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Laetitia

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Posté le: Mercredi 04 Janvier, 2012 15:34 Sujet du message: Domrémy |
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Domrémy-la-Pucelle est une commune française, située dans le département des Vosges et la région Lorraine.
La Lorraine est constituée de quatre départements : la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Moselle et les Vosges. Voisine de la Belgique, du Luxembourg et de l'Allemagne, cette région occupe une place stratégique.
La commune de Domrémy est située dans la vallée de la Meuse au nord-ouest du département des Vosges, à la limite du département de la Meuse. (pour une visualisation meilleure voir ici)
Le territoire communal de Domrémy englobe vers l'ouest une éminence boisée culminant à 407 m - le bois de Domrémy - et qui domine Les Roises, une petite commune meusienne.
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3514 :
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Posté le: Mercredi 04 Janvier, 2012 21:06 Sujet du message: |
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Domrémy et la France au temps de la guerre de cent ans :
(cartesfrance.fr)
| Histoire de Jeanne d'Arc surnommée la Pucelle d'Orléans, tirée de ses propres déclarations, ..., par M. Le Brun de Charmettes, Paris, 1817, a écrit: | Une contrée fertile, abondante en bois, en rivières et en pâturages, s’étend entre les duchés de Bar et de Lorraine ; et, resserrée par ces deux provinces, ne tient, pour ainsi dire, que par un point à la Champagne, dont elle fait cependant partie (1).
Comprise dans le domaine immédiat de la couronne depuis le mariage de Philippe le Bel avec l’héritière de Navarre et de Champagne (Jeanne de Navarre), il semble que les liens qui l’attachaient à la France avaient augmenté de force en raison des efforts des princes voisins pour les détruire. Presque isolés, placés à une extrémité du royaume, entourée d’ennemis naturels, elle leur présentait sans cesse une proie facile à dévorer, et il n’était guère possible que cette facilité ne tentât souvent leur ambition. Elle ne pouvait remédier au danger de sa situation que par les efforts continuels de dévouement, de fidélité et de zèle ; et l’on a généralement remarqué que l’esprit national, sujet, comme presque toutes les facultés morales et physiques, à s’éteindre dans le repos, ne s’accroît et ne se développe jamais davantage que dans les situations où il a le plus souvent l’occasion et la nécessité de s’exercer.
Au milieu de cette contrée véritablement française, dans un riant vallon arrosé par la Meuse, à deux lieues au nord de Neufchâteau, à trois lieues au sud de Vaucouleurs, s’élèvent le village de Greux (2) et le hameau de Domremy (3), qui, séparé de Greux par un faible intervalle, ne formait au quinzième siècle qu’une dépendance de ce village. Des pâtres, des laboureurs, quelques pêcheurs attirés en ce lieu par la proximité d’une rivière poissonneuse, étaient à peu près les seuls habitants de ce séjour champêtre.
La paroisse de Greux, où était la principale église, dépendait, ainsi que le hameau de Domremy, de la prévôté d’Andelot (4), du baillage de Chaumont en Bassigny, et de l’élection de Langres. Toutefois cette paroisse faisait partie, quant au spirituel, du diocèse de Toul en Lorraine, dont la juridiction s’étendait en quelques endroits de la France. |
Les notes en italiques, indiquant d'autres références, ont été rajoutées.
(1) Anciennes cartes de France.
