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Anne-Marie

Inscrit le: 15 Fév 2007 Messages: 10695 :
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Posté le: Lundi 02 Avril, 2007 21:11 Sujet du message: |
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| Citation: | | Pendant sa passion Jésus s'est laissé dépouiller ignominieusement de ses habits, c'était pour nous revêtir de la robe nuptiale de la grâce; s'il a souffert que son corps fût tout déchiré de coups; c'était pour nous faire goûter les voluptés enivrantes de la grâce; s'il permit que son chef sacré fût couronné d'épines, c'était pour orner nos têtes de la couronne de la grâce; s'il a laissé percer ses mains, ses pieds, son coeur, c'était pour faire de ses plaies les fontaines des eau de la grâce; enfin, s'il a daigné mourir sur le bois ignominieux d'une croix, c'était pour nous remplir de sa propre vie par la grâce et nous élever jusque sur son propre trône. |
Victor Many
La Vraie Vie _________________ Maranatha
Anne-Marie
Levez-vous Seigneur ! Confondez ces traîtres de V2, par l’avènement de votre règne, afin que soit exalté, à la face tous ses ennemis, Notre Mère la Sainte Église, pour votre plus grande gloire et le salut des âmes. |
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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Mardi 03 Avril, 2007 8:01 Sujet du message: |
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| Charles Sauvé, L'Homme Intime, Paris, 1901, pp.163-164 a écrit: |
« Quoi ! voilà Dieu qui vient, voilà l'adorable Trinité tout entière qui s'avance ! Dans quel but ? Où se rendent les Personnes divines ? Est-ce à un nouveau paradis ? Est-ce dans un monde meilleur ? Est-ce dans un autre ciel plus vaste ? Non ; la sainte Trinité se rend dans une âme en état de grâce; Dieu vient pour elle; Dieu vient à elle; Dieu se repose en elle. La grâce a tant de valeur que, en entrant dans cette âme naguère un enfer de péchés, une caverne de démons, elle l'a changée en une demeure digne de la très sainte Trinité. La grâce est si puissante qu'elle fait aussitôt de l'âme un palais pour Dieu, un palais si beau qu'il ne peut le quitter; et les trois Personnes divines cesseront plutôt d'habiter le ciel que de quitter le coeur de celui qui est en état de grâce.
La grâce est plus grande que le monde. La grâce est meilleure que le ciel. La grâce est le plus délicieux palais que Dieu ait parmi les créatures. La grâce est le plus agréable paradis des trois Personnes divines. La grâce est le plus majestueux trône de la très sainte Trinité, et ainsi les trois Personnes divines viennent dans l'âme qui la possède (P. Nieremberg, Le Prix de la Grâce, t. I ). »
Concevez, si vous le pouvez, quelque chose de plus beau et de plus édifiant que ces vérités.
Ah ! si ces pensées pouvaient, non pas se poser un instant sur notre coeur, comme ces oiseaux fugitifs dont je rappelais tout à l'heure l'image, mais se fixer dans notre âme; si elles s'acclimataient si bien dans notre horizon que presque jamais nous ne les perdions de vue !
Voilà ce que c'est qu'une âme sainte ; voilà les trésors absolument divins qu'elle contient voilà l'incomparable compagnie qui la suit partout : Dieu, les trois adorables et infiniment aimables Personnes.
Si cette âme marchait accompagnée du cortège des étoiles ou du cortège plus magnifique des anges, que ce serait beau, et quelle reine pour¬rait jamais lui être comparée ! Mais cela n'est rien; elle marche ayant Dieu à ses côtés : quel Dieu ? est-ce le Dieu de la philosophie, le Dieu abstrait et froid qu'on trouve au bout d'un syllogisme ? Non, c'est le Dieu vivant, le Dieu en trois Personnes.
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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Mardi 03 Avril, 2007 22:01 Sujet du message: |
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| Charles Sauvé, L'Homme Intime, Paris, 1901, pp.164-167 a écrit: |
Et ce grand Dieu n'est point là-bas, selon la belle comparaison d'un philosophe de notre temps, comme une majestueuse statue qui se dresse, toujours en perspective, au bout de toutes les avenues de notre intelligence; les données de la foi sont bien plus sublimes et bien plus consolantes.
Dieu, le Dieu vivant en trois personnes, ne se contente point d'être présent sur notre horizon; il est à nos côtés; c'est notre compagnie la plus voisine et la plus intime. Bien mieux, il est en nous, « le règne de Dieu est en vous (Luc, XVII, 21) », a dit la sainte Écriture.
Et cette vérité doit nous donner une grande joie, un courage inébranlable, et nous inspirer une profonde estime pour les âmes qui possèdent en elles la grâce.
Écoutez encore à ce sujet une page délicieuse P. Nieremberg : « Cette société que les Personnes divines font avec l'âme en état de grâce doit inspirer une grande estime pour les serviteurs de Dieu, et pour ceux qu'on sait être dans son amitié et sa grâce, dès lors qu'on les regarde comme des tabernacles de Dieu, comme des sanctuaires de la Divinité. Avec quel respect ne conserve-t-on pas les reliques des saints ! Des personnes, pour avoir osé seulement les regarder témérairement, ont été frappées de mort.
