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Les Dames Romaines à l'école de saint Jérôme
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Laetitia



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MessagePosté le: Jeudi 21 Octobre, 2010 21:53    Sujet du message: Répondre en citant

 


Citation:

II

Je ne serais pas complet si je ne vous signalais les rapports d'étroite amitié qui unissaient S. Jérôme à ses filles spirituelles : "Lectio adsiduitatem, adsiduitas familiaritatem, familiaritas fiduciam fecerat : La lecture produit l'assiduité, l'assiduité la familiarité, la familiarité la confiance ", déclarait-il lui-même (1).

J'insiste sur le mot familiarité. N'allez pas croire qu'on fût le moins du monde morose dans le cercle féminin qui gravitait autour de saint Jérôme. Il y régnait au contraire une gaîté de bon aloi.

N'en soyez pas surprises. Ces dames étaient la simplicité même ; elles ignoraient tout à fait ce que nous appelons se prendre au sérieux, et je ne les en estime que davantage.Chez elles, pas de pédanterie, - oh ! certes non, - mais une simplicité enjouée, qui est la marque du vrai savoir. Marcella, Paula et leurs émules ne posent, je vous l'assure, ni au bas-bleu, ni à la précieuse ridicule.

Après le départ de saint Jérôme à Bethléem, il eût été facile à Marcella, remarquez-le, de se prévaloir de ses connaissances bibliques et d'en faire montre. D'autant que beaucoup lui portaient leurs difficultés, même des prêtres. Elle eût pu - passez-moi l'expression - se parer du paon et faire, à bon compte, la savante. Au lieu de cela, - admirez ce trait d'exquise délicatesse, - elle s'ingénie à donner ses réponses comme venant de saint Jérôme et non d'elle (2). Un tel oubli de soi, chez une femme, est ni plus ni moins adorable, qu'en dites-vous ?



(1) Ep., XLV, 2.
(2) Ep., CXXVII, 7.

 


à suivre...
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Laetitia



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MessagePosté le: Mercredi 27 Octobre, 2010 22:53    Sujet du message: Répondre en citant

 


Citation:

III

Non seulement les élèves de saint Jérôme - ses tirunculae, comme il les nomme (1), - n'ont aucune envie de se faire valoir, mais elles ont ce que j'appellerais volontiers une érudition souriante. Jérôme est le premier à leur rappeler, à l'occasion, que rien ne fatigue comme d'être toujours sérieux, qu'un grain de poivre n'est pas de reste pour relever la banalité de la vie humaine (2).

Quand Marcelle l'accable de questions trop épineuses, il se gendarme et lui reproche d'abuser. Il préfèrerait une lettre qui le détendît un peu (3).

Le cercle d'études a ses jours de liesse. Il chôme en particulier en juin, à l'occasion de la fête des apôtres Pierre et Paul (4). Ce jour-là, le visage de saint Jérôme se rassérène. Il est radieux. De leur côté, ces dames sont en quête de cadeaux pour les lui offrir. Ce sont tantôt des bracelets, des lettres, des colombes (5) et des cerises (6); tantôt un sac, des sièges, des cierges et des verres, ainsi que des chasse-mouches (7).

Vous êtes certainement ébahies de cette variété, et vous vous demandez quel intérêt pouvait bien avoir la plupart de ces objets, les bracelets par exemple, pour ce moine, ennemi s'il en fût de la parure.

Mais, précisément, chacun d'eux cachait une embûche et constituait une sorte de rébus que saint Jérôme était tenu de démêler en montrant le rapport de ces divers objets avec le texte sacré. C'était une manière élégante de ne jamais abandonner, même en pleine fête, la palestre des Écritures (8).

Si les cadeaux entretiennent l'amitié, les lettres y contribuent aussi et non moins. Saint Jérôme rapporte que Marcella lui écrivait souvent quand il fut parti pour Bethléem (9).
Il dit ailleurs qu'il est dans l'impossibilité de dénombrer ses lettres à Paula et à Eustochium, "car il leur écrivait tous les jours (10)".

Vous voyez, par là, quelle noble et douce amitié unissait ces saintes âmes.


(1) Ep., XXX, 14.
(2) Ep., XXXI, 2.
(3) Ep., XXIX, 1.
(4) Ep., XXXI, 2.
(5) Ep., XXXI, 1.
(6) Ibid., 3.
(7) Ep., XLIV.
(8) Ep., XXX, 2.
(9) Ep., CXXVII, 8.
(10) De viris, cap., CXXXV.