Les avis sont partagés : Certains auteurs ont voulu faire de Jeanne une champenoise ou une lorraine selon qu'on plaçait sa maison dans la partie Nord ou la partie Sud de Domrémy. Nous verrons qu'aujourd'hui, elle serait champenoise, mais en 1412, Jeanne d'Arc était Lorraine comme tous les habitants de cette partie de la vallée de la Meuse qui faisait partie du "pays lorrain". (site stejeannedarc.net)
(2) Greu ou Grus
(3) Le nom de Domrémy apparait pour la première fois dans une charte du milieu du XI° siècle. L'origine de ce nom provient bien sûr de saint Remy. Le titre Dominus était le titre employé pour désigner un saint. Au procès de réhabilitation, le village est nommé en latin Dompnus Remigius, en français Domprémy. (site stejeannedarc.net)
(4) Là aussi les avis sont partagés : née à Domrémy, prévôté de Montéclair, baillage de Chaumont en Bassigny (site stejeannedarc.net)
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3514 :
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Posté le: Jeudi 05 Janvier, 2012 22:21 Sujet du message: |
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Chers lecteurs de cette tribune,
commençons notre pélerinage à Domremy et suivons un guide autorisé :
monseigneur Ricard, prélat de la maison de sa sainteté,
vicaire général honoraire de Monseigneur l'Archevêque d'Aix.
| Monseigneur Ricard, en 1894, dans son ouvrage Jeanne d'Arc la Vénérable a écrit: | La vallée charmante s’émaille au printemps de fleurs diaprées, une vraie vallis colorum, qui donne son nom au lieu le plus important de la contrée, Vaucouleurs.
La Meuse y promène, calme et ondoyante, ses méandres capricieux.
Sur les bords rais et verts de la rivière, s’asseyent pittoresquement divers villages, tous plus importants que le plus célèbre d’entre eux, tous placés là comme pour servir d’avenues à leur humble et glorieux protégé, le village de Domremy.
Venez-vous de l’Ouest, par la route de Bar-le-Duc à Epinal, vous rencontrerez Vouthon, où naquit la mère de Jeanne ; Greux, où l’enfant assistait à l’office quand un parti de Bourguignon brûla l’église.
L’avenue du Nord place, sur la route du pèlerin, d’abord Vaucouleurs où tant d’épreuves inaugurèrent la mission de l’héroïne ; puis Maxey-sur-Vaise où plusieurs fois elle s’ouvrit sur sa vocation à « noble homme Geoffroy du Fay » ; enfin là haut, sur la côté chargée de vignes et de blé, le village de Burey qu’elle habita deux fois chez son oncle Durand, en un logis modeste qu’on montre encore.
Mais si vous venez du Midi, c’est par Neufchâteau, à 11 kilomètres en amont de Domremy, que vous commencerez à reconnaître les vestiges des pas de la Pucelle. Sa statue orne l’antique asile des religieux Cordeliers, à qui elle aimait de préférence confier les chastes secrets de sa conscience innocente. A Coussey, au chevet de l’église, encore la statue de Jeanne. Ces images semblent posées là pour préparer l’âme du voyageur au but de son prochain pèlerinage. |
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Laetitia

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Posté le: Samedi 07 Janvier, 2012 23:16 Sujet du message: |
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| Monseigneur Ricard, en 1894, dans son ouvrage Jeanne d'Arc la Vénérable, a écrit: | Pendant tout le trajet, comme pour bercer son rêve, à sa gauche, serpente le cours sinueux de la rivière, qui traîne ses eaux paresseuses aux pieds des saules, à travers de gras pâturages. Devant lui, Domremy, à l’extrémité de l’immense prairie et du long ruban d’argent qui s’y déroule, Domremy s’enveloppe de verdure, comme une fleur printanière dans on bouton. On y entre par un pont de cinq arches, construit récemment sur la Meuse, et qui porte la route d’une rive à l’autre.
Nous voici enfin au village qu’on a pu appeler le « Bethléem de la nouvelle rédemption ». Le patronage du Baptiste de la nation française couvre de temps immémorial la modeste bourgade. Saint Remi a baptisé la France, son nom est entré dans la composition même du nom de Domremy.
Bâti dans les humbles proportions d’un village rustique, tel qu’on les rencontre au pays lorrain, le bourg natal de Jeanne est traversé du Nord au Sud, dans toute sa longueur, par une rue, dont la première moitié est formée, jusqu’en face de l’église et du pont, par la route qui vient de Greux. La seconde est parallèle à la rivière et passe devant la maison de Jeanne, puis devant un moulin dont elle prend le nom. Cette voie transversale a gardé le cachet rustique et lorrain : l’attirail du labourage, les monceaux de bois entassés, encombrent le seuil des habitations. Ceux qui résident sous ces humbles toits se distinguent, même en Lorraine, par les traits qu’ils ont hérités des contemporains de Jeanne, qui disait de ses compatriotes :
- Je n’ai connu qu’un seul Bourguignon à Domremy.
