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robert

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Posté le: Mardi 18 Septembre, 2007 0:42 Sujet du message: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LES ANGES |
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Notes doctrinales thomistes sur les Anges (début)
I. LES ANGES ET LA DOCTRINE DE FOI.
| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
| Citation: | | L'existence des anges est affirmée presque à chaque . page de la Bible. Les anges sont comme les intermédiaires et les ambassadeurs de Dieu auprès des hommes. De la Genèse à l'Apocalypse, du premier au dernier des livres saints, nous voyons sans cesse les anges intervenir dans l'histoire du monde, du peuple élu et des individus.! ! Rappelons seulement, dans l'Ancien Testament, le chérubin placé à l'entrée du Paradis terrestre après la chute d'Adam (Gen. III, 24); l'apparition des trois personnages célestes à Abraham (Gen. XVIII, 2); l'histoire d'Agar au désert (Gen. XXI, 17); le songe de Jacob (Gen. XXVIII, 12); sa rencontre avec les anges de Dieu (Gen. XXXII, 1); l'ange de Dieu conduisant les Israelites à leur sortie d'Egypte (Ex. XIV, 19) ; l'histoire de Balaam (Nomb. XXII, 31 et suiv.); la naissance de Samson annoncée par un ange (Jug. XIII. 13); l'apparition d'un ange à Elie dans le désert (I Rois XIX, 3; voir aussi II Rois I, 3); l'ange de Tobie. De multiples passages des prophètes et en particulier de Daniel et de Zacharie, mentionnent l'existence et l'intervention des anges. Dans le Nouveau Testament, ces interventions ne sont pas moins nombreuses : l'annonce de la naissance de Jean-Baptiste, puis du Sauveur; les avertissements donnés à Joseph, sont autant de témoignages formels de l'existence des anges. Au désert, ce sont des anges qui servent Jésus (Mt. IV, 11); c'est un ange qui le réconforte au jardin des Oliviers (Luc, XXII, 43). Deux anges sont assis sur la pierre du sépulcre après la résurrection (Jean, XX, n). Après la Pentecôte, les apôtres, (Act. V, 19), puis un peu plus tard S. Pierre (Act. XII, 17), sont délivrés de prison par un ange. C'est sur l'ordre d'un ange que le centurion Corneille envoie chercher S. Pierre pour se faire baptiser (Act. X, 3). Aussi S. Paul et l'Apocalypse ne se font-ils pas faute, en de nombreux endroits, de parler des anges et de montrer leur rôle auprès de Dieu et dans le ministère qu'ils exercent près des hommes. |
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robert

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Posté le: Mercredi 19 Septembre, 2007 23:00 Sujet du message: Notes thomistes sur les Anges. |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
A. — NOTES DOCTRINALES THOMISTES.
I. LES ANGES ET LA DOCTRINE DE FOI.
| Citation: | L'enseignement officiel de l'Église ne fait que mettre en valeur ces données des Livres Saints . Le symbole de foi, promulgué au Concile de Nicée, premier concile œcuménique en 325, affirme, contre les doctrines dualistes, la création par Dieu de toutes choses « soit visibles, soit invisibles,... celles qui sont dans le ciel, et celles qui sont sur la terre » (Denz.-Bann., 54). Le symbole de Constantinople (381) reprend les termes mêmes de Nicée, et s'il ne reproduit pas les mots « quæ in cœlo et in terra », il n'est pas douteux que les anges soient rangés, dans la pensée des Pères du Concile, parmi les choses invisibles. La profession de foi de l'Eglise d'Ancyre, vers 372, nous en fournit une preuve évidente : « Les choses visibles et les invisibles, soit les trônes, soit les ominations, soit les principautés, soit les puissances, tout a été créé par lui (le Verbe) et pour lui » (Cavallera, Thés. Doct. cath., 520)
.
Le quatrième concile œcuménique du Latran, en 1215, est beaucoup plus explicite sur la création des anges : « Nous croyons fermement et nous confessons simplement qu'il n'y a qu'un seul vrai Dieu,... unique principe de toutes choses, créateur de tous les êtres visibles et invisibles, spirituels et corporels, qui, par sa vertu toute-puissante, au commencement du temps, a formé intégralement (simul ab initio temporis) de rien la créature spirituelle et corporelle, c'est-à-dire la créature angélique et celle de ce monde (mundanam) (Denz.-Bann., 428)
.
