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Si vis pacem
Inscrit le: 11 Oct 2006 Messages: 1851 :
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Posté le: Samedi 24 Septembre, 2011 16:16 Sujet du message: Herméneutique de la continuité base d'un accord doctrinal ? |
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| Laurent Dandrieu, le jeudi 22 septembre 2011 a écrit: |
Rome a remis à Mgr Fellay un préambule doctrinal, prélude à une régularisation des lefebvristes. Il a quelques mois pour donner sa réponse.
C’est, on le sait, une affaire quasi personnelle pour Benoît XVI, qui a conscience d’être celui qui peut réduire la “fracture” traditionaliste. Depuis 2005, il a fait trois pas décisifs vers ceux-ci : le 7 juillet 2007, la libéralisation du rite traditionnel ; la levée, le 21 janvier 2009, de l’excommunication qui frappait Mgr Fellay et les trois autres évêques sacrés par Mgr Lefebvre ; enfin, d’octobre 2009 à avril 2011, la tenue de discussions visant à éclaircir le désaccord doctrinal entre Rome et les lefebvristes.
C’est pour tirer les conclusions de ce dialogue que Mgr Fellay a été reçu le 14 septembre par Mgr William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Celui-ci lui a remis le texte d’un préambule doctrinal, dont l’acceptation par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), dit le communiqué du Vatican, sera la « base fondamentale de la pleine réconciliation avec le Siège apostolique ».
« Ce document, poursuit le communiqué, énonce certains des principes doctrinaux et des critères d’interprétation de la doctrine catholique nécessaires pour garantir la fidélité au magistère de l’Église et au sentire cum Ecclesia [le sentiment de communion ou la volonté d’épouser le point de vue de l’Église], tout en laissant ouvertes à une légitime discussion l’étude et l’explication théologiques d’expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du concile Vatican II et du magistère successif. » A aussi été évoquée la régularisation juridique de la FSSPX, en cas d’accord.
Tenu au secret dans l’attente de sa réponse, le supérieur de la FSSPX a seulement laissé filtrer « qu’on ne trouve pas, dans le préambule doctrinal, une distinction tranchée entre le domaine dogmatique intangible et le domaine pastoral soumis à discussion » : le document, en quelques pages, ne pouvait trop rentrer dans le détail théologique. Très proche de ces dossiers, l’archevêque de Bordeaux Mgr Ricard précise qu’il pourrait s’agir d’une reconnaissance générale de l’autorité du pape et du magistère, de la validité des nouveaux rites et d’un engagement à une « réflexion positive » pour interpréter le Concile dans cette « herméneutique de la continuité » demandée par Benoît XVI, c’est-à-dire en postulant qu’il ne pourrait être vu comme une rupture de la Tradition. Et ajoute que le préambule soumis à la FSSPX devrait être assez proche de ce qu’on avait déjà exigé de l’Institut du Bon-Pasteur, créé en 2006 pour des anciens de la Fraternité. À ceux qui s’inquiètent de la concession que constituerait la reconnaissance par le préambule d’une « légitime discussion » du Concile, il faut rappeler que les statuts de l’IBP engageaient déjà cet institut à une « critique sérieuse et constructive » de Vatican II.
Quant au statut proposé à la FSSPX, plusieurs solutions existent. On a d’abord parlé d’un ordinariat, sur le modèle proposé aux anglicans : soit une sorte de diocèse thématique, un peu comme le diocèse aux armées. Mais beaucoup d’évêques y sont opposés, car les activités de la Fraternité dans leur diocèse échapperaient à leur contrôle. Porte-parole du Vatican, le père Lombardi a évoqué une prélature personnelle, sur le modèle de l’Opus Dei : mais dans cette formule, la FSSPX ne pourrait exercer aucune mission sans autorisation du diocèse, ce qui, compte tenu de l’hostilité de nombre d’évêques, notamment français, rendrait son apostolat pratiquement impossible. Rome peut aussi avoir puisé dans le droit canon, au besoin en l’amendant, une solution médiane.
Benoît XVI est allé aussi loin qu’il lui était possible.