Tous les autres étaient Armagnacs, c’est-à-dire dévoués à la cause de la France. Sous la forme ardente d’un patriotisme que leur héroïque concitoyenne allait fixer à tout jamais « ès cœurs des Français », ils ont déposé leurs généreux sentiments dans l’âme de leurs enfants. Aujourd’hui encore les habitants de Domremy sont universellement réputés pour être unis et pacifiques entre eux, hospitaliers, polis et bienveillants envers les étrangers.
Jeanne aimait de prédilection son village et ses habitants.
- Plût à Dieu mon Créateur, s’écriait-elle à Reims, en pleine gloire après le sacre du roi, plût à Dieu que je m’en retournasse maintenant, quittant les armes, et que je revinsse servir mon père et ma mère, à garder leurs troupeaux, avec ma sœur et mes frères, qui seraient bien aises de me revoir !
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Laetitia

Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 3514 :
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Posté le: Lundi 09 Janvier, 2012 21:58 Sujet du message: |
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| Citation: | L’humble demeure, où l’on s’aimait de si bon cœur, existe encore.
Entre les mains des descendants de la famille, la « maison de Jeanne la Pucelle, assise proche de l’église, la cimetière d’une part, etc.… » est resté un dépôt sacré. Un pèlerinage national s’y renouvelle depuis cinq siècles, sans lasser la persévérance des visiteurs qu’attirent la grandeur des souvenirs et le parfum de la sainteté dans le patriotisme.
Déjà, en 1580, Michel Montaigne y venait, comme tous ses contemporains, et notait, dans ses Récits de voyage en Italie, comment « le devant de la maison où naquit Jeanne d’Arc est tout peint de ses gestes, mais l’âge a fort corrompu la peinture. »
Par son généreux désintéressement, le dernier héritier en ce siècle de trois familles d’Arc ou du Lys, de Salm et Gérardin, Nicolas Gérardin, se montra digne de ses devanciers.
D’étranges pèlerins avaient envahis l’humble maisonnette. C’était lors de l’invasion des troupes alliées en 1815. Enthousiasmés par la tragédie de Schiller, les Allemands visitèrent en amateurs la célèbre maison. A coups de sabre, ils se firent des reliques dans les meubles et les poutres. Des princes autrichiens y vinrent entourés d’une brillante escorte, se tenant inclinés nu-tête devant la statue de la Pucelle et sollicitant, comme souvenirs de leur visite, des éclats de bois, des fragments de pierres et même les herbes parasites des murailles.
L’archiduc Ferdinand détacha de ses propres mains une petite pierre, dont la place est encore visible au-dessus du linteau de la porte principale. Un comte prussien, plus ambitieux, demanda le tympan sculpté et la statue qui le couronne, Gérardin refusa. Le comte fit briller un trésor et offrit 6.000 francs de la maisonnette tout entière. Gérardin était pauvre et chargé de famille, mais, en vieux dragon français qu’il était, il demeura inflexible devant le déshonneur offert à l’héritier de Jeanne. Toutes ces tentatives cependant émurent le Conseil général des Vosges qui voulut assurer au département le berceau de la Pucelle et le sauver ainsi ‘une ruine qui semblait prochaine. Trois ans après qu’il eut repoussé l’offre tentante du Prussien, Gérardin, le 20 juin 1818, signait l’acte de cession au Conseil général, pour une somme près de trois fois moindre. La ville d’Orléans lui décerna une médaille d’or et Louis XVIII décora le généreux cessionnaire.