Le concile du Vatican, dans sa Constitution De Fide catholica, reprend et confirme les termes mêmes du Latran (Denz.-Bann., 1804). Il condamne celui qui soutiendrait que toute la substance des êtres spirituels ou eorporels n'a pas été tirée du néant par Dieu (Ibid, 1805)
On s'est demandé si l'expression du Concile du Latran, « simul ab initio temporis ». reproduite par le Concile du. Vatican devait être entendue en; ce sens que Dieu, dès le principe, aurait créé simultanément les anges et le monde matériel. Mais-le mot simul qui traduit le terme grec « koinè » ne semble pas avoir cette signification. Il voudrait dire, selon beaucoup d'interprètes, que Dieu a créé également et suivant un plan unique, toutes choses. S. Thomas est favorable à cette interprétation dans son Expositio primæ decretalis (opusc. 23). Franzelin, au Concile du Vatican, a rappelé ce sens possible, et les Pères du Concile ont laissé la question en suspens. L'expression « creavit omnia simul» est tirée du livre de l'Ecclésiastique, XVIII, 1. Elle signifie, selon les meilleurs exégètes, que Dieu « a tout créé, non par un acte unique ou en même temps, mais en ce sens que tout, sans exception, dépend de lui» (C. Spicq, O. P. L’Ecclésiastique traduit et commenté, édit. Pirot, p. 656) |
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Posté le: Samedi 22 Septembre, 2007 19:39 Sujet du message: Re: Notes thomistes sur les Anges. |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
A. — NOTES DOCTRINALES THOMISTES.
I. LES ANGES ET LA DOCTRINE DE FOI.
Les Anges et la doctrine de Foi (fin)
.
| Citation: | Appartient encore à la foi la doctrine qui enseigne que les anges ont été élevés gratuitement à l'ordre surnaturel (condamnation par Pie V dés erreurs de Michel Baius, Denz.-B. 1673); —que les anges ont été créés bons et que certains sont devenus mauvais par leur faute (Concile du Latran, Denz.-B. 428); — que c'est par la suggestion du diable que l'homme a péché (ibid) — que nous pouvons et devons rendre un culte aux anges et aux images qui.les représentent (4e Concile œcum.. de Constantinople, Denz.-B. 337)
-
D'autre part la fête des saints anges et les enseignements de Léon XIIT dans son Encyclique Fidentem (Cavallera, 811), nous autorisent à regarder, au moins dans son sens général, la doctrine des anges médiateurs et préposés au salut des hommes, comme une doctrine officielle de l'Église, confirmée d'ailleurs par l'Écriture et la tradition patristique.
Remarquons encore que, dans le culte rendu aux anges, sont seuls autorisés les. noms de Michel, Gabriel et Raphaël (Concile de Rome en 745; Concile d'Aix-la-Chapelle en 789 : voir à ce sujet Héfelé, Histoire des Conciles, trad. Leclercq, t. III, pp. 879 et 1028). Enfin le démon cherche à faire tomber les hommes dans le péché, mais ceux-ci peuvent, avec la grâce, lui résister (Gélase I, In dictis adversus Pelagianam hœresim, Cavallera, 850).
Un dernier problème se pose à propos de la spiritualité proprement dite des anges : celle-ci a-t-elle été définie par l'Église? Dans le texte du Concile du Latran que nous avons cité, il est clairement marqué que les anges sont des esprits sans corps. Non seulement en effet ils sont appelés esprits, mais ils sont présentés comme des créatures différentes soit des corps matériels, soit des êtres composés d'esprit et de corps à la manière de l'homme. Cependant le but que se proposait le Concile du Latran dans son chapitre Firmiter, n'était pas de définir la spiritualité absolue des anges, mais bien leur création par Dieu, seul et unique principe des choses, définition qui visait la doctrine dualiste des Albigeois. D'autre part les Pères des premiers siècles, tout en admettant que les anges n'avaient pas un corps matériel semblable au nôtre, leur reconnaissaient cependant un corps éthéré et subtil, d'une nature tout autre, sorte de corps spirituel difficile à définir. Il n'apparaît pas que le texte du Concile soit en opposition formelle et directe avec cette opinion. C'est pourquoi les théologiens s'entendent à reconnaître que la spiritualité absolue des anges n'est pas un dogme de foi définie, mais qu'il serait erroné ou au moins téméraire de soutenir que les anges ont un corps, même un corps éthéré. |
à suivre: L'ange et le lieu... _________________ AMITIÉS EN JÉSUS-CRUCIFIÉ
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Posté le: Mercredi 26 Septembre, 2007 23:43 Sujet du message: Re: Notes thomistes sur les Anges. |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
A. — NOTES DOCTRINALES THOMISTES.
II. L'ange et le lieu. (qu. 52, a.1)
| Citation: | Le lieu, pour une réalité matérielle, est la surface interne du corps ambiant qui est à son contact : les parois internes du vase constituent le lieu de l'eau contenue dans ce vase. Un corps est ainsi localisé par le moyen de sa propre quantité dimensive; il est dans le lieu « localement ». Un esprit pur, un ange, n'ayant pas de quantité, ne peut être à proprement parler localisé. De soi, en dehors de son activité sur les réalités matérielles, l'ange, esprit pur, n'occupe pas un lieu, et S. Thomas n'hésite pas à affirmer que de soi l'ange n'est nulle part (Comm. sur les Sent., liv. 1, dist. 37, qu. 2, art. 1,sol. 4).
