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Laetitia

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Posté le: Lundi 06 Février, 2012 22:38 Sujet du message: Jeanne et l'Eucharistie |
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Jeanne et l'Eucharistie,
tiré de l'ouvrage destiné aux jeunes filles de France, Les Amies de Jeanne d'Arc,
de V.D. Artaud.
« Ce ne sont pas les hauts faits, ni les actions d'éclat de la Pucelle que j'ai racontés aux "Amies de Jeanne d'Arc" : visant à leur être utile, je leur ai montré l'âme de la "Bonne Lorraine". » (V. D. Artaud, prêtre du diocèse d'Orléans)
| Citation: | Pour garder dans sa splendeur le lys de sa pureté virginale, Jeanne s’entoura des épines de la mortification ; précaution essentielle, insuffisante toutefois. Ce n’est pas assez qu’une plante soir protégée, il faut que descendant sur elle le soleil et la rosée qui fertilisent le sol, mettent en mouvement la sève, et donnent à la fleur toute sa vigueur et toute sa beauté.
Cette sève vivifiante, cette vigueur et cette beauté, Jeanne les puisait dans la coupe eucharistique.
Étudions aujourd’hui la dévotion de la Pucelle à l’Eucharistie ; et suivons-la devant le tabernacle où Jésus réside, près de l’autel où Jésus s’immole, à la table sainte où Jésus se donne.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3517 :
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Posté le: Mardi 07 Février, 2012 22:13 Sujet du message: |
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| Citation: |
Si les délices de Jésus sont de résider au milieu des enfants des hommes, les délices de Jeanne étaient de le visiter aussi souvent qu’elle le pouvait, dans le tabernacle où, jour et nuit, il se tient à la disposition de ses enfants.
Les témoignages de ceux qui vécurent avec Jeanne sont, dans leur monotone répétition, d’un intérêt plein d’édification et de charme.
« Jeanne aimait à aller et allait souvent à l’église ». « Elle aimait l’église et on l’y trouvait souvent ». « Elle allait souvent à l’église…Je suis bien en état de le savoir. J’étais alors attaché au service de l’église de Domrémy. Je voyais Jeanne y venir souvent… ». « Elle se plaisait à l’église et aux lieux de piété, et y allait beaucoup ; souvent on la faisait rougir, parce que les gens lui reprochaient d’avoir trop de dévotion à aller à l’église… ». « Elle se plaisait à aller à l’église, ainsi que j’en ai été témoin ».
En lisant ces dispositions touchantes, on songe aux paroles inspirées du psaume, par lesquelles le roi-prophète exhale, en un long et ardent soupir, son amour pour la maison de Dieu : « Que vos tabernacles sont aimables, Seigneur des armées ! Mon âme soupire et languit après les parvis du Seigneur. Mon cœur et ma chair tressaillent d’amour pour le Dieu vivant. Le passereau se trouve une maison, et la tourterelle une nid pour y placer ses petits ; vos autels, ô mon roi et mon Dieu, voilà mon abri tutélaire » (Psalm., LXXXIII, 2-4).
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Laetitia

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Posté le: Mercredi 08 Février, 2012 22:21 Sujet du message: |
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| Citation: | Les occupations et les fatigues de sa vie guerrière ne diminuèrent en rien la sainte ardeur de Jeanne.
Quand elle entra à Orléans bien qu’elle n’eût rien pris depuis le matin, et qu’elle eût passé la journée à cheval sous sa pesante armure ; avant de songer à prendre un repos nécessaire, elle voulut d’abord se rendre à la cathédrale pour remercier Dieu.
Ainsi fit-elle quand elle eut délivré la ville ; ainsi fit-elle en toute occasion. L’église était le centre d’attraction de sa vie ; l’Eucharistie était son trésor.
Et comme elle mettait à profit les instants qu’elle passait dans la maison de Dieu. C’est le cas de citer à nouveau le témoignage d’un vénérable prêtre qui entendit plusieurs fois la Pucelle au tribunal de la pénitence : « J’ai connu Jeanne depuis l’âge de dix ans jusqu’à son éloignement de la maison paternelle…elle aimait beaucoup à se trouver dans les églises et dans les lieux de piété… Elle avait une telle révérence pour Dieu que dans l’église elle était quelquefois prosternée la face contre terre devant le crucifix ; d’autres fois, les mains jointes, et immobile, elle tenait le visage et les yeux fixés sur la croix, ou sur la Bienheureuse Vierge ».