La maison devenait un monument national et, classée comme tel, elle recevait les secours qui en assurèrent la conservation (1), après l’avoir isolée de l’îlot de maisons qui l’enveloppaient et en obstruaient l’avenue.
(1) Pendant que ce brave homme (Gérardin) abandonne à son pays la chaumière de l’illustre vierge, et qu’il en emploie la chétive indemnité (2.500 fr.) à se procurer un autre abri pour sa nombreuse famille, arrive un lord anglais. Il ne se doute pas d’enlever, au poids des guinées, la vente de la maison, comme autrefois ses maîtres ont acheté Jeanne elle-même. Il est trop tard ! et on le vit, dans son désespoir, s’arracher littéralement les cheveux. Au fond, pourtant, ne devait-il pas se féliciter du fait accompli ? Son or, impuissant sur le patriotisme de Gérardin, eût allumé son indignation au premier mot d’une offre aussi flétrissante. En 1828, il mourut, à Domremy, entouré de l’estime universelle. Ses enfants gardent précieusement comme bien de famille les hommages rendus aux vertus de leur père. (Bourgaut, op. cit., p. 35)
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Laetitia

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Posté le: Mardi 10 Janvier, 2012 22:55 Sujet du message: |
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| Monseigneur Ricard, en 1894, dans son ouvrage Jeanne d'Arc la Vénérable, a écrit: | La façade présente un demi-pignon inclinant le toit de gauche à droite. Les rameaux entrelacés de la vigne sauvage la tapissent de verdure et encadrent des baies ou fenêtres dans le style du XVe siècle.
La porte est ornée de plusieurs rangs superposés de sculptures, formant cintre, et surmontées d’une accolade qui embrasse trois écussons. Celui du milieu, plus élevé que les autres, présente les armes de France soulignées par la devise en lettres gothiques : Vive le roi Loys ! Celui de gauche porte les armes des Thiesselin, dont la fille Nicole épousa, en 1460, Claude du Lys, alors propriétaire de la maison.
L’écu de droite est meublé des armoiries données, en décembre 1429, par Charles VII à la famille de Jeanne d’Arc : deux lys d’or en champ d’azur, côtoyant une épée nue d’argent à la garde dorée, placée en pal, et dont la pointe soutient une couronne (1).
Au sommet de l’ogive, l’œil attendri retrouve les attributs du travail champêtre auquel Jeanne se livrait avant de manier l’épée : une gerbe debout et des ceps de vigne chargés de raisins. Au-dessous, en style épigraphique du temps, ces mots : Vive labeur ! puis la date 1481.
(1) D’où le nom du Lys (deux lys) adopté par les descendants de la famille d’Arc. |
Vous trouverez ici des photos de la maison de Jeanne à Domremy. |
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Laetitia

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Posté le: Jeudi 12 Janvier, 2012 21:34 Sujet du message: |
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| Citation: | Pénétrons maintenant dans l’intérieur de l’humble demeure, qui devait être le Nazareth de l’héroïque et sainte libératrice de la France.
L’habitation se compose de quatre pièces au rez-de-chaussée.
En franchissant le seuil de la porte que nous avons décrite, nous sommes dans la chambre de la famille, où Jeanne naquit le 6 janvier 1412, où elle fut élevée par sa pieuse mère, où elle grandit dans la prière, l’obéissance et le travail.
A gauche, auprès de la fenêtre géminée, l’enfant apprit à manier si habituellement l’aiguille et le fuseau, qu’à Rouen, lors de son procès, elle put se rendre la naïf témoignage, que, dans l’art de coudre et de filer, elle n’avait pas peur d’être vaincue par les meilleures ménagères.
Un peu plus loin, la plaque de fer de la cheminée, aux armes de Lorraine et de France, indique l’âtre du foyer au coin duquel la jeune fille passait la nuit, quand elle avait eu le bonheur d’amener un pauvre à la maison et de lui céder sa propre couche.
Près de là, un morceau de bois, posé dans le mur, tenait suspendue la lampe pour les travaux des longues veillées d’hiver.