Mais l'ange peut agir immédiatement sur les choses, et il est nécessairement là où il agit. En ce sens, nous disons que l'ange peut, lui aussi, être présent dans un lieu, bien qu'il ne soit pas mesuré par le lieu, n'ayant pas de quantité. Ce qui est mesuré par le lieu, c'est le corps sur lequel l'ange agit. Par l'intermédiaire de ce corps localisé, nous pouvons déterminer la présence de l'ange dans le lieu même du corps, mais c'est une présence locale indirecte.
Cependant est-il nécessaire que l'ange exerce d'une façon actuelle son activité sur un corps pour lui être présent? L'enseignement ordinaire de l'Église semble étendre cette présence à d'autres cas : c'est en effet l'opinion commune que les anges, dans leur ensemble, sont au Ciel, c'est-à-dire en un lieu qui est regardé comme le séjour des bienheureux. D'autre part les anges gardiens sont présents à la personne ou à la communauté dont ils ont la garde, même s'ils n'exercent pas une activité continuelle à leur endroit. C'est bien ce que semble suggérer la collecte liturgique rappelée ici par S. Thomas : « Que tes saints anges qui habitent dans cette maison nous gardent en paix ». Enfin l'on pourrait, du simple point de vue philosophique, faire cette objection : pour agir sur une chose, il faut d'abord lui être présent. La présence est donc présupposée à l'action, bien loin qu'elle en soit la conséquence. |
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Dernière édition par robert le Dimanche 30 Septembre, 2007 1:17; édité 1 fois |
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Posté le: Samedi 29 Septembre, 2007 20:02 Sujet du message: Re: Notes thomistes sur les Anges. |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
A. — NOTES DOCTRINALES THOMISTES.
II. L'ange et le lieu. (qu. 52, a.1)
| Citation: | S. Thomas n'ignore pas ces difficultés. Aussi, dans le corps de l'article, sa réponse est-elle prudente : « L'ange est dit dans un lieu par l'application qu'il fait, en quelque manière que ce soit, de sa propre vertu à un lieu ». En d'autres endroits de ses œuvres, en particulier dans le Quodlibet I, qu. 3, art. 4, S. Thomas reconnaît qu'il y a, pour l'ange, un autre moyen d'être présent à un corps que son opération immédiate, et actuelle : c'est celui qui consiste à réaliser la présenceper contactum virtutis, par le contact de sa vertu ou de sa puissance. Cajetan appelle cette présence une présence d'ordre : elle résulte de cette disposition spéciale où se trouvent l'agent et le patient l'un vis-à-vis de l'autre, lorsque tout est prêt pour l'action. La présence d'ordre n'est pas simplement la puissance d'agir laquelle, chez l'ange, n'est pas déterminée à tel ou tel lieu; c'est la disposition ultime de l'intelligence et de la volonté à agir dans tel sens, sur tel objet, par des moyens précis et choisis. En face de cette présence d'ordre «per contactum virtutis», la présence d'opération n'est autre que le rapport, l'union qui existe immédiatement entre l'agent et le patient clans l'action elle-même.
Par là s'explique que les anges peuvent être en certains lieux sans agir actuellement sur les corps qui s'y trouvent. La présence des anges gardiens, est possible, même s'ils n'exercent pas d'activité actuelle sur le sujet dont ils ont la responsabilité : il suffit qu'ils gardent avec lui ce contact virtuel qui les rend prêts à intervenir à la première occasion. De même la présence de l'ange dans le Ciel où l'ange se trouve en société avec les bienheureux. Ainsi s'expliquerait enfin un autre genre de présence admis par S. Thomas, qui est la présence violente et imposée par Dieu aux anges déchus en un certain lieu qui est l'enfer. Leur vertu serait appliquée à ce lieu, contre leur volonté, en sorte qu'ils seraient en puissance prochaine d'agir là et pas ailleurs.
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à suivre...: prochain article: la connaissance de Dieu par l'ange (qu. 56, art. 3) _________________ AMITIÉS EN JÉSUS-CRUCIFIÉ
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Posté le: Samedi 06 Octobre, 2007 22:09 Sujet du message: Re: Notes thomistes sur les Anges. |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
| Citation: | III. LA CONNAISSANCE DE DIEU PAR L'ANGE. (Quest. 56, art. 3.)