Mais le trésor où reposent les ossements inanimés des saints n'est pas plus sacré que le sanctuaire où habite la divinité toujours vivante.
Le reliquaire où sont les cendres des justes n'est pas plus saint que l'arche où reposent les Personnes divines.
Oh ! qui pourra dire le respect qu'on doit à une âme en état de grâce !
Ame sainte, si vous vous connaissiez, comme vous vous estimeriez !
O âme sainte, que votre dignité et votre grandeur sont difficiles à expliquer !
O âme sainte, chérie de Dieu ! O âme sainte habitée par Dieu ! O âme sainte, chérie et révérée des anges !
O âme sainte, délectable paradis de votre Créateur ! O âme sainte, lieu splendide où Dieu prend son repos !
O âme sainte, tabernacle de la sainte Trinité, plus beau que le soleil !
O âme sainte, arche d'or, non de l'Ancien, mais du Nouveau Testament !
O âme sainte, trône très haut de la divinité ! O âme sainte, ciel plus grand que les cieux !
O âme sainte, plus vaste que le firmament, qui contenez en vous, non les étoiles, mais les trois Personnes divines !
O âme sainte, cour de toute la Divinité !
O âme sainte, reliquaire du Dieu vivant ! O âme sainte autel sacré du Dieu de majesté !
O âme sainte, ciel et demeure bien-aimée de Dieu ! O âme sainte, fille de Dieu le Père !
O âme sainte, soeur de Dieu le Fils ! O âme sainte, épouse du Saint-Esprit !
O âme sainte, temple de la très sainte Trinité ! O âme sainte, beauté de toute la nature créée !
O âme sainte, plus grande que le monde ! O âme sainte, trésor des dons de l'Esprit-Saint !
O âme sainte, palais de la majesté, incréée ! O âme sainte, sanctuaire de la sainteté du monde !
O âme sainte, compagne des trois personnes divines !
O âme sainte ! si vous vous connaissiez ! comme vous vous estimeriez, non pas pour ce que vous avez de vous-même, mais pour ce qui vous vient de la grâce !
Et combien vous estimeriez ce grand Dieu qui vient à vous ; il vous estime au point de vous honorer de sa visite la plus affable, la plus intime, la plus libérale : quelle estime vous devez avoir pour lui (Op. cit., t. I)! »
Bien libérale, en effet, est cette visite ; Dieu vient en nous pour se donner lui-même et sans réserve et à jamais.
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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Mercredi 04 Avril, 2007 14:33 Sujet du message: |
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| Charles Sauvé, L'Homme Intime, Paris, 1901, pp.167-169 a écrit: |
2° - L'Infini se donne à l'âme en état de grâce.
Quand Dieu visite notre âme, ici-bas, de cette visite mille fois bénie qui s'appelle la grâce, et au ciel de cette visite parfaite et bienheureuse qui s'appelle la gloire, il a pour cortège les dons finis les plus magnifiques : ici-bas, la grâce sanctifiante, les vertus infuses, les dons du Saint-Esprit; au ciel, les dons de la gloire et pour notre âme et pour notre coeur; mais, en définitive, c'est lui en personne qu'il veut nous donner.
Il est absolument certain que, avec les dons finis, nous recevons le Don incréé : il est certain que Dieu lui-même se donne à nous.
Dieu se donne ! « Un jour, a dit une grande âme, le Dieu de sainteté, s'approchant de moi, tel qu'il est dans son essence et dans ses Personnes, me disait : Je veux me donner à toi. Je fus rempli d'une telle frayeur que, les larmes aux yeux, je fus contraint de dire en me retirant : Mon Dieu, je ne vous puis porter (M. Olier, Esprit, t. I ). »
Aucune âme, aucun ange, aucune créature ne saurait recevoir et porter Dieu, que par la grâce ici-bas, et la lumière de gloire au ciel.
Si tu savais, âme sainte, ce que c'est que de recevoir non pas l'idéal créé de Dieu, mais Dieu lui-même en toi, ce que c'est que de porter le Dieu vivant; si tu savais quel fardeau précieux et glorieux il y a là pour toi ! Si tu savais à quel respect, à quelle vigilance, à quel amour un pareil trésor l'oblige !
Dieu s'est donné par l'Incarnation, il se donne par l'Eucharistie; eh bien ! Chose prodigieuse, ce double don, absolument divin, est, dans sa pensée, le prélude d'un autre don plus intime : le don qu'il nous fait de lui-même par la grâce et la gloire.