 
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Abbé Zins



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MessagePosté le: Lundi 24 Septembre, 2012 11:00    Sujet du message: Répondre en citant


Une contemporaine Paula et Eustochie m’a poussé et entraîné, par ses très pertinentes demandes et questions, à analyser l’Apocalypse sous l’angle fort utile et éclairant que m’ont indiqué ses brèves mais judicieuses remarques.

Analyses, dont plusieurs lui ont déjà été adressées, et pour la publication desquelles il sera bon d’ouvrir un nouveau dossier dans le sous-forum sur les Prophéties.


Parallèlement, par remerciement et pour l’encourager à poursuivre une si précieuse fonction d’inspiration, de puissante motivation et de réconfortant soutien dans l’effort de si ardues et laborieuses analyses, non moins que par mode de détente et en pensant tout spécialement aussi à ce riche dossier publié ici par Laetitia que ce qui va suivre contribuera à compléter précieusement, ceci m’a également conduit à parcourir les nombreuses préfaces adressées par Saint Jérôme, d’abord à Sainte Paula et à sa fille Sainte Eustochie, puis surtout à cette dernière, après le trépas de sa Maman si chère à ce Saint Docteur.

Jusqu’ici, malgré de rapides survols en diagonal de diverses de ces préfaces, leur raison profonde ne m’était pas apparue. Ces dédicaces ne me semblaient qu’une manière plus vivante et attrayante de présenter ces introductions des divers livres prophétiques.

La récente lecture systématique de ces préfaces dédicacées, à laquelle m’a porté cette contemporaine Paula et Eustochie, m’en a fait découvrir la profonde, étonnante et impressionnante raison.

Autant vous la laisser découvrir à votre tour au milieu des remarques faites à l’occasion de mes envois à celle qui, par certains côtés, tient aussi, et peut-être plus encore qu’à celles de Paula, aux qualités soulignées par Denys Gorce en Sainte Marcella.

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Abbé Zins



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MessagePosté le: Lundi 24 Septembre, 2012 11:09    Sujet du message: Répondre en citant

Saint Jérôme à Sainte Paula et à la Vierge Sainte Eustochie, sa fille a écrit:

« S. Eusebii Hieronymi, Stridonensis Presbyteri, Commentiorum in Aggeum Prophetam, Ad Paulam et Eustochium, Liber unus. Prologus. (....) Hoc, propterea, o Paula et Eustochium, diximus, ut de ipso statim titulo (In anno secundo Darii regis..), qua aetate Aegeus propheta cecinerit agnoscatis. Sciendum est interim....»



Dédicace donc expresse des Commentaires de Saint Jérôme, Prêtre de Stridon, sur le Prophète Aggée, en gros titre en tête du Livre unique : Ad Paulam et Eustochium, à Paule et Eustochie.


Prologue. (....) Après avoir expliqué, à partir du verset 1 du ch. 1, les circonstances historiques en lesquelles le Prophète Aggée a écrit, le Saint Docteur s’adresse explicitement à celles qui le poussent à écrire et lui promettent leurs prières pour lui obtenir l’inspiration du Saint-Esprit :

Saint Jérôme à Sainte Paula et à la Vierge Sainte Eustochie, sa fille a écrit:

« Nous avons écrit cela, o Paula et Eustochie, pour que vous sachiez aussitôt, à partir du titre même (En la seconde année du roi Darius..), à quelle époque le Prophète Aggée a prophétisé. Il faut savoir entretemps que....»

(Saint Jérôme, Prologue in Aggée)


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Abbé Zins



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MessagePosté le: Mardi 25 Septembre, 2012 6:59    Sujet du message: Répondre en citant

Saint Jérôme a écrit:

« S. Eusebii Hieronymi, Stridonensis Presbyteri, Commentiorum in Naum Prophetam, Liber unus. Prologus. (....) De consummatione itaque mundi secundum anagogén, o Paula et Eustochium, in consolationem sanctorum prophetia texitur : ut quaecumque in mundo vident, quasi praetereuntia et caduca contemnant, et praeparent se ad judicii diem, ubi ultor adversus veros Assyrios futurus Dominus est.»



Saint Jérôme a écrit:

« Commentaires de Saint Eusèbe Jérôme, Prêtre de Stridon, sur le Prophète Nahum, Livre unique Prologue. (....) (Tout à la fin.) Au sujet, donc, de la consommation du monde selon le sens anagogique (celui des sens spirituels se rapportant à l’éternité, et tout spécialement au Ciel), o Paula et Eustochie, cette prophétie est énoncée pour la consolation des saints : afin qu’ils méprisent tout ce qu’ils voient en ce monde, comme étant transitoire et caduc, et se préparent au jour du jugement, où le futur vengeur à l’encontre des vrais Assyriens (les mauvais et pécheurs par malice) sera le Seigneur.» (Saint Jérôme, Prologue in Nahum)



O, Saint Docteur, que vous avez été bienheureux d’être poussé au travail par les demandes d’explications et les exhortations, soutenu par les prières évoquant pour vous les lumières du Saint-Esprit, de si Saintes Femmes.