À se placer au plan théologique. — et c'est celui de S. Thomas dans la Somme — il va de soi que l'ange peut parvenir à une certaine connaissance de Dieu par ses seules forces naturelles. La foi en effet nous enseigne que la chose est possible pour l'homme : à plus forte raison l'est-elle pour l'ange dont l'intelligence est bien supérieure à celle de l'homme. Le problème qui se pose dans cet article 3 de la question 56, est bien plutôt de déterminer le mode de la connaissance naturelle que l'ange a de Dieu.
Dans tous les passages parallèles de ses œuvres où il a traité la question, S. Thomas fait intervenir la triple distinction de la Somme sur la manière de connaître une chose : 1) soit par son essence ou par la présence de cette essence dans l'intellect; — 2) soit par similitude directe : la similitude présente dans l'intelligence se référant immédiatement à l'objet; — 3) soit par similitude indirecte : cette similitude se référant à un objet qui lui-même est l'image de la chose à connaître. Le deuxième mode se réalise dans la connaissance que nous prenons des choses à l'aide des species qui les représentent. Le troisième mode trouve son application dans la connaissance que nous avons d'une chose grâce à un miroir qui la reflète, ou par le moyen d'une représentation, telle que l'image ou l'effigie de cette chose. De là son nom de connaissance spéculaire.
Dans les passages parallèles, S. Thomas applique toujours le deuxième mode de connaître à la connaissance de Dieu par l'ange. Dans la Somme seulement, il fait cette restriction : parce que la connaissance naturelle que l'ange a de Dieu, est, en tout état de cause, imparfaite, elle se rapproche plutôt du troisième mode, la connaissance spéculaire. C'est qu'en effet, pour que le second mode par similitude directe ou par species,soit parfaitement réalisé, il faut que la similitude et l'objet soient de même espèce, qu'il y ait adéquation entre la chose et l'idée (species) que l'on s'en fait. « L'idée de l'homme ne nous fait pas saisir ce qu'est l'âne ou le cheval » (III Cont. Gent., ch. 49). Or il est évident que cette perfection n'est pas réalisée dans la connaissance de Dieu par l'ange, car il n'y a pas de species créée de Dieu qui soit adéquate à son objet.
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Posté le: Samedi 13 Octobre, 2007 20:22 Sujet du message: Re: Notes thomistes sur les Anges. |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
| Citation: | III. LA CONNAISSANCE DE DIEU PAR L'ANGE. Qu. 50, art. I. — La question posée dans cet article doit être bien précisée, si l'on veut comprendre l'article suivant où S. Thomas se demande si l'ange est composé de matière et de forme, — et surtout l'article 1 de la question 2 qui pose cet autre problème : l'ange est-il naturellement uni à un corps? Comme le remarque Cajetan, « corporel » signifie ici doué de quantité et d'étendue. Il appartient de soi à la quantité d'être étendue; toute qualité, telle la couleur, qui ne peut exister que subjectée dans la quantité, est dite corporelle, bien qu'il ne lui appartienne d'être étendue qu'en raison de son sujet.
D'autre part, dire que l'ange est absolument — omnio — incorporel, cela ne préjuge pas de la question de savoir s'il peut être uni à un corps : notre âme aussi, comme telle, bien que forme du corps, est « omnino incorporalis ». Mais on ne peut en dire autant de l'âme de l'animal qui, bien qu'inétendue, n'a d'autre opération qu'une opération corporelle ayant son principe dans les sens ou dans l'imagination.
En résumé le problème posé dans cet article revient à ceci : l'ange est-il une substance élevée au-dessus du corps de telle sorte que ni par elle-même, ni par son opération, elle ne puisse être dite corporelle, c'est-à-dire quantifiée et étendue?
Qu. 50, art. I, concl. — Pour prouver que l'ange est entièrement incorporel, S. Thomas fait appel à la perfection du monde qui exige l'existence de créatures immatérielles. Le but poursuivi par Dieu en effet dans la création, c'est le bien, et ce bien n'est pas autre chose qu'une assimilation plus ou moins étroite à la Bonté suprême, à Dieu lui-même. Or conçoit-on qu'un agent qui poursuit le bien ne cherche pas à réaliser, dans toute la mesure du possible, une œuvre parfaite? La création devra donc, semble-t-il, atteindre un degré de perfection tel qu'elle puisse réaliser, au moins en certains êtres, une assimilation étroite à sa cause. Sans doute il ne s'agira pas pour Dieu de créer le monde le plus parfait qui soit, — c'est impossible, — mais seulement de produire dans le monde un degré d'être qui soit le plus proche de la divine ressemblance et qui achève en son sommet l'harmonie de l'univers. (Voir à ce sujet : Compendium theologiœ, ch. 74.) |
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Posté le: Samedi 20 Octobre, 2007 21:21 Sujet du message: Re: Notes thomistes sur les Anges. |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
| Citation: | III. LA CONNAISSANCE DE DIEU PAR L'ANGE. C'est donc parce que son essence est un effet et une similitude de Dieu, et parce que l'ange a l'intuition immédiate de cette essence qu'en elle, sans avoir besoin d'aucun raisonnement, l'ange voit Dieu de quelque façon. «Il est nécessaire que les substances séparées intellectuelles, en connaissant leur essence, connaissent, comme par une sorte de vision — per modum cujusdam visionis —, Dieu lui-même » (III Cont. Gent., ch. 41).