Si elle se tenait avec un tel respect devant l’image de Jésus, quelles devaient être et sa ferveur et son adoration devant la réalité, devant Jésus caché sous les voiles de eucharistiques.
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Laetitia

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Posté le: Jeudi 09 Février, 2012 22:33 Sujet du message: |
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| Citation: | Vous connaissez, mes enfants, la parole d’un humble paysan au Curé d’Ars. Intrigué de le voir rester de longues heures devant l’autel, immobile, sans même remuer les lèvres, les yeux fixés sur le tabernacle, le bienheureux lui demanda un jour ce qu’il faisait, pendant ses longues séances à l’église ; le paysan lui donna une réponse sublime : « Je l’avise, et il m’avise. »
Je me représente Jeanne dans l’attitude de ce paysan. Prosternée humblement devant le tabernacle, elle regardait Jésus et Jésus la regardait ; elle parlait à Jésus, et Jésus lui parlait.
Sans bruit, dans un entretien cœur à cœur, dans une intimité plus douce que toutes les douceurs d’ici-bas, Jésus lui enseignait les vertus qu’il était venu apprendre au monde, ces vertus qu’il pratiqua pendant sa vie mortelle, et dont il reste, dans l’Eucharistie, le modèle parfait : l’humilité, la patience, le mépris des biens et des joies de la terre, le renoncement, la pureté, l’obéissance, le recueillement, l’amour de Dieu et des hommes.
Jeanne parlait aussi à Jésus ; elle lui recommandait tous ceux qu’elle aimait, tous les intérêts qui lui étaient chers ; elle lui exposait ses besoins, ses faiblesses, ses angoisses ; elle lui demandait la force de résister aux tentations, le courage pour remplir sa mission ; elle le suppliait de rendre son pauvre cœur semblable au divin Cœur ; elle s’offrait à Jésus, toute, pour accomplir son adorable volonté.
Oh ! les délicieux moments, et comme ils s’écoulaient vite !
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Laetitia

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Posté le: Vendredi 10 Février, 2012 22:31 Sujet du message: |
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| Citation: | Cependant, mes enfants, même à Domrémy, Jeanne ne pouvait être toujours devant le tabernacle ; ses devoirs d’état l’en éloignaient, et elle était trop parfaite pour s’y dérober jamais. Mais si son corps était ailleurs, son cœur, pendant qu’elle s’appliquait à ses travaux, son cœur restait près du tabernacle. Au milieu des champs, en gardant ses troupeaux, son regard, bien souvent, se portait vers l’église qui abrite l’Eucharistie ; quand les cloches sonnaient, elle se mettait à genoux ; et dans sa chambrette …
Déjà, mes enfants, je vous ai parlé de la chambre de Jeanne, je vous ai dit combien elle l’aimait ; je ne vous ai pas indiqué ce qui, par-dessus tout, lui rendait cher cet humble réduit : c’est que la petite fenêtre, semblable à un soupirail, qui éclairait cette pauvre chambre, était ouverte sur l’église du village. Par là, tandis qu’elle travaillait, Jeanne pouvait voir la demeure de Jésus ; par là, le soir, avant de s’endormir, et la nuit, quand elle s’éveillait, elle pouvait apercevoir la petite lampe qui brûlait devant le tabernacle et dont la flamme l’excitait à l’amour ; en sorte que, même pendant son sommeil, Jeanne continuait son adoration, et qu’elle pouvait dire comme l’épouse du Cantique : « Ego dormio et cor meum vigilat. Je dors, mais mon cœur veille » (1).
