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INSTITUTIONS LITURGIQUES par Dom Guéranger, Vol I
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gabrielle



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MessagePosté le: Vendredi 17 Octobre, 2008 17:48    Sujet du message: INSTITUTIONS LITURGIQUES par Dom Guéranger, Vol I Répondre en citant

INSTITUTIONS LITURGIQUES

Jusqu’au conciliabule montinien

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE I : NOTIONS PRÉLIMINAIRES


Citation:
La Liturgie, considérée en général, est l’ensemble des symboles, des chants et des actes au moyen desquels l'Église exprime et manifeste sa religion envers Dieu.

La Liturgie n'est donc pas simplement la prière, mais bien la prière considérée à l'état social. Une prière individuelle, faite dans un nom individuel, n'est point Liturgie.

Cependant les formules et les signes de la Liturgie peuvent être légitimement et convenablement employés par les particuliers, dans l'intention de donner plus de force et d'efficacité à leurs œuvres de prière ; comme lorsqu'on récite des oraisons consacrées, des hymnes, des répons, pour s'exciter à la religion.

Ce genre de prière est même le meilleur, en fait de prière vocale, car il associe à l'effort individuel le mérite et la consécration de l'Église entière.


Quant à la récitation privée des formules de la Liturgie dans l'Office divin par les clercs, les bénéficiers et les réguliers, lesquels sont tenus de suppléer en particulier à ce qu'ils n'accomplissent pas au chœur, on ne saurait la considérer comme une œuvre de dévotion privée : elle est un acte de religion sociale.

Celui qui prie ainsi est député officiellement pour ce sujet. Sa parole, son intention même, appartiennent à l'Église. S'il pèche en cet emploi, c'est contre l'Église autant que contre lui-même qu'il pèche..



LE R. P. DOM PROSPER GUERANGER
ABBÉ DE SOLESMES
Sanas Pontificii Juris et sacrae Liturgiae traditiones labescentes confovere.
DEUXIEME EDITION
TOME PREMIER
SOCIÉTÉ GENÉRALE DE LIBRAIRIE CATHOLIQUE
Victor PALMÉ, Éditeur des Bollandistes, Directeur général
PARIS 35, rue de Grenelle-St-Germain, 25 BRUXELLES
5, place de Louvain,
1878
Source abbaye Saint-Benoit

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Il ne faut plus se taire.
Criez avec cent mille langues.
Je vois, qu'à force de se taire, le monde est pourri. ( Sainte Catherine de Sienne)
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gabrielle



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MessagePosté le: Vendredi 17 Octobre, 2008 23:06    Sujet du message: Répondre en citant

INSTITUTIONS LITURGIQUES

Jusqu’au conciliabule montinien

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE I : NOTIONS PRÉLIMINAIRES

Citation:
De même que la vertu de religion renferme tous les actes du culte divin, ainsi la Liturgie, qui est la forme sociale de cette vertu, les comprend tous également. On peut même dire que la Liturgie est l'expression la plus haute, la plus sainte de la pensée, de l'intelligence de l'Église, par cela seul qu'elle est exercée par l'Église en communication directe avec Dieu dans la Confession, la Prière et la Louange.

Confession, Prière, Louange : tels sont les actes principaux de la religion ; telles sont aussi les formes principales de la Liturgie

La Confession, par laquelle l'Église fait hommage à Dieu de la vérité qu'elle en a reçue…

De là l'importance si grande pour l'intelligence du dogme, donnée dans tous les temps aux paroles et aux faits de la Liturgie. On connaît l'axiome : Legem credendi statuat lex supplicandi. C'est dans la Liturgie que l'esprit qui inspira les Écritures sacrées parle encore ; la Liturgie est la tradition même à son plus haut degré de puissance et de solennité…

Et, comme l'Église est une société, non d'esprits, mais d'hommes, créatures composées d'âme et de corps, qui traduisent toute vérité sous des images et des signes, portant eux-mêmes dans leurs corps une forme ineffable de leur âme ; dans l'Église, disons-nous, ce céleste ensemble de confession, de prière et de louange, parlé dans un langage sacré, modulé sur un rythme surnaturel, se produit aussi par les signes extérieurs, rites et cérémonies, qui sont le corps de la Liturgie.


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MessagePosté le: Samedi 18 Octobre, 2008 14:34    Sujet du message: Répondre en citant

INSTITUTIONS LITURGIQUES

Jusqu’au conciliabule montinien

PREMIÈRE PARTIE




CHAPITRE II : IMPORTANCE DE L'ÉTUDE DE LA LITURGIE

page 8

Citation:
Oh ! qui pourrait dire les grâces de salut qui se répandraient sur le peuple chrétien, comme effet direct d'un enseignement basé sur l'explication et la compréhension des mystères, des paroles et des rites de la Liturgie, si nos peuples savaient et goûtaient ce que savaient et goûtaient les simples catéchumènes des Églises de Milan, d'Hippone ou de Jérusalem, initiés par un Ambroise, un Augustin, un Cyrille !