Comment comprendre cette vue de Dieu? (Voir à ce sujet : De Veritate. qu. 8, art. 3, sol. 18). L'image d'une réalité peut être considérée sous un double aspect : 1) en tant qu'elle est une chose distincte de la réalité dont elle est l'image, et en ce sens il y a un double mouvement de la connaissance se portant d'abord sur l'image, puis sur la réalité; — 2) en tant qu'elle est image, et en ce sens c'est le même mouvement de connaissance qui se porte sur l'image et, par elle, sur la réalité. C'est de cette dernière manière que les anges connaissent Dieu, en considérant leur essence comme une image et une similitude de Dieu, à la manière d'une vision par conséquent qui, par le moyen de la species, se porte sur l'objet vu. Mais encore une fois, l'essence angélique ne saurait constituer qu'une species imparfaite et inadéquate de Dieu; et c'est pourquoi, n'étant qu'une similitude créée, donc infiniment distante de son exemplaire, elle se rapproche davantage de la connaissance spéculaire.
En réalité, l'ange, intelligence pure, lumière sans ombre, qui d'un seul regard perçoit la vérité et saisit les essences des choses, l'ange, à son premier éveil au sortir des mains de son Créateur, s'éclaire lui-même de sa propre lumière et se connaît dans une intuition parfaite. Se connaître soi-même à fond, c'est pénétrer tout l'ensemble des qualités ou des caractères qui nous élèvent à un rang donné dans l'échelle des êtres, mais c'est aussi percevoir ses limites. |
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Posté le: Dimanche 28 Octobre, 2007 20:06 Sujet du message: Re: Notes thomistes sur les Anges. |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
| Citation: | III. LA CONNAISSANCE DE DIEU PAR L'ANGE (Quest. 56, art. 3) L'ange sait ce qu'il est, et il connaît aussi ce qu'il n'est pas : il connaît surtout que son existence ne lui appartient pas en propre, qu'il est un être dépendant. Il voit que les qualités de son intelligence, de sa vie, de son être ne sont que des participations d'une intelligence plus haute, d'une vie plus parfaite, d'un être plus complet. Dans l'intelligence spontanée qu'il prend de son essence. dans cette dépendance et cette participation qui se révèlent primitivement à lui, l'ange découvre aussitôt, par une intuition immédiate, le Dieu auquel toutes choses et lui-même sont liés, dont il n'est qu'une participation finie, Dieu étant l'Être parfait, absolu, sans limites.
Dès lors l'ange connaît de Dieu qu'il existe, qu'il est cause de toutes choses, qu'il dépasse infiniment tout ce qui est ou peut être. L'homme, lui aussi, atteint ces mêmes vérités, mais d'une façon beaucoup moins parfaite, car l'ange, en connaissant son essence, connaît un effet beaucoup plus semblable à Dieu que l'homme ne peut le faire en connaissant la créature matérielle. Il en résulte pour lui une plus grande évidence de Dieu. « Les substances séparées qui connaissent Dieu par elles-mêmes sont des effets plus proches et des similitudes plus expressives de Dieu que ne le sont les effets par lesquels nous connaissons Dieu. Les substances séparées connaissent donc d'une façon plus certaine et plus claire que nous, que Dieu est » (III Cont. Gent., ch. 49).
Il en résulte également que l'ange connaît mieux Dieu en ce sens qu'il peut nier de lui beaucoup plus de choses (connaissance négative). Ainsi celui qui saurait que l'homme n'est ni inanimé ni insensible connaîtrait mieux l'homme que celui qui saurait seulement qu'il n'est pas inanimé. Il en résulte encore que l'ange connaît mieux que nous la suréminence de Dieu (connaissance par excès), car lui-même est plus parfait que l'homme et il sait que Dieu le dépasse infiniment. Il en résulte enfin que l'ange connaît mieux la causalité et la puissance divines, puisqu'il saisit Dieu dans un de ses effets les plus élevés, l'essence angélique.
De toute manière la connaissance naturelle que l'ange a de Dieu est supérieure à la nôtre, car l'ange atteint Dieu sans raisonnement dans l'intuition de sa propre essence, et il saisit sa transcendance dans une clarté et une évidence que nous ne saurions posséder, livrés que nous sommes aux ombres de la connaissance sensible et imaginative.