Bienheureux qu’elles aient compris à la fois votre docilité à l’Esprit-Saint mais aussi votre besoin expresse d’en être inspiré pour les si clairs et précis exposés et commentaires que vous composiez en pensant plus spécialement à elles (comme le montreront très clairement d’autres passages à la suite) ; d’où vos demandes pressantes du secours de leurs prières et leur ardeur non seulement pour les faire, mais encore, sachant aussi que vous n’étiez qu’un pauvre homme, au coeur non fait de pierre ni d’airain (Job 6,12) mais à la fois sensible et ardent, elles savaient à la fois vous témoigner leur chaste affection et vous pousser, jusqu’à vous forcer (selon le verbe même employé par Saint Jérôme en une préface adressée à Sainte Eustochie qui sera citée par la suite), à continuer le labeur commencé pour répondre à leurs demandes d’explications et que d’autres travaux et la fatigue, après tant de combats publics contre les hérétiques et l’âge commençant à se faire sentir, vous faisaient parfois rechigner à poursuivre.

O merci, Saintes Paule et Eustochie, d’avoir ainsi soutenu en un si rude labeur que personne n’avait encore poussé aussi loin et de manière si suivie, ce Saint Docteur en sa traduction et en ses exposés des Prophètes qui ont ouvert la voie à tant d’autres Docteurs subséquents.

O, priez pour nous aussi, Sainte Paule, et ses filles Saintes Blésilla et Eustochie, et vous aussi Saintes Marcella et Asella !

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Abbé Zins



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MessagePosté le: Jeudi 27 Septembre, 2012 7:21    Sujet du message: Répondre en citant

Saint Jérôme a écrit:

« S. Eusebii Hieronymi, Stridonensis Presbyteri, Commentiorum in Sophoniam Prophetam, Liber unus. Prologus. Antequam Sophoniam aggrediar, qui nonus est in ordine duodecim prophetarum, respondens videtur his qui me irridendum aestimant, quod omissis viris, ad vos scibam potissimum, o Paula et Eustochium. Qui si scirent Oldam, viris tacentibus, prophetasse, et Debboram judicem pariter propheten, hostes Israël, Barac timente, superasse (judic. 4) ; et Judith et Esther, in typo Ecclesiae, et occidisse adversarios, et periturum Israël de periculo liberasse : nunquam post tergum meum manum curvarent in ciconiam. Taceo de Anna et Elisabeth, et ceteris sanctis mulieribus, quarum velut siderum igniculos, clarum Mariae lumen abscondit.» (Saint Jérôme, Prologue in Sophoniam)



Saint Jérôme a écrit:

« Prologue. Avant de commencer à traiter de Sophonie, qui est le neuvième parmi les douze (petits) prophètes, il convient de répondre à ceux qui m’estiment digne de dérision, parce que, omettant de m’adresser à des hommes, c’est plutôt à vous, o Paula et Eustochie, (1) que j’écris.

Qu’ils sachent donc qu’Olda, tandis que les hommes se taisaient, a prophétisé, et Debbora, que j’estime aussi à l’égal d’un prophète, a surmonté les ennemis d’Israël, alors que tous craignaient Barac (Juges, ch. 4) ; et Judith et Esther, en figures de l’Eglise, ont à la fois terrassé les adversaires et délivré du péril Israël sur le point de périr : jamais derrière mon dos ils courbent la main en imitant par moquerie le cou de la cigogne.

Je passe sur Anne et Elisabeth, et les autres saintes femmes, dont les traînées lumineuses dans le ciel pâlissent devant la brillante lumière de Marie.»

(Saint Jérôme, Prologue in Sophonie)



(1) Nous fêterons Sainte Eustochie demain, le 28 septembre. Qu'elle daigne tout spécialement intercéder pour nous et notre aide.

