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Posté le: Mardi 16 Septembre, 2008 23:03 Sujet du message: |
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| Citation: | LES FRANCISCAINS DU CANADA ET LEURS MISSIONS
COUP D'ŒIL GÉNÉRAL
La sainte liturgie appelle S. François d'Assise " l'homme catholique et tout apostolique ", Vir catholicus et totus apostolicus. Voilà une louange peu commune! Ces quelques mots ornent le front de François d'une glorieuse auréole. Pourquoi, cet éloge extraordinaire? Voici une explication.
François et son ami Dominique de Gusman furent au Moyen-âge les plus apostoliques parmi les fondateurs d'ordres religieux. Sans doute, les disciples de S. Benoît avaient entrepris chez les peuples barbares des croisades pacifiques : témoins ces moines qui désertent leurs cloîtres silencieux pour explorer en pionniers du Christ la sombre foret germanique. Mais cet apostolat conquérant était une forme d'action extraordinaire. Le moine d'Occident préférait agir sur la société par le rayonnement de sa prière, le prestige de sa culture, et l'exemple de son travail. François ne renonce pas aux douceurs de la contemplation ; docile aux inspirations divines il en fait le plus sûr moyen de surnaturaliser, de féconder le travail apostolique. Selon le vrai sens du mot, François fut un homme " tout apostolique " par ses aspirations et ses enseignements, par son exemple et son influence sept fois séculaire.
S. François apostolique dans ses aspirations et ses enseignements
A ses disciples, François ne cesse de prêcher l'apostolat. « Dieu ne nous a pas appelés seulement pour nous, leur dit-il, mais pour le salut de tous ». Impulsion d'une nature héroïque, tendresse envers son Dieu méconnu, pitié pour l'existence découronnée des pauvres infidèles, perspective du martyre, tout le porte aux conquêtes lointaines. Pour inculquer à ses fils son esprit missionnaire, le saint législateur insère dans sa règle cette disposition alors si originale : " Que tous ceux qui voudront aller parmi les Sarrazins et les autres infidèles en demandent la permission à leurs ministres ..." L'intrépide apôtre lance alors ses religieux dans la mêlée du monde avec ce mot d'ordre : " Dieu et les âmes sous l'égide de Dame Pauvreté ".
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| Citation: | Tiré de : LES FRANCISCAINS du CANADA et leurs MISSIONS, Montréal, 1927.
A suivre |
_________________ Ô Dieu, venez vite à mon aide;
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gabrielle

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Posté le: Mercredi 17 Septembre, 2008 18:15 Sujet du message: |
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Court historique du Sanctuaire de la Réparation à Montréal.
Le 12 mai 1840 naissait à Angers, France, Marie Hébert de la Rousselière. Confiée de bonne heure à sa grand-mère maternelle, elle grandit dans une atmosphère d'une profonde religiosité. Marie de la Rousselière dira plus tard de sa grand-mère: "Je lui dois mes premiers élans de ferveur".
Sa soeur, Marie-Clémentine, d'un an plus agée, vivait également avec la grand-mère; leur mutuelle tendresse fut le soleil de leur enfance et de leur jeunesse.
Elle vint à Paris, où sa soeur s'était fixée après son mariage avec M. André Brisset des Nos. C'est à cette époque que Marie de la Rousselière rencontra saint Pierre-Julien Eymard, fondateur de la congrégation des Pères du Saint-Sacrement, qui devait avoir une influence importante sur sa vocation. C'est à cette même époque qu'elle fonda l'Association des prêtres adorateurs, avec l'appui des Pères du Saint-Sacrement, en 1879.
Elle sera à l'origine de nombreux projets: elle ira jusqu'à revêtir l'habit du quêteur pour assurer la bonne marche des oeuvres. À quarante-sept ans, elle devra laisser ses projets pour se rendre au Canada, en réponse à l'appel de son beau-frère de venir prendre soin de sa soeur malade. Ajoutons que, en France, nous sommes à l'époque de la répression religieuse, autre facteur important du départ de Marie de la Rousselière vers le Canada.
Après quelques mois d'adaptation à son nouveau pays, elle reprend son travail de propagation du culte au Saint-Sacrement. Sa réputation grandissait chaque jour davantage. Elle était citée pour la sainteté de sa vie et la ferveur de sa foi. Son zèle s'enflamme à l'idée d'un sanctuaire dédié à l'oeuvre de la Réparation au Sacré-Coeur. Mais où le bâtir?
À quelques lieues de Montréal, son beau-frère avait acheté, pour y passer l'été, une importante propriété. Un petit bois la couronnait. La beauté de ses arbres, sa situation pittoresque, et surtout la grande solitude qui y régnait avaient de quoi séduire, pour qui aime à se recueillir et prier.
En reconnaissance pour les services rendus, le terrain lui fut donné pour qu'elle puisse y ériger une modeste chapelle dédiée à la Réparation au Sacré-Coeur, sous le vocable de Notre-Dame-des-Oliviers. Elle renouvelle ses démarches auprès de l'Archevêché de Montréal, qui finalement lui accorde une autorisation d'essai. Elle récolte les 1700 dollars nécessaires à l'achat du bois pour la construction et les travaux débutent à l'automne de 1896. Encore un peu de temps et, au petit sanctuaire, trop étroit pour le nombre de pèlerins qui accourent, une approbation officielle sera accordée par l'Archevêque de Montréal:
Après un bref séjour des Pères Dominicains, ce sont les Pères du Saint-Sacrement qui assumeront l'animation du pèlerinage jusqu'en 1918. Ensuite, des prêtres séculiers du secteur, en particulier l'abbé Michel Beaudoin, prirent la relève, jusqu'à l'arrivée des gardiens du Sanctuaire, les Frères Mineurs Capucins, en 1921.