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Posté le: Samedi 03 Novembre, 2007 23:02 Sujet du message: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LES ANGES |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
IV. L'ANGE ET L'ERREUR. (Quest. 58, art. 5.)
| Citation: | Le principe qui domine tout le problème de l'erreur chez l'ange est énoncé clairement par S. Thomas à l'article 5 de la question 58 : « L'intellect est toujours dans le vrai à l'égard de l'essence des choses ». L'essence des choses en effet ou leur quiddité (quod quid est) est son objet propre. Or une faculté est toujours proportionnée de soi à son objet propre : c'est ainsi que le sens ne peut se tromper sur le sensible auquel il est, de par nature, ordonné.
Mais nous disons seulement que, de soi, l'intelligence est vraie par rapport à son objet, ce qui implique qu'accidentellement, -per accidens, elle peut tomber dans l'erreur. Cela arrive en effet d'abord lorsque la connaissance de l'essence comporte composition ou division; et c'est le cas de l'homme quand, en composant ou en divisant comme il le fait dans le jugement, il attribue à une réalité une définition qui ne lui convient pas, ou quand les termes eux-mêmes de la définition sont incompatibles l'un avec l'autre. Croire que l'eau se compose essentiellement d'hydrogène et d'azote est une erreur; et c'en est une autre de penser qu'un corps peut, de par sa nature, n'être pas soumis à la loi de gravitation universelle. Ces « accidents » proviennent, disons-nous, de ce fait que l'homme, pour former la plupart de ses concepts, est obligé d'en passer par le jugement. Lorsque nous affirmons en effet que la première opération de l'intelligence est !'intellection, et que le jugement représente la seconde, il ne faut pas l'entendre en ce sens que nous formons d'abord tous nos concepts, puis, seulement après, nos jugements. Cela signifie que la première connaissance qui nous vient à l'esprit est un concept simple, celui de l'être, mais cette conception est aussitôt suivie d'un jugement. Il y a interversion constante des concepts et des jugements à partir des concepts simples, comme l'être et l'unité, sur lesquels il ne peut y avoir erreur.
Dès que les concepts sont composés par le moyen du jugement, il peut y avoir erreur. C'est ce que note bien S. Thomas (III Cont. Gent., ch. 108) : « Dans l'opération intellectuelle qui appréhende la quiddité, l'erreur ne se produit que par accident, à savoir quand, dans cette opération, se trouve impliquée de quelque manière la composition ou la division; et cela arrive quand l'intelligence ne parvient pas du premier coup à saisir la quiddité d'une chose, mais qu'elle ne le fait qu'après une recherche méthodique ». |
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Posté le: Samedi 10 Novembre, 2007 20:58 Sujet du message: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LES ANGES |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
IV. L'ANGE ET L'ERREUR. (Quest. 58, art. 5.) (suite)
| Citation: | Ce mode de composition et de division n'appartient pas, nous l'avons vu (art. 4), aux substances séparées. Leur connaissance étant intuitive et ayant pour objet l'essence des réalités, ne saurait de soi être sujette à l'erreur. Néanmoins, même en ce cas, il y a aussi «per accidens » erreur possible, non pas au plan de la pure connaissance naturelle, mais sous le rapport où celle-ci doit être référée aux données de la connaissance surnaturelle.
Dans l'ordre de la connaissance naturelle, l'ange appréhende les essences et les saisit avec tous leurs caractères spécifiques et leurs propriétés. Comme le remarque S. Thomas (De MaIo, qu. 16, art. 6), une chose qui possède en acte sa perfection et qui doit la posséder de par sa nature même, — secundum suam naturam, — ne saurait être privée de cette perfection. Une chose au contraire qui est seulement en puissance à une perfection, peut fort bien en être privée, car la puissance, de soi, est indéterminée à l'être ou au non-être. Là où il y a de l'acte, il n'y a pas de défaut à proprement parler. Or il appartient à la nature de l'ange de posséder en acte premier, à titre d'habitus, une parfaite connaissance de tout ce à quoi s'étend sa puissance intellectuelle (qu. 58, art. 1). II n'y aura donc pas en lui de défaut sous ce rapport. C'est un peu comme le savant qui possède en acte premier l'habitus des mathématiques et qui de ce chef n'est pas sujet à l'erreur en son domaine propre.
