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gabrielle

Inscrit le: 10 Déc 2006 Messages: 7753 :
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Posté le: Lundi 29 Septembre, 2008 23:07 Sujet du message: |
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CHAPITRE III
L'INFLUENCE DU SAINT SUR LA POÉSIE ET LA LITTÉRATURE
| Citation: | Le XIIIe siècle se délectait à l'audition des séquences latines en vers syllabiques rimes, mode alors en plein épanouissement. Jacapone en œuvra plusieurs, et deux d'entre elles brillent d'un éclat incomparable :
le Stabat Mater dolorosa, que nul catholique n'ignore, et ce Stabat Mater speciosa que l'Eglise devrait bien reprendre dans sa liturgie.
On citerait difficilement de plus beaux exemples de simplesse expressive.
Mais Jacopone ne s'attarda pas au latin populaire ; dans son désir de toucher les humbles jusqu'au tréfonds d'eux-mêmes, de captiver malgré tout leur attention, il employa très tôt le dialecte des montagnes de l'Ombrie.
Et comme un assez grand nombre de ses poèmes constitue une quintessence de théologie mystique, le dernier des paysans avait ainsi, sous une forme attachante, un excellent abrégé de doctrine spirituelle (2).
Et c'est encore pour le peuple qu'il versifia un spicilège de proverbes et rima cette chanson consolatrice dont la naïveté cèle plus de philosophie que maints graves traités : Doux amour de pauvreté.... (II, IV). |
(1) ΟΖΑΝΛΜ, loc cit. p. 194.
(2) Quelques-uns de ces poèmes contiennent des expressions où l'on pourrait voir des tendances quiétistes, mais elles ne sauraient frapper un lecteur ignorant, une âme à vie intérieure embryonnaire. Jacopone eut plutôt des excès de langage que des écarts de doctrine. Il ne tomba jamais dans les erreurs de Fratricelles. Bien au contraire, il les réprouva, traitant ceux qui les acceptaient d' « adeptes de l'amour contrefait». _________________ Il ne faut plus se taire.
Criez avec cent mille langues.
Je vois, qu'à force de se taire, le monde est pourri. ( Sainte Catherine de Sienne) |
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gabrielle

Inscrit le: 10 Déc 2006 Messages: 7753 :
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Posté le: Mardi 30 Septembre, 2008 15:09 Sujet du message: |
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CHAPITRE III
L'INFLUENCE DU SAINT SUR LA POÉSIE ET LA LITTÉRATURE
| Citation: | Génie puissant, emporté, sublime comme Michel-Ange, mais rugueux comme Donatello, imaginatif prodigieux et observateur implacable des réalités sensibles, dénué de goût, non de grâce, de style et parfois d'équilibre, jamais du sens du rythme, Jacopone créa force poèmes émouvants comme des tragédies vécues, réconfortants comme des oraisons, tels : Christ enquête de l'âme errante, le combat de l'Antéchrist (IV, 6 et 14), la Réparation de la nature humaine (II, 2), qui tient du drame et de l'épopée (1).
Il y a maintes rudesses dans ces vers, mais que d'austères beautés !
Quels accents d'un vivant mysticisme quand il exalte saint François recevant les sacrés stigmates, quand il adresse des conseils à Célestin V (1, s. 15), quand il dit la vertu des larmes (V, 15, 23, st. 11) ou pleure avec l'Eglise sur la tiédeur ambiante : « Dans tous les cœurs, mon Dieu, je te vois étouffé ! »
Sans doute, sied-il d'ajouter aux œuvres du Chantre de Todi, (VI) cet Amor di Caritate que saint Bernardin de Sienne attribuait à saint François. On ne remarque plus, dans ce cantique à dialogue, la brièveté et la simplicité qui caractérisent les hymnes du Chantre d'Assise, Ozanam le relève judicieusement.
Et rien n'empêche d'admettre avec le très compétent écrivain, pour concilier toutes les traditions, que Jacopone prit dans quelque poème du saint une pensée qu'il paraphrasa.
Enfin notre terrible ascète brossa d'énergiques peintures des mœurs et burina quelques satires violentes jusqu'à la grossièreté.
Il eut des impétuosités, des hardiesses et des métaphores d'une force expressive qui rappellent tantôt saint Bernard, tantôt saint Antoine de Padoue, et que Shakespeare ne devait pas dépasser.
Mieux encore, il eut des rugissements à lui, des apostrophes à nulles autres pareilles et, comme tous les violents à belles âmes, des accès de tendresse exquise.
Rien n'égale le charme des images dont il s'est servi pour doter d'ailes l'âme symbolique, pour la fiancer à l'amour divin et l'adorner d'une parure digne des fêtes du paradis (II, 14 ; IV, 33 ; V, 23).