Dans cette pièce, tout à la fois cuisine, salle à manger et chambre à coucher, suivant l’usage du pays, Jeanne vaquait, avec sa mère et sa sœur, aux occupations vulgaires du ménage, car on ne la rencontrait jamais oisive sur les chemins. C’est dans cette laborieuse et chrétienne éducation de famille qu’elle se préparait au grand œuvre du salut de la France, auquel Dieu la prédestinait. |
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Laetitia

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Posté le: Vendredi 13 Janvier, 2012 23:14 Sujet du message: |
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| Monseigneur Ricard, en 1894, dans son ouvrage Jeanne d'Arc la Vénérable, a écrit: | Jetée, par les hasards de la guerre, loin de ce nid doux et pur de son enfance, elle en portait partout au doigt le souvenir. C’étaient deux anneaux donnés, l’un par son frère l’autre par son père et sa mère. Ce dernier portait gravés les noms sacrés Jhésus Maria. « Ayant cet anel en sa main et en son doigt, dit un vieux chroniqueur, elle avait touché à sainte Catherine. »
Aussi, chaque fois qu’elle se lançait dans la bataille, elle le regardait « par plaisance et honneur de ses père et mère, car la Pucelle aimait tout ce que bon chrétien doit aimer, le dict anel lui remembrait tout ce qu’elle aimait. »
Saluons la belle statue de Jeanne qui s’élève aujourd’hui au centre de la pièce sur un piédestal de marbre noir, et, après avoir jeté un coup d’œil aux belles couronnes envoyés là en mai 1878 par les dames françaises en protestation contre la célébration du centenaire de l’immonde insulteur de la Pucelle*, franchissons le seuil de la cellule de Jeanne, au fond, en face de l’entrée de la cuisine.
Au nord et au niveau du sol, éclairée seulement par une petite lucarne, elle est presque obscure. Par les traces de la cheminée qui subsistent encore dans le grenier, on voit que c’était le fournil de la maison.
A gauche de la petite fenêtre, Jeanne serrait ses vêtements dans un placard, dont le châssis tailladé témoigne à la fois du vandalisme et de la vénération des visiteurs.
C’est bien là, dans ce pauvre réduit, qu’elle a reposé, qu’elle a reçu plusieurs avertissements célestes, qu’elle lutta pendant cinq ans contre son cœur et les ordres de ses « voix ». C’est là qu’elle combina, sous l’œil de Dieu qui éclairait cette chambrette obscure, les moyens d’accomplir sa volonté manifeste.
Qui comptera les souvenirs et les larmes dont ces murs noircis furent les témoins muets ! Ce qu’elle répandit de prières, agenouillée sur la terre nue, devant cette étroite lucarne par où son regard plongeait sur la maison de Dieu ; de quelles lumières elle fut éclairée et par quels encouragements fortifiée, dans cette demeure indigente, elle seule le sait et a pu le dire ! …
La paix, la nudité de ces murs, les souvenirs qui revivent là, l’obscurité mystérieuse de cette chambrette, en font comme le second sanctuaire de Domremy, dans le secret duquel, entre le ciel et une humble paysanne, s’est préparée la rédemption de la France. Toute proportion gardée, là, comme jadis la Vierge ignorée de Nazareth, le Tout-Puissant l’a choisie pour humilier les forts et se glorifier en elle.
Quand il sort de ce sanctuaire, le visiteur pénètre successivement dans le cellier, la chambre des frères de Jeanne, le grenier, puis termine son pèlerinage par le petit musée, où la piété des souvenirs a réuni bien des gages de la vénération française pour la sainte héroïne (1).
(1) Les détails descriptifs qu’on vient de lire sont empruntés, pour la plupart, à l’excellent Guide du pèlerin à Domremy, de M. l’abbé Bourgaut, curé de Domremy.
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* Il s'agit du centenaire de la mort de Voltaire.
Vous trouverez ici des photos de la maison natale de sainte Jeanne d'Arc à Domremy. |
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