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La prière des psaumes avec Saint Augustin
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gabrielle



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MessagePosté le: Jeudi 13 Novembre, 2008 23:23    Sujet du message: Répondre en citant


La prière des psaumes avec Saint Augustin



Désirer Dieu par-dessus toute chose

Citation:
Psaume 34. — Frères, invoquons le Seigneur afin qu'il réponde à notre âme : C'est moi qui suis ton salut. Qu'il nous ouvre l'oreille pour l'écouter lorsqu'il nous dit : c'est moi qui suis ton salut. Il le dit, mais certains font la sourde oreille et, du coup, ils n'entendent plus guère, une fois plongés dans l'épreuve, que les ennemis qui les assaillent.

Si leur âme éprouve un manque, une passe difficile, un dénuement matériel, la voilà qui se met généralement à chercher du secours du côté des démons, elle va consulter les possédés des démons, elle court après les diseurs de bonne aventure : c'est que les invisibles ennemis qui la poursuivaient s'étaient approchés d'elle, avaient pris pied, l'avaient dominée, enchaînée et vaincue en disant : Il n'y a pas de salut pour elle dans son Dieu.

Elle avait fait la sourde oreille à la voix qui lui disait : c'est moi qui suis ton salut. Oui, dis à mon âme : c'est moi qui suis ton salut, pour qu'ils soient confondus et renversés ceux qui poursuivent mon âme, mon âme à qui tu dis : c'est moi qui suis ton salut.

J'écouterai donc celui qui me dit : c'est moi qui suis ton salut. Je ne chercherai pas d'autre salut que le Seigneur mon Dieu. De telle ou telle créature je peux être invité à attendre le salut, mais ce salut vient encore de lui : si « je lève les yeux vers les montagnes, d'où me doit venir le secours », je ne l'attends pourtant pas des montagnes elles-mêmes, car « mon secours vient du Seigneur qui a fait le ciel et la terre ».

Dans les détresses matérielles, Dieu peut me venir en aide par des hommes, mais ton salut, ô mon âme, ce n'est que lui. Il peut te venir en aide par un ange, mais ton salut, ce n'est que lui. Toutes choses lui sont soumises et, pour te venir en aide dans les besoins de cette vie temporelle, il peut se servir de celles-ci ou de celles-là : mais la vie éternelle, il ne te la communiquera par aucun autre que par lui-même.

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gabrielle



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MessagePosté le: Samedi 15 Novembre, 2008 0:15    Sujet du message: Répondre en citant


La prière des psaumes avec Saint Augustin



Désirer Dieu par-dessus toute chose

Citation:
Il y a des chrétiens qui disent : Dieu, qui est bon, grand, très-haut, invisible, éternel, incorruptible, ce qu'il lui convient de nous donner, c'est la vie éternelle, c'est cette incorruptibilité qu'il a promise pour la résurrection; mais les biens terrestres et temporels relèvent des démons et des puissances des ténèbres.

Sur ce, il suffit que de telles gens soient pris par l'amour de ces biens-ci pour qu'ils abandonnent Dieu, puisque ces choses ne le regardent pas; et ils s'adonnent à des sacrifices impies, à je ne sais quelles pratiques, à je ne sais quelle invention humaine pour se procurer les biens temporels, par exemple pour obtenir de l'argent, pour trouver femme, pour avoir des enfants, et pour tenter de trouver de quoi se consoler de la caducité de la vie humaine ou de quoi empêcher son écoulement.

La providence divine a voulu couper court à de telles idées et montrer que toutes ces choses relèvent aussi de Dieu, montrer que se trouvent en son pouvoir non seulement les biens éternels qu'il a promis pour plus tard, mais aussi les biens temporels qu'il distribue sur terre à qui il veut, et quand il veut, sachant très bien à qui il donne et à qui il ne donne pas : tel le médecin administrant ses remèdes et connaissant mieux que le malade lui-même la maladie dont souffre celui-ci.

Cette démonstration, Dieu l'a faite à travers l'économie de l'Ancien et du Nouveau Testament.


Dans l'Ancien Testament, les promesses concernent des biens terrestres; dans le Nouveau, c'est le Royaume de Dieu. La plupart des commandements sur le culte divin ou la vie morale, on les retrouve aussi bien dans l'un que dans l'autre, mais parce que la promesse n'est pas la même ici et là, l'autorité du Dieu qui commande et l'obéissance de l'homme qui accepte sa volonté ont beau être identiques, les rétributions ne le sont pas.