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Abbé Zins



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MessagePosté le: Vendredi 28 Septembre, 2012 11:22    Sujet du message: Répondre en citant

Saint Jérôme a écrit:

« Ad gentiles feminas veniam, ut et apud saeculi philosophos videant animorum differentias quaeri solere, non corporum. Plato inducit Aspasiam disputantem ; Sappho cum Pindaro scribitur, et Alcaeo ; Themista inter sapientissimos Graeciae philophatur ; Corneliam Gracchorum, id est, vestram, tota Romae urbis turba miratur ; Carneades eloquentissimus philosophorum, accutissimus rhetorum, qui apud consulares viros et in Academia plausus excitare consueverat, non erubuit in privata domo, audiente matrona, de philosophia disputare. Quid referam Catonis filiam, Bruti conjugem, cujus virtus facit ne patris matrisque constantiam tantopere miremur ? Plena est historia tam Graeca quam Latina virtutibus feminarum, et quae integros libros flagitant. Mihi tantum, quia alius operis incumbit, in fine prologi dixisse sufficiat, Dominum resurgentem primum apparuisse mulieribus (Mt. 28 , et Lc), et apostolorum illas fuisse apostolas, ut erubescerent viri non quarere, quem jam fragilior sexus invenerat.»

(Saint Jérôme, Prologus in Sophoniam)




Saint Jérôme a écrit:

« J’en viendrai aux femmes païennes, afin qu’ils voient que même parmi les philosophes du monde on a coutume de rechercher les différences dans les âmes et non dans les corps.

Platon montre Aspasia dissertant ; Sappho échangeait des courriers avec Pindare et Alça ; Themista philosophait parmi les plus savants de la Grèce ; Cornelia, de la famille des Graccques, à savoir, la vôtre, étonnait toute la population de Rome ; Carneade, un des plus eloquents parmi les philosophes, rhéteur très pénétrant, qui avait coutume de soulever l’enthousiasme d’hommes ayant la dignité de consuls et les applaudissement dans l’Académie, n’a nullement rougi de traiter de philosophie dans l’intimité d’une maison, en étant écouté par la matrone.

Que dirais-je de la fille de Caton, l’épouse de Brutus, dont la vertu a fait que l’on n’ait point admiré une telle constance en son père et sa mère ? L’histoire tant Grecque que Latine est pleine des vertus de femmes, qui remplissent des livres entiers.

Qu’il me suffise de m’en tenir, car une autre tâche va m’incomber, à signaler en la fin de ce prologue, que le Seigneur ressuscité est apparu en premier à des femmes (Mt. 28,5s ; Mc. 16,5s et Lc. 24,3s), et que celles-ci ont été les apôtres des apôtres, afin que les hommes rougissent de ne pas avoir recherché Celui que le sexe le plus fragile avait déjà trouvé.»

(Saint Jérôme, Prologue sur Sophonie)


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Abbé Zins



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MessagePosté le: Vendredi 28 Septembre, 2012 11:29    Sujet du message: Répondre en citant


Saint Jérôme avait donc principalement fait ce labeur sur les instantes demandes répétées de Paula et Eustochie, sans lesquelles il ne l’aurait sans doute pas entrepris ou mené à terme.

Il répond aux moqueries que suscitait le fait qu’il leur dédicace en juste retour ces labeurs en leur prologue.

Merci à elles de nous avoir valu de si précieux commentaires !

En outre, en pensant plus spécialement à elles en les composant, cela l’inclinait à le faire moins généralement et abstraitement, et à s’appliquer à le mettre plus clairement à leur portée, facilitant ainsi la compréhension commune de ses futurs lecteurs durant des siècles.


Toutefois, il a commencé ses dédicaces par Pammachius, son ancien condisciple et ami, et par sa soeur ? ou cousine ? Marcella, avec ses commentaires sur Daniel, expressément dédiés Ad Pammachium et Marcellam, auxquels le Saint Docteur s’adressent en son Prologue en écrivant: juntos fide et sanguine, unis par la foi et le sang.

Puis, plus tard, à nouveau Osée, Joël, expressément dédiés Ad Pammachium. Pammachius ayant été l’éphémère époux de Pauline (trépassée encore fort jeune), la 2e fille de Paula, sa belle-mère, dont Sainte Blésille était la fille aînée, Eustochie étant la 3e, une 4e se nommant Rufine, et un 5e enfant, unique garçon : Toxoce, du prénom de l’époux de Paule.

Ce sont néanmoins cette dernière et principalement la jeune Eustochie, qui ont le plus fortement contribué à pousser et même forcer le Saint Docteur à leur éclaircir et exposer le sens obscur de tous ces textes prophétiques, et qui l’ont soutenu de leurs prières pour que l’Esprit-Saint l’inspire.

Dieu soit loué et béni de les avoir susciter pour le faire !