Mais l'ange ne possède pas en acte premier les choses qui dépassent sa connaissance, naturelle : il est seulement en puissance à les connaître, et c'est pourquoi il y aura à leur sujet, pour lui, possibilité accidentelle d'erreur. Cette erreur viendra non pas d'une mauvaise composition ou division dans le jugement, mais de ce que, par mauvaise disposition de son vouloir, l'ange ne saura pas faire la référence convenable de l'ordre naturel à l'ordre surnaturel. Les bons anges jugent des choses naturelles telles qu'elles se présentent au regard de leur intelligence, tout en sauvegardant la possibilité d'une intervention surnaturelle; les démons jugent des choses naturelles telles qu'elles sont et peuvent très bien se refuser à voir le surnaturel ou les possibilités de surnaturel qui se trouvent en elles : de là, pour eux, l'erreur possible. Sachant, par exemple, qu'un corps mort ne peut naturellement revenir à la vie, ils ont très bien pu se persuader que le Christ, une fois mort, ne ressusciterait pas. Là encore il n'y a pas, chez les anges, raisonnement proprement dit, mais vision juste ou fausse de la cause dans ses effets ou des effets dans leur cause, telle que l'a décrite maintes fois S. Thomas. |
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Robert
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robert

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Posté le: Samedi 17 Novembre, 2007 22:58 Sujet du message: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LES ANGES |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
IV. L'ANGE ET L'ERREUR. (Quest. 58, art. 5.) (fin)
| Citation: | Les Commentateurs du Maître se demandent comment il peut y avoir vérité dans la simple appréhension de l'ange, s'il est vrai que la vérité se trouve formellement dans le jugement, et si la composition (ou division) fait partie essentielle de celui-ci.
Cajetan, et, dans une certaine mesure, certains autres thomistes, reconnaissent que la vérité est dans le jugement, non dans la simple appréhension. Ils admettent d'autre part que le jugement implique nécessairement composition ou division. La conclusion qu'ils en tirent est la suivante : puisque les anges ne composent ni ne divisent, ils ne jugent donc pas, et donc la vérité ne se trouve pas en eux formellement, mais d'une manière seulement virtuelle.
Banez oppose à cette conception le fait que la vérité est une perfection pure et simple, et qu'il serait bien étrange de la trouver formellement dans l'homme alors que l'ange ne la posséderait que virtuellement. En Dieu, où la connaissance est aussi simple que
possible et où l'on ne peut placer la moindre composition, la vérité n'existerait-elle donc qu'à l'état de simple virtualité?
La difficulté vient, semble-t-il: de ce que nos auteurs n'ont pas distingué dans le jugement deux choses : d'une part la composition ou la division qui tiennent à l'imperfection de l'intelligence humaine; d'autre part l'assentiment ou référence à l'être, en quoi s'achève tout jugement véritable. Il ne faut pas oublier en effet qu'au sentiment de S. Thomas (qu. 58, art. 4), lorsque, dans le jugement, le sujet et le prédicat sont unis, il n'y a plus à ce moment qu'une seule connaissance, connaissance intuitive qui a précisément pour principe d'union l'être. C'est parce que le jugement se termine à une connaissance une et simple, se référant à l'être, affirmant ce qui est, qu'il peut y avoir en lui vérité ou erreur. Or, de cette référence à l'être, qui n'implique pas de soi une composition antécédente, l'ange est parfaitement capable. S. Thomas l'affirme au De MaIo, qu. 16, art. 6, sol. 1, in contrarium : « L'ange, par la simple appréhension du sujet, connaît l'esseou le non esse, comme nous le faisons nous-mêmes en composant ou en divisant ». Et Banez a raison de conclure : « Cajetan eût parlé plus exactement s'il avait dit que, dans l'intelligence angélique, la composition ou la division se trouvent virtuellement et éminemment, et la vérité formellement; tout comme la science se trouve en eux formellement, mais le raisonnement n'y trouve place que virtuellement ou mieux d'une façon éminente ». |
Prochain article: Vision du matin et vision du soir (quae.58, art.7,sol 2) _________________ AMITIÉS EN JÉSUS-CRUCIFIÉ
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robert

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Posté le: Samedi 24 Novembre, 2007 20:49 Sujet du message: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LES ANGES |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
V. VISION DU MATIN ET VISION DU SOIR. (Quest. 58, art. 7, sol. 2.)
| Citation: | S. Thomas admet dans l'ange bienheureux deux connaissances simultanées : la vision du Verbe et des choses dans le Verbe, qu'il appelle, après S. Augustin, vision du matin; et la connaissance des choses par species infuses, nommée vision du soir. Nous savons d'autre part que l'ange est toujours en acte de connaître au moins son essence qui lui tient lieu de species; et que la vision béatifique ne cesse, elle aussi, d'être actuelle. Comment l'intelligence angélique peut-elle exercer à la fois deux opérations distinctes? Aussi bien ce problème se pose également pour le Christ dans l'exercice de ses trois sciences, acquise, infuse et béatifique; et pour l'âme bienheureuse qui participe à l'état de l'ange. Il est intéressant de voir comment S. Thomas le résout dans le cas présent.