Son cœur veillait aussi dans la prison de Rouen ; sa privation la plus dure était d’y être retenue loin de Jésus. Le sombre cachot où elle vivait enfermée lui aurait semblé doux, s’il avait été illuminé des reflets de l’Eucharistie ; mais cette joie lui était refusée, aucune lueur ne venait la consoler. Cependant son cœur veillait. Ne pouvant participer au festin, elle voulut du moins en recueillir quelques miettes ; elle supplia l’huissier Massieu de la conduire à ses juges en passant devant la porte de la chapelle. Là, elle se prosternait à terre, dans un élan d’amour, parce que derrière cette porte se trouvait le tabernacle, et, dans ce tabernacle, Jésus ; Jésus qui la réconfortait et la conviait, après les souffrances de cette terre, aux noces éternelles, aux joies sans fin du Paradis : « Voilà mon Bien-Aimé qui se tient derrière la muraille… Voilà mon Bien-Aimé qui me parle : Lève-toi, hâte-toi, mon amie, et viens ».(2)
(1)Cant., V, 2.
(2)Cant., II, 9-10. |
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3517 :
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Posté le: Samedi 11 Février, 2012 22:58 Sujet du message: |
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| Citation: | Cette douce et pressante invitation, Jésus l’adresse aussi, mes enfants à chacune de vous. « Lève-toi, hâte-toi, mon amie et viens. » Il ne vous appelle pas encore aux joies du ciel, mais il vous invite à le visiter dans son tabernacle. Il est là, caché dans cette humble demeure, pour se tenir à votre disposition ; il est là, dépouillé de tout éclat, afin que vous approchiez de lui sans crainte ; il est là, constamment, afin que vous soyez assurées de le trouver toutes les fois que vous en aurez besoin. Il est là, et il vous appelle. Ah ! mes enfants, répondez avec l’ardeur de Jeanne à l’invitation du divin Maître.
Pourquoi reste-t-il au milieu de nos cités, solitaire, délaissé, sans autre hommage, le plus souvent, que la petite lampe qui brûle, timide et discrète, devant l’autel ? Ce n’est pas qu’il ait besoin de nous puisqu’il est Dieu, le Maître souverain auquel tout obéit au ciel, sur la terre et dans les enfers ; mais il nous aime : c’est son amour qui l’enchaîne au tabernacle. Ne voulez-vous pas répondre à son amour ? Il y a tant d’âmes qui l’oublient, qui le délaissent, qui le renient, qui l’outragent, qui l’offensent ; vous qui le connaissez, vous qui l’aimez, vous qui êtes les privilégiées de sa tendresse, ne voulez-vous pas venir le consoler ?
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3517 :
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Posté le: Lundi 13 Février, 2012 22:15 Sujet du message: |
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| Citation: | Venez visiter Jésus, mes enfants, c’est votre premier devoir envers l’Eucharistie. Et quand vous serez près de lui, comme Jeanne, parlez-lui, et laissez-le vous parler.
Parlez-lui ; il vous écoute ; il ne se lassera jamais de vous entendre. Vous êtes accablées de travail, racontez vos fatigues au divin Ouvrier de Nazareth ; vous êtes dans la peine, dans l’inquiétude, dans le deuil, confiez vos douleurs et vos anxiétés à l’Agonisant de Gethsemani, vous désirez obtenir des grâces, exposez, en toute confiance, vos besoins à l’Hôte sacré du tabernacle ; vous avez été infidèles à l’Ami divin, votre âme a été blessée par le péché, elle est morte peut-être à la grâce, pleurez sans honte et sans crainte à sas pieds, comme Madeleine la pécheresse.
Et puis laissez-le vous parler ; écoutez-le, à votre tour. Vous qui êtes fatiguées, il vous réconfortera car il a dit : »Venez à moi, vous tous, qui travaillez et qui êtes chargés, et je vous soulagerai » ; Âmes tristes, il vous consolera ; âmes inquiètes, il vous éclairera ; à vous, chères âmes tombées, il inspirera la résolution d’aller au plus tôt trouver votre confesseur, il vous donnera la force d’accuser vos fautes et l’assurance d’un généreux pardon ;âmes tièdes, il vous fera de doux reproches sur vos infidélités, il vous montrera le danger de votre état, il ranimera votre ardeur ; âmes ferventes, il vous excitera à monter toujours plus haut, sans vous arrêter dans les voies de la perfection ; à chacune, en un mot, il dira la parole qui lui convient.