Et comment traduire les caresses dévotieuses de ses Laudes à la sainte Mère de Dieu ? «.... Que ressentais-tu, Marie, dame de courtoisie, quand le Dieu ton fils suçait ton lait ? Oh! comment ne mourais-tu point de joie en l'embrassant ? » |
(1) Ozanam voit dans cette dernière pièce, comme dans celles consacrées aux principales fêtes de l'année, les premiers essais du drame populaire en langue italienne. Loc. cit., p. 233. La complainte dialogue pour la Compassion de la sainte Vierge est un drame tout palpitant de sainte émotion, la plainte de la Madonna touche droit au cœur comme les œuvres fortes. (1) Les œuvres de Jacopone avaient été déplorablement altérées et plusieurs éditions leur avaient imposé le voisinage de pièces parasites. Mortara, en 1819, expurgea très heureusement quelques-unes des poésies du maître et ramena le texte à sa forme primitive, Cf. sur Jacopone la très remarquable étude d'Ozanam. loc. cit., p. 151-251. _________________ Il ne faut plus se taire.
Criez avec cent mille langues.
Je vois, qu'à force de se taire, le monde est pourri. ( Sainte Catherine de Sienne) |
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Posté le: Mardi 30 Septembre, 2008 23:15 Sujet du message: |
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CHAPITRE III
L'INFLUENCE DU SAINT SUR LA POÉSIE ET LA LITTÉRATURE
| Citation: | Avec ce maître, artiste inouï jusqu'en ses invectives, la poésie franciscaine s'impose par des chefs-d'œuvre pénétrés de théologie autant que d'humanité, et la poésie italienne, débarrassée de ses langes, devient vraiment originale .
L'œuvre de Jacopone terminée, Dante pourra construire sa Divine Comédie, le terrain est préparé, les matériaux l'attendent et il trouvera plus d'une inspiration dans les vers de ce précurseur génial qu'il connut et, mieux que personne, apprécia (2).
L'esprit poétique de saint François inspire encore au XIIIe siècle F. Tommaso da Celano dans son Dies irœ, tout frémissant de crainte et de ferveur religieuses, les B. F. Léon, Ange et Ruffin dans leur Légende des Trois Compagnons, ravissant assemblage de fresques littéraires, et saint Antoine de Padoue dans ses sermons, où la nature, tout imprégnée de mysticisme, et merveilleusement historiée, apparaît en mille évocations aux tonalités opulentes et aux lumineuses nuances (1).
A peine efflorescente, la poésie franciscaine avait été adoptée avec enthousiasme du nord au sud de l'Italie. L'un de ses premiers effets fut d'arrêter la marche envahissante de cette poésie populaire des Deux-Siciles si fâcheusement contaminée par le scepticisme et le sensualisme des Hohenstaufen.
Les œuvres de Jacopone exercèrent une influence considérable; on les chantait dans les champs comme dans les églises, aux pèlerinages et partout.
Les parias qu'elles ne saturaient pas de spiritualité, elles les protégeaient du moins contre les attaques impies.
Mais, par poésie franciscaine, il ne faut pas entendre seulement celle que l'on doit aux Frères Mineurs, il convient de ranger encore sous ce titre les poèmes et les écrits politiques d'origine diverse qui portent les traces de l'influence du Poverello et ils sont innombrables.
Cette influence, il semble bien qu'elle anime la prose qu'Innocent III œuvra précieusement en l'honneur de l'Assomption (2), l'hymne Proles de cœlo prodiit, attribuée à Grégoire IX, et cette couronne de récits édifiants tressée d'une main pieuse par Jacques de Varaggio, cet embryon d'apologétique pour les simples, la délectable Légende dorée, et ces Méditations sur la vie du Sauveur, si suavement doctrinales qu'elles passèrent jadis pour émaner de saint Bonaventure.
Au delà des frontières italiennes, la poésie franciscaine se répand très vite à grands flots et, comme au lieu de son berceau, elle christianise les âmes. |
(2) Dante fît aussi à Jacomino l'honneur de lui prendre des matériaux.
(1) Cf. MIGNE, Patrol.,t. VI, p. 1206.
(2) Le pieux pape qui nourrissait huit mille pauvres par jour et cultivait la poésie pour la gloire de Dieu devait tout naturellement, presque sans s'en douter, s'ouvrir au rayonnement du Chantre d'Assise _________________ Il ne faut plus se taire.
Criez avec cent mille langues.
Je vois, qu'à force de se taire, le monde est pourri. ( Sainte Catherine de Sienne) |
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Posté le: Mercredi 01 Octobre, 2008 14:52 Sujet du message: |
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CHAPITRE III
L'INFLUENCE DU SAINT SUR LA POÉSIE ET LA LITTÉRATURE
| Citation: | C'est en France, alors que notre Thibaut IV, le dernier des troubadours, était dans toute sa gloire, certaine Vie de saint François rimée par un Frère Mineur en parleure nationale d'après l'ouvrage de Tommaso.