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Abbé Zins



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MessagePosté le: Vendredi 28 Septembre, 2012 11:35    Sujet du message: Répondre en citant


En cette fête de Sainte Eustochie fixée au 28/9, donc aujourd’hui, il m’est bien doux de signaler ce qui suit.

Sainte Paula et sa fille Sainte Eustochie quittèrent Rome pour suivre Saint Jérôme à Bethléem.

Comme lui-même y avait fondé un monastère d’hommes, elles en fondèrent un à proximité pour des femmes, vierges et veuves.

Sainte Paule le dirigea jusqu’à son trépas, le 26 janvier de l’an de grâce 404, et sa fille Sainte Eustochie en prit ensuite la direction jusqu’à son trépas, le 26 ou 28 septembre de l’an de grâce 419.

Le vieux mais coriace Saint Docteur lui survécut ici-bas encore un an, puisque son âme ne s’envola que le 30 septembre 420.


La Divine Providence permit que ceux qui avaient été si unis d’esprit et de coeur en l’exil d’ici-bas, le demeurent doublement après leur trépas.

Principalement en leurs âmes, qui se retrouvèrent et demeurent unis en Dieu en la Béatitude céleste pour l’éternité.

Et tout un temps, également en leurs restes corporels. Le corps de Sainte Paule fut en effet placé, et le demeure jusqu’à ce jour, dans une des diverses cavités se trouvant à l’arrière de celle de la grotte de la Nativité où le Verbe fait chair a voulu naître sans ouvrir les chairs de Sa Très Sainte Vierge-Mère.

Cette cavité arrière où fut placé le corps de Sainte Paule, se trouve juste à côté de celle plus grande qui servait de cellule à Saint Jérôme, et où son corps fut placé à son tour après son trépas en un tombeau installé en un coin de cette cellule.

Quant au corps de Sainte Eustochie, sur sa demande très expresse, il fut placé aux côtés de sa Sainte Mère.


La grâce et douce faveur m’a été accordée, après avoir maintes fois pu vénérer le lieu même de la Nativité du Verbe fait chair, de pouvoir venir aussi m’agenouiller devant la tombe de Sainte Paula et Sainte Eustochie, de contempler la cellule et le tombeau à présent vide du Saint Docteur maximal en l’exposition des Saintes Ecritures (oraison du 30/9) que nous fêterons dimanche, et de pouvoir venir également m’agenouiller à Rome devant le caveau de Saint Jérôme, dont les restes corporels ont été transportés en la Cité des Papes et Capitale de la Chrétienté, et placés, avec le bois de la Crèche, en la crypte ou confession sous l’autel principal de la Basilique Sainte Marie Majeure.


Ô Sainte Eustochie, que nous fêtons au jour d’hui, ce 28 septembre, daignez tout spécialement intercéder pour nous et pour notre aide.

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Abbé Zins



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MessagePosté le: Samedi 06 Octobre, 2012 8:08    Sujet du message: Répondre en citant


Quatre commentaires sur les Prophètes sont sans dédicace expresse, ceux sur Amos, Nahum, Jonas et Michée, mais le contexte montre qu’ils étaient principalement rédigés eux aussi sur les demandes et à l’attention toute spéciale de cette même famille, issue de la très illustre Gens des Graccques.

En effet, Pammachius est expressément nommé au début du Livre II sur Amos, Paula et Eustochie le sont à leur tour en la préface sur Nahum, au début du Livre II sur Michée, et l’introduction au Livre III sur Amos mentionne que Nahum, Michée, Sophonie, et Aggée ont été commentés sur leur demande expresse, et que l’ouvrage sur Amos comme ceux sur Osée et Joël, Abdias et Jonas sont pareillement adressés à Saint Pammachius.

Trois autres commentaires sur les Prophètes ont des dédicaces spéciales : Malachie, Ad Minervium et Alexandrum ; Habacuc à l’Evêque d’Aquilée Chromatius ; et Zacharie à l’Evêque de Toulouse Saint Exsuperius, fêté le 28 septembre.

Il restera à considérer d'autres dédicaces sur les Epîtres de Saint Paul et l'Evangile selon Saint Matthieu.

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Abbé Zins



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MessagePosté le: Lundi 08 Octobre, 2012 6:55    Sujet du message: Répondre en citant


C’est ce que le Saint Docteur expose lui-même à Saint Pammachius au début du Livre III sur Amos, comme suit :

Saint Jérôme a écrit:

« S. Eusebii Hieronymi, Stridonensis Presbyteri, Commentiorum in Amos Prophetam. Liber Tertius.

Praepostero ordine atque confuso duodecim prophetarum opus et coepimus, et Christo adjuvante, complebimus.