Aux hommes de l'Ancien Testament, il était dit qu'ils recevraient la Terre promise, afin de la posséder, de dominer sur leurs ennemis sans être opprimés par eux, d'avoir sur cette Terre abondance de biens et une descendance.

Bien que ces réalités terrestres aient eu un rôle figuratif, elles ont réellement été promises; il est normal que quelques-uns les aient acceptées telles qu'elles étaient promises, et, de fait, beaucoup les ont acceptées de la sorte.

La terre de Canaan a réellement été donnée aux enfants d'Israël, des richesses leur ont réellement été données, des fils ont été donnés à des femmes stériles ou à des vieillards qui en suppliaient Dieu, ne se confiant qu'en lui seul et ne voulant, en l'occurrence, aucune autre intervention que la sienne.

Ceux-là ont entendu dans leur cœur la voix de Dieu leur disant : C'est moi qui suis ton salut. Si ce salut s'étend aux réalités éternelles, pourquoi pas aux temporelles ? Dieu en fit lui-même la preuve dans le cas du saint homme Job : car le diable n'a pu lui enlever ses richesses temporelles qu'après en avoir reçu pouvoir de Dieu.

Il pouvait envier le juste, mais pouvait-il lui nuire ? Il pouvait l'accuser, mais pouvait-il le condamner ? Pouvait-il lui enlever quoi que ce soit, pouvait-il lui abîmer fut-ce un ongle, fût-ce un cheveu, s'il n'avait dit à Dieu : « Etends la main » (Jb 1, 11) ? Qu'est-ce à dire : « Etends la main » ? Eh bien : Donne-moi pouvoir. Il reçut ce pouvoir. Alors Satan a pu tenter et Job se trouver tenté. Mais le tenté s'est trouvé vainqueur, et le tentateur vaincu.

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MessagePosté le: Samedi 15 Novembre, 2008 23:48    Sujet du message: Répondre en citant


La prière des psaumes avec Saint Augustin



Désirer Dieu par-dessus toute chose

Citation:
Car Dieu, au moment même où il permettait au diable d'enlever à Job ses biens terrestres, n'abandonnait pas intérieurement son serviteur et, pour vaincre le diable, avait justement choisi comme arme l'âme de son serviteur.

Que signifie tout cela ? C'est le drame de l'homme! II a été vaincu en Adam dans le paradis, il se trouve vainqueur en Job sur le fumier. Là il s'est trouvé vaincu par le diable à cause de la femme, ici le voici vainqueur et du diable et de la femme, — car Job réplique à sa femme : « Tu parles comme une insensée. Si nous recevons les biens de la main du Seigneur, pourquoi n'en recevrions-nous pas de même les maux ? » (Jb 2, 10).

Oh! comme Job l'avait bien entendue la parole : C'est moi qui suis ton salut.

Mon âme exultera dans le Seigneur : Oui parce qu'il est celui qui m'a dit : C'est moi qui suis ton salut, — et parce que moi-même ne suis plus en quête de richesses extérieures, et ne cherche plus à m'entourer de jouissances et de bonheur terrestres. D'un cœur désintéressé j'aime l'Epoux véritable, non pour recevoir de lui jouissance, mais pour m'attacher à lui seul, qui sera ma jouissance. Que me sera-t-il donné qui soit meilleur que Dieu ? Puisse Dieu m'aimer, puisse Dieu t'aimer. Il te l'a proposé, demande-lui ce que tu veux.

Si un empereur te disait : Demande ce que tu veux, comme tu réclamerais des dignités de tribun ou de comte! Quelles richesses tu projetterais de recevoir et de distribuer à d'autres!

Or c'est Dieu qui te dit : Demande ce que tu veux. Que vas-tu donc lui demander ? Réfléchis bien, dilate ton avarice, fais-toi aussi gourmand que tu le peux, élargis ta convoitise : ce n'est pas n'importe qui, c'est le Tout-Puissant qui t'a dit : Demande ce que tu veux. Si tu as des goûts de propriétaire, tu désireras la terre entière afin que tous ceux qui l'habitent soient tes colons ou tes esclaves, — mais que posséderais-tu avec la terre entière ?

Tu demanderas la mer, — mais tu ne peux pas y vivre, de sorte qu'avec cette avarice-là, les poissons l'emporteront sur toi. Ah! peut-être aussi posséderas-tu les îles, — alors, tant que tu y es, demande à posséder l'atmosphère, bien que tu ne puisses y voler; étends ta convoitise jusqu'au ciel, dis-toi propriétaire du soleil, de la lune, des étoiles, puisque Celui qui a fait toutes choses t'a dit : Demande ce que tu veux.