Venez visiter Jésus au tabernacle, toutes les fois que vous le pouvez. Et si vos travaux vous empêchent de remplir ce devoir et vous interdisent cette consolation ; faites-vous, du moins, une joie, quand l’occasion vous amène près de l’église , d’y entrer un instant pour saluer et adore Jésus, comme vous entrez, au passage, dans la demeure de vos amies, pour leur dire un rapide et cordial bonjour.
Surtout, mes enfants, que votre vie, à toutes, soit une vie eucharistique dont le tabernacle est le centre et l’âme ; que votre cœur, comme celui de Jeanne fasse une garde vigilante autour de l’autel, et rivalise d’ardeur avec la lampe du sanctuaire dont la flamme symbolique ne doit jamais s’éteindre.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3517 :
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Posté le: Mardi 14 Février, 2012 22:38 Sujet du message: |
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| Citation: |
Si Jeanne avait une telle dévotion à visiter Jésus au tabernacle où il réside, nous pouvons affirmer que son zèle était plus vif encore pour assister au sacrifice de la messe où Jésus s’immole.
Consultons, suivant notre habitude, l’histoire de la Pucelle.
Pour ce qui concerne Domrémy, un très respectable prêtre a fait cette déclaration : « Dans le passé, j’ai entendu bien des fois M. Guillaume Front, en son vivant curé de Domrémy, raconter que Jeannette dite la Pucelle était une fille bonne et simple, dévote, bien à ses devoirs, craignant Dieu, si bien qu’elle n’avait pas sa pareille dans le village. M. Front l’entendait souvent en confession, et il disait que, si la jeune fille avait eu de l’argent, elle le lui aurait donné pour en faire célébrer des messes ; du moins, disait encore M. le curé, toutes les fois qu’il célébrait, Jeanne y assistait toujours ».
Un autre prêtre rend à Jeanne le même témoignage pour le temps qu’elle passa à Vaucouleurs, en attendant son départ pour Chinon : « J’étais jeune alors, et attaché à la chapelle Sainte-Marie de cette ville. Souvent j’ai vu Jeanne, dite la Pucelle, venir en cette chapelle en très grande dévotion ; elle y entendait les messes matinales et y restait longtemps en prières ».
Pendant le trajet de Vaucouleurs à Chinon, la grande préoccupation de Jeanne était le saint sacrifice. Jean de Metz, une de ses fidèles compagnons nous l’affirme : « Dans le voyage, elle eût voulu entendre des messes ; elle nous disait : « Si nous pouvions entendre des messes, ce serait bien ». Mais, par crainte qu’elle ne fût reconnue, ce n’est que deux fois que nous avons pu accéder à ses désirs ».
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3517 :
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Posté le: Mercredi 15 Février, 2012 23:26 Sujet du message: |
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| Citation: | Un autre de ses compagnons, Bertrand de Poulengy, raconte, comme Jean de Metz, les instances de Jeanne, et le refus qu’ils lui opposaient : « En pays ennemi, nous ne le pouvions, par peur qu’elle fût reconnue ».
A Sainte-Catherine de Fierbois, Jeanne se dédommagea de ses longues privations, elle y entendit trois messes.
Aux camps, tous les récits s’accordent à dire qu’elle entendait la messe tous les jours.
A la forteresse du Crotoy, où elle fut enfermée quelques temps, « se trouvait alors prisonnier un personnage très remarquable, du nom de maître Nicolas de Queuville, chancelier de l’église d’Amiens, docteur dans l’un et l’autre droit. Il célébrait souvent dans la prison, et, non moins souvent, Jeanne assistait à la messe ».