Et les pages de cette traduction originale sont naïves et fraîches comme des enluminures d'alors (1).
C'est, en Portugal, vers la fin du XIIIe siècle, la Vision de la femme de Torrès-Novas, romance fleurant l'apologue évangélique, dont on ignore l'auteur et dont le texte primitif a disparu ; le Miracle des Poissons, poème agréablement archaïque d'un disciple anonyme de saint Antoine (2) ; et, dans les Espagnes, une importante partie de l'œuvre du B. Raymond Lulle.
Ce frère intellectuel de l'Assisiate avait, comme le séraphique ami de Jésus, une dilection particulière pour la nature et les animaux. Dans le verger allégorique de l'Ami et l'Aimé (3), où tout lui parle du Maître adorable : « Chantez, dit-il aux oiseaux, si nous ne nous comprenons point par le langage, comprenons-nous par l'amour, car votre chant évoque mon Aimé à mes yeux. »
Les ouvrages artistiques du B. R. Lulle, un écrivain qui les possède tout à fait, M. Marias André, les considère comme « la fleur suprême de la littérature catalano-provençale (3). » |
1.Voici la fin du sermon aux oiseaux. Cf. le morceau dans le Saint Franc, de Chavin de Malan.
Bêles sœurs arondes, assez Avez parlé, or me sofrez Que j'aie parlé une pose ; A tant chascune se repose. Escotez la parole de Deu Et ne vos movez de ce leu.
(2) On en peut lire une heureuse traduction dans les Poètes myst. du Portugal de M. Emile EUDE.
(3) M. ANDRE, le B. Raym. Lulle, p. 166, Avec L'Ami et l'Aime, les œuvres du B. les plus imprégnées d'art sont : l'arbre de la phil. d'Amour, qui relève de la mystique ; Blanquerna, roman ; Les Cents noms de Dieu et la Désolation, poèmes ; le livre de Félix, récits allégoriques. _________________ Il ne faut plus se taire.
Criez avec cent mille langues.
Je vois, qu'à force de se taire, le monde est pourri. ( Sainte Catherine de Sienne) |
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Posté le: Mercredi 01 Octobre, 2008 23:08 Sujet du message: |
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CHAPITRE III
L'INFLUENCE DU SAINT SUR LA POÉSIE ET LA LITTÉRATURE
| Citation: | Au XIVe siècle, l'art franciscain, en pleine floraison, produit sur la terre italienne un chef-d'œuvre humble, candide, exquis entre tous, les Fioretii, cette gerbe de fleurs doux-odorantes comme des pétales d'avril et belles de la beauté qui s'ignore, dont l'auteur, vrai Fra Giovanni de la prose poétique, resta si longtemps ignoré.
On sait à présent, grâce aux patientes et consciencieuses recherches de M. Sabatier, que l'honneur de cette réalisation revient au F. Hugolin, l'un des rédacteurs des curieux Actus Beati Francisci et Sociorum ejus (1).
L'esprit du Chantre d'Assise rayonne dans le Canto XI de l'immortel Paradiso, tout flamboyant de séraphisme, et aussi dans le Canto XXIV, qu'illumine l'ardente lumière de charité, la substance éblouissante du Saint Aspect.
On en trouve des lueurs dans les mélodieux cantiques, voire dans les traités ascétiques du B. Ugo della Panciera (2) ; dans le char¬mant Opus conformitatum de F. Barthélémy de Pise; dans les Regole della vita spiriiuale et della vita matrimoniale, ces écrins de belles pensées orfévries par le B. Chérubin de Sienne en une langue pure, limpide, gracieusement simple ; jusque dans la chanson imaginée par Giotto pour rendre hommage à la Pauvreté (3). Et l'on peut reconnaître encore l'influence de cet esprit tant dans les Contes moralises de Nicole Bozon, Frère Mineur d'Angleterre (1), que dans l'Hortuhis conclusus, poème symbolique et luxuriant de métaphores hardies élevé par Conrad de Haimbourg à la gloire de Marie.
Au xve siècle, le grand artiste franciscain, c'est saint Bernardin de Sienne. Les sermons de cet apôtre sont, comme ceux de saint Antoine de Padoue, des poèmes en prose d'une éloquence à la fois fougueuse et stylisée, d'une envergure majestueuse. Comme les poésies de Jacopone et les cantiques de saint François (2), ils enrichissent la langue et la littérature que Dante venait d'immortaliser (3). |
(1) L'Anonymat de l'autre rédacteur reste à percer. Ces Actus, M. Sabatier les considère comme constituant l'original des Fioretti. Toutefois, ajoute-t-il, Hugolin a dû avoir sous les yeux une compilation plus longue. Le texte latin des Actus a été édité, chez Fischbacher, par les soins de M. Sabatier,
(2) Le Frère Mineur Ugo de Prato, surnommé della Panciera, partit pour les missions de Tartarie vers 1307 et mourut vingt ans plus tard environ.