Eh bien, tu ne trouveras rien de plus précieux, rien de meilleur que celui-là même qui a fait toutes choses. C'est lui qu'il faut demander, et en lui — et le recevant de lui —, tu auras aussi tout ce qu'il a fait. Toutes choses sont précieuses car toutes sont belles : mais quoi de plus beau que lui ? Elles sont remplies de force : mais quoi de plus fort que lui ?

Et il ne veut rien tant donner que se donner lui-même. Si tu es capable de trouver mieux, eh bien, demande-le. Si tu demandes autre chose que lui, tu lui fais injure et tu te fais dommage, car tu lui préfères son œuvre alors qu'il veut de sa propre main te faire don de son œuvre. Mû par cet amour, un psalmiste lui a dit : « Seigneur, tu es mon héritage » (Ps. 15, 5). Que les autres se choisissent en possession ce qui leur plaît, qu'ils prennent leur héritage parmi les choses : mon héritage à moi, c'est toi; c'est toi que je me suis choisi [I; 6, 7, 12].

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MessagePosté le: Lundi 17 Novembre, 2008 0:03    Sujet du message: Répondre en citant


La prière des psaumes avec Saint Augustin


S'approcher de Dieu

Citation:
Psaume 34. — Et moi, lorsqu'ils me tourmentaient, je me vêtais d'un sac, j'humiliais mon âme par le jeûne et ma prière revenait dans mon sein.


Frères, nous nous souvenons que nous appartenons au corps du Christ, que nous sommes membres du Christ et l'on nous rappelle ici que dans toutes nos difficultés, nous ne devons pas chercher comment répondre à nos ennemis mais comment, par la prière, nous pourrons obtenir l'assistance divine.

Surtout pour n'être pas nous-mêmes vaincus par la tentation; mais aussi pour que ceux qui nous persécutent reviennent à une saine justice. Dans les difficultés, il n'y a rien de plus important, rien de meilleur à faire que de tourner le dos à la dispute et d'entrer dans le secret le plus profond de notre âme.

Là, dans cette retraite où nul ne voit les souffrances de l'homme ni le secours de Dieu, invoquer notre Dieu. Fermer la porte de sa chambre à tout le désagrément qui nous vient du dehors; nous humilier en confessant nos péchés, glorifier Dieu, le louer, aussi bien dans ses rigueurs que dans ses consolations.

Voilà ce que nous devons faire, toujours.

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MessagePosté le: Mardi 18 Novembre, 2008 0:21    Sujet du message: Répondre en citant


La prière des psaumes avec Saint Augustin




Citation:
Et ma prière, dit le psaume, revenait dans mon sein. Le mot sein n'a pas ici son acception ordinaire; il s'agit d'un abîme bien profond, et fasse le Seigneur que nous y puissions pénétrer quelque jour. En général, le sein signifie un lieu secret et il est bien vrai qu'on nous invite ici à prier Dieu dans notre sein, ce lieu où Dieu seul voit, entend, où nul œil humain ne pénètre, où nul ne voit sinon celui qui nous soutient dans l'être; c'est là que Suzanne a prié le Seigneur et quand les hommes restaient sourds à sa voix, Dieu l'entendit. Oui, tout cela est vrai. Mais quand il s'agit de Notre-Seigneur et de sa prière nous devons entendre en ce mot quelque chose de plus...

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MessagePosté le: Mercredi 19 Novembre, 2008 0:08    Sujet du message: Répondre en citant


La prière des psaumes avec Saint Augustin


Prière d'une âme désintéressée

Citation:
Psaume 55. — Pour nous, frères, aimons Dieu d'un amour chaste et pur. Le cœur n'est pas chaste s'il sert Dieu pour une récompense. Eh! quoi, n'aurons-nous pas de récompense pour ce service que nous rendons à Dieu ?

Assurément, mais ce sera le Dieu même que nous servons. Lui-même sera notre récompense parce que nous le verrons tel qu'il est. N'est-ce pas là une récompense ? A ceux qui l'aiment, que dit Notre-Seigneur Jésus-Christ ?

« Celui qui m'aime garde mes commandements et celui qui m'aime sera aimé de mon Père et moi-même je l'aimerai » (Jn 14, 21).

Que lui donneras-tu donc ? « Et je me montrerai moi-même à lui. » Si tu n'aimes pas, rien ne peut compenser ce manque.