Quand l'homme se donne, il ne sait, tout au plus, que recevoir dans ses bras, sur son coeur, l'objet aimé; ou, quand il n'est plus, lui laisser son image, son souvenir. Voyez une mère, c'est le type de l'amour le plus dévoué et le plus profond; et cependant, que peut-elle, malgré tout son amour, qu'attirer dans ses bras son enfant chéri, le presser sur son sein, couvrir cette petite face tant aimée de ses baisers tendres et ardents; mais mettre son enfant dans son coeur, ou entrer elle-même dans son âme, cela lui est impossible. Ce qui est impossible à une mère est possible à Dieu. « J'ai reçu un baiser de mon Dieu, qui m'a purifié tout d'un coup (M. Olier, ibid. ) », qui m'a sanctifié. Quand Dieu donne à l'âme ce baiser, d'une tendresse infinie, c'est pour entrer en elle, en même temps que ses dons.
Ce n'est pas seulement un Séraphin avec ses lumières, un Chérubin avec ses ardeurs qui, avec la grâce ou la gloire, pénètre au plus profond de notre coeur et envahit tout notre être; c'est Dieu en personne : la lumière infinie, la flamme immense, la pureté, la suavité, la joie même.
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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Mercredi 04 Avril, 2007 21:36 Sujet du message: |
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| Charles Sauvé, L'Homme Intime, Paris, 1901, pp.169-170 a écrit: |
Par une communion, plus étonnante que la communion au corps et au sang de Notre-Seigneur, nous mangeons et nous buvons Dieu même : « nous buvons, a dit saint Ambroise, un Esprit qui ne se peut diviser..., qui se répand entre dans les âmes et qui ne peut être que Dieu (Lib. De Spir., c. IV) » ; ainsi nous communions à l'Esprit Saint lui-même, c'est le Don de Dieu, en personne, que nous recevons.
Tel est donc l'amour de Dieu : Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils pour le racheter; et il aime tant chaque âme en particulier qu'il lui donne son divin Esprit pour la sanctifier. Une Personne divine est descendue du ciel pour racheter le genre humain et la Sagesse incarnée elle-même en est dans l'admiration (Joan., III, 16 ) ; et je n'admirerais pas cette venue d'une Personne divine dans mon âme, ce don de l'Esprit-Saint qui m'est fait, à moi en particulier !
Par moments, notre âme est saisie et ravie en songeant à la sainte Eucharistie, à la venue réelle du corps et du sang et de l'âme de Notre-Seigneur; savez-vous que le corps, le Sang, l'âme de Notre-Seigneur, tout en étant unis personnellement au Verbe, sont cependant des choses créées et finies, tandis que l'Esprit-Saint, c'est l'Infini par essence ?
Et vous savez aussi que le corps sacré de Jésus ne demeure pas plus longtemps en nous que les saintes Espèces, c'est-à-dire peut-être de une demi-heure à une heure; « la Divinité du Saint-Esprit, au contraire, est donnée à l'homme, non pas pour un quart d'heure ou pour un jour, mais pour demeurer continuellement en vous... Ce don du Saint-Esprit, du côté de Dieu du moins, ne nous doit jamais être ôté, et c'est pour toujours que nous l'avons; notre reconnaissance doit porter sur l'infinité du don et l'éternité de sa durée : le Saint-Esprit ne se corrompt pas comme les saintes Espèces; il ne dépérit pas; il ne se repent pas d'être entré dans l'âme de ses saints, et de demeurer en eux tant qu'ils sont fidèles. Toujours il restera dans votre coeur, si vous ne l'en chassez pas. Ne vous lassez pas de cet Esprit consolateur, il ne se lassera pas de vous; ne le mettez pas en fuite, il ne fuira pas ».(P. Nieremberg, op. cit.)
Mais je vous prie de remarquer, ici, un admirable enchaînement des bienfaits divins. Que vous donne la Communion tout d'abord ?
A proprement parler, elle vous donne le corps et le sang de Jésus-Christ, et, par eux, l'âme de jésus-Christ; et, puisque le corps, le sang et l'âme de Jésus-Christ sont inséparablement unis au Verbe, elle vous donne le Verbe lui-même; et, puisque le Père et le Saint-Esprit ne sont qu'un seul Dieu avec le Verbe, ils viennent aussi en vous avec le Verbe.
La grâce implique un enchaînement semblable de bienfaits. De cette série de biens, le premier anneau est l'Esprit-Saint, l'Amour infini, la suavité, la grâce, la générosité suprême. Et que vient faire en vous ce divin Ambassadeur ? Il vient, sans doute, accomplir des merveilles de pureté et de sanctification; mais, en même temps, il vous annonce, j'allais dire qu'il présente à votre âme le Fils et le Père, par qui il est envoyé...
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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Dimanche 08 Avril, 2007 22:41 Sujet du message: |
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| Charles Sauvé, L'Homme Intime, Paris, 1901, pp.171-172 a écrit: |
Quel donneur que Dieu ! Quel donneur de vie, de vie humaine, de vie angélique; mais surtout quel donneur de vie divine, de sa vie à lui-même, non pas de sa vie extérieure telle que le monde nous la raconte, mais de sa vie intime telle que le Fils de Dieu, qui est au foyer de cette vie, nous l'a révélée et communiquée !