En 1902, Marie de la Rousselière, retourna définitivement en France. Elle passa les vingt dernières années de la vie, au Carmel d'Angers. Elle y décéda le 3 octobre 1924, portant en son coeur "La Réparation".
XII Station du chemin de la Croix, situé dans le Bocage. _________________ Il ne faut plus se taire.
Criez avec cent mille langues.
Je vois, qu'à force de se taire, le monde est pourri. ( Sainte Catherine de Sienne) |
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Louis Mc Duff

Inscrit le: 10 Déc 2006 Messages: 3117 :
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Posté le: Mercredi 17 Septembre, 2008 23:02 Sujet du message: |
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| Citation: | S. François apostolique par son exemple
Après l'enseignement de ses préceptes, François donne l'exemple de l'action. Deux fois il quitte sa patrie pour aller prêcher la foi aux infidèles, mais Dieu l'arrête dans son élan et le ramène en Italie. Que fera notre héros? Perdra-t-il courage? Non ! En 1217, il recrute quelques volontaires pour la mission germanique, mais les moissonneurs de l'Évangile récoltent plus de coups que de conversions. En 1219, un nouvel assaut de conquête est décidé. Il prend bientôt les allures d'une marche triomphale. Une seule expédition, celle du Maroc, échoue ; mais elle embellit la couronne séraphique des cinq premiers fleurons empourprés de sang, et suscite la vocation franciscaine au grand missionnaire, Antoine de Padoue. Pour la troisième fois l'apôtre d'Assise gagne les plages musulmanes.
Sur les chemins de l'Égypte, François parle peu ; il est songeur. A quoi pense-t-il? Il rêve d'une conquête pacifique où la milice des Frères-Mineurs remplacera les guerriers bardés de fer. François spiritualise l'idée des Croisades.
" Jusqu'ici, pense-t-il, inutilement on a tenté de vaincre nos frères les Sarrazins, eh bien, nous irons à eux comme les apôtres, en messagers de la paix, de la charité et de la vérité ! "
Remarquons ici la psychologie du Pauvre d'Assise, il ne fait pas de détours inutiles, il va droit au sultan. "Si je convertis ce prince, dit-il, j'aurai gagné toute sa nation ". Devant le chef des infidèles, il prêche le Christ avec véhémence et courtoisie. Le sultan est dans l'admiration, mais, il se raidit contre la grâce et s'arrête, dans une attitude de sympathie, aux confins de la croyance. Avec tristesse, François quitte ce prince sans volonté comme le jeune homme de l'Evangile, et gagne la Terre-Sainte, sentinelle avancée sur la frontière de l'Islam. On y plante le premier jalon du glorieux Calvaire que les Frères-Mineurs gravissent depuis sept siècles pour monter en Palestine la garde des Lieux-Saints.
Le Séraphin d'Assise n'est plus, mais ses chevaliers vont continuer son œuvre apostolique dans l'Ancien et le Nouveau Monde. Du 13e au 20e siècle des vagues franciscaines déferlent contre tous les rivages. Elles entament les froids rochers du paganisme et de l'islamisme, laissant partout les traces profondes de leurs assauts.
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| Citation: | Tiré de : LES FRANCISCAINS du CANADA et leurs MISSIONS, Montréal, 1927.
A suivre |
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Louis Mc Duff

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Posté le: Jeudi 18 Septembre, 2008 23:04 Sujet du message: |
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| Citation: | INFLUENCE APOSTOLIQUE DANS L'ANCIEN MONDE
Europe et Afrique
Voyez les Franciscains à l'œuvre en Europe. Du temps même de leur fondateur, ils évangélisent l'Allemagne, la Lettonie, la Lithuanie, les Balkans. Dans plusieurs de ces régions ils sont encore actuellement les seuls pasteurs et en 1924 la province de Hollande envoie ses missionnaires dans la protestante Norvège. — Au XIIIe siècle les fils du Poverello parcourent tout le littoral nord-africain, du Maroc à l'Abyssinie. A la voix du Bx. Raymond Lulle la croix remplace le croissant sur les mosquées d'Algérie et de Tunisie. En Tripolitaine, son premier évêque, le P. Cantor, O. F. M., sous sa houlette pastorale ramène au divin Pasteur un nombreux troupeau de fidèles égarés. — Tournez maintenant vos yeux vers le Congo, le Mozambique, la Guinée, les Canaries etc, . Qui voyez-vous? C'est le Bx Thomas de Florence, précurseur de six évêques franciscains.
Asie
Tandis que des Frères-Mineurs, par leur prédication et les flots de sang versé entravent la marche du mahométisme en Afrique, d'autres fils de François sillonnent les régions montagneuses de Tartarie, de Chine, et de P e r s e, lançant sur leur passage les semences évangéliques et récoltant de riches moissons. Au XIIIe siècle on voit Jean de Plan-Carpin et Guillaume Ruysbroeck légats du pape en Tartarie, et Jean de Mont-Corvin devenir premier archevêque de Chine.