Et plus tard nos nouvelles Églises d'Occident, quelles lumières ne tiraient-elles pas de l'enseignement liturgique d'un Rhaban Maur, d'un Ives de Chartres, d'un Honorius d'Autun, d'un Hildebert du Mans et de Tours, d'un Durand de Mende, etc. ! Quelle influence sur les mœurs catholiques ! quel boulevard de la foi ! quelle disposition à sentir les choses de la vie surnaturelle dans ces populations instruites avec soin et détail des secrets que le Christ et son Église ont cachés sous le vaste et profond emblème de la Liturgie !


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MessagePosté le: Samedi 18 Octobre, 2008 23:09    Sujet du message: Répondre en citant

INSTITUTIONS LITURGIQUES

Jusqu’au conciliabule montinien

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE II : IMPORTANCE DE L'ÉTUDE DE LA LITURGIE


pages 9-10

Citation:
…quel autre moyen de faire pénétrer la connaissance du dogme dans les esprits, que celui-là même que l'auteur et le réparateur de notre nature a choisi pour y faire descendre cette grâce invisible qui nous sanctifie ?

Mes paroles sont esprit et vie (2), (2) Joan., VI, 64. dit le Sauveur : elles donnent à la fois la lumière à l'intelligence, et au cœur la charité qui est la vie. Il en est de même des paroles de l'Église qui possède la plénitude des mystères et la dispense sur le peuple chrétien par des rites et des formules remplis à la fois de vérité et d'amour.

Aussi a-t-on toujours considéré la Liturgie comme le haut enseignement du dogme, en même temps qu'elle est sa forme la plus populaire.

Nous verrons bientôt que tous les saints docteurs étaient Liturgistes ;

que les écrivains ecclésiastiques qui les ont suivis cultivèrent avec ardeur la science des rites sacrés ;

que les théologiens scolastiques du moyen âge voulurent aussi faire leur somme des mystères;

qu'à l'époque de la Réforme, l'activité des docteurs catholiques se porta vers cette étude et donna, la première, naissance aux Collections liturgiques; qu'enfin, chose surprenante pour plusieurs, de savants protestants, au risque d'exposer l'héritage de la Réforme aux invasions de l'antiquité ecclésiastique, ont cru aussi, ont cru, comme tous les anciens Pères et docteurs catholiques, qu'il n'y avait point d'étude complète du dogme chrétien, si la matière des rites et des formules sacrées n'était soigneusement explorée, s'ils n'interrogeaient siècle par siècle ces livres papistes qu'ailleurs ils voudraient donner comme un instrument de corruption pour la doctrine évangélique.

On les a vus, on les voit publier des collections, des bibliothèques liturgiques, et faire honte à plus d'un catholique par le zèle et l'importance qu'ils mettent à de semblables travaux…



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MessagePosté le: Dimanche 19 Octobre, 2008 23:06    Sujet du message: Répondre en citant

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Jusqu’au conciliabule montinien

PREMIÈRE PARTIE


CHAPITRE II
: IMPORTANCE DE L'ÉTUDE DE LA LITURGIE



pages 13-14

Citation:
Mais qui sait aujourd'hui que tous les arts, architecture, peinture, sculpture, musique, sont tributaires de la Liturgie, et par elle du catholicisme ?

…Cependant la Liturgie seule a le secret de la construction des temples * ; elle seule sait combien de mystères devront exprimer les portes, les fenêtres, les colonnes, les chapelles, les tours ou flèches, les distributions de l'édifice.

Elle seule sait et peut dire au peintre sous quels emblèmes fixés par les décrets ecclésiastiques les mystères doivent être représentés, avec quels attributs les saints et les saintes seront reconnus tout aussitôt et invoqués par la foi des fidèles.

Elle seule peut lui faire éviter ces hideux anachronismes de costume sacerdotal, que l'on voit pompeusement étalés sur les grandes toiles qui encombrent les églises de la capitale, ou les salles de l'exposition annuelle ; anachronismes quelquefois d'autant plus risibles, qu'ils sont les résultats d'une étudemal digérée.

Elle seule peut lui apprendre la tradition si riche et si importante des couleurs, l'expression que donne le contact des mystères divins (1).



(1) On peut lire sur ce sujet les excellentes remarques de M. le comte de Montalembert sur la perte absolue de l'art catholique en France, dans son admirable introduction aux Monuments de sainte Elisabeth. Seulement, nous le prierons d'ajouter à l'énumération des tableaux étranges qu'il signale dans les églises de Paris, certaine toile à la Sorbonne sur laquelle est représenté, près de Robert Sorbon, un moine habillé de vert, la seule de toutes les couleurs que jamais aucun ordre religieux n'ait adoptée. Les traditions sont déjà si loin de nous que nous ne nous flattons pas que tous les lecteurs comprennent toute l'étendue de cette bévue.