Dans l'article 7 de la Somme, solution 2, le Maître se contente de noter qu'une même puissance peut produire simultanément deux opérations lorsque l'une de ces opérations se réfère à l'autre. C'est ainsi, dira-t-il, que la volonté veut en même temps la fin et le moyen qui lui est ordonné, et que l'intelligence, au terme d'un raisonnement, connaît simultanément le principe et la conclusion qui en découle. Or précisément la vision du soir se réfère à celle du matin : elles peuvent donc coexister.
Mais quel est exactement ce rapport de la vision du soir à la vision du matin? C'est dans la Question disputée De Potentia, qu. 4, art. 2, que nous trouvons la réponse précise. S. Thomas part de ce principe que deux opérations peuvent sortir en même temps d'une même puissance quand elles sont spécifiées par des formes de genre tout à fait différent, et que d'autre part ces formes sont ordonnées l'une à l'autre. Quand, au contraire, les opérations d'une même puissance sont spécifiées par des formes du même genre, celles-ci ne sauraient être ordonnées l'une à l'autre de façon à donner lieu à deux actes simultanés. C'est ainsi que les spécies innées de l'ange sont toutes du même genre, et donc ne peuvent donner lieu à deux intellections simultanées, informées chacune par une species différente. Si l'on objecte que deux species peuvent être envisagées par l'ange comme un tout et sous un point de vue commun, il semble que, pour S. Thomas, il n'y aura alors qu'une seule et même intellection, mais pas deux intellections ayant chacune leur objet (ibid., sol. 21) |
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Posté le: Samedi 01 Décembre, 2007 19:29 Sujet du message: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LES ANGES |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
V. VISION DU MATIN ET VISION DU SOIR. (Quest. 58, art. 7, sol. 2.)
| Citation: | | Quand il s'agit de la vision du matin et de la vision du soir, nous nous trouvons en face de deux intellections ayant chacune un medium ou une forme d'actuation de genre tout à fait différent, puisque, dans la vision du matin, le médium d'intellection est le Verbe, et que, dans la vision du soir, le médium est la species. Ces deux actes d'intellection peuvent être simultanés à la condition que les moyens de connaissance soient ordonnés l'un à l'autre. Que c'est précisément ce qui a lieu ici. Bien loin en effet que la connaissance par species soit un obstacle à la connaissance dans le Verbe ou par le Verbe, elle constitue au contraire comme une disposition matérielle à cette connaissance, — quasi materialis dispositio ad illam unionem et visionem beatam qua videntur res in Verbo {ibid., sol. 10). En effet l'essence divine est la raison de toutes les species créées et innées dans l'ange : c'est d'elle que ces species dérivent, et elles sont l'image diminuée de l'idée divine. En ce sens, elles mettent l'ange en disposition matérielle de connaître l'essence divine; elles l'ordonnent à la vision béatifique : « Car l'essence divine, grâce à laquelle les choses sont connues dans le Verbe par la vision du matin, est la raison de toutes les formes concréées dans l'esprit de l'ange : elles découlent en effet de l'essence divine comme d'un exemplaire dont elles sont l'image, « exemplatæ », et grâce à elles les choses sont connues en leur nature propre dans la vision du soir (ibid., sol. 19). |
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Posté le: Samedi 08 Décembre, 2007 20:37 Sujet du message: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LES ANGES |
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| Père Ch. Héris, o.p. in NOTES DOCTRINALES SUR LES ANGES, Paris, 1953, pp.436-473 a écrit: | |
| Citation: | La vision des choses par species n'est ni empêchée, ni diminuée par la vision béatifique (ibid., sol. 21), car on peut très bien appréhender la même chose par des moyens de connaissance différents : c'est ainsi qu'une conclusion peut être connue par un moyen terme démonstratif ou dialectique. Et cela s'avère d'autant mieux qu'il y a ordre de la vision naturelle à la vision béatifique. Quand une forme vient à exister dans un sujet, la disposition du sujet à cette forme n'en est pour autant détruite. La puissance est sous-jacente à l'acte qui la parfait, et elle demeure avec lui : ce qui est enlevé, c'est seulement la privation de l'acte. « L'ange peut donc simultanément connaître les choses par un medium créé, en leur nature, ce qui relève de la vision du soir et de sa connaissance naturelle; et par l'essence du Verbe, ce qui appartient à la connaissance de la gloire et à la vision du matin. Aucune de ces opérations ne saurait empêcher l'autre, car l'une se trouve ordonnée à l'autre et est comme une disposition matérielle à cette autre » (ibid., sol. 2).
Il est intéressant, de voir S. Thomas s'attaquer, à propos de l'ange, à un problème dont la solution pourra s'appliquer également au cas du Christ et des bienheureux. |
à suivre
La prochaine note doctrinale portera sur l'amour naturel de Dieu chez l'ange (quae. 60, a.5) _________________ AMITIÉS EN JÉSUS-CRUCIFIÉ
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