Après des vicissitudes de sept siècles, les Franciscains possèdent encore dans le Céleste Empire, dix vicariats, trois préfectures apostoliques et deux évêques franciscains chinois.
Au XIVe siècle, le Bx Odoric de Pordenone, prêche le vrai Dieu dans la P e r s e et l'Indo-Chine. Grâce au zèle du P. Antoine de Porta et du Bx Thomas de Tolentino, les Franciscains fondent aux Indes plus de cent cinquante églises. Le XVIe et le XVIIe siècle ont écrit dans notre histoire une page triomphale, mais combien sanglante ! Au Japon éclate une persécution où les victimes luttent d'héroïsme avec les martyrs de l'Église primitive. Là, 329 disciples de S. François, dont 68 placés sur les autels, ont fécondé de leur sang le champ apostolique.
Durant deux siècles les empereurs japonais ferment leurs ports à l'étranger et recouvrent d'un sombre voile la florissante chrétienté. A l'aurore du XXe siècle, ces riches champs apostoliques demeurés longtemps incultes revoient les semeurs de l'Apostolique François : les Franciscains canadiens et allemands qui prennent vaillamment leur part de travail.
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| Citation: | Tiré de : LES FRANCISCAINS du CANADA et leurs MISSIONS, Montréal, 1927.
A suivre |
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Louis Mc Duff

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Posté le: Vendredi 19 Septembre, 2008 23:02 Sujet du message: |
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| Citation: | NOUVEAU MONDE
Amérique centrale et Mexique
Tandis que l'Orient refuse la foi au Christ, les Européens, pour consoler son cœur blessé lui donnent en héritage les nations du Nouveau Monde. Ici encore les fils de S. François sont les messagers de l'Évangile. Et la belle procession de ses missionnaires, durant quatre siècles, défile sous nos yeux avec ses phalanges d'apôtres, de vierges et de martyrs. Ouvrent la marche le tertiaire franciscain, Christophe Colomb et son directeur le P. Jean Pérez O. F. M., qui en 1493 offre à Dieu les prémices eucharistiques sur le sol d'Amérique. Suivent le premier évêque américain, le P. Bernard Buil 0. F. M., (1493), et le protomartyr Fr. Bernard Cousin 0. F. M. Dès 1512, Jean de Quévado et ses compagnons 0. F. M. promènent l'étendard du Christ à travers l'Amérique Centrale ; tandis que le P. Julien de Garces devient premier évêque de la Nouvelle-Espagne, et Jean de Zumarraga O. F. M., premier titulaire de Mexico.
Amérique du Sud
Maintenant si vous-jetez les yeux sur l'histoire de l'Amérique du Sud, vous voyez toujours les Frères-Mineurs continuer leur marche malgré les flots de leur sang répandu : ils tombent nombreux sous le glaive des barbares, d'autres les remplacent et courent arborer la croix de Jésus-Christ. En 1500, ils pénètrent au Brésil, en 1511 en Colombie. Ils évangélisent le Vénézuéla, l'Equateur et le Pérou en 1536, le Chili, l'Argentine et le Paraguay en 1538. Dans toutes ces contrées, il y eut floraison de saints dont le plus célèbre fut le grand S. François Solano O. F. M., qui baptisa des milliers de païens. De nos jours encore plus de dix évêques franciscains président aux destinées religieuses de ces pays.
Amérique du Nord
L'Amérique du Nord, voilà une terre bien franciscaine ! Dès 1527, sous la main diligente des Frères-Mineurs, aux États-Unis surgissent de florissantes églises surtout dans la Floride, le Texas et la Californie. Aujourd'hui, les Franciscains habitent plus de cent couvents, dirigent autant de paroisses et enseignent dans une vingtaine de grands collèges.
Nous voici arrivés en Canada ! Il nous paraît presqu'inutile de raconter l'action franciscaine dans notre, patrie. L'enfant de sept ans sait déjà les noms des pionniers de la foi en Nouvelle-France. Les monuments redisent aux visiteurs la reconnaissance des Canadiens envers les Récollets, ils proclament à tous l'héroïsme de leur vie, en particulier du protomartyr, le P. Nicolas Viel, O. F. M.
Telle est, à grands traits, l'histoire de l'apostolat franciscain aux siècles passés.
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| Citation: | Tiré de : LES FRANCISCAINS du CANADA et leurs MISSIONS, Montréal, 1927.
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Louis Mc Duff

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Posté le: Samedi 20 Septembre, 2008 23:18 Sujet du message: |
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| Citation: | PREMIÈRE PARTIE
NOS CHAMPS D’APOSTOLAT
CHAPITRE PREMIER
MISSION DU JAPON MÉRIDIONAL
ARTICLE PREMIER
GÉOGRAPHIE, RELIGION, CLIMAT, etc.
La géographie contribue à expliquer l'histoire :
" Le Japon, dont le principal intérêt historique est qu'il sert de trait-d'union entre la civilisation européenne et la civilisation extrême-orientale, était prédestiné à ce rôle par sa position géographique : il est situé à l'ouest du nouveau monde européanisé, à l'est de la Chine et de l'ancien monde ". (Le Japon, F. Chalaye).