La question est d’importance car, comme le fait remarquer un prêtre de la Fraternité, la décision de celle-ci dépend sans doute moins du contenu du préambule, que Rome aura eu soin de rédiger de façon qu’il soit difficilement refusable, que du sentiment qu’aura la FSSPX de pouvoir rentrer dans le rang sans perdre la possibilité d’être fidèle à elle-même. Pour ce même prêtre, « Mgr Fellay est très attentif à l’importance de ce moment, au kairos », c’est-à-dire à l’occasion unique qu’offre la volonté d’aboutir de Benoît XVI. Le fait même que le pape ait poursuivi ce processus malgré les critiques virulentes venues de la Fraternité, ces derniers mois, à propos de la béatification de Jean-Paul II ou de la prochaine rencontre interreligieuse d’Assise, montre bien sa détermination. Il a maintenant abattu toutes ses cartes. La donne est donc désormais à la Fraternité et aux quarante membres de son chapitre général, à qui appartient la décision finale. Mgr Fellay a quelques mois pour les convaincre qu’il s’agit là d’une chance historique et que, s’ils devaient fermer la porte, elle pourrait bien ne plus jamais se rouvrir. Laurent Dandrieu
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Pour un exemple "d'interprétation du Concile dans cette « herméneutique de la continuité » demandée par Benoît XVI c’est-à-dire en postulant qu’il ne pourrait être vu comme une rupture de la Tradition" ... voyons ceci :
| Ratzinger à Erfurt, le vendredi 23 septembre 2011 a écrit: |
«On a parlé avant la visite plusieurs fois d’un don oecuménique (...) que l’on attendait de cette visite. Je voudrais dire que ceci constitue une mauvaise compréhension politique de la foi et de l’oecuménisme», a souligné le pape, tout en faisant l’éloge de la passion chrétienne du penseur de la Réforme.
«Ce qui ne laissait pas (Luther) en paix était la question de Dieu, qui fut la passion profonde et le ressort de sa vie et de son itinéraire tout entier», a déclaré le pape au couvent des Augustins où Martin Luther, alors encore catholique, a vécu de 1505 à 1511.
Benoît XVI a prononcé ce discours très attendu dans la salle du chapître, lors d’une rencontre à huis clos avec vingt délégués de l’Eglise protestante allemande.
«La pensée de Luther, sa spiritualité toute entière était complètement centrée sur le Christ», a ajouté le Souverain pontife, dont un grand maître à penser est Saint-Augustin dont se réclamait l’ordre des Augustiniens. Un élément qui le rapproche de Luther.
Benoît XVI a d’ailleurs exprimé son «émotion» d’être venu sur les traces du moine fondateur de la Réforme.
Le pape a ensuite concélébré un service oecuménique dans l’église médiévale du couvent où Luther fut ordonné prêtre en 1507.
Devant 300 personnalités, dont la chancelière allemande Angela Merkel, fille de pasteur, et le Président de la république Christian Wulff, catholique, il a appelé catholiques et luthériens à valoriser tout ce qui les unit face à des dangers comme l’expansion des sectes évangélistes.
«Dans une rencontre oecuménique, nous ne devrions pas seulement déplorer les divisions et les séparations, mais bien remercier Dieu pour tous les éléments d’unité qu’il a conservés pour nous», a-t-il dit.
Pendant la cérémonie, un psaume a été lu dans la traduction originale de Luther par l’évêque luthérien de Braunschweig, Friedrich Weber. Un symbole fort, puisque les problèmes du prêtre avec sa hiérarchie ont commencé lorsqu’il a entrepris de traduire la Bible en langue vernaculaire pour que les fidèles la comprennent.
Après la cérémonie, le président du Conseil des Eglises protestantes d’Allemagne, Nikolaus Schneider, s’est félicité de la «réhabilitation» de Luther par Benoît XVI mais a réclamé des avancées concrètes dans l’oecuménisme.
«Nous sommes satisfaits car nous avons eu une discussion très dense et fraternelle, mais en même temps insatisfaits, car il y a des questions auxquelles il faut encore apporter une réponse», a dit M. Schneider.
Depuis son élection, le pape a envoyé des signaux contradictoires en matière d’oecuménisme, un sujet qu’il connaît bien car son pays natal compte autant de protestants, essentiellement luthériens, que de catholiques.
Dans la matinée, Benoît XVI avait appelé à un meilleur dialogue entre chrétienté et islam, au deuxième jour d’un voyage marathon dans son pays natal. «Je pense qu’une collaboration féconde entre chrétiens et musulmans est possible», a estimé Benoît XVI en recevant à Berlin des représentants de l’islam en Allemagne.
Le Conseil des musulmans en Allemagne a vu dans cette rencontre une «grande chance» pour stimuler le dialogue chrétien-musulman. «C’était un signe important et bienfaisant», selon le porte-parole du Conseil, Aiman Mazyek.
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