Non enim a primo usque ad novissimum, juxta ordinem quo leguntur, sed ut potuimus, et ut rogati sumus, ita eos disseruimus.

Naum, Micchaeam, Sophoniam, et Aggeum, primo ϕιλοπονοτάταις Paulae ejusque filiae Eustochio προτεϕώνησα ; secundo in Abacuc duos libros Chromatio Aquileiensi episcopo delegavi ; tertio post longi temporis (triennii : cf. Pr. In Jonam) silentium, Abdiam et Jonam tibi (Pammachio) imperanti edisserui ; praesenti anno (406) qui sexti consulatus Arcadii Augusti, et Anitii Probi fastis nomen imposuit, Exsuperio Tolosanae Ecclesiae pontifici, Zachariam, et ejusdem urbi Minervio et Alexandro monachis Malachiam prophetam interpretatus sum.

Statimque recurrens ad principium voluminis, Osee et Joel, et Amos, tibi negare non potui.

Et post gravissimam corporis aegrotationem, dictandi celeritate ostendi temeritatem meam : ut quod alii stylum saepe vertendo non audent scribere, ego comitterem casui, qui semper dictantes sequitur, et de ingenio atque doctrina, audaciae periculum facit : quoniam, ut saepe testatus sum, laborem propria scribendi manu ferre non valeo, in explanatione sanctarum Sripturarum, non verba composita, et oratoriis floribus adornata, sed eruditio et simplicitas quaeritur veritatis.»

(Saint Jérôme, in Libro III in Amos)




Saint Jérôme a écrit:

« Commentaires de Saint Jérôme, Prêtre de Stridon, sur le Prophète Amos. Introduction du Livre Trois.

C’est en un ordre inversé et confus que nous avons commencé et, avec l’aide du Christ, que nous compléterons l’ouvrage sur les douze (petits) prophètes.

Nous les avons traités, en effet, non pas du premier jusqu’au dernier, selon l’ordre en lequel ils sont lus, mais comme nous avons pu, et selon les demandes qui nous ont été faites.

Nahum, Michée, Sophonie, et Aggée, d’abord, pour l’industrieuse suppliante en douceur Paule et sa fille Eustochie la première à faire entendre sa voix ;

en second lieu j’ai dédié à Chromatius, évêque d’Aquilée, deux livres sur Abacuc ;

en troisième lieu, après un long intervalle (de trois ans : cf. Pr. sur Jonas) de silence, j’ai exposé Abdias et Jonas sur ta demande (Pammachius) ;

en la présente année (406) qui est la sixième du consulat de l’Empereur Arcade, et à laquelle les fastes d’Anitius Probus ont imposé le nom, j’ai interprété Zacharie pour (Saint) Exsupère, évêque de l’Eglise de Toulouse, et le Prophète Malachie pour les moines de cette même ville, Minerve et Alexandre.


Et revenant aussitôt au principal ouvrage, je n’ai pu te refuser Osée et Joël, et Amos.


Et après une très grave maladie corporelle, en dictant rapidement j’ai montré ma témérité : en sorte que ce que d’autres n’osent point composer en retravaillant souvent le style, moi je m’y suis lancé malade, dictant sans cesse ce qui suit, à partir de mon acquis et pour instruire, avec l’audace qu’entraîne le péril : car, comme je l’ai souvent attesté, je ne puis écrire d’ouvrage de ma propre main, et dans l’explication des Saintes Ecritures, ce ne sont point les expressions choisies et ornées par un style fleuri qu’il importe de rechercher, mais l’explicitation et la simplicité de la vérité.»

(Saint Jérôme, introduction du Livre III sur Amos)


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Abbé Zins



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MessagePosté le: Jeudi 28 Février, 2013 11:27    Sujet du message: Répondre en citant

Saint Jérôme a écrit:

« S. Eusebii Hieronymi, Stridonensis Presbyteri, Commentiorum in Osee Prophetam, Ad Pammachium. Prologus. ....»



Saint Jérôme a écrit:

« Saint Jérôme, Prêtre de Stridon, Commentaires sur le Prophète Osée. A Pammachius. Prologue.»



Le Saint Docteur explique assez longuement la difficulté toute particulière d’interprétation du Livre du Prophète Osée, soulignée du reste par le Prophète lui-même tout à la fin (Os. 14,10).

Il dit que ses prédécesseurs, dont Origène, en ont plus effleuré le sens qu’ils ne l’ont exposé.

Il en déduit qu’il convient d’autant plus de prier le Seigneur de lui en ouvrir le sens (Mt. 13,16).