Prenez un atlas, regardez à l'endroit indiqué, vous voyez en pleine abîme du Pacifique se hérisser une immense traînée d'îles : c'est l'archipel japonais ou Pays du Soleil levant. Sur une superficie de 175,000 m. c. se presse une population d'environ 60,000,000 d'habitants (sans la Corée ni Formose), dont un peu plus de 80,000 sont catholiques.
Situation. — Ce pays comprend quatre grandes îles : Hokkaïdo, Nippon, Shikoku et Kyû-Shû. Où trouver maintenant notre mission ? Dans l'île Kyû-Shû et le diocèse de Nagasaki, entre le 32° et le 25° de latitude. Descendez au sud, là vous voyez une baie profonde de quarante milles, presque coupée en un point par une île volcanique : c'est en face de cette île que s'étend la grande ville de Kagoshima. Outre cette cité japonaise et tout le département (ken) environnant, notre mission comprend les îles Ryû-Kyû (cinquante-cinq îles) qui s'étendent jusqu'à Formose : les deux principales îles de ce groupe, Oshima et Okinawa, nous apparaissent auréolées de cinquante-trois plus petites.
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| Citation: | Tiré de : LES FRANCISCAINS du CANADA et leurs MISSIONS, Montréal, 1927.
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Louis Mc Duff

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Posté le: Dimanche 21 Septembre, 2008 23:10 Sujet du message: |
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| Citation: | Voici quelques notes sur Oshima, la seule île où nos Pères soient définitivement établis.
Les côtes sont très inégales, coupées de baies nombreuses et profondes. Le sol est entièrement, montagneux : on n'y rencontre pas la moindre plaine ou le plus étroit plateau ; seuls les petits vallons entre les pics de montagnes sont cultivables et seuls habités, car de fragiles maisons japonaises bâties sur ces montagnes seraient emportées par les typhons. La force de ce terrible météore est incroyable. Il y a quelques mois plusieurs chapelles de notre mission ont été endommagées par un de ces coups de vent. Les fréquents tremblements de terre qui secouent le Japon exigent un genre particulier de construction.
Les îles ne sont arrosées par aucune rivière, seuls des ruisseaux ou des torrents coulent dans les vallons ou les monts.
Climat. — Le climat des îles est très doux mais assez humide. Jamais le thermomètre (Fahrenheit) ne descend plus bas que 45 ou 50 degrés au-dessus de zéro. L'hiver est donc inconnu et on cultive le sol toute l'année.
Arbres fruitiers et autres. — Les arbres sont bien différents de ceux du Canada. On rencontre ici le bananier, l'oranger, le camphrier, le thé, le caféier et beaucoup d'autres arbres et arbustes. Mentionnons surtout la canne à sucre, principale source de revenu des insulaires ; mais le sucre est loin de posséder les qualités qu'une culture plus soignée et des moyens de fabrication plus perfectionnés pourraient lui conférer.
Industrie. — Il existe de grandes industries à Kagoshima, mais aucune dans l'île d'Oshima. Par contre tous les petits métiers répondant aux besoins de la vie quotidienne y sont en honneur et fournissent de quoi vivre à des centaines de familles. La fabrication d'un tissu de soie spécial à Oshima, appelée tsumugi et très estimé des japonais et des étrangers, occupe des milliers de femmes et de jeunes filles. Mais là encore nos gens font venir la soie brute du Japon central, au lieu de la récolter eux-mêmes par la culture intelligente de mûrier et du ver à soie. Le gouvernement et les missionnaires les y ont encouragés par la parole et l'exemple, mais c'est à qui ne commencera pas. On avait entrepris l'exploitation de mines de cuivre, mais on dut abandonner, faute de profits suffisants.
Commerce. — Les tissus de soie et le sucre de canne, voilà à peu près les seuls articles d'exportation des îles. L'importation au contraire est très abondante, tant de produits faisant défaut.
Voies de communication. — Des lignes de paquebots font le service entre Osaka, Kagoshima et autres ports du Japon et les îles du sud. Mais les coups de vent et les typhons, fréquents dans ces parages, rendent le service irrégulier, ces paquebots de faible tonnage ne prenant la mer que par beau temps certain.
Des câbles sous-marins unissent Oshima au Japon central et aux îles voisines et par là au reste du monde. L'isolement en est diminué d'autant.
Dans l'île même les villages, tous situés au bord de la mer, le plus souvent au fond des baies, communiquent entr'eux, soit par de petits bateaux à pétrole ou des barques, soit par les chemins de l'intérieur à travers les montagnes inhabitées. Ces routes, assez nombreuses, bien tracées, à pente douce, suffisamment larges, sont loin cependant de valoir nos routes du Canada : elles ignorent trop souvent le macadam ou autre pavage. Aussi il faut voir les ornières et les trous, quand il a plu un peu longtemps. Mais les véhicules sont à l'avenant. La seule voiture en usage ici est une espèce de grossière charrette traînée par des bœufs ou de petits chevaux. Et l'on ne transporte ainsi que les lourds fardeaux : il est étonnant pour l'étranger de voir les charges que les Japonais, les femmes comme les hommes, portent sur les épaules, le dos ou la tête.