A Rouen, cette consolation lui fut Beauvais de lui permettre d’entendre la messe ; plusieurs fois, dans la suite, elle renouvela ses instances et multiplia ses prières, touchantes à arracher des larmes ; elle ne put vaincre l’obstination de ses bourreaux.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3517 :
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Posté le: Jeudi 16 Février, 2012 22:30 Sujet du message: |
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| Citation: | Je n’ai pas, mes enfants, à revenir sur ce que je vous disais tout à l’heure ; les relations relatifs à la visite au saint sacrement, que je vous ai donnés, gardent toute leur valeur pour l’assistance à la messe. N’est-ce pas une pitié que Jésus renouvelle, chaque matin, le sacrifice du Calvaire, au milieu de l’indifférence presque universelle d’une paroisse ? Si le saint sacrifice était offert sur un seul point du globe, on se précipiterait vers cet endroit pour recueillir les fruits du sang de Jésus. L’extrême bonté de notre divin Maître, qui a multiplié partout le sacrifice eucharistique, a produit l’accoutumance ; et celle-ci a dégénéré, hélas ! en une impardonnable insensibilité.
A mes exhortations, laissez-moi pendant ajouter celles de notre éloquent évêque : « Aujourd'hui, dit Mgr Touchet, nous devrions avoir un culte particulier pour le saint sacrifice de la messe. L’amour de la messe est le criterium infaillible de la foi d’une nation. Là où la dévotion à la messe est faible, sa foi diminue ; là où cette dévotion s'épanouit, la foi augmente. Si vous voulez un exemple frappant, allez le chercher en Irlande. Ce peuple a conservé sa foi intacte par son amour passionné pour la messe. Dans Dublin seulement, quarante mille personnes entendent la messe chaque jour ! Hélas ! nous sommes loin, en France, d’un si bel exemple.
« Que de personnes, chez nous, qui auraient le temps d’assister à la messe en semaine et qui n’y pensent pas, qui ne veulent pas se gêner, se tiennent à distance des sources de la vie ! Beaucoup prétendent qu’ils ne peuvent pas, que le temps leur manque. « La meilleure manière d’économiser le temps, écrivait Ozanam, c’est d’en perdre tous les matins une demi-heure à la messe ». Il faudrait assister souvent à la messe » (1).
(1) Annales religieuses du diocèse d’Orléans, 22 février 1908. |
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3517 :
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Posté le: Vendredi 17 Février, 2012 23:51 Sujet du message: |
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| Citation: | Il ne suffit pas d’entendre la messe, il faut la bien entendre. Apprenez de Jeanne comment vous y devez vous comporter quand vous y assistez.
Au procès de réhabilitation de Jeanne, un laboureur de Domrémy, Jean Morel, a attesté sous la foi du serment, pour l’avoir vu : « Que Jeannette aimait à aller, et allait souvent à l’église …Lorsque dans les champs, elle entendait sonner la messe, elle quittait le travail, allait au village et à l’église, et y entendait la messe ».
Vous avez compris, mes enfants : aussitôt que Jeanne entendait sonner la messe, elle quittait son travail et se dirigeait vers l’église.
La première leçon que vous donne votre patronne est une leçon d’exactitude. Et qu’elle vous est nécessaire ! Quand la cloche sonne, ce n’est pas le moment de se mettre à sa toilette, mais bien de laisser toute occupation, de quitter sa demeure et de se rendre à l’église.
Prenez cette habitude, elle est excellente, elle est nécessaire.
D’abord, cette régularité vous accoutumera à l’ordre. Or, l’ordre est une grande chose dans la vie : il multiplie le temps, il fait prospérer les affaires, il met la joie dans la maison, il est un indice extérieur de la paix intime de l’âme ; je dirai même qu’il dispose Dieu en faveur de celui qui possède cette vertu, car elle lui donne un point de ressemblance avec le Créateur qui » a réglé toutes choses, nous dit la sainte Ecriture, avec mesure, et avec nombre, et avec poids, Omnia in mesura, et numero, et pondere disposuisti » (Sap., XI, 21).
Ensuite cette régularité est un acte de mortification. Astreindre à une règle notre nature, ennemie de toute contrainte, c’est renoncer à notre volonté pour faire celle de Dieu, qui se manifeste à ce moment, par le son de la cloche ; c’est se mortifier. Or, mes enfants, quelle meilleure préparation immédiate au sacrifice de la messe, que d’apporter vous-mêmes à l’autel, pour l’uni à celui de Jésus, le sacrifice de votre volonté !