Ce foyer de vie infinie et inaccessible dont ni l'ange ni aucune créature possible ne peut forcer l'entrée, la grâce vous l'ouvre et il est tout à vous. Vous aimez l'amour et la générosité : voici l'amour en personne. Vous aimez la science et la lumière et le génie voici que se donne, à vous la lumière et la science et l'intelligence en personne : le Verbe. Vous aimez tout ce qui est vrai, tout ce qui est bon, tout ce qui est beau : voici que vient à vous, avec un immense amour, Dieu le Père, c'est-à-dire la première lumière, la première beauté, la première vie, la source vivante de tout bien et de toute perfection.
Et, avec les trois Personnes divines, vous avez toute la Divinité, la Toute-Vérité, la Toute-Beauté, la Toute-Bonté, la Toute-Puissance, l'Immensité, l'Éternité...
Et comment ces réalités adorables et infiniment vivantes se donnent-elles à nous ? Elles se donnent à nous mieux que la lumière ne se donne à nos yeux, mieux que la vérité naturelle ne se donne à notre intelligence, mieux que le bien et l'amour naturels à notre coeur : Dieu est en nous, disent les théologiens, comme la vérité est dans notre intelligence : sicut in cognoscente. Dieu est en nous comme le bien, dans notre coeur, sicut in amante et possidente; Mais, ici, ce n'est pas le souvenir de Dieu, je le redirai, pour qu'aucun lecteur n'en ignore, mais Dieu même. Vous recevez dans votre intelligence, transfigurée par la foi, non la vérité abstraite, mais la Vérité vivante, vous recevez dans votre coeur, divinisé par la charité, le Dieu infini, concret, vivant.
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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Lundi 09 Avril, 2007 20:26 Sujet du message: |
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| Charles Sauvé, L'Homme Intime, Paris, 1901, pp.173-174 a écrit: |
O coeur de l'homme, que tu es misérable de ne pas tressaillir à ces pensées, d'avoir des enthousiasmes, des admirations, pour tant de choses éphémères et frivoles, et d'être si pauvre d'admiration et d'enthousiasme pour les Personnes et les perfections divines, pour le Dieu vivant que la grâce te donne !
Encore, si tu n'avais fait que d'oublier ce qu'est le Dieu vivant; mais tu l'as sacrifié peut-être pour des fantômes de vie et de joie.
Si ce grand Dieu a dit : « Lorsque quelqu'un m'aimera, nous viendrons à lui, nous établirons en lui notre demeure » ; il a dit par là même : « Quand quelqu'un m'offensera, nous le quitterons, nous l'abandonnerons. » L'âme en état de grâce était un ciel pour nous, nous la laisserons pour nous retirer dans notre ciel.
Si vous saviez, vous que la tentation incline ou sollicite, ou que le péché a ravagé, ce qu'est cet exil du Dieu vivant qui sort de votre coeur, ou cet exil de votre âme qui sort du sein de Dieu, l'absence de Dieu, la perte de Dieu ! Quelle différence y a-t-il entre cet affreux malheur et la plus grande peine de l'enfer ? C'est que l'enfer est la perte consciente, éternelle et sans retour, du Bien infini.
Comme il faut Pleurer sur ce trésor dilapidé, — sur cette couronne et ce royaume perdus, — sur ce Père, meilleur qu'une mère, méconnu, — sur cet époux trahi, — sur Jérusalem détruite ! Que dis-je ? Ce malheur n'a pas, à vrai dire, d'analogue en ce monde : le péché, c'est plus que la perte d'une famille, d'une nation, du monde entier : terre, ciel et étoiles innombrables dont il est rempli, c'est la perte de Dieu.
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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Lundi 09 Avril, 2007 20:31 Sujet du message: |
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| Charles Sauvé, L'Homme Intime, Paris, 1901, pp.174-175 a écrit: |
3° - L'Infini est uni à l'âme en état de grâce.
Nous méditerons à loisir, dans la prochaine Élévation, cette union de Dieu et de l'âme; mais il faut ici y réfléchir un instant, afin de mieux apprécier la grâce.
Déjà la grâce actuelle surnaturelle est une touche personnelle de Dieu, une touche de la lumière, de l'onction, de l'énergie, de l'amour infinis. Et cela est déjà extrêmement précieux; mais nous nous préoccupons ici surtout de l'union que la grâce sanctifiante établit entre notre âme et Dieu.
Dieu et l'âme en état de grâce ne sont pas seulement parallèles, marchant chacun dans leur voie, ou à côté l'un de l'autre, ce qui est déjà très consolant, mais ils sont unis. « Dieu, dit un profond théologien, entre dans notre nature, dans notre substance, dans nos forces (Scheeben, La Dogmat., t. III). »
Il a voulu unir à notre âme sa vie infiniment pure et simple et pénétrante, aussi intimement qu'il est possible, sans que la nature divine et la nature humaine, et les personnes divines et la personne humaine se confondent ou se mêlent.