Quant aux voitures de promenade, sauf quelques autos récemment importés, elles sont tout à fait inconnues ; une jolie voiture emportée à grande vitesse par un bon coursier paraîtrait ici une merveille. Nos bons Oshimains ne connaissent encore ni cette vitesse ni ce luxe ; ils ne sont ni si pressés ni si exigeants. Ils font à pieds les plus longs trajets. Bien des gens âgés, sans compter tous les jeunes enfants, n'ont jamais vu un wagon ou une locomotive. Ils n'en sont pas plus malheureux. |
| Citation: | Tiré de : LES FRANCISCAINS du CANADA et leurs MISSIONS, Montréal, 1927.
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Louis Mc Duff

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Posté le: Lundi 22 Septembre, 2008 23:03 Sujet du message: |
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| Citation: |
Instruction publique. — Comme dans tout le reste du Japon, l'instruction publique est très bien organisée sur tout le territoire de notre mission. Tous les enfants fréquentent les écoles
Religion. — Ces pauvres insulaires n'ont guère de religion proprement dite, si ce n'est un ensemble de superstitions qu'entretiennent jalousement les sorciers. Les deux religions dominantes du Japon, le bouddhisme et le shintoisme ne sont apparues ici que tardivement et n'ont pas encore bien pris racine dans l'âme du peuple. Les conversions en sont d'autant plus faciles. Ce qui retient ces païens hors du catholicisme, c'est bien moins des convictions religieuses à abandonner que leur mauvaise vie.
" Il y a trente ans qu'on a commencé à évangéliser la grande île, dit le P. Maurice, et si on avait pu y envoyer beaucoup de missionnaires, elle serait déjà chrétienne. L'Église y tient sa place ; et les autorités la respectent, et même lui sont souvent favorables. Ici nous jouissons d'une grande popularité ".
" Au mois d'août dernier (1923), écrit un missionnaire, lors de la retraite annuelle, un jeune professeur chrétien, conférencier et littérateur, vint de Kagoshima à Nazé avec le R. P. Urbain. Il fit deux ou trois conférences publiques sur le catholicisme. Il fut enchanté d'Oshima. Frappé de la popularité dont nous jouissons ici, par comparaison avec le Japon central, il composa une chanson sur notre compte. Elle fut publiée dans les journaux, on l'a enseignée dans les écoles. Elle est connue de tous. Dans les campagnes surtout, les enfants nous escortent en nous la fredonnant de leurs petites voix claires ". La voici dans sa simplicité toute orientale :
Comme Oshima est une place agréable !
Le matin, le midi et le soir, La cloche du temple des Shimpu San (Pères) sonne
La cloche sonne, sonne
Le son se répercute jusque sur le rocher pointu
A l'entrée du port.
Comme Oshima est une place agréable !
Les Shimpu San s'en vont sur la route,
Vêtus d'habits bruns,
Sur la route ils marchent, ils marchent,
Sous le soleil d'été d'une île où fleurit le bananier,
Ils marchent en habits bruns.
Comme Oshima est un lieu agréable !
Trente-cinq jours par mois la pluie tombe,
La pluie tombe . . . tombe,
Le son de la cloche s'étend au loin,
Et les manches des Shimpu San à l'habit brun
Sont toutes mouillées !
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| Citation: | Tiré de : LES FRANCISCAINS du CANADA et leurs MISSIONS, Montréal, 1927.
A suivre |
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Louis Mc Duff

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Posté le: Mardi 23 Septembre, 2008 23:22 Sujet du message: |
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| Citation: | VILLES
Kagoshima
Située dans l'île Kyû-Shû, au pied d'une montagne, au bord d'une baie, avec ses rues larges, son air pur, son climat tempéré, et le beau panorama qui se déroule devant elle, est une des plus attrayantes cités du Japon. Au recensement de 1920 elle comptait 20,000 maisons abritant une population de 102,396 âmes.
Naha
Capitale de la préfecture civile d'Okinawa et située dans l'île du même nom, est aussi une jolie ville comptant 13,000 maisons et 53,883 habitants.
Nazé
Ville et port principal de l'île d'Oshima, a une population de 15,000 habitants et est resserrée dans une vallée peu étendue. C'est plutôt un gros village qu'une cité, avec ses rues étroites, son manque d'aqueduc et d'égoût. Une seule église, la nôtre, assez spacieuse, et notre école supérieure font tout l'ornement de la ville.
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| Citation: | Tiré de : LES FRANCISCAINS du CANADA et leurs MISSIONS, Montréal, 1927.
A suivre |
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Louis Mc Duff

Inscrit le: 10 Déc 2006 Messages: 3117 :
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Posté le: Mercredi 24 Septembre, 2008 23:08 Sujet du message: |
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| Citation: | ARTICLE DEUXIEME
NOTES HISTORIQUES
Les missions au Japon sont assez anciennes. Commencées au milieu du XVIe siècle, elles furent anéanties au XVIIe siècle par une affreuse persécution qui donna à notre Ordre vingt-trois saints et plusieurs bienheureux. L'honneur de restaurer l'apostolat franciscain en ce pays revient à notre Province du Canada et de France. Grâce à l'initiative du R. P. Maurice Bertin O. F. M., et au concours de quelques religieux canadiens et allemands, en 1907, le Japon revit les fils de saint François. La communauté franciscaine s'installa à Sapporo dans l'île Hokkaido ou Yeso. Cette mission a été érigée en préfecture apostolique en 1915 et confiée à la province franciscaine allemande de Fulda. Quelques religieux canadiens cependant continuèrent d'y exercer l'apostolat. C'est de Sapporo qu'à la fin de 1921, ils sont descendus prendre possession du nouveau territoire à eux confié par la Sacrée Congrégation de la Propagande.