Mais si tu aimes, si tu soupires après lui, si tu sers gratuitement celui qui t'a racheté gratuitement — car tu ne l'avais aucunement mérité — si le souvenir de ses bontés pour toi émeut tes soupirs, anime ton cœur du désir d'être à lui, ne lui demande rien d'autre que lui-même, c'est lui qui te suffit.

Si ambitieux sois-tu, Dieu te suffit. L'ambition pouvait s'étendre à posséder toute la terre; ajoutes-y encore le ciel. Celui qui a fait le ciel et la terre est encore plus grand.

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MessagePosté le: Vendredi 21 Novembre, 2008 0:08    Sujet du message: Répondre en citant


La prière des psaumes avec Saint Augustin


Citation:
Voyez, frères, à l'exemple du mariage, considérons ce qu'un cœur chaste doit être envers Dieu. Assurément il ne s'agit ici que d'êtres humains et pourtant celui qui aime sa femme pour sa dot ne l'aime pas; celle qui aime son mari par égard à quelque cadeau, voire à de riches cadeaux, ne l'aime pas d'un cœur chaste.

Riche, il était son mari; pauvre, il est encore son mari. Combien de proscrits que leurs malheurs ont rendus plus chers à de chastes épouses! Les catastrophes qui frappaient le mari ont souvent manifesté la chasteté d'une union; en lui elles n'aimaient que lui : aussi, loin de l'abandonner, lui sont-elles devenues plus étroitement attachées.


Alors si des êtres de chair, un mari, une femme peuvent être aimés d'un amour chaste et désintéressé, comment nous faut-il aimer Dieu, le véritable et véridique époux de l'âme qu'il rend féconde de la vie éternelle et qu'il ne laisse jamais stérile ? Aimons-le donc et n'aimons rien qui ne soit pas lui.

Alors s'accomplit en nous ce que nous avons dit, ce que nous avons chanté — car en ces mots c'est aussi nous qui parlions : En quelque jour que je t'aie invoqué, j'ai su que tu es mon Dieu.

Invoquer Dieu, c'est l'invoquer sans intérêt. C'est pourquoi il est écrit de certains qu'ils n'ont pas invoqué le Seigneur. Ils semblaient l'invoquer; ils lui demandaient héritages, accroissement de leur fortune, prolongation de leur vie et autres choses temporelles.

Et que dit l'Ecriture : Ils n'ont pas invoqué le Seigneur. Aussi, à la suite: Ils ont craint et tremblé sans vrai sujet de crainte. Ils ont craint qu'on ne leur volât de l'argent; ils ont craint d'avoir à réduire leur train de vie; enfin ils ont craint de passer ici-bas moins d'années qu'ils ne l'espéraient.

Oui, ils ont craint sans vrai sujet de crainte. Ainsi ont fait les Juifs : « Si nous le laissons vivre, les Romains viendront, ils détruiront notre lieu saint et notre nation » (Jn 11, 48). « Ils ont craint sans vrai sujet de crainte » (cf. Ps. 13, 5). Moi j'ai su que tu es mon Dieu.

Noble richesse du cœur! éclatante lumière de l'œil intérieur! tranquille confiance de la sécurité. Je sais que tu es mon Dieu [17].

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MessagePosté le: Samedi 22 Novembre, 2008 0:08    Sujet du message: Répondre en citant


La prière des psaumes avec Saint Augustin


Citation:
Psaume 16. — En tête du psaume, nous lisons : Pour la fin, pour Idithun, psaume d'Asaph pour lui-même. Vous savez ce que signifie pour la fin. En effet : le Christ est la fin de la loi pour la justification de tout homme qui croit en lui. Idithun se traduit : celui qui franchit; Asaph veut dire : assemblée.

Le psaume est donc celui d'une assemblée qui franchit quelque chose pour parvenir à la fin qui est le Christ Jésus. Ce qu'il faut franchir pour parvenir à cette fin où nous n'aurons plus rien à franchir, le texte le montre à suffisance.


Il nous faut franchir d'un bond tout ce qui nous entrave, tout ce qui nous retient dans ses filets ou dans sa glu, tout ce qui nous charge et appesantit notre vol, jusqu'à ce que nous parvenions à ce qui suffit, à ce qui n'a pas d'au-delà, à ce qui est au-dessus de tout et source de tout.