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3517 :
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Posté le: Lundi 20 Février, 2012 22:42 Sujet du message: |
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| Citation: | Il y a plus, cette régularité édifie le prochain.
Vous avez, les unes sur les autres, une influence réciproque, inconsciente peut-être, mais très réelle : vous arrivez en retard, parce que vos voisines n’arrivent pas à l’heure ; celles-ci, de leur côté, font le même raisonnement que vous, et sont irrégulières à cause de vous. Que chacune, pour son compte personnel suive l’exemple de Jeanne, et bientôt ce sera la perfection.
Enfin, cette régularité facilite le recueillement général. Il n’y a rien de désagréable, de gênant, de distrayant, comme le bruit des portes qui s’ouvrent et se ferment à chaque instant ; comme les allées et venues perpétuelles dans les nefs ; comme les dérangements successifs pour laisser telle retardataire s’introduire à sa place, au milieu d’un rang de chaises déjà occupées.
C’est un abus auquel il faut remédier en prenant, sur ce point, une résolution sérieuse à laquelle vous serez, désormais, invariablement fidèles.
La première leçon que nous donne Jeanne, leçon à laquelle j’attache, vous le voyez, une très grande importance, c’est une leçon d’exactitude : quittez votre maison quand la cloche sonne, de façon à vous trouver à l’église avant le commencement de l’office.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3517 :
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Posté le: Mardi 21 Février, 2012 23:01 Sujet du message: |
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| Citation: | La seconde leçon, plus importante encore, est une leçon de piété.
Qu’elle est touchante, dans sa brièveté, cette déposition d’un témoin de la vie de Jeanne : « Je l’ai vu moi-même verser des larmes abondantes quand il arrivait le moment de l’élévation ».
Voyez-la devant l’autel, votre céleste amie. Plus rien d’extérieur n’existe pour elle ; tous ses sens sont comme suspendus : elle ne voit plus que l’hostie sainte sur laquelle le prêtre vient de prononcer les paroles sacramentelles ; son corps, son âme, tout son être se tend, dans un vif élan d’amour, vers l’Emmanuel, le Dieu avec nous, qui veut bien descendre sur l’autel et renouveler, chaque jour, l’immolation du Calvaire.
Imitez, mes enfants, votre sainte patronne. Quand vous entrez à l’église, laissez à la porte les distractions mondaines et les pensées profanes ; quand vous êtes dans les temples, ne vous occupez ni des détails de toilette, ni des gens qui circulent ; encore moins devez-vous vous permettre de tenir conversation avec ceux qui vous entourent. « Sursum corda, Elevez votre cœur en haut », vous a dit le prêtre ; et vous avez répondu : »Nous l’avons tourné vers le Seigneur, Habemus ad Dominum ». Que ce chant de vos lèvres ne soit pas une vaine formule, mais la confession d’une réalité : du recueillement intime de votre âme tournée tout entière vers l’autel où s’offre le sacrifice.
Pour faciliter ce recueillement, servez-vous d’un livre que vous lirez attentivement, en vous unissant aux prières que le prêtre prononce à l’autel ; il vous aidera à produire des actes de foi vive, de respect, de confiance, de reconnaissance, d’amour, qui doivent sortir de votre âme en ce moment solennel.
Quelles que soient, d’ailleurs, les prières que vous réciterez, quelle que soit la méthode que vous emploierez pour exciter votre piété, n’oubliez pas, mes enfants, que le sacrifice de la messe est le sacrifice de la croix renouvelé, perpétué sur nos autels depuis la Calvaire jusqu’à la fin des temps, et que, par conséquent, suivant la recommandation du catéchisme, nous devons assister à la messe comme si nous voyions Jésus-Christ souffrir encore les douleurs de sa Passion et mourir pour nous.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3517 :
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Posté le: Mercredi 22 Février, 2012 21:50 Sujet du message: |
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| Citation: |
Il nous reste à suivre Jeanne à la table sainte, à contempler la virginale enfant recevant Jésus.
Disons-le en deux mots : Les communions de Jeanne étaient fréquentes, elles étaient ferventes.