Nous empruntons aux RR. PP. Maurice et Léopold le résumé de l'histoire religieuse concernant notre mission de Kagoshima et des îles Ryû-Kyû.
" Les chroniques font mention de Kagoshima dès la fin du septième siècle ; et les daimyos ou seigneurs de la province de Satsuma, ont toujours compté parmi les plus belliqueux et les plus puissants du Japon. Aujourd'hui même, bien que la féodalité soit abolie depuis un demi-siècle, les gens du clan de Satsuma ont encore une influence prépondérante ".
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| Citation: | Tiré de : LES FRANCISCAINS du CANADA et leurs MISSIONS, Montréal, 1927.
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Louis Mc Duff

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Posté le: Jeudi 25 Septembre, 2008 23:02 Sujet du message: |
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| Citation: | Ce qui rend Kagoshima intéressante pour les missionnaires, ce sont les souvenirs religieux qui s'y rattachent, et, par-dessus tout, le fait que c'est à Kagoshima, le 15 août 1549, que saint François-Xavier aborda au Japon, et que pour la première fois ce pays reçut les bienfaits de l'Évangile.
Quelques années auparavant, en 1542, c'est à l'île Tanegashima, située au sud de la baie, qu'avaient abordé Mandez Pinto et ses compagnons, les premiers Européens venus au Japon. La même année, c'est à Kagoshima même que débarquaient trois autres marchands portugais. C'est là aussi qu'ils firent la connaissance d'un nommé Yajiro qui, poursuivi par les remords que lui inspirait sa conduite passée, se décida enfin d'aller rencontrer saint François-Xavier à Malacca. C'est ce Yajiro qui, baptisé aux Indes sous le nom de Paul de Sainte-Foi, devait rentrer au Japon avec le grand apôtre et lui amener comme premiers disciples, sa propre famille.
Le 29 septembre, saint François-Xavier fut reçu en audience par le daimyo qui l'autorisa à prêcher l'Évangile dans ses états. Pendant un an il séjourna à Kagoshima où ses vertus et ses miracles multiplièrent les conversions. En 1550, le saint dut quitter définitivement Kagoshima à cause de la jalousie du daimyo ; mais le nombre des chrétiens continua d'augmenter jusqu'en 1585, date de la guerre entre l'empereur et son vassal, le daimyo de Satsuma.
En 1601, quatre ans seulement après le martyre de Nagasaki, nous voyons ce seigneur, pour attirer dans ses états le commerce espagnol y appeler les dominicains des Philippines. Quelque temps après, c'était la persécution générale qui s'ouvrait et fermait aux étrangers les ports du Japon pour près de deux siècles.
Les Européens reparurent en 1863 avec l'escadre anglaise qui vint se venger du meurtre d'un sujet britannique. Le 15 août Kagoshima fut bombardée et en grande partie brûlée. Cette ville fut de nouveau incendiée en 1877 par les troupes impériales, à la suite d'une révolte du célèbre général kagoshimain, Saigo Takamori.
Il nous faut maintenant remonter à quelques années en arrière pour trouver dans l'histoire de Kagoshima des faits ayant rapport à la religion.
Les missionnaires français, enfin rentrés au Japon, avaient retrouvé aux environs de Nagasaki, 15,000 chrétiens descendants des martyrs, et qui avaient pu, sans prêtres et malgré les persécutions, se maintenir dans la pureté de la foi durant plus de deux siècles.
Mais en 1863, sous l'influence du shintoisme, dont on voulait faire le culte national, la persécution religieuse reprit. Interrogatoires, déportations, emprisonnements, tortures même, tout fut employé pour amener l'apostasie.
En 1870, 4,000 chrétiens furent déportés dans l'empire. La ville de Kagoshima reçut 375 de ces héroïques confesseurs de la foi. On peut le dire avec joie : c'est là qu'ils furent le mieux traités. Enfermés dans un temple bouddhiste, ils jouirent d'une liberté relative. Malgré la bienveillance dont les entoura le gouverneur, la malpropreté du local, la mauvaise nourriture, jointes aux tristesses de l'exil, éprouvèrent grandement nos chrétiens. Cinquante-huit moururent avant leur libération octroyée en mars 1873. Non loin de la prison on a élevé un monument à la gloire de ces martyrs. Jusqu'en 1884 Kagoshima ne put avoir un missionnaire à poste fixe ; mais bientôt après les pères des Missions étrangères de Paris s'en chargèrent. Depuis 1921 nos pères les ont remplacés et l'église de Kagoshima donne les plus belles espérances.
Voici maintenant très brièvement l'histoire des îles Ryû-Kyû.