Puis, il s’adresse brièvement à celui auquel il dédicace son commentaire :

Saint Jérôme a écrit:

« Par ailleurs, très cher Pammachius, je n’ignore pas qu’il est laissé de côté par de multiples ecclésiastiques...»

en raison de cette difficulté.


A nouveau, vers la fin de ce long prologue, il ajoute en s’adressant à nouveau au même :

Saint Jérôme a écrit:

« Aussi, il y a environ 22 ans quand, suite à la demande de ta sainte et vénérable belle-mère, bien plus de ta mère Paula, (ceci est en effet son nom selon la chair, l’autre selon l’esprit : elle qui a toujours eu l’amour des monastères et des Ecritures, j’étais à Alexandrie... etc..»

(Saint Jérôme, extraits du long Prologue sur Osée)




Le sénateur Saint Pammachius, alors veuf de Pauline (trépassée encore fort jeune), la 2e fille de Paula, sa belle-mère, est devenu ensuite moine puis prêtre en un monastère financé entre autres, comme celui de Saint Jérôme à Bethléem, par Sainte Paule ou Paula.

D’où ce qu’ajoute aussitôt le Saint Docteur :

Saint Jérôme a écrit:

« ta mère Paula.. selon l’esprit : elle qui a toujours eu l’amour des monastères et des Ecritures.

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Abbé Zins



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MessagePosté le: Vendredi 01 Mars, 2013 9:18    Sujet du message: Répondre en citant

Saint Jérôme a écrit:

« S. Eusebii Hieronymi, Stridonensis Presbyteri, Commentiorum in Danielem Prophetam, Ad Pammachium et Marcellam, Liber unus. Prologus. (....)

Itaque obsecro vos, Pammachi ϕιλομαθέστατε, et Marcella, unicum Romanae sanctitatis exemplar, juntos fide et sanguine, ut conatus meos vestris orationibus adjuvetis : ut Dominus atque Salvator pro causa sua, suo sensu meo ore respondeat, qui loquitur ad prophetam : Aperi os tuum, et implebo illud (Ps. 80,11).

Si enim cum apprehensi fuerimus ante judices et tribunalia, monet ne cogitemus quid respondere debeamus (Luc 12,11s) : quanto magis contra adversarios blasphementes, sua potest bella bellare, et in servis suis vincere ? (....) » (Saint Jérôme, Prologue in Danielem)




Saint Jérôme a écrit:

« Saint Jérôme, Prêtre de Stridon, Commentaires sur le Prophète Daniel. A Pammachius et Marcella, Livre unique. Prologue.»


Le Saint Docteur commence par expliquer que c’est une attaque en 12 livres du philosophe Prophyrius contre le Livre du Prophète Daniel qui l’a conduit à composer et éditer cette réponse.

Puis, il s’adresse brièvement aux deux personnes auxquelles il l’a dédicacée, avant de donner d’autres explications assez étendues.

Saint Jérôme a écrit:

« (....) C’est pourquoi je vous implore, cher ami Pammachius, et Marcella, exemple singulier de la sainteté Romaine, unis par la foi et le sang, que vous aidiez de vos prières mes efforts : afin que le Seigneur et Sauveur, pour sa cause, réponde en son sens par ma bouche, Lui qui a dit au Prophète : Ouvre ta bouche, et Je la remplirai (Ps. 80,11).

En effet, si quand on était pris et conduit devant les juges et tribunaux, il nous était recommandé de ne pas même songer à ce que nous devrions répondre (Luc 12,11s) : combien plus contre des adversaires blasphémant, peut-Il mener ses combats, et vaincre en ses serviteurs ? (....) »

(Saint Jérôme, Prologue sur Daniel)


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Abbé Zins



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MessagePosté le: Samedi 02 Mars, 2013 18:04    Sujet du message: Répondre en citant


Suite à la préface sur le Livre I d'Osée, voici celle sur le L. II :

Saint Jérôme a écrit:

« Celui qui navigue souvent essuie de temps à autre la tempête ; qui prend fréquemment la route, ou bien affronte l’assaut des voleurs ou assurément le redoute ; et en tout art se succèdent la gloire et la jalousie, des vents favorables et défavorables, tandis que les amis louent au-delà du mérite, les ennemis critiquent au-delà de ce qui est juste : et c’est rarement que, d’un côté ou de l’autre, on trouve, non point soit la faveur soit l’hostilité, mais ce qui correspond à la réalité.

Ce que je vois m’être arrivé en suant sur l’explication des Ecritures. En effet, les uns la méprisent comme pas grand chose, et, en fronçant du nez, déprécient tout ce que nous disons ; d’autres, par hostilité à notre nom, ne considèrent point le labeur mais seulement les personnes, et ils estiment davantage le silence des autres que notre application à l’étude.