Jeanne communiait souvent. Dans son enfance, elle s’approchait tous les mois de la table sainte. C’était trop peu, pour une âme affamée, comme la sienne, de l’Eucharistie. Bientôt, elle communia tous les quinze jours, puis chaque semaine. Quand elle fut au milieu des camps, écrasée des responsabilités, environnée de périls, elle sentit le besoin de recevoir plus souvent encore Celui qui est la force ; et elle multiplia ses communions.
« Jeanne était très dévote envers Dieu et la bienheureuse Marie, dit Frère Jean Paquerel, son aumônier ; elle se confessait presque chaque jour et communiait fréquemment ».
A Orléans, elle reçut l’hospitalité chez le trésorier Jacques Boucher. Celui-ci avait une fille âgée alors de huit ans, qui vécut dans l’intimité la plus étroite avec Jeanne pendant son séjour dans cette ville. Elle a raconté, plus tard, de la Pucelle, que « son habitude, avant d’aller à une attaque, était de disposer sa conscience ; elle recevait la sainte Eucharistie, après avoir entendu la messe ».
« Bien des fois, assure Jean d’Aulon, j’ai vu et su qu’elle se confessait et recevait Notre-Seigneur ».
« Elle entendait chaque jour la messe, dit un autre témoin, et communiait souvent ».
Et encore ces témoins n’ont pas tout vu, car toutes les fois qu’elle le pouvait, Jeanne allait faire ses dévotions dans une église peu fréquentée, tant elle redoutait d’attirer sur elle les regards, tant elle recherchait la solitude, si propre à l’intimité avec le doux Sauveur.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3517 :
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Posté le: Jeudi 23 Février, 2012 20:36 Sujet du message: |
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| Citation: | Il n’est pas besoin de vous rappeler le précepte de la communion. Vous connaissez la parole de Notre-Seigneur : »En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chaire du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous » (Joan., VI, 54) et vous savez que l’Église, interprète infaillible de la parole de Jésus, a fixé le délai qu’on ne peut dépasser sans perdre la vie surnaturelle : « Ton créateur tu recevras, au moins à Pâques humblement ». Toutes vous faites vos Pâques.
Que dis-je ? Vous faites plus que vos Pâques. Grâces à Dieu, mes enfants, il y a des « Amies de Jeanne d’Arc » qui communient chaque jour, d’autre chaque semaine ; ce n’est que le petit nombre. La plupart d’entre vous ne s’approchent de la table sainte qu’aux fêtes principales de l’année. C’est assez pour obéir au précepte de l’Église qui n’exige qu’une communion annuelle ; c’est assez pour vivre strictement d’une vie débile, ce n’est pas suffisant pour avoir une vie pleine, forte, surabondante.
Est-ce même assez pour vivre ? L’expérience de chaque jour répond : Non. La communion est la nourriture de notre âme :, « Ma chair est vraiment une nourriture a dit Jésus, et mon sang vraiment un breuvage » (Joan., VI, 56). Or, la nourriture de notre âme, aussi bien que celle de notre corps, doit être proportionnée à nos besoins. Un adulte mange plus qu’un enfant ; et les aliments dont se contenterait un homme employé à un travail peu fatigant, seraient absolument insuffisants pour un soldat en guerre, pour un travailleur de l’atelier ou des champs.
Eh bien ! mes enfants, nous sommes tous des travailleurs dans le champ du Père de famille, nous avons à cultiver notre âme, à faire rapporter une abondante moisson de vertus ; nous sommes tous des guerriers, nous avons à combattre, je vous le disais, contre le démon, contre le monde, contre nous-mêmes.
Cette lutte est de tous les âges, mais elle est plus vive dans la jeunesse, à cet âge où l’âme est plus tendre, plus inexpérimentée, et où s’éveillent les passions ; cette lutte est de tous les temps, mais elle est plus active, plus ardente que jamais à l’époque où nous vivons. Partout, dans les journaux, dans les livres, dans les conversations, dans les réunions publiques, le vice et l’impiété s’étalent sans pudeur. Et vous pensez qu’une communion, que quelques communions dans l’année, vous mettront en état de résister à tous les assauts livrés contre votre foi et contre votre vertu ? C’est impossible ; vous serez fatalement la proie de vos ennemis.
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