C'est en 1451 que pour la première fois une ambassade vint des Ryû-Kyû à Kioto, alors capitale du Japon. Ces ambassades devinrent alors périodiques. Elles cessèrent au début du XVIIe siècle. Une expédition venue de Kagoshima s'empara du château dans l'île Okinawa et le seigneur de Kagoshima annexa à ses domaines le groupe d'Oshima. Des lors les Ryû-Kyû payèrent le tribut et au Japon et à la Chine qui, depuis le XVe siècle, revendiquait la suzeraineté sur ces îles. En 1873 le roi des Ryû-Kyû vint à Tôkio et reçut l'investiture de ses domaines ; et en 1879 l'archipel fut annexé au Japon. La Chine protesta, mais un arbitre, l'ex-président Grant des États-Unis, donna gain de cause au Japon.
Les Pères des Missions étrangères de Paris desservirent ces îles jusqu'en 1921. Depuis ce temps, l'archipel Ryû-Kyû (cinquante-cinq îles) est confié à la province franciscaine du Canada qui chaque année envoie ses missionnaires vers ces peuples, désireux de connaître Jésus-Christ et d'embrasser sa sainte religion.
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| Citation: | Tiré de : LES FRANCISCAINS du CANADA et leurs MISSIONS, Montréal, 1927.
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Louis Mc Duff

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Posté le: Vendredi 26 Septembre, 2008 23:39 Sujet du message: |
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| Citation: | ARTICLE TROISIEME
TRAITS DE MŒURS ET COUTUMES
Entre les mœurs du Japon et celles des autres pays d'Europe et d'Amérique, il existe un contraste renversant. A peine l'étranger a-t-il mis le pied sur cette terre nouvelle pour lui, qu'il est sous l'empire d'un étonnement indescriptible. A son point de vue, tout lui paraît et tout se fait à l'envers. C'est à chaque instant quelque chose d'inouï qu'il remarque et qu'il apprend, à mesure qu'il se mêle à la vie publique et à plus forte raison, lorsqu'il prend contact avec la vie privée.
Vie matérielle
Allons faire une promenade dans une ville japonaise. Je vous promets des surprises. Voici la rue avec son brouhaha ! Quel spectacle ! Pas de trottoirs ! Tout le monde dans la rue ! Les personnes et les voitures se croisent ; et quelles voitures ! Des pousse-pousse, très légers, traînés par des hommes ! Il y a très peu de chevaux au Japon méridional ; et il faut voir la manière de les conduire !
" Au lieu d'être monté sur sa voiture, comme on le fait à l'étranger, le conducteur, ici, marche, les bras croisés, très souvent, devant son cheval qu'il guide avec une corde ".
Regardez maintenant ces personnes qui vous croisent. Comment sont-elles habillées? La plupart des Japonais ont conservé le kimono national : le costume européen est considéré comme tenue officielle. Cette robe, assez ample, est taillée très simplement. L'étoffe employée est la soie, le coton ou la toile de couleurs variées. La robe des femmes ne diffère de celle des hommes que par la longueur des manches, qui servent de poches, et par la large ceinture bouclée dans le dos.
Dans la tenue traditionnelle japonaise, vous chercherez en vain des mouchoirs de poche : on se mouche dans des feuilles de papier très souple qu'on jette ensuite.
Aux pieds, les Japonais portent une sorte de chaussette en coton ou en soie,
Dehors, on chausse des sandales (géta), formées d'une planchette, montée sur deux blocs de bois d'une hauteur moyenne d'un pouce et demi à trois pouces. Autrefois on allait tête nue ; en voyage on se coiffait d'un large chapeau de paille. Aujourd'hui, beaucoup ont adopté le chapeau européen. Les femmes se promènent encore tête nue, sous leur joli parasol.
Tenez, voici une maison en construction. " Oh, mais, comment construit-on au Japon ! . . . . On dresse la charpente, et l'on fait aussitôt le toit?" — "Eh bien oui, et n'est-ce pas pratique lorsqu'il pleut? Voyez travailler ce menuisier avec ses outils : il a des instruments, par exemple le rabot et la scie, fabriqués de telle sorte que, au lieu de les pousser, il les tire sur lui ".— " Vraiment, on dirait que ces Japonais ont juré de faire tout en sens inverse des autres peuples !" — " Allons en secret visiter une maison japonaise, vous verrez bien d'autres surprises !" — La maison est ordinairement en bois et, à la campagne, le plus souvent elle ne comprend qu'un rez-de-chaussée. " Elle est bien adaptée au climat et à la nature du pays. La température est très variable : les toits débordants, en tuile ou en chaume, protègent de la pluie et du soleil. La contrée est volcanique : l'édifice doit être simple et léger autant que résistant ; un espace vide est ménagé entre le plancher et le sol. L'habitation n'étant pas fixée, peut reprendre sa place après l'oscillation, produite par le tremblement de terre.
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| Citation: | Tiré de : LES FRANCISCAINS du CANADA et leurs MISSIONS, Montréal, 1927.
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Louis Mc Duff

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Posté le: Samedi 27 Septembre, 2008 23:02 Sujet du message: |
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| Citation: | Maintenant entrons dans le domicile de notre ami. Oh ! ne frappez pas, vous briseriez cette porte de papier ! Ici il faut interpeller le maître du logis. Et puis, préparez-vous à la patience. D'abord à l'entrée, vous enlèverez vos chaussures pour ne pas salir cet intérieur reluisant de propreté. Ensuite préparez-vous à exécuter et à voir exécuter tout le cérémonial compliqué de la visite. S'il vous plaît, ne riez pas. On vous décernera le titre d' « honorable vieillard » (et vous n'avez que 35 ans) ; on désirera « se suspendre à vos nobles yeux », etc. . . Enfin vous devrez demeurer assis sur vos talons : véritable torture pour un européen.