* Note de gabrielle: Grande vérité que cette affirmation, les temples sont l'image de la Liturgie qu'on y célèbre, pas étonnant de voir les nouvelles constructions des temples montiniens... tout croche comme leurs cérémonies!
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MessagePosté le: Mardi 21 Octobre, 2008 14:21    Sujet du message: Répondre en citant

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Jusqu’au conciliabule montinien

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE II : IMPORTANCE DE L'ÉTUDE DE LA LITURGIE



pages 14-15

Citation:
Elle seule peut révéler au sculpteur ces détails de pose, ces agencements de draperies, le secret de ces groupes mystérieux qui se forment dans la célébration des rites sacrés, ces convenances de lieu et d'objet dont l'appréciation préviendrait ces malentendus dont on ne s'aperçoit quelquefois que lorsqu'un objet de sculpture, après avoir coûté beaucoup de dépense et de travail, est trouvé incapable de remplir la fin à laquelle on l'avait destiné.

Elle seule peut révéler au musicien ces ineffables mélodies grégoriennes qui sont à la fois l'unique reste de cette musique antique, dont on raconte tant de merveilles, et le produit de la plus noble et de la plus sublime inspiration catholique ;

motifs admirables dont on ne s'est écarté que pour tomber dans le barbare, en croyant pouvoir substituer des mélodies tout aussi aisément qu'on substituait des formules nouvelles aux formules de l'antiquité, ou pour se jeter dans un genre tout profane qui forme le contraste le plus révoltant avec la sainteté du lieu, la majesté des paroles et la religion des mystères ;

si ce n'est que d'autres fois on aime mieux composer patiemment et exécuter de même des morceaux insignifiants et dépourvus d'un sens quelconque, à la condition que l'accord sera parfait et que la mesure ne manquera pas.

Une étude attentive de la Liturgie eût prévenu et préviendrait tous les jours, dans tous les genres, bien des erreurs…


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MessagePosté le: Mardi 21 Octobre, 2008 23:14    Sujet du message: Répondre en citant

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Jusqu’au conciliabule montinien

PREMIÈRE PARTIE


CHAPITRE III : ÉTAT DE LA LITURGIE AU TEMPS DES APOTRES

page 16

Citation:
La Liturgie est une chose si excellente, que, pour en trouver le principe, il faut remonter jusqu'à Dieu ; car Dieu, dans la contemplation de ses perfections infinies, se loue et se glorifie sans cesse, comme il s'aime d'un amour éternel.

Toutefois ces divers actes accomplis dans l'essence divine, n'ont eu d'expression visible et véritablement liturgique que du moment où une des trois Personnes ayant pris la nature humaine, a pu dès lors rendre les devoirs de la religion à la glorieuse Trinité.

Dieu a tant aimé le monde, qu'il lui a donné son Fils unique (1) liturgique.

Après avoir été annoncée et préfigurée pendant quarante siècles, une prière divine a été offerte, un sacrifice divin a été accompli, et, maintenant encore et jusque dans l'éternité, l'Agneau immolé dès le commencement du monde s'offre sur l'autel sublime du ciel et rend d'une manière infinie à l'ineffable Trinité tous les devoirs de la religion, au nom des membres dont il est le Chef, lesquels confessent, supplient et glorifient avec lui, par la vertu du divin Esprit qui, les animant de son souffle (2) — et les couvrant de son ombre (3), forme en eux cet inénarrable gémissement (4) (4) Rom., VIII, 26. qui retentit doucement dans les cœurs.


1) Joan., III, 16 pour l'instruire dans l'accomplissement de l'œuvre
2) Psalm. XXXII, 6
3) Luc, 1, 35
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MessagePosté le: Mercredi 22 Octobre, 2008 22:57    Sujet du message: Répondre en citant

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PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE III : ÉTAT DE LA LITURGIE AU TEMPS DES APOTRES


page 17

Citation:
Infiniment au-dessous de l'Agneau, mais incomparablement au-dessus de toute autre créature, Marie, mère de Dieu, assistant en corps et en âme, afin que rien ne manque à la plénitude de son expression liturgique, offre à Dieu la prière la plus pure et la plus complète après celle du Fils de Dieu auprès duquel elle introduit les vœux de la création, les complétant de sa perfection propre, les rendant agréables de sa faveur toujours agréée.

Les chœurs des esprits angéliques célèbrent aussi la louange de Dieu.

Ils ne cessent de crier alternativement : Saint, saint, saint! Ils rendent tous les devoirs de la religion pour eux-mêmes, et aussi pour le reste de la création, particulièrement pour les hommes auxquels Dieu a, comme à eux, confié l'honneur de son service (1).


Les hommes élus et glorifiés, les saints, établis dans une harmonie parfaite de grâce et de gloire, chantent aussi la divine louange, continuant d'un ton plus fort et plus mélodieux encore leurs cantiques de la terre, et, afin que rien ne manque aux conditions de leur Liturgie, ils reprendront un jour leurs corps pour lui pouvoir donner une forme visible.

L'Église militante enfin loue Dieu avec l'Agneau qui est son époux et sur lequel elle est appuyée (2) ; avec Marie, qui est sa miséricordieuse reine ; avec les anges, qui la gouvernent sous l'œil du Très-Haut ; avec les saints, qui l'aiment toujours d'une tendresse filiale, et la tirent d'en haut ; enfin dans cette demeure mortelle où la retiennent les décrets divins et qu'elle est appelée à sanctifier, elle remplit admirablement toutes les conditions de la Liturgie, ainsi que nous le ferons voir en détail dans ces Institutions.


(1) Deus qui miro ordine angelorum ministeria hominumque dispensas, etc. Missal. Rom. in dedicatione et apparitione S. Michaelis

(2) Cant., VIII, 5



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MessagePosté le: Jeudi 23 Octobre, 2008 23:05    Sujet du message: Répondre en citant

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PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE III : ÉTAT DE LA LITURGIE AU TEMPS DES APOTRES

pages 18-19

Citation:
...de cette Liturgie sous ses formes générales. Reconnaissons d'abord que le monde n'a jamais été sans elle : car, comme l'Eglise date du commencement du monde, suivant la doctrine de saint Augustin (1), la Liturgie date de ce même commencement.

En effet, l'homme n'a point été sans connaître Dieu qui se révéla à lui tout d'abord; or, connaissant Dieu, il n'a point été sans l'adorer, sans le supplier, sans célébrer ses grandeurs et ses bienfaits, et ces sentiments n'ont point non plus été dans l'homme sans se produire par des paroles et des actes.

Dieu daigna révéler ces formes de la Liturgie, comme il donna à l'homme la pensée, comme il lui donna la parole, comme il se manifesta à lui en qualité d'auteur de la nature et d'auteur de la grâce et de la gloire.

Aussi voyons-nous, dès l'origine, la Liturgie exercée par les premiers hommes dans le principal et le plus auguste de ses actes, le sacrifice. Malgré la différence de leurs hosties, et par la raison de cette différence même, Caïn et Abel attestent dans leurs offrandes diverses un ordre préétabli, un rite commun, quoique le sacrifice du second soit sanglant et que l'offrande du premier ne le soit pas.

Bientôt, à cette même époque antédiluvienne, si riche de communications divines, nous lisons d'Énos, homme juste et serviteur de Dieu, qu'il commença d'invoquer le nom du Seigneur (2), c'est-à-dire, comme l'ont entendu les Pères , à enrichir de développements plus vastes cette première forme qui remontait au jour même de la création de l'homme. Durant cette période, le sacrifice persévéra toujours ; car Noé, au sortir de l'Arche, pendant que l'arc du Seigneur resplendissait à l'horizon, immola en action
de grâces plusieurs des animaux purs que, dans cette intention même, Dieu avait ordonné de conserver en plus grand nombre (1).


(1) Ipsa res quæ nunc christiana religio nuncupatur erat et apud antiquos, necdefuit ab initio generis humani, quousque ipse Christus veniret in carnem, unde vera religio quæ jam erat cœpit appellari christiana. (S. August., Retract., lib. I, cap. XIII, n. 3, tom. I, col. 19.)

(2) Gen., IV, 26.

(1)Gen, VIII,2o



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MessagePosté le: Vendredi 24 Octobre, 2008 22:29    Sujet du message: Répondre en citant

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PREMIÈRE PARTIE


CHAPITRE III : ÉTAT DE LA LITURGIE AU TEMPS DES APOTRES


page 19

Citation:
Ainsi le principe liturgique avait été sauvé du redoutable cataclysme qui engloutit pour jamais la plupart des souvenirs de ce premier monde; il survécut avec le langage, avec les traditions sacrées des patriarches.

Nous en voyons de fréquentes applications dans les pages si courtes du récit antémosaïque. Abraham, Isaac, Jacob, offrent des sacrifices d'animaux (2) ;

ils dédient au Seigneur les lieux où ils ont senti sa présence (3) ;

ils élèvent des pierres en autel (4) ;

ces pierres, comme aujourd'hui, ont besoin d'être inondées d'huile pour devenir dignes de recevoir la majesté de Dieu (5) ;

et non-seulement l'autel paraît, mais le sacrifice futur est montré de loin. Tout à coup, un Roi Pontife, tenant en ses mains le pain et le vin, offre une hostie pacifique (6),

et avec tant de vérité, que la mémoire de son sacrifice et de sa consécration demeure pour être invoquée mille ans après, par un autre prophète-roi, mais non plus pontife, comme type du sacerdoce et du sacrifice du Messie à venir.

Durant toute cette époque primitive, les traditions liturgiques ne sont point flottantes et arbitraires, mais précises et déterminées : elles se reproduisent toujours les mêmes. On voit clairement qu'elles ne sont point de l'invention de l'homme, mais imposées par Dieu lui-même ; car le Seigneur loue Abraham d'avoir gardé non-seulement ses lois et ses préceptes, mais encore ses cérémonies (7).


(2) Gen., XV, 9; XXII, 13

(3) Gen., XII,7, 8; XXVI,25 ; XXVIII, 16; XXXII, 3o.

(4) Gen., XXVIII, 18, 22; XXXIII, 20

(5) Gen., XXVIII, 18; XXXI, 13; XXXV, 14.

(6) Gen., XIV, 18.

(7) Eo quod obedierit Abraham voci meas, et custodierit praecepta et mandata mea, et cœremonias legesgue servaverit. (Gen., XXVI, 5.)

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MessagePosté le: Samedi 25 Octobre, 2008 22:37    Sujet du message: Répondre en citant

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CHAPITRE III : ÉTAT DE LA LITURGIE AU TEMPS DES APOTRES


pages 19- 20

Citation:
La loi mosaïque fut ensuite promulguée en son temps, à l'effet de donner une forme plus précise encore et plus solennelle à la Liturgie, de créer un corps de Prêtres présidé par un Pontife souverain, de fixer, au moyen de règlements écrits, des traditions jusqu'alors conservées pures, mais dont la défection générale des peuples menaçait l'intégrité.

Toutefois, avant que Moïse montât sur le Sinaï, où il devait recevoir cette loi, déjà l'Agneau pascal avait été immolé au milieu des rites les plus mystérieux, et déjà le chef des Hébreux avait chanté l'hymne du passage de la mer Rouge, pendant que Marie, à la tête du chœur des vierges d'Israël, l'accompagnait du son des instruments sacrés.

Dieu parle donc et révèle cet ensemble de rites dans lequel on voit figurer en un ordre admirable les diverses espèces de sacrifices, les expiations, l'offrande des prémices, le feu sacré, les purifications, les habits sacerdotaux, etc.

La Liturgie sort de l'enfance et passe à son âge intermédiaire, durant lequel elle ne devait plus être exercée sous une forme simplement domestique, mais sous une forme plus sociale, au moyen d'une tribu sacrée ; mais, d'autre part, ses symboles, si riches qu'ils fussent, ne devaient pas renfermer les réalités qu'ils signifiaient.


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PREMIÈRE PARTIE


CHAPITRE III : ÉTAT DE LA LITURGIE AU TEMPS DES APOTRES


page 21
Citation:
Nous ne devons pas manquer de signaler aussi ce phénomène si remarquable, qui surprend dès l'abord l'observateur des anciennes religions, savoir, la ressemblance frappante des formes religieuses employées par la plupart des peuples Gentils avec les rites liturgiques du peuple israélite.

Ce fait est incontestable, et, ainsi qu'on l'a remarqué il y a longtemps, il a contribué puissamment à préparer les voies à l'établissement du culte chrétien, soit qu'on l'explique, avec la plupart des anciens Pères, par une suite de communications de ces peuples avec les Juifs, soit qu'on le considère comme un débris des traditions patriarcales dont le culte mosaïque n'était qu'un vaste développement.

Quoi qu'il en soit, la plénitude des temps étant venue, le VERBE SE FIT CHAIR ET HABITA PARMI NOUS : il se donna à voir, à entendre, à toucher aux hommes (1), et, descendu du ciel pour créer des adorateurs en esprit et en vérité (2), il vint, non détruire, mais accomplir et perfectionner les traditions liturgiques (3).

Après sa naissance, il fut circoncis, offert au temple, racheté. Dès l'âge de douze ans, il accomplit la visite du temple, et, plus tard, on l’y vit fréquemment venir offrir sa prière.

Il remplit la carrière du jeûne de quarante jours ; il sanctifia le sabbat ; il consacra par son exemple la prière nocturne.

A la dernière cène, où il célébra le grand Acte liturgique, et pourvut à son accomplissement futur jusqu'à la fin des siècles, il préluda par le lavement des pieds que les Pères ont appelé un mystère, et termina par un hymne solennel, avant de sortir pour aller au mont des Oliviers.

Peu d'heures après, sa vie mortelle, qui n'était elle-même qu'un grand acte liturgique, se termina dans l'effusion du sang sur l'autel de la croix; le voile de l'ancien temple se déchirant, ouvrit comme un passage à de nouveaux mystères, proclama un nouveau tabernacle, une arche d'alliance éternelle, et désormais la Liturgie commença sa période complète en tant que culte de la terre.



(1) I Joan., I, 1
(2) Joan., IV, 23
(3) Matth., V, 17

LE R. P. DOM PROSPER GUERANGER
ABBÉ DE SOLESMES
Sanas Pontificii Juris et sacrae Liturgiae traditiones labescentes confovere.
DEUXIEME EDITION
TOME PREMIER
SOCIÉTÉ GENÉRALE DE LIBRAIRIE CATHOLIQUE
Victor PALMÉ, Éditeur des Bollandistes, Directeur général
PARIS 35, rue de Grenelle-St-Germain, 25 BRUXELLES
5, place de Louvain,
1878
Source abbaye Saint-Benoit

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gabrielle



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MessagePosté le: Lundi 27 Octobre, 2008 22:54    Sujet du message: Répondre en citant

INSTITUTIONS LITURGIQUES

Jusqu’au conciliabule montinien

PREMIÈRE PARTIE


CHAPITRE III
: ÉTAT DE LA LITURGIE AU TEMPS DES APOTRES

pages 22-23

Citation:
Car le sacrifice ne cesse pas en ce jour, bien qu'il soit consommé. Du lever du soleil à son couchant (1), il devient perpétuel, quotidien, universel ; et non-seulement le sacrifice, centre de la Liturgie, reste, mais une nouvelle naissance par l'eau est offerte au genre humain ; la visite de l'Esprit de sanctification est annoncée, ses dons sont communiqués aux Apôtres pour toute l'Église par l'insufflation et l'imposition des mains.

Enfin, lorsque le Médiateur ressuscité a employé quarante jours à instruire ses disciples de tout ce qui regarde le royaume de Dieu (2), S. Léon dit à ce sujet : « Non enim ii dies qui inter resurrectionem Domini ascensionemque fluxerunt otioso transiere decursu : sed magna in his confirmata sacramenta, magna sunt revelata mysteria. » (Serm. LXXII, Edit. Ballerin, pag. 291.) c'est-à-dire l'Église, lorsqu'il leur a dit solennellement, invoquant la puissance qui lui a été donnée au ciel et en terre: Allez, baptisez toutes les nations ; enseignes-leur à garder toutes les choses que je vous ai enjointes, il les quitte en montant au ciel, laissant ouvertes sur toutes les nations du monde sept sources principales de salut dans les sacrements, dont chacun contient une grâce agissante, mais invisible, en même temps qu'il la signifie à l'extérieur par les symboles les plus précis et les plus énergiques.

Jésus-Christ laissa donc sur la terre ses apôtres investis de son pouvoir, envoyés comme il avait été envoyé lui-même (3) ; aussi s'annoncent-ils, non pas simplement comme propagateurs de la parole évangélique, mais comme ministres et dispensateurs des mystères (4).

Les Apôtres durent donc établir et promulguer un ensemble de rites, ensemble supérieur sur tous les points à la Liturgie mosaïque. Tel était le génie de la nouvelle religion, comme de toute religion ; car, ainsi que le dit saint Augustin, « jamais on ne parviendra à réunir les hommes sous aucune forme ou appellation religieuse, vraie ou fausse, si on ne les lie par une association de sacrements visibles (2). » Note de gabrielle: L’œcuménisme de la secte, les demandes de la FSSPX en prennent un bon coup avec cette sentence de Saint Augustin..

C'est pourquoi le saint Concile de Trente, traitant dans sa XXIIe session des cérémonies augustes du saint sacrifice de la messe, déclare, avec toute l'autorité de la science et de l'enseignement religieux, qu'il faut rapporter à l'institution apostolique les bénédictions mystiques, les cierges allumés, les encensements, les habits sacrés, et généralement tous les détails propres à relever la majesté de cette grande action, et à porter l'âme des fidèles à la contemplation des choses sublimes cachées dans ce profond mystère, au moyen de ces signes visibles de religion et de piété (3).



(1) Malach., I, 11.
(2) Act., I
(3) Joan. XX, 21.
(4) Sic nos existimet homo u ministros Christi et dispensatores mysteriorum Dei. (I Cor., IV, 1.)
(2) In nullum autem nomen religionis, seu verum, seu falsum coagulari homines possunt, nisi aliquo signaculorum vel sacramentorum visibilium consortio colligentur. (Lia. contra Faustum, XIX, cap. IX.)
(3) Cœremonias item adhibuit ecclesia, ut mysticas benedictiones, lumina, thymiamata, vestes, aliaque id genus multa, ex apostolica disciplina et traditione, quo et majestas tanti sacrificii commendaretur, et mentes fidelium perhaec visibilia religionis et pietatis signa ad rerumaltissimarum quae in hoc sacrificio latent, contemplationem excitarentur. (Conc, Trid. Sess. XXII, cap. v.)

Dom Guéranger

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MessagePosté le: Mardi 28 Octobre, 2008 23:15    Sujet du message: Répondre en citant

INSTITUTIONS LITURGIQUES

Jusqu’au conciliabule montinien

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE III : ÉTAT DE LA LITURGIE AU TEMPS DES APOTRES

pages 24- 25

Citation:
Or ce saint Concile n'était point amené à produire cette assertion par quelque conjecture incertaine, déduite de prémisses vagues, il parlait comme parlaient les premiers siècles.

Il invoquait la tradition primitive, c'est-à-dire apostolique, comme l'avait si éloquemment invoquée Tertullien, dès le troisième siècle, pour rendre raison de tant de rites qui ne paraissaient point fondés sur la lettre des saints Évangiles, tels que le renoncement au démon avant le baptême, la triple immersion, la confession du baptisé dont elle était précédée ; la nourriture de lait et de miel qu'on lui donnait, l'obligation de s'abstenir du bain durant la semaine qui suivait le baptême ; la communion eucharistique fixée au matin, avant toute autre nourriture ; les oblations pour les défunts ; la défense de jeûner ou de prier à genoux, le dimanche et durant le temps pascal ; le soin tout particulier des espèces consacrées ; l'usage continuel du signe de la croix, etc.

(1). Note A Saint Basile signale aussi la même tradition comme source des mêmes observances, auxquelles il ajoute, en manière d'exemple, les suivantes, ainsi de prier vers l'orient, de consacrer l'Eucharistie au milieu d'une formule d'invocation qui ne se trouve rapportée ni dans saint Paul, ni dans l'Évangile ; de bénir l'eau baptismale et l'huile de l'onction, etc. (2).Note B

Et non-seulement saint Basile et Tertullien, mais toute l'antiquité, sans exception, confesse expressément cette grande règle de saint Augustin devenue banale à force d'être répétée : Quod universa tenet ecclesia, nec conciliis institution, sed semper retentum est, non nisi auctoritate apostolica traditum rectissime creditur (3).

...le grand cardinal Bona qui résume admirablement toute cette question dans les paroles suivantes :

« Il est dans toutes les Liturgies certaines choses sur lesquelles toutes les Églises conviennent, et qui sont telles que sans elles l'essence du sacrifice n'existerait pas, comme sont la préparation du pain et du vin, l'oblation, la consécration, la consommation, enfin la distribution du sacrement à ceux qui veulent communier.

Ensuite, il y a d'autres parties importantes qui, bien qu'elles n'appartiennent pas à l'intégrité du sacrifice, se retrouvent cependant dans toutes les Liturgies, comme le chant des psaumes, la lecture de l'Écriture sainte, l'assistance des ministres, l'encensement, l'exclusion des catéchumènes et des profanes, la fraction de l'hostie, le souhait de paix, les prières multipliées, l'action de grâces et autres choses de cette nature (1). » Note C.


(3) De Baptism. contra Donat., lib. IV., cap. XXIV.


NOTE A

Hanc (observationem) si nulla Scriptura determinavit, certe consuetudo corroboravit, quas sine dubio de traditione manavit; quomodo enim usurpari quid potest, si traditum prius non est? Etiam in traditionis obtentu exigenda est, inquis, auctoritas scripta? Ergo quaeramus, an et traditio nisi scripta non debeat recipi? Plane negabimus recipiendam, si nulla exempla praeudicent aliarum observationum, quas sine ullius Scriptura; instrumento, solius traditionis titulo, et exinde consuetudinis patrocinio vindicamus. Denique ut a baptismate ingrediar, aquam adituri, ibidem, sed et aliquanto prius in Ecclesia sub antistitis manu contestamur, nos renunciare diabolo, et pompas, et angelis ejus. Dehinc ter mergitamur, amplius aliquid respondentes,quam Dominus in Evangelio determinavit; inde suscepti, lactis et mellis concordiam praegustamus; exque ea die lavacro quotidiano per totam hebdomadam abstinemus. Eucharistie; sacramentum,et in tempore victus, et omnibus mandatum a Domino, etiam antelucanis cœtibus, nec de aliorum manu quam praesidentium sumimus. Oblationes pro defunctis, pro natalitiis annua die facimus. Die Dominico, jejunium nefas ducimus, vel de geniculis adorare. Eadem immunitate a die Paschos in Pentecosten usque gaudemus. Calicis aut panis etiam nostri aliquid decuti in terram anxie patimur. Ad omnem progressum atque promo-tum, ad omnem aditum et exitum, ad vestitum, ad calciatum, ad lavacrum, ad mensas, ad lumina, ad cubilia, ad sedilia, quascumque nos conversatio exercet, frontem crucis signaculo terimus. Harum et aliarum ejusmodi disciplinarum, si legem expostules Scripturarum, nullam invenies: traditio tibi prætendetur auctrix, consuetudo confirmatrix, et fides observatrix. (Tertullianus, De CoronaMilitis, cap. III.)

NOTE B

Nam, si consuetudines, quas scripto prodita non sunt, tanquam haud multum habentes momenti conemur rejicere, imprudentes gravissimum Evangelio detrimentum inferemus, imo potius ipsam fidei praedicationem ad nudum nomen contrahemus. Quodgenus est (ut ejus quod primum est et vulgatissimum primo loco commemorem) ut signo crucis eos, qui spem collocarunt in Christum, signemus, quis scripto docuit? Ut ad orientem versi precemur, quas nos docuit Scriptura? Invocationis verba, quum conficitur panis Eucharistias, et poculum benedictionis, quis sanctorum in scripto nobis reliquit? Nec enim his contenti sumus, quae commemorat Apostolus aut Evangelium, verum alia quoque et ante et post dicimus, tanquam multum habentia momenti ad mysterium,quae ex traditione citra scriptum accepimus. Consecramus autem aquam baptismatis,et oleum unctionis, praeterea ipsum, qui baptismum accipit, ex quibus scriptis ? Nonne a tacita secretaque traditione? Ipsam porro olei inunctionem, quis sermo scripto proditus docuit ? Jam ter immergi hominem, unde ex Scriptura haustum ? Reliqua item quae fiunt in baptismo, veluti renunciare satanae et angelis ejus, ex qua Scriptura habemus ? Nonne ex minime publicata, et arcana hac traditione? (S. Basilius, De Spiritu Sancto, cap. XXVII.)

NOTE C

Sunt quasdam in omnibus Liturgiis, in quibus omnes Ecclesiae conveniunt, utpote sine quibus sacrificii ratio nullo modo subsisteret, cujusmodi sunt panis et vini praeparatio, oblatio, consecratio, consummatio, et ipsius sacramenti communicare volentibus distributio. Aliae item praecipuas partes sunt, qua; licet ad sacrificii integritatem non spectent, in omnibus tamen omnium gentium Liturgiis reperiuntur, Psalmorum scilicet modulatio, lectio Sacras Scripturae, ministrorum adparatus, thurificatio, catechumenorum et aliorum profanorum exclusio, fractio hostiae, precatio pacis, preces diverse, gratiarum actio, et si qua; alia; sunt ejusdem generis. (Bona, Rerum Liturgic, lib. I, cap. VI, § 1.)

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MessagePosté le: Mercredi 29 Octobre, 2008 13:57    Sujet du message: Répondre en citant

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Jusqu’au conciliabule montinien

PREMIÈRE PARTIE


CHAPITRE III : ÉTAT DE LA LITURGIE AU TEMPS DES APOTRES

pages 25 et 27 et 28

Citation:
Mais si les Apôtres doivent être incontestablement considérés comme les créateurs de toutes les formes liturgiques universelles, on n'est pas moins en droit de leur attribuer un grand nombre de celles qui, pour n'avoir qu'une extension bornée, ne se perdent pas moins, quant à leur origine, dans la nuit des temps.

En effet, ils ont dû plus d'une fois assortir les institutions de ce genre, dans leur partie mobile, aux mœurs des pays, au génie des peuples, pour faciliter par cette condescendance la diffusion de l'Évangile : et c'est là l'unique manière d'expliquer les dissemblances profondes qui règnent entre certaines Liturgies d'Orient, qui sont l'œuvre plus ou moins directe d'un ou plusieurs apôtres, et les Liturgies d'Occident, dont l'une, celle de Rome, doit reconnaître saint Pierre pour son principal auteur.

Ainsi encore pourra-t-on expliquer comment les Églises d'Asie, au second siècle, soutenaient, comme une tradition apostolique, leur manière de célébrer la Pâque, contraire à celle de l'Église romaine qui invoquait, avec raison, la tradition très-certaine et très-canonique du Prince des apôtres.

On est même en droit de conjecturer que le même Apôtre a pu, dans le cours de sa carrière de prédication, se trouver dans le cas d'employer des rites différents, à raison de la diversité des lieux qu'il évangélisait tour à tour. …


Les Apôtres tracèrent les premières lignes, imprimèrent la dilection ; mais l'œuvre liturgique dut se perfectionner sous l'influence de l'Esprit de vérité qui était donné à l'Église pour résider en elle jusqu'à la fin des temps.

Telle est la manière saine d'envisager les controverses agitées plusieurs fois par des hommes doctes, à propos de ces Liturgies ; assez généralement on a excédé de part et d'autre, en soutenant des principes trop absolus.

Laissons donc saint Jacques auteur de la Liturgie qui porte son nom, puisque l'antiquité l'a cru ainsi. Qu'importent quelques changements ou additions? ne fait-elle pas le fond de toutes celles de l'Orient?

Quant à saint Pierre, il y a deux questions à examiner. D'abord, comme chef et prince des Apôtres, il n'a pu être étranger à l'institution ou règlement des formes générales de Liturgie que ses frères allaient porter par tout l'univers.

Du moment que nous admettons son pouvoir de chef, nous devons admettre, par là même, son influence principale, en ceci comme en tout le reste, et reconnaître, avec saint Isidore, que l'on doit faire remonter à saint Pierre, comme instituteur, tout ordre liturgique qui s'observe universellement dans toute l'Église (1).


(1) Ordo missas vel orationum, quibus oblataDeo sacrificia consecrantur, primum à sancto Petro est institutûs, cujus celebrationem uno eodemque modo universus peragit orbis. (De Eccles., Officiis, lib. I, cap. XV.)

Dom Guéranger
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