Il en est qui affirment que nous agissons avec audace, du fait que nous nous sommes attaqués à un ouvrage que nul autre parmi les Latins n’a osé tenter avant nous (.. dépréciant parmi les Latins ce qu’ils honorent chez les Grecs..)

Certains se jugent suffisamment instruits et compétents pour déprécier le travail d’autrui, et s’appliquent à montrer non ce qu’ils pourraient eux-mêmes mais ce que nous ne pourrions pas nous.

Quant à toi, Pammachius, qui nous a demandé de faire cet ouvrage, tu appuies forcément ta demande (....) : en sorte que nous puissions entendre et connaître ce qu’a prophétisé le Prophète Osée, nous en avons dicté le second livre d’explication. Comme je puis me réjouir de ton soutien, et d’avoir dans la première ville de la terre un défenseur parmi les premiers dans la noblesse et la religion (....)

En effet, tant que nous vivons et sommes contenus en de fragiles récipients (corporels), l’affection des amis apparaît être utile et les opprobres des jaloux nuire.

Mais après que la terre soit retournée à sa terre, et que tant nous-mêmes qui écrivions que ceux qui nous jugeaient ont été emportés par la mort livide, et que succède une autre génération, tandis que les feuilles précédentes une fois tombées la forêt en produit de nouvelles, alors, sans tenir compte de la dignité des noms, seules sont jugées les oeuvres de l’esprit ; et l’on ne considère plus celui qui lira mais ce qui est à lire ; qu’il s’agisse d’un évêque ou d’un laïc, d’un empereur ou d’un seigneur, d’un soldat ou d’un serviteur, d’un revêtu de pourpre ou de soie, ou d’un humble vêtement, ce qui sera jugé ne sera pas la diversité des honneurs mais le mérite de l’ouvrage.»

(Saint Jérôme, extraits de la préface du L. II sur Osée)




Comme on peut le constater une fois de plus ici, nihil nove sub sole : rien de nouveau sous le soleil. (Ecclésiaste 1,10)

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Abbé Zins



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MessagePosté le: Lundi 04 Mars, 2013 10:39    Sujet du message: Répondre en citant

Saint Jérôme a écrit:

« Je n’ignore point, Pammachius, que c’est une oeuvre difficile que j’ai à forger sur les douze (petits) Prophètes, en vue de les interpréter parmi les Latins d’une manière sûre, et que l’on peut davantage arguer de notre témérité que présager de notre science.

Mais puisque nous ne pouvons le refuser à ton exhortation, ou plutôt à ta demande pressante, et que, pour autant qu’on y donne selon ses forces, dans la salle du trésor de Dieu les deux piécettes de la pauvre femmes surpassent les richesses de beaucoup (Lc. 21,1-4), nous donnerons tout ce qui nous est possible, d’abord pour Dieu, ensuite pour toi, qui es à Dieu ; et nous nous souviendrons sans cesse de ce verset : « Et il (Virgile) composa lui-même de nouveaux chants pour Pollion.».

Bien que je me réjouisse de ce que tu me sois un soutien public au juste titre de l’amitié, je redoute le jugement tacite de ton érudition, et je te crains davantage me louant que mes adversaires me critiquant.

Car la jalousie enlève leur crédit, et les rend dignes d’être appelés non tant des juges que des accusateurs.

Tandis que toi qui aimes, tu ne dois point émettre une sentence en considération des personnes mais de la matière traitée : et bien que l’amour reçoive aussi l’erreur, ce qu’exprime bellement ce terme : Θεοϕράστου, que Tullius (Cicéron) interprète davantage d’après le sens que par le mot : τυϕλὸν τὸ ϕἰλοὔν περὶ τὸ ϕἰλοὐμενον, c.à.d. les jugements de ceux qui aiment sont aveugles.

Toutefois, en ce domaine, je demande que tu trouves plutôt à redire, non par hostilité, mais par affection.


Nous dictons le troisième livre sur le Prophète Osée, et nous parvenons jusqu’aux vaches de Béthaven ; et à moi d’en ôter les voiles par l’interprétation, à toi de prononcer ces paroles du Prophète : Des quatre vents du ciel viens, Esprit, en sorte que, traversant par une rapide course les variées difficultés faisant obstacle, nous soyons portés avec grande sécurité, au milieu du naufrage menaçant de tous côtés, au port et aux récompenses du Seigneur.»

(Saint Jérôme, préface du L. III sur Osée)


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