Ce qui frappe dans une maison japonaise, c'est son absolue nudité ; il n'y a pas un meuble ; ni table, ni chaise, ni fauteuil, ni berceau : les mères suspendent leur bébé sur leur dos, et vaquent ainsi aux soins du ménage sans réveiller leur marmot. A terre, des nattes d'une propreté étincelante ; parfois un tableau orne le mur dénudé ; souvent un joli bouquet de fleurs réjouit l'œil et donne sa note de gaîté. Le peu d'ornement que l'on voit en certaines demeures est disposé sans ordre : le Japonais a horreur de la symétrie et il fait sienne cette pensée : " Un beau désordre est un effet de l'art." Les différentes pièces du logis sont divisées entre elles par des cloisons mobiles. Rien de plus pratique. A volonté on peut agrandir ou rétrécir les chambres.
Les petits meubles n'apparaissent qu'au temps opportun. Un hôte arrive : vite on met sur la natte un coussin pour reposer les genoux ; devant lui, s'il fait froid, on place un brasero garni d'un gros charbon. Au moment du repas, on apporte à chacun un petit plat laqué ou sont rangés les bols, les soucoupes et les bâtonnets : ici on ne connaît pas le couteau et la fourchette. Quand c'est l'heure de dormir, on étend sur les nattes de minces matelas ; et votre lit est prêt. L'oreiller des femmes est en bois, rembourré d'étoffes : elles y placent la joue pour ne pas déranger leur coiffure. N'oubliez pas ce détail : au Japon les dames arrangent leurs cheveux avant de se coucher. Le matin, le ménage est vite fait : on cache les quelques petits meubles, les lits etc., dans des ouvertures pratiquées dans la cloison et la femme époussette avant de balayer.
Tels sont quelques traits caractéristiques de la vie matérielle au Japon. Ceux qui désirent connaître plus de détails n'ont qu'à lire les Propos japonais du R. P. Urbain. Ce livre fera leurs délices. |
| Citation: | Tiré de : LES FRANCISCAINS du CANADA et leurs MISSIONS, Montréal, 1927.
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Louis Mc Duff

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Posté le: Dimanche 28 Septembre, 2008 23:08 Sujet du message: |
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| Citation: | Disons maintenant quelques mots de la vie morale ; on aura ainsi une idée des difficultés que doit vaincre notre missionnaire pour convertir ce peuple si différent du nôtre.
Vie morale
La psychologie du peuple japonais accuse un harmonieux ensemble de traits originaux : finesse de conception et hardiesse obstinée d'exécution, sens pratique et goût esthétique, don prodigieux d'assimilation. Le caractère japonais est fait de séduisantes qualités : respect du passé, sentiment familial, courage, politesse, gaîté, amour de la nature.
Le respect du passé
L'amour respectueux et reconnaissant du passé est le sentiment qui donne à la vie morale de la nation sa nuance particulière. On se rappelle pieusement ce que les morts ont fait pour les vivants. On vit dans leur souvenir et leur présence. Leur esprit, dit-on, subsiste, anime la nature et participe à la vie des vivants. Toute maison possède " les tablettes des ancêtres " où sont gravés leurs noms : devant elles on offre des sacrifices et l'on prie. Ces fameuses " tablettes " sont quelque chose de sacré. Que de conversions n'ont-elles pas arrêtées? Ici nos missionnaires pourraient vous narrer bien des faits.
C'est à ce culte des ancêtres que se rattache le sentiment familial très profond chez le Japonais. Les parents continuent et remplacent les ancêtres. On leur doit même respect, même obéissance. Soumission aveugle de la femme envers son mari, soumission absolue des enfants envers leurs parents, qui les marient à leur gré.
Malheureusement, comme chez la plupart des peuples païens, au Japon, la femme occupe une situation bien inférieure. Certes, la Japonaise n'est pas esclave, elle peut sortir librement, sans voiles, mais elle doit sacrifier tout droit à son époux. D'abord la Japonaise est mal accueillie à sa naissance.
Selon M. Weulersee : " Un homme vous dit : J'ai eu quatre garçons et cinq désappointements " pour signifier qu'il a engendré cinq filles. La Japonaise est la première domestique de son mari. Elle doit obéissance entière à sa belle-mère et il lui faut accepter avec un sourire les coups que celle-ci peut lui donner entre deux bouffées de tabac. Dès que la femme a cessé de plaire à son mari ou à ses beaux-parents, elle peut être renvoyée. L'époux peut la répudier non seulement pour débauche, vol ou maladie contagieuse et stérilité, mais même pour impolitesse à l'égard des beaux-parents, jalousie ou bavardage. " Le mari, après divorce, a toujours le droit de garder ses enfants. Formidable moyen d'action sur la femme : "la malheureuse menacée dans la chair de sa chair, préfère encore la souffrance à la rupture." (A. Bellesort, la Société japonaise p. 318.)
Avec une telle situation faite à la femme, on peut comprendre les difficultés que doivent surmonter nos missionnaires pour convertir une famille japonaise.
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| Citation: | Tiré de : LES FRANCISCAINS du CANADA et leurs MISSIONS, Montréal, 1927.
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