Philippe voulait voir le Père et il disait à Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Montre-nous le Père et cela nous suffit » (Jn 14, 8). Il comprenait bien qu'il devait franchir tout le reste jusqu'à ce qu'il parvînt au Père, en qui il pouvait s'arrêter, sûr désormais et n'ayant plus rien à chercher au-delà. Cela nous suffit. Mais celui qui avait dit en toute vérité : « Mon Père et moi nous sommes un » (Jn 10, 30), reprit Philippe et lui apprit que tout homme qui a l'intelligence du Christ, trouve aussi sa fin dans le Christ parce que le Père et lui sont un. « Depuis si longtemps que je suis avec vous, ne m'avez-vous pas vu ? Philippe, celui qui m'a vu a vu aussi le Père » (Jn 14, 9).

Pour entrer dans l'esprit de ce psaume, pour en reproduire et en vivre les sentiments, dépassons d'un bond tous les désirs de la chair, tenons pour rien le décor et les mirages de ce siècle, n'ayons d'autre objectif que de nous fixer en ce terme d'où proviennent toutes choses. Le psalmiste souffre encore au milieu de toutes ces choses. Que nous dit-il de son effort pour les franchir ?

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MessagePosté le: Dimanche 23 Novembre, 2008 0:11    Sujet du message: Répondre en citant


La prière des psaumes avec Saint Augustin

Citation:
J'ai élevé ma voix et j'ai crié vers le Seigneur. Mais beaucoup crient vers le Seigneur pour acquérir la fortune, pour éviter des dommages, pour la santé de leurs proches, la stabilité de leur maison, leur bonheur temporel, leurs honneurs dans le siècle, enfin pour cette santé du corps qui est le patrimoine du pauvre.

Beaucoup crient vers le Seigneur pour obtenir de tels biens. Presque personne ne crie vers lui pour l'obtenir lui-même.

Hélas! le penchant de l'homme est de désirer quelque chose du Seigneur, n'importe quoi, et de ne pas désirer le Seigneur.

Peut-il pourtant y avoir plus de douceur dans ce qu'il donne que dans celui même qui le donne ? Celui qui crie vers Dieu pour lui demander autre chose que lui-même n'est pas encore cet homme qui franchit et dont parle le psaume.

Que disait-il, cet homme ? J'ai élevé ma voix et j'ai crié vers le Seigneur.

Et ne va pas penser que cette voix s'est élevée pour autre chose que pour le Seigneur, car il dit ensuite : Et ma voix tend vers Dieu.

Car notre voix peut bien s'adresser à Dieu et être cependant pour autre chose que pour lui. Car la fin d'une prière, c'est l'objet qu'elle vise.

Or cet homme qui aimait Dieu sans vues intéressées, qui lui offrait spontanément des sacrifices, qui avait franchi tout ce qui était au-dessous de soi et qui, au-dessus, ne découvrait rien pour y répandre son âme que Celui de qui, par qui, et en qui il avait été créé, à qui il avait adressé sa prière, cet homme donc avait formé pour Dieu sa prière.

Ma voix, dit-il, tend à Dieu. Et l'a-t-il fait inutilement ? Ecoutez ce qui suit : Et Dieu a fait attention à moi. Assurément il te regarde puisque c'est lui que tu cherches et non pas autre chose en te servant de lui. Il est écrit de quelques-uns : « Ils ont crié et il n'y avait personne pour les sauver; ils ont crié vers le Seigneur et il ne les a pas exaucés » (Ps. 17, 42).

Pourquoi ?

Parce que leur voix n'était pas pour le Seigneur. L'Ecriture exprime ailleurs la même pensée quand elle dit de cette sorte d'hommes : « Ils n'ont pas invoqué le Seigneur » (Ps. 13, 4). Comment cela ? Ils n'ont cessé, au contraire, de crier vers lui. Et cependant ils n'ont pas invoqué le Seigneur. Qu'est-ce à dire ?

Ils n'ont pas appelé le Seigneur en eux; ils ne l'ont pas imité dans leur cœur; ils n'ont pas voulu que le Seigneur habitât en eux. Alors, que leur est-il arrivé ? « Ils ont tremblé de peur, sans raison d'avoir peur » (Ps. 13, 5).

C'est-à-dire qu'ils ont tremblé de perdre leurs possessions présentes, parce qu'ils n'étaient pas remplis d'un Dieu qu'ils n'avaient pas invoqué. Ils ne l'aimaient pas gratuitement en sorte qu'ils pussent dire après une perte : « Le Seigneur a fait comme il a voulu; que le nom du Seigneur soit béni » (Jb 1, 21). Retenons ce verset : Ma parole est pour le Seigneur et le Seigneur s'est penché vers moi [1, 2].

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