(3) Publiée, d'après un manuscrit de Florence, par RUMOHR, Re- cherches italiennes, t. II, Berlin, 1827. Cf. CIIAVIN de MALAN, saint François, ρ 476.
(1) Recueil publié en 1889 par la Société des anciens textes français.
(2) Dans son Hist. de la littérat. ital,, Césare Cantù déclare que les écrits du Patriarche d'Assise sont tout à fait italiens.
(3) Saint Bernardin prêchait en italien, mais selon l'usage, il notait en latin les parties doctrinales de ses sermons. Ce n'est pas sous cette forme qu'il faut en prendre connaissance si l'on tient à les savourer. Plusieurs de ces discours ont été recueillis pendant que le saint parlait et notés en langue vulgaire. V. à ce sujet le livre déjà cité de M. Thureau-Dangin, p. 189-190. _________________ Il ne faut plus se taire.
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Posté le: Vendredi 03 Octobre, 2008 15:32 Sujet du message: |
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CHAPITRE III
L'INFLUENCE DU SAINT SUR LA POÉSIE ET LA LITTÉRATURE
| Citation: | Dans le Portugal, les strophes : Ο feu saint, vie, et lumière ! de dona Felippa, petite-fille de roi devenue religieuse au monastère d'Odivellas, témoignent de l'influence du Patriarche d'Assise.
En Allemagne, cette influence se mêle peut-être à celle de saint Ber- nard dans certaines proses de Thomas A. Kempis, surtout dans l'Hortulus rosarum (cap. XIII), et à celle de saint Thomas d'Aquin dans les Rosaires du moine Ulrich Stôcklins de Rottach où, sous le pressoir de la croix, le précieux Sang du Sauveur ruisselle en vin mystique.
Un livre qu'il sied de classer en tête des œuvres imprégnées de franciscanisme resplendit dans ce même siècle comme un soleil.
Ce livre, d'origine mystérieuse et d'inspiration céleste, c'est la très évangélique, la très ineffable, l'inimitable Imitation.
Assurément, on n'y peut voir, au sens rigoureux du mot, un ouvrage franciscain ; toutefois, oserait-on affirmer que son auteur eût écrit des pages comme celles des chapitres V et L du livre III, pour ne citer que les plus enchanteresses, si le Père Séraphique n'avait existé ? |
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Posté le: Samedi 04 Octobre, 2008 15:44 Sujet du message: |
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CHAPITRE III
L'INFLUENCE DU SAINT SUR LA POÉSIE ET LA LITTÉRATURE
| Citation: | L'esprit de l'Assisiate, nous le trouvons, au XVIe siècle, toujours vivace et charmeur, dans quelques douces et pieuses canzone du Tasse, dans l'apostolique saint François de Sales , dont la mâle énergie ne se montrait qu'enveloppée d'amour et d'onction.. ( Particulièrement, dans le Traité de l'amour de Dieu, 1. VI ch. xv.)
La poésie franciscaine s'était développée de bonne heure sur la terre lusitane, très impressionnée par son fils saint Antoine ; au XVIIe siècle, elle se manifeste par les Elégies d'un Frère Mineur très apôtre, Antonio das Chagas, et par les redondillas sur saint Antoine et sur les Martyrs du Maroc de Francisco Lopes.
Le Frère Mineur Gabriel de Mata construisit à sa louange un vaste poème du genre épique : El cavallero Assisio, d'une spiritualité très chevaleresque
Au XVIIIe siècle, quelques frères de Kacic Miosic1 s'appliquent à enrichir d'un foyer d'art franciscain la Bosnie et l'Herzégovine. Mais c'est au Portugal que, cet art jette ses plus vives lueurs dans les poésies du P. Caldas, lyrique insigne que Pie VI honorait d'une haute estime. Quant aux œuvres réalisées depuis le Génie du Christianisme jusqu'au Pauvre Pécheur (2), en dehors de celles des fils même du Mendiant de l'Ombrie, — telle l'Hymne du P. Previti (3), — deux seulement, pensons-nous, Bethléem du P. Faber et Sagesse de Verlaine, portent l'empreinte du franciscanisme. De nos jours, il renaît, sous une forme subtile, dans l'art du délicat et très mystique Louis Mercier (4). |
1) Né à Madiarsha (Dalmatie), Kacic Miosic mourut en 1702.
(2) Poème mystique très impressionnant d'Adrien Mithouard.
(3) Composée pour le VIIe centenaire du saint.
(4) Cf. L''Enchantée et, parmi les poésies éparses du jeune maître, Laus Herbarum. _________________ Il ne faut plus se taire.
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