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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Mardi 10 Avril, 2007 21:20 Sujet du message: |
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| Charles Sauvé, L'Homme Intime, Paris, 1901, pp.175-176 a écrit: |
Pour réfléchir à ce mystère, nous ne pouvons guère, faire autre chose qu'invoquer certaines analogies lointaines et imparfaites, mais vraies, d'un mystère ineffable.
Parmi les figures auxquelles nous réfléchirons, je n'en veux indiquer pour le moment que deux ou trois, prises dans des ordres différents.
L'union de Dieu et de l'âme en état de grâce est-elle l'union de deux convives qui se nourrissent du même aliment; ou mieux encore, l'union de l'aliment avec celui qui s'en nourrit ? En écartant toute imperfection, cette comparaison est juste sans doute : au ciel, l'âme se nourrira du même aliment que Dieu, c'est-à-dire de la Lumière et du Bien infinis. Et, dès maintenant, ne peut-elle pas s'assimiler, à chaque instant par la communion idéale, c'est-à-dire par l'amour, la prière, l'accomplissement de la volonté divine, toutes les vertus chrétiennes, à cette nourriture qui est Dieu ?
Est-elle l'union de deux amis intimes ? Sans doute encore; mais ici les coeurs font mieux que de s'accorder, ils sont l'un dans l'autre; l'Infini est dans notre coeur, notre coeur bat dans l'Infini.
Je ne veux pas ici faire une analogie plus sublime et de l'ordre surnaturel : « Voilà l'amour devant mes yeux, a dit de la Communion un pieux auteur, le voilà dans ma bouche, le voilà dans mes entrailles, le voilà dans le plus profond de mon âme, le voilà qui me parle, qui me caresse, qui me nourrit, qui m'échauffe, qui me brûle, et je ne sais ce que c'est que d'aimer (P. Croiset, 2° entret. Sur l'amour de N.-S. au S. Sacrement). »
Ainsi, la Vie de Dieu vient-elle en nous avec la grâce, elle se répand au plus profond de notre âme, elle la nourrit d'elle-même, de toutes ses perfections; et comme elle voudrait lui parler, la caresser, l'éclairer, la transformer par les vertus, la charité ! La communion à l'Eucharistie, si intime, si pénétrante, si touchante, n'est que pour préparer et amener la communion à la Vie même de Dieu... Dites si une pareille union à la Vie de Dieu ne relève pas immensément le prix de la grâce. De ce chef, n'avons-nous pas le droit de dire que sa dignité et sa valeur sont infinies ?
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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Mercredi 11 Avril, 2007 21:58 Sujet du message: |
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| Charles Sauvé, L'Homme Intime, Paris, 1901, pp.176-178 a écrit: |
II - L'élément fini de la Grâce.
Quand la Vie de Dieu vient dans une âme, va-t-elle laisser cette âme dans sa pauvreté, dans ses péchés, va-t-elle étouffer sa vie ? Non, elle va la purifier et l'enrichir et la rendre divinement vivante, ici-bas par la grâce, au ciel par la gloire.
Au ciel, Dieu, le Voyant infini, fera de nous des voyants divins de sa divine essence : lui, l'Amant et le Jouissant infini, fera de nous des amants divins, des jouissants divins de ses divines perfections. Alors notre vie sera parfaitement semblable à la sienne. Et, dès maintenant, elle lui ressemble à merveille, bien que d'une manière imparfaite, précaire et cachée; nous sommes, sans qu'il y paraisse encore, des participants, des semblables de Dieu ; et ce mot : des semblables de Dieu, dit des prodiges de grandeur et de beauté.
Et comment s'opère cette transfiguration qui rend une âme belle à ravir les anges, belle à ravir Dieu même, puisque, s'il n'était pas dans l'âme en état de grâce, il y viendrait, attiré par les charmes de sa beauté ? Deux figures traditionnelles vont nous insinuer ce mystère.
Avez-vous assez remarqué, si vous avez lu le concile de Trente, cette parole, empruntée du reste à saint Paul (II Cor., I, 21, 22 ) : « La cause efficiente de la grâce est le Dieu de miséricorde, qui, gratuitement, nous marque par l'Esprit-Saint, objet de sa promesse et gage de notre héritage éternel (1) ? » Dieu lui-même, vous le voyez, met en nous l'empreinte de l'Esprit-Saint, qu'est-ce à dire ? C'est-à-dire l'empreinte de la nature et des perfections divines. Et cette empreinte vraie et vive, cette transfiguration, c'est la grâce. Par elle nous sommes déifiés. « Oh ! que l'homme est grand ! s'écriait sainte Madeleine de Pazzi (Grimes, op. cit., t. VI ) il est tellement semblable à Dieu qu'on ne peut regarder Dieu sans voir l'homme, ni regarder l'homme sans voir Dieu », tant l'âme en état de grâce est pénétrée par lui ; tant notre vie, sans se mêler à la vie de Dieu, est transfigurée par son contact purifiant, par son action sanctifiante.
Véronique emporta sur un linge, que les saints devaient plus tard arroser de leurs larmes d'admiration et d'amour, l'empreinte du visage humain de Jésus-Christ : que doit être l'empreinte vivante, réelle, splendide, du Saint-Esprit, dont Dieu nous pénètre et nous marque, l'empreinte de la nature divine, de la beauté, de la sainteté infinie, en un mot de la figure de Dieu même sur notre âme ?
Visage infiniment aimable de mon Dieu, Esprit-Saint, splendeur du Père et du Fils ; Verbe, face du Père, je vous admire et vous adore en vous-même. Mais si je voyais votre empreinte lumineuse et admirablement belle dans l'âme en état de grâce, je tomberais sans doute à genoux, et comme saint Jean lorsqu'il vit un ange glorieux, je serais tenté de l'adorer.
(1) Misericors Deus, qui gratuito sanctificat signans et ungens Spiritu promissionis sancto (C. Trid., sess. VI) : voir Les Dogmes catholiques, par Mgr Laforêt, t. III, 2o5; et l'excellent livre du P. Ramière, Le Coeur de Jésus et la Divinisation du chrétien, p. 250 et suiv. . Nous nommerons des théologiens de profession dans l'Élévation suivante.
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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Jeudi 12 Avril, 2007 22:10 Sujet du message: |
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| Charles Sauvé, L'Homme Intime, Paris, 1901, pp.179-182 a écrit: |
Vous seul êtes adorable, parce que vous seul êtes vraiment Dieu ; mais que vos saints sont admirables, puisque vous ne craignez pas de les appeler des dieux ! Qu'une âme en état de grâce est belle ! toutes les beautés naturelles de la terre et du ciel ne nous inspireraient que du dégoût si nous pouvions la voir transfigurée par la lumière de Dieu.
La grâce est, en nous, comme une réfraction de Dieu, pour employer encore une figure chère à la Tradition. Dieu, la Lumière infinie, qui est toute beauté, toute sainteté,... traverse et pénètre notre âme et la transfigure. Et cette réfraction (1) splendide de Dieu en nous n'est pas fugitive comme la réfraction de la lumière dans l'arc-en-ciel, dans un cristal, dans un diamant ; elle est fixe, et il ne tient qu'à nous qu'elle dure éternellement.
Voyez-vous, âme sainte; les conséquences de cette doctrine ? puisque vous avez en vous la Lumière infinie, souverainement hostile à tout mensonge, à toute dissimulation, à toute impureté ; puisque la grâce est une illumination de tout votre être par les perfections de Dieu, soyez donc toute lumineuse, toute pure, parfaitement vraie et sincère.
Et, puisque la grâce est l'empreinte de la face de Dieu, une réfraction de sa lumière, voyez-vous la dignité d'une âme en état de grâce ? Le Plus élevé des anges n'eût pu rêver une pareille gloire ; aucune créature, fit-elle mille millions de fois plus parfaite qu'un ange, n'eût pu aspirer à cette union avec la lumière de Dieu qui la pénètre, avec le visage adorable de Dieu qui la transfigure et la rend divinement belle par un baiser d'inexprimable amour.
Et, puisque la grâce élève l'âme jusqu'à la face de Dieu, cette âme est dès lors à l'extrême opposé du péché. Elle était peut-être tout à l'heure plus bas que le néant, et la voilà par la grâce transportée jusqu'en Dieu. Un acte de charité parfaite, ou même un acte d'attrition surnaturelle avec l'absolution du prêtre : et la distance infinie qui sépare l'état de péché de la sainteté divine a été franchie.
Si en un instant un soleil immense était transporté d'un pôle à l'autre, d'un bout de l'espace à l'autre bout, ce serait un moindre prodige que de voir une âme franchir, comme par un pas gigantesque, l'abîme qui règne entre le péché et la sainteté de Dieu.
« La conversion du mal au bien consiste à passer de l'iniquité à la justice, de l'habitude intérieure du péché à la sainte habitude de la grâce, de la mort spirituelle à la vie divine et éternelle : J'appelle cela un pas, mais ce pas est un abîme. Dieu seul sait ce que pour nous le faire traverser il doit personnellement dépenser de puissance et d'amour; comme aussi quel effort de volonté est nécessaire au pécheur pour que cette dépense divine ne soit pas vaine en : Les saints docteurs (citons seulement saint Augustin et saint Thomas) enseignent que l'acte par lequel Dieu fait d'un pécheur un juste, surpasse en grandeur et enexcellence celui par lequel il fait de rien le ciel et la terre. Saint Augustin va même plus loin : parlant des anges qui ont été créés en état de grâce, il se demande si, en créant ainsi des êtres en état de pleine justice surnaturelle, Dieu se montre plus grand qu'en justifiant un seul impie. L'entende et le juge qui pourra, répond-il, ce qui est hors de doute, c'est que si, dans ces deux cas, Dieu fait voir une puissance égale, il fait éclater dans le -second une bien plus grande miséricorde. »( Mgr Gay, Fleurs de Piété )
Et l'on ne saurait dire les énergies d'une âme ainsi purifiée et trempée dans la vie même de Dieu, sa puissance de mérite, de prière et de rayonnement.
Il est vrai qu'elle est condamnée à demeurer ci-bas, quelque temps, dans le terre à terre apparent d'occupations, de travaux, d'épreuves souvent vulgaires, d'infirmités souvent misérables. Mais n'oublions pas qu'elle vit réellement, déjà, dans le sein de Dieu; et ne vous étonnez donc pas si toutes ses actions saintes peuvent, par le mérite, porter jusqu'au ciel.. Dieu vu par elle face à face, Dieu aimé et possédé par elle, pendant l'éternité, comme il s'aime et comme il se possède ; le ciel, la Très Sainte Vierge, tous les anges, tous les saints vus par elle et possédés à jamais : voilà ce qu'elle mérite rigoureusement par chacune de ces actions, voilà à quelle hauteur elle atteint.
(1) La Tradition, par cette image, ne veut pas dire que notre vie lumineuse de grâce soit la même au fond que la vie de Dieu ; mais elle lui est tellement semblable qu'on dirait comme une même lumière, une même vie.
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Anne-Marie

Inscrit le: 15 Fév 2007 Messages: 10695 :
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Posté le: Jeudi 12 Avril, 2007 22:18 Sujet du message: |
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| Citation: | Ce qui fait surtout le prix de la grâce sanctifiante, c'est qu'elle nous met en possession de Dieu et fait de nous les tabernacles de l'Esprit- Saint en personne. Ainsi la grâce sanctifiante ne nous donne pas seulement Dieu comme notre bien et notre propriété; elle établit entre lui et nous des relations de père et de fils.
Voilà la merveille des merveilles ! |
Victor Many
La Vraie Vie _________________ Maranatha
Anne-Marie
Levez-vous Seigneur ! Confondez ces traîtres de V2, par l’avènement de votre règne, afin que soit exalté, à la face tous ses ennemis, Notre Mère la Sainte Église, pour votre plus grande gloire et le salut des âmes. |
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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Vendredi 13 Avril, 2007 21:03 Sujet du message: |
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| Charles Sauvé, L'Homme Intime, Paris, 1901, pp. 182-183 a écrit: |
L'âme en état de grâce n'est pas comme un enfant pour qui sa mère cueille un fruit ou détache une couronne, ou que sa mère encore élève pour un instant entre ses bras, afin qu'il puisse atteindre l'objet convoité. Dieu honore et élève autrement l'âme, son enfant : il ne veut pas prendre lui-même la couronne pour la lui donner, il veut que ce soit l'âme qui la prenne ; et il la fait de taille, par la grâce, à la saisir elle-même, de sa main.
Et il la fait aussi de force à remuer ciel et terre par ses prières, et à vaincre son coeur, le cœur du Tout-Puissant. Elle peut, par sa prière et aussi par ses sacrifices, ses souffrances, ses satisfactions, rayonner jusqu'au bout du monde, et jusqu'au fond du purgatoire ; elle peut faire tomber, même au loin, sur la terre, les bénédictions de Dieu, ses lumières, ses grâces de conversion et de sanctification, de ferveur, sur beaucoup d'âmes qui languissent ou qui luttent ou qui succombent. Elle peut faire tomber des grâces de soulagement ou de délivrance sur les âmes du purgatoire même les plus inconnues d'elle ou les plus abandonnées.
La force explosible des choses matérielles ou leur pouvoir de rayonnement, témoin les étoiles et la télégraphie sans fil, sont parfois merveilleux ; le pouvoir de rayonnement de l'esprit, du talent, du génie, l'est beaucoup plus encore ; et pourtant ce n'est rien auprès du pouvoir de rayonnement d'une âme en état de grâce.
O âme justifiée, et surtout vous en qui la grâce est plus riche, si vous saviez quelles puissances expansives sommeillent en vous, vous voudriez remuer en effet le ciel et la terre par votre sainteté et vos prières !
Vous comprendriez et vous exploiteriez les incroyables ressources de la Communion des saints, que la grâce vous donne ; par elle vous êtes reliée à Dieu, et, en Dieu, au ciel et à tous les anges et à tous les saints dont il est peuplé, à toutes les âmes du purgatoire, à toutes les âmes justifiées qui peuplent la terre ; et vous pouvez rayonner, par la réversibilité la plus féconde, même sur les âmes les plus enfoncées dans les ténèbres de l'erreur ou du péché.
Par ces quelques traits, voyez combien vous devez estimer la grâce, avec quels soins vous devez la conserver, la développer, l'exploiter !
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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Samedi 14 Avril, 2007 20:58 Sujet du message: |
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| Charles Sauvé, L'Homme Intime, Paris, 1901, pp. 183-185 a écrit: |
Il nous est précieux de clore ces réflexions par une page d'une grande autorité, plus d'une fois invoquée :
« De même que dans l'organisme il y a un principe d'où naît la vie, et lorsque ce principe est sauf on ne court aucun risque, tout va bien ; de même dans l'ordre surnaturel, Dieu ; nous a donné quelque chose de semblable, la grâce sanctifiante, don entièrement gratuit et bien au-dessus de nous. C'est ce qui rend notre responsabilité plus grande. Si Dieu fait société avec nous, vient habiter en nous : Ad eum veniemus et mansionem apud eum faciemus, c'est une munificence de son amour pour nous, de sa bonté et de sa miséricorde sans nom. Dieu n'était pas obligé de nous élever ainsi. Il pouvait nous laisser dans l'ordre naturel, nous faire du bien sans nous élever à l'ordre surnaturel, dans lequel Dieu nous accorde cette adoption, qui entraîne tant de conséquences heureuses, mais aussi tant de responsabilités. Le chrétien qui veut marcher, qui veut accroître l'idée que l'Église et la sainte foi lui donnent de lui-même, ne doit pas se considérer seulement comme un être supérieur aux autres animaux. Nous sommes divinisés, la sainteté de Dieu a un écoulement en nous et nous établit dans un état tel, qu'a la fin de notre vie nous entrerons de plain pied dans le ciel, où la possession de Dieu sera notre héritage. »
« Combien d'hommes, de chrétiens, admirent mille choses et ne se préoccupent pas de celle-là. Ce petit enfant que l'on porte aux fonts baptismaux, lorsqu'il est entré dans l'église, il était dépourvu de l'union avec Dieu, de l'habitation de Dieu. Tout d'un coup le voilà nanti de ce trésor ; à ce point que s'il venait à quitter ce monde deux heures après son baptême, il entrerait de plain pied dans la gloire éternelle. Il a reçu en effet l'honneur immense de l'incorporation de son être à Dieu. Les anges qui l'ont vu arriver à l'église et qui l'en voient repartir s'extasient en voyant à quel point Dieu a aimé notre race. Ce trésor qui est en lui dormira jusqu'à ce que son coeur parle, que sa raison s'éveille. Alors la foi, dont la notion lui viendra du dehors, fides ex auditu, lui révélera ce qu'il est. Jusque-là il est dispensé de tout, et Dieu le couvre de son amour. Son devoir commence quand le sens intime est formé. A partir de l'âge de raison, il faut que l'enfant connaisse et goûte la gloire qui est en lui. Il faut qu'à partir de ce moment sa vie s'écoule dans la préoccupation de ne pas perdre ce qui lui est donné si généreusement et de si haut. Et pour cela il faut qu'il vive dans la crainte de Dieu, qu'il agisse sous l'oeil de Dieu, qu'il pense en conformité avec Dieu ; et grâce à cela il conservera tout. » (Anonyme, cité dans Dieu Intime).
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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Dimanche 15 Avril, 2007 21:30 Sujet du message: |
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| Charles Sauvé, L'Homme Intime, Paris, 1901, pp. 185-187 a écrit: |
III - Où va la Grâce ?
Mon Dieu, j'ai admiré les origines sublimes de la grâce : elle vient de votre coeur, du coeur de votre Fils Jésus mourant sur la croix. J'en ai admiré le présent je vous ai vu vivant dans l'âme et l'âme vivant en vous. Il me semble que son avenir n'est pas moins sublime, il l'est même davantage : la grâce nous conduit là d'où elle Vient, c'est-à-dire dans votre sein, dans votre coeur, dans votre lumière, votre joie, votre amour infinis se dévoilant et se communiquant à nous avec toutes leurs splendeurs et leurs ardeurs immenses.
Ces destinées sont si belles qu'aucune pensée créée n'eût pu les concevoir et qu'aucune espérance d'ange ou d'homme ne les eût jamais rêvées.
La révélation, dès les premiers jours du monde, nous permit d'entrevoir notre sublime avenir ; et « l'âme humaine, pour me servir du mot d'un poète, fut dès lors, et pour jamais, allumée » de ce divin espoir. Et désormais rien de créé ne saurait satisfaire ses désirs : il lui faut Dieu : Dieu vu, Dieu possédé, Dieu aimé. Il lui faut non plus seulement les oeuvres de Dieu, ni l'idéal abstrait de Dieu, ni les dehors de Dieu que les créatures proclament; mais le dedans de Dieu, que le Fils, qui est au sein du Père, nous a raconté. Pour peu qu'il reste dans une âme une étincelle de la révélation, elle ne saurait avoir de repos que dans cette espérance : point de bonheur définitif, si ce n'est en Dieu même.
Et il est si vrai que nous sommes faits pour Dieu, et non pour un idéal et un amour lointain de Dieu, que le désir de Dieu, centuplé dans les damnés par une science qui n'est pas de la terre, ce désir profond et à jamais inassouvi, sera leur principal tourment.
Et c'est la grâce qui nous rend dignes de cet avenir et qui nous y dispose. Elle est le commencement de notre divinisation, dont le ciel sera la consommation ; elle est l'aurore, dont le ciel sera le plein jour ; elle est le germe, dont la gloire sera l'épanouissement. Si nous sommes ici-bas des dieux en germe, au ciel nous serons « des dieux